Navigation

 

Archives / Revue de Presse | 02.08.2006

 

À LA UNE

La diplomatie européenne à l'épreuve

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis lors d'un sommet extraordinaire le 1er août, ne sont pas parvenus à se mettre d'accord pour appeler à un cessez-le-feu immédiat au Proche-Orient. Ils ont néanmoins adopté une déclaration commune après de longs pourparlers. Faiblesse coutumière de la politique étrangère de l'UE ou signe d'espoir ? » suite

Extraits des publications suivantes:
Die Presse - Autriche, Le Soir - Belgique, Frankfurter Rundschau - Allemagne, La Repubblica - Italie

Die Presse - Autriche

Burkhard Bischof applaudit Erkki Tuomioja, ministre finlandais des Affaires étrangères et représentant de la présidence finlandaise de l'UE pour ses "explications claires, courageuses et sans fard" lors de la conférence des ministres des Affaires étrangères de l'UE. "Il a expliqué une fois pour toutes au Premier ministre israélien Ehoud Olmert que sa politique de violence ne ferait que grossir les rangs des combattants du Hezbollah et des autres groupes extrémistes. Ensuite, il a fait savoir à ses homologues européens que l'adoption d'une position européenne commune sur la guerre du Liban pouvait permettre de circonscrire l'influence des Etats-Unis. Le fait que le Finlandais ose dire la vérité ne plaît pas à tout le monde. A Javier Solana, par exemple, le haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, l'incarnation de la langue de bois diplomatique. Ou encore à la ministre britannique des Affaires étrangères, Margaret Beckett, qui apparaît comme le sous-fifre de Washington et voudrait faire de l'UE une extension des Etats-Unis. S'il vous plaît, monsieur Tuomioja, ne baissez pas les bras. Tenez bon !" (02.08.2006)

Le Soir - Belgique

Interviewé par Maroun Labaki, Louis Michel, commissaire européen en charge du Développement et de l'Aide humanitaire, juge que l'UE agit avec réalisme dans la crise libanaise. "L'Europe est multilatérale. Il faut toujours se mettre d'accord à vingt-cinq sur le plus grand commun dénominateur. Parfois, ce plus grand commun dénominateur est très petit, mais c'est la réalité de l'Europe, on ne peut pas l'empêcher. (...) Est-ce qu'on préfère un commun dénominateur minimal ou vingt-cinq politiques bilatérales différentes et le désordre le plus complet ? Il y a encore trop de pays membres qui vivent dans la nostalgie d'une puissance passée. (...) Il ne faut pas en vouloir aux Américains s'il n'y a qu'une seule hyperpuissance. C'est dû à certains Etats membres de l'UE. C'est aussi clair que cela. Quand l'UE aura son ministre des Affaires étrangères ? Quand parlera-t-elle d'une seule voix ?" (02.08.2006)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

"L'UE ne ménage pas sa peine pour montrer qu'elle mène une politique étrangère active", écrit Detlef Fechtner. "Les diplomates de Bruxelles ont raison de s'élever contre la dévalorisation en bloc de leur travail. Après tout, l'Europe est parvenue à trouver rapidement des solutions communes, notamment pour l'organisation de l'aide humanitaire ou des évacuations. Mais il savent également que l'UE sera jugée selon sa capacité à trouver un accord sur les questions politiques brûlantes : l'application d'un cessez-le-feu, l'envoi d'une force internationale et les modalités de la reconstruction. Rien ne dit encore qu'elle y parviendra, au vu des joutes verbales auxquelles ont donné lieu les déclarations des ministres des Affaires étrangères, hier". (02.08.2006)

La Repubblica - Italie

L'éditorialiste Andrea Bonanni estime que la diplomatie européenne est en train de marquer des points au Proche-Orient. "Les ministres européens ont réussi à dépasser les diverses sensibilités et à adopter une position commune, alignée sur la proposition que la France a présenté au Conseil de sécurité des Nations Unies. Malgré les rumeurs de division infondées, les 25 ont demandé un arrêt immédiat des hostilités en vue d'un cessez le feu durable (...). L'autre nouveauté d'importance qui a émergé de la réunion d'hier, est que, pour la première fois, les Européens sont prêts à mobiliser leurs troupes pour garantir la sécurité dans la région, le respect du droit international et l'intégrité de l'Etat d'Israël. Il s'agit d'une évolution cruciale qui redonnerait à l'Europe un rôle dans l'échiquier moyen-oriental, monopolisé depuis longtemps par la diplomatie américaine, et qui verrait la France et l'Italie assumer un rôle de leadership". (02.08.2006)

