À la une de vendredi, 14. décembre 2007
Le populiste suisse Blocher rejeté dans l'opposition

L'Union démocratique du centre (UDC), parti populiste suisse, a quitté jeudi 13 décembre le gouvernement de coalition. La veille, son ancien dirigeant Christoph Blocher, ministre de la Justice depuis 4 ans, n'avait pas été réelu au Conseil fédéral. L'UDC, première formation politique du pays, passe ainsi dans l'opposition. La presse analyse ce bouleversement de l'échiquier politique suisse.
Tribune de Genève - Suisse
Le rédacteur en chef du quotidien Arthur Grosjean s'inquiète, "la bête politique la plus détestée de Suisse n'est pas morte. Abattue mercredi par un groupe de chasseurs socialistes, PDC et Verts, elle a ressuscité jeudi matin, a toisé ses adversaires et crié vengeance. Pour qui a bien entendu le discours de Christoph Blocher hier devant l'Assemblée fédérale, il n'y a aucun doute. Cela va saigner ces prochaines années car le Zurichois a promis de révéler les 'saletés que l'on masque au nom du secret de fonction'. Comme il a passé quatre ans au gouvernement, il revient dans l'opposition avec un pouvoir de nuisance plus grand qu'auparavant. (...) Bilan de toute cette affaire: la Suisse n'arrive pas à 'normaliser' Blocher. Ses partisans en font un dieu, ses adversaires un diable. (...) Espérons au moins que tout ce cirque serve à intéresser les électeurs de tous bords à la politique suisse." (14.12.2007)
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Le Soir - Belgique
"Christoph Blocher était ce meurtrier ingénieux, intouchable. En dehors du Conseil fédéral comme en dedans, il pouvait asséner sa rhétorique sécuritaire et xénophobe. Il intimidait, étouffait. Les autres partis préféraient s'en accommoder plutôt que de voir ébranlé un échafaudage gouvernemental particulièrement consensuel", estime Pascal Martin qui croit en la prochaine radicalisation de Blocher pour sortir de son isolement. "La concordance fera place à un système bipolaire majorité-opposition. La vie politique de la Confédération sera plus agitée, même s'il faut rappeler ici que le véritable pouvoir s'y exerce au niveau des cantons. Dans ce pays où la démocratie directe est indéboulonnable, Blocher aura tout loisir de déployer ses talents de populiste." (13.12.2007)
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Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne
Jürgen Dunsch estime que la période de "convivialité" est arrivée à son terme en Suisse. "L'UDC, grande gagnante des élections d'octobre et premier parti du pays, se trouve face à un champ de ruines et court le risque d'une scission. Il est temps de dire adieu à la politique telle qu'elle a été pratiquée jusqu'ici, mais le pays n'est pas prêt à franchir cette étape. Les institutions de la démocratie directe permettront de le découvrir très vite. L'UDC a d'ores et déjà annoncé qu'elle souhaitait recourir plus souvent à la voie référendaire. Toutefois, cet instrument, qui devrait en réalité discipliner les partis, pourrait permettre à l'UDC d'imposer des exigences à caractère populiste. Personne ne souhaite en imaginer les conséquences, notamment sur les relations avec l'UE qui s'est toujours montrée critique, voire hostile, envers le parti. (...) Le système de gouvernance a besoin d'une refonte." (14.12.2007)
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