Macron dans la course à l'Elysée ?

Dans un discours prononcé lors du premier meeting de son mouvement En Marche !, le ministre français de l’Economie Emmanuel Macron a évoqué ses ambitions présidentielles. Ce mouvement, "nous le porterons ensemble jusqu'à 2017 et jusqu'à la victoire", a-t-il lancé à ses supporters. L'outsider a-t-il le pouvoir d'influer la campagne de manière décisive ?

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Libération (FR) / 13 juillet 2016

La division de la gauche profitera à la droite

Le ministre francais de l’Economie ferait mieux de bien réfléchir à son coup, met en garde Libération :

«En prenant du galon dans le petit cercle des présidentiables futurs, en démontrant une capacité d’organisation et un talent oratoire, Macron donne une voix et un visage au libéralisme de gauche qui agace les gardiens du temple socialiste. ... Il a le droit de défendre ses idées. A condition que cette petite musique n’écorche pas les oreilles. Il est bon d’avoir des instruments différents dans un orchestre. Encore faut-il jouer en mesure. A moins d’un an de la présidentielle et en ce jour de fête nationale, la fanfare des pompiers pyromanes doit accorder ses trombones. Faute de quoi, en installant le désordre, elle ne ferait que faciliter un peu plus le retour d’une droite qui saura, elle, grâce à la primaire, mettre de l’ordre dans ses rangs.»

Handelsblatt (DE) / 14 juillet 2016

Macron, la voix du peuple

Le projet du fondateur du mouvement En marche ! a des chances de réussir, pense Handelsblatt :

«[Macron] dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas : parce qu’il a compris la réalité d’un pays qui, malgré un immense potentiel, est paralysé par des élites politiques imbues d’elles-mêmes et engoncées dans le passé. … Les Français ne supportent plus les rituels de la gauche et de la droite, qui sortent des placards de vieilles idéologies toute mitées pour réitérer sempiternellement un duel dépassé. … Macron en revanche veut mettre la politique à l’épreuve de la réalité et il croit en l’Europe. C’est pourquoi cette campagne électorale prendra un tour différent, imprévisible, même s’il n’a qu’une chance infime de l’emporter. Ce qu’il doit apporter à présent, ce sont des solutions. On ne peut pas jouer indéfiniment le rôle du tribun libre, qui ne dirige pas un parti mais se fait le porte-voix du peuple. Au bout de quelques mois, il devra dire ce qu’il veut vraiment.»

Le Point (FR) / 21 avril 2016

L'absence d'idéologie : une illusion

Selon un récent sondage, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron serait le candidat favori des Français pour représenter la gauche à la présidentielle. Le magazine conservateur Le Point évoque les raisons de ce succès :

«Il rencontre parfaitement la volonté diffuse, dans notre pays, de dépasser les idéologies et leur confrontation. Il dit rechercher les bonnes idées à droite et à gauche. Mais c'est un mirage. Penser pouvoir dépasser les oppositions idéologiques dans tous les domaines est une idée dangereuse : de l'économie aux questions de société, en passant par la politique étrangère, les oppositions d'idées sont non seulement inévitables, mais nécessaires à la santé de la démocratie. Surtout, que la gauche puisse être libérale au plan économique n'a rien d'une hérésie, ni d'une nouveauté, et elle compte de brillants précurseurs en la matière, comme l'économiste Jean-Marc Daniel. Macron est un vrai progressiste, sur tous les plans : il a donc une idéologie.»

L'Obs (FR) / 11 avril 2016

Un nouveau départ est possible

Le nouveau mouvement politique d’Emmanuel Macron "En marche!" et la mobilisation"Nuit Debout" sont l'expression d'un même besoin de rupture et de renouveau, analyse l’hebdomadaire de centre gauche L'Obs :

«'En Marche' et 'Nuit Debout' sont les deux faces d’une même médaille, les deux thermomètres d’un même diagnostic : celui de l’épuisement d’un système politique dont la représentativité, et la légitimité même, sont jour après jour plus contestés. … C'est bien un combat culturel qu'ils engagent l'un comme l'autre pour apporter une bouffée d'air frais à même de changer un vieux système à bout de souffle. Pas sûr que le ministre de l’Economie en vienne pour autant à camper place de la République. Ou que les activistes de 'Nuit Debout' adhèrent en masse au mouvement 'En marche'. Pourtant, si le slogan en vogue de 'convergence des luttes' se concrétisait par l’alliance des révoltes juvéniles de Macron et de 'Nuit Debout', le vieux monde (politique) aurait du souci à se faire»

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La Tribune (FR) / 11 avril 2016

Préserver le clivage droite-gauche

Le nouveau parti de Macron refuse toute étiquette de droite ou de gauche. Une erreur, juge le journal économique libéral La Tribune :

«Le danger est que le citoyen n'ait bientôt le choix qu'entre deux mouvements refusant la droite et la gauche : l'un pour des raisons d'absolu économique, l'autre d'absolu national. C'est pourquoi le clivage droite-gauche doit, au contraire, reprendre tout son sens, s'extirper de l'idée d'une vérité révélée en économie et relancer le débat sur la politique économique du pays. Il reviendra ensuite aux citoyens de choisir. Ce qui nuit au pays n'est en effet certainement pas le clivage lui-même, mais bien l'incapacité des politiques des deux bords à assumer leurs choix et à réaliser leurs politiques. C'est le débat - et donc le doute - ainsi que le respect des engagements issus de ce débat qui font vivre la démocratie. L'ambition d'Emmanuel Macron par son aspect métaphysique et unitariste n'est donc peut-être pas une solution idéale aux maux du pays.»

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