RÉFLEXIONS

Libération - France

Mohamed Kacimi parle de l'exception libanaise

L'écrivain algérien Mohamed Kacimi souligne que le fait de "raser le Liban" revient à mettre à mal le plus tolérant des régimes arabes. "Au moment où l'Amérique de Bush rêve d'inculquer ou d'inoculer la démocratie aux pays d'Orient, il serait bon de rappeler que le Liban est aujourd'hui l'unique et seul pays du monde arabe où il existe une presse libre, des télévisions libres, des élections libres. Un pays où l'on peut prier en arabe, en syriaque ou en grec dans des églises orthodoxes ou catholiques sans être lynché comme à Alexandrie où décapité comme à Alger. Un pays où les femmes libres, comme nulle part ailleurs, peuvent s'afficher en plein ramadan avec leur verre de vin ou leur cigarette sans être vitriolées. (...) Ce n'est pas le Hezbollah qu'on casse, c'est l'ultime et unique espace de liberté, de création et de subversion arabe qu'on détruit". (02.08.2006)

El País - Espagne

David Grossman invite Israël à négocier

L'écrivain israélien David Grossman signe une tribune dans laquelle il juge que "le conflit actuel [avec le Liban] rend plus urgente encore la signature d'un accord avec les Palestiniens. Il faut mettre fin à l'occupation, non pas parce que cela sera 'positif pour les Palestiniens', mais parce que c'est le seul moyen pour Israël de revenir rapidement à la politique militaire et diplomatique qui siée à un pays aussi fragile. Mais ne nous trompons pas : cela ne nous vaudra l'amitié de personne au Moyen-Orient. Israël restera aux yeux de la plupart des pays arabes une greffe étrangère dans la région. Toutefois, un accord acceptable avec les Palestiniens apaiserait le feu dans la plupart de nos zones de conflit, permettrait à Israël de guérir ses blessures nationales et rappellerait aux Israéliens ce pour quoi il vaut vraiment la peine de se battre". (02.08.2006)

Magyar Hírlap - Hongrie

Paul Lendvai et la politique étrangère hongroise

"Indépendamment du gaz et du pétrole, la politique étrangère hongroise doit montrer que la Hongrie n'est pas à cheval entre l'Est et l'Ouest, mais bien à l'Ouest. Une loyauté non dénuée d'esprit critique envers Washington (et non envers Georges Bush !) ainsi que des relations multiples et vitales avec l'Allemagne doivent constituer les bases de la politique étrangère hongroise", écrit le journaliste Paul Lendvai. "Les bons rapports qu'entretient la Hongrie avec la Slovaquie, pays membre de l'UE, la Roumanie, pays candidat, et la Serbie, pays écarté, dépendent principalement des intérêts nationaux, et plus précisément de la situation de la minorité hongroise dans les pays voisins (soit 2,4 millions de personnes). La politique étrangère de la Hongrie doit analyser constamment les interactions qui s'opèrent entre les trois acteurs d'un triangle constitué par la nation, les minorités hongroises à l'étranger et les pays voisins." (01.08.2006)

POLITIQUE

Financial Times - Royaume-Uni

L'UE doit se soucier de l'après-Fidel Castro

Le quotidien financier estime que les saignements intestinaux dont souffre le dirigeant cubain Fidel Castro et qui l'on contraint mardi 1er août à remettre provisoirement le pouvoir à son frère Raul, "ont pour effet positif de poser la question de la mortalité du dirigeant cubain et d'amèner à réfléchir sur l'inévitable transition de l'ère post-castriste, et ce même si la fin de cette période n'est pas encore imminente. Les Etats-Unis et l'UE doivent analyser avec précaution la manière dont ils comptent accompagner les projets du gouvernement cubain pour gérer ce changement et éviter toute tension, notamment au sein des communautés d'exilés qui, à en juger par les scènes de liesse observées à Miami, entretiennent l'espoir d'un changement radical et immédiat. Le système politique cubain n'est pas démocratique et se concentrait jusque-là autour d'un seul homme. Mais le Parti communiste jouit cependant d'un degré de légitimité jamais atteint par ses homologues d'Europe de l'Est au cours des années 80". (02.08.2006)

Canarias7 - Espagne

Cuba doit s'inspirer de l'histoire espagnole

Francisco Suarez Alamo, directeur du quotidien espagnol, anticipe la fin du régime castriste à Cuba et invite cette île à s'inspirer de l'expérience vécue par l'Espagne après la dictature de Franco. "Il