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À la une de vendredi, 13. novembre 2009


La Russie parle de démocratie

Jeudi, lors de son deuxième discours à la nation, le président russe, Dmitri Medvedev, a déclaré que son pays était en retard. Il s'est prononcé pour une modernisation étendue et pour la poursuite de la démocratisation de la Russie. Les médias européens doutent toutefois que ces propos soient suivis par des actes.


Kaleva - Finlande

Le discours fort du président Medvedev à la nation russe doit également être suivi par des actes, écrit le quotidien Kaleva : "A mi-mandat, le président Medvedev est pris en tenaille. Il se trouve toujours dans l'ombre de son parrain politique, le Premier ministre Vladimir Poutine. Les divergences d'opinion du duo sont de plus en plus visibles et Medvedev veut accélérer les réformes. Mais politiquement il ne pèse pas assez pour pouvoir le faire sans le soutien exprès de Poutine. Les idées de Medvedev semblent raisonnables et son analyse de la situation réelle de la Russie vise juste. Son verdict sur le système russe est rude : la Russie est encore 'à moitié soviétique', selon les propres termes du président. … Les véritables changements ont besoin de temps en Russie. Medvedev n'a pas dissimulé sa volonté de les effectuer, mais jusqu'à maintenant en tout cas, ses actes sont restés bien plus modestes que ses discours." (13.11.2009)


Der Tagesspiegel - Allemagne

Le président Dmitri Medvedev a certes reconnu que la Russie souffrait d'un retard chronique, mais il juge superflue une démocratisation en profondeur du pays, analyse le quotidien der Tagesspiegel : "'Toutes les tentatives d'enflammer la situation dans le pays à l'aide de solutions démocratiques, de déstabiliser l'Etat et de diviser la société sont neutralisées' - parler ainsi c'est suivre la tradition séculaire des souverains russes qui n'ont aucune confiance dans la force et les possibilités d'épanouissement de leur peuple. Au lieu de cela, l'Etat doit le diriger et moderniser le pays par le haut. Certes, cela n'a fonctionné ni sous le règne des tsars, ni sous Staline, ni sous Gorbatchev, mais cela comporte un avantage décisif : on trouve toujours un responsable quelconque pour les échecs, que ce soit l'opposition, un pays tel que la Géorgie, ou l'Occident, dont Medvedev a clairement pris ses distances." (13.11.2009)


Diena - Lettonie

La Russie doit être modernisée a demandé le président Dmitri Medvedev dans son discours à la nation, tout en renforçant toutefois sa prétention au pouvoir sur les ex-Républiques soviétiques. Le quotidien letton Diena réagit assez nerveusement à ces déclarations : "La question décisive pour la Lettonie est de savoir quelle est actuellement l'étendue du potentiel d'agression de la Russie. Et soyons clairs : la Russie n'est toujours pas guérie du mal que l'historien Norman Davis avait autrefois qualifié 'd'anorexie politique'. Certes, Medvedev n'a rien dit cette fois-ci sur les 'territoires perdus de l'ancienne Union indestructible' et sur les compatriotes qui y vivent, mais il s'est adressé à la Géorgie et a déclaré que l'on devait en finir avec la résistance dans le Nord-Caucase et tout faire pour que la population puisse y vivre dans la prospérité. Cela s'apparente toutefois à l'espoir naïf des Américains de parvenir à pacifier l'Irak avec des films hollywoodiens et de l'aide humanitaire." (13.11.2009)


Gazeta Wyborcza - Pologne

Le discours à la nation du président Dmitri Medvedev a davantage constitué un spectacle pompeux qu'un message politique, estime le quotidien progressiste de gauche Gazeta Wyborcza, et c'est également ainsi qu'il est compris : "Lors de son discours d'hier, Dmitri Medvedev a promis à ses compatriotes une modernisation fondamentale du pays. Mais il n'a pas convaincu les Russes qu'il est celui qui pourra les mener vers un avenir meilleur. La Constitution russe prévoit que le président fasse une fois par an un discours devant l'élite politique du pays et - grâce à la télévision - devant la nation. Il doit ainsi définir l'orientation que doit prendre la politique intérieure et extérieure du pays. L'organisation de l'ensemble a en tout cas été impressionnante : hier, des milliers de personnes se sont rassemblées dans la salle Georgievski du Kremlin - des membres du gouvernement, des parlementaires ainsi que des dirigeants des groupes religieux et des artistes russes. On se doit en effet d'être présent sur une telle scène." (13.11.2009)


» Ensemble de la revue de presse de vendredi, 13. novembre 2009

 

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