Flambée antisémite en Europe

La décision du gouvernement américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël a entraîné de violentes réactions aux quatre coins de l'Europe. A Göteborg, de jeunes gens masqués ont lancé des projectiles enflammés sur une synagogue. A Berlin, des manifestants ont brûlé des drapeaux d'Israël et scandé des slogans antisémites. Les éditorialistes tirent la sonnette d'alarme et s'inquiètent des accents antisémites que revêt la contestation vis-à-vis d'Israël.

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Göteborgs-Posten (SE) / 17 décembre 2017

Plus de vigilance est de mise

Göteborgs-Posten pointe que la naïveté de nombreux politiques et journalistes entraîne souvent une dangereuse crédulité dans la couverture du sujet :

«Il faut à tout prix éviter de minimiser l'antisémitisme, comme l'avait fait [l'ancien maire social-démocrate de Malmö] Ilmar Reepalu. ... Il faut faire preuve d'une grande vigilance face aux déclarations des politiques et des médias sur Israël et ses prétendues relations avec les juifs dans d'autres parties du monde. Nous devons rejeter toute insinuation antisémite insidieuse. ... Comme [le journaliste] Adam Cwejman l'a récemment exprimé : un certain type de médias suédois ignorants qui mettent dans le même sac les juifs et Israël créent activement l'infrastructure idéologique propice à une résurgence de l'antisémitisme.»

Hürriyet Daily News (TR) / 18 décembre 2017

Israël a bon dos

Derrière les critiques à l'adresse de l'Etat hébreu, il y a souvent un antisémitisme mal déguisé, met en garde Hürriyet Daily News :

«Il a toujours été assez difficile de sensibiliser à l'aspect antisémite de la politique pro-palestinienne. Pourtant, depuis longtemps en Turquie, l'antisionisme sert de prétexte à l'antisémitisme. Hélas, les récentes controverses sur Jérusalem ont déclenché de virulents propos antisémites en Turquie. Nous devrions reconnaître que la critique d’Israël est souvent dévoyée pour devenir un vecteur d'antisémitisme - surtout dans les pays majoritairement musulmans. ... Et nous devrions être alertés par la légitimation d'un antisémitisme qui invoque la nécessité de réagir à la décision absolument inadmissible de Trump sur le statut de Jérusalem. »

Stern (DE) / 10 décembre 2017

Cesser de louvoyer et passer à l'acte

Stern s'indigne de la tiédeur des réactions politiques face à la montée de l'antisémitisme en Europe :

«Les attaques antisémites pouvant aller jusqu'au meurtre sont devenues une réalité en Europe, et ce depuis longtemps. ... Rien n'excuse, n'explique ni ne justifie que l'on tarde à donner des mots d'ordre clairs et à prendre des actions résolues. Il faut faire clairement comprendre à tous les candidats à l'immigration souhaitant s'établir en Europe qu'une tolérance zéro est de mise envers l'antisémitisme, et qu'il est activement combattu. Si nous continuons de relativiser, de tergiverser et de faire valoir que ces agressions ne sont que des réactions exagérées à des évènements politiques, nous trahissons notre responsabilité paneuropéenne et le serment que nous avons prêté en 1945 : plus jamais ça.»

Expressen (SE) / 12 décembre 2017

Une imprégnation antisémite précoce

Dans Expressen, la commentatrice Naomi Abramovicz doute qu'il soit possible de faire rempart contre l'antisémitisme :

«Les efforts [déployés dans la lutte contre l'antisémitisme] ciblent souvent des personnes venues du Proche-Orient qui ont été bercées depuis la naissance par un discours antisémite. Les campagnes partent du principe que les gens sont reprogrammables. ... Mais les gens sont-ils vraiment rationnels et prêts à changer d'avis parce qu'on leur a présenté de nouvelles informations ? J'aimerais que les choses soient aussi simples, mais je suis sceptique.»

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