Quid de la culture politique hongroise ?

Avant les législatives en Hongrie, il paraît peu probable que le parti au pouvoir, le Fidesz, perde sa majorité. Dans les sondages, il réunit près de 50 pour cent des intentions de vote. De son côté, le parti social-démocrate MSZP dépasse difficilement la barre des 10 pour cent et ne parvient toujours pas former une alliance électorale avec les autres partis d'opposition. Les commentateurs ont perdu toute confiance dans la politique.

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Magyar Nemzet (HU) / 12 février 2018

Un paysage politique sclérosé

La gauche et la droite hongroises ont trahi les valeurs fondamentales qui les caractérisaient, critique Róbert Puzsér dans Magyar Nemzet :

«L'élite de gauche, qui est en réalité une élite néolibérale depuis les années 1989/90, est parvenue, grâce à son travail de sape, à détruire durablement l'identité et les fondements moraux de la social-démocratie hongroise. Aujourd'hui, la gauche n'est pas seulement dépourvue d'âme, elle pourrit aussi de l'intérieur. ... Orbán et consorts ont imité la gauche dans le camp de droite. Si tout paraît lisse et luisant en surface, tout ce qui est à l'intérieur est corrompu et gangrené. ... Le système Orbán repose sur la haine et la corruption institutionnelle. Il en résulte un dépérissement de la Hongrie centriste et conservatrice. Le Premier ministre est une tumeur maligne logée dans le corps de la droite.»

Heti Válasz (HU) / 12 février 2018

Un déchaînement d'émotions

Les espoirs que les électeurs avaient placés en Orbán ont été déçus, constate le sociologue Zoltán Balázs dans Heti Válasz :

«Avec l'avènement du gouvernement Orbán en 2010, on avait espéré un court instant que la polarisation délétère du pays s'achèverait et que la culture politique hongroise prendrait la voie d'une désescalade et d'une normalisation progressive. ... Un espoir qui s'est avéré bien naïf. Le gouvernement Orbán s'est au contraire attaché à confisquer le pays avec une agressivité inédite et à creuser les divisions politiques. ... Résultat : le climat politique est actuellement si négatif, si toxique, que lors du scrutin, ce sont moins les programmes, les partis et les leaders qui vont s'affronter que des émotions d'une ampleur considérable.»

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