Quelles leçons tirer des élections sénatoriales dans l'Alabama ?

Dans le bastion conservateur de l'Alabama, un démocrate a remporté les élections sénatoriales : Doug Jones l'a emporté de justesse sur le républicain Roy Moore. Ce dernier, notamment opposé à accorder davantage de droits aux couples homosexuels, bénéficiait du soutien de l'ancien conseiller présidentiel Stephen Bannon. Les médias européens analysent la défaite de Moore.

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Corriere della Sera (IT) / 14 décembre 2017

Trump n'est plus invincible

La défaite de Roy Moore aura des conséquences désagréables pour Donald Trump, conjecture Corriere della Sera :

«A commencer par le Sénat. Car à partir de janvier, Trump ne pourra plus compter que sur 51 des 100 sénateurs. ... Et au moins trois sénateurs [républicains] (Bob Corker, Jeff Flake et John McCain) le méprisent. Deuxièmement, si Trump apprécie les positions extrémistes de Stephen Bannon, gagner lui importe encore plus. Par conséquent, il ne devra plus suivre les conseils de Bannon lorsqu'il constate que des candidats radicaux lui font perdre des circonscriptions réputées imprenables. Troisièmement, les démocrates espèrent que la victoire dans l'Alabama redonnera courage à leur électorat, démoralisé et déboussolé par la victoire de 'The Donald'. Il serait téméraire de croire que le rapport de forces basculera aux élections de mi-mandat, mais maintenant, Trump n'est plus considéré comme invincible.»

De Volkskrant (NL) / 14 décembre 2017

Fini le populisme de droite !

La révolution de la droite populiste aux Etats-Unis s'essouffle, croit savoir De Volkskrant :

«Le président Donald Trump soutenait à fond Roy Moore. ... Lundi dernier, Stephen Bannon, l'ancien conseiller présidentiel, en avait même remis une louche en expliquant aux partisans très croyants de Moore le 'miracle de Trump'. Or dans cet Etat qui passe pour être un des plus conservateurs du pays, la potion magique servie par le duo d'enchanteurs qui avait mené à l'accession inopinée à la Maison-Blanche en 2016 n'a pas fait son effet. Dans le camp républicain, les tenants de l'establishment se sentent confortés. ... Même si le parti avait suivi l'orientation politique de Trump, les évolutions leur donnent raison : la révolution populiste menée par Bannon dans l'Alabama ayant permis aux démocrates de l'emporter, il faut écarter cette stratégie pour les élections prévues en 2018.»

Zeit Online (DE) / 13 décembre 2017

Des combats idéologiques encore plus rudes

Il n'y a aucune raison d'être euphorique, constate Zeit Online :

«Les électeurs de l'Alabama sont parvenus de justesse à ne pas élire le candidat qui était probablement le plus indiscutablement médiocre. Doug Jones a battu Roy Moore avec une avance de près de 20.000. ... Il n'y a donc pas de quoi pavoiser. Ils témoignent une fois de plus de l'immense clivage de la société américaine. ... Blancs contre minorités, riches contre pauvres, défenseurs du port d'armes contre opposants, anti-IVG contre pro-IVG… on pourrait allonger la liste à l'envi. ... La défaite de Roy Moore fait momentanément diversion sur cette profonde division. Au fond, un seul scrutin ne change rien. Les deux camps se disputeront plus farouchement encore l'hégémonie idéologique dans le pays. L'Amérique est loin d'être sur la voie du salut.»

Dnevnik (SI) / 14 décembre 2017

Du fil à retordre pour tout le monde

Tant les démocrates que les républicains devraient tirer des leçons de l'issue du scrutin pour leur politique nationale, recommande Dnevnik :

«Les démocrates espèrent un tournant politique, mais ils agissent comme une armée anéantie en se contentant presque uniquement de contredire Donald Trump. Si tournant il devait y avoir, il serait plutôt le résultat des erreurs commises par leurs adversaires, en tout premier lieu par Trump, que de leur propre efficacité. La campagne focalisée sur les questions économiques menée par Doug Jones a montré la voie à suivre. Même dans le camp des républicains, certains sont contents de la défaite du candidat ultra-conservateur. Le chef de l'opposition républicaine au Sénat, Mitch McConnell, s'en réjouit particulièrement car à terme, Roy Moore aurait fait plus de mal que de bien au parti. La défaite infligée aux républicains n'en reste pas moins douloureuse, à tout point de vue.»

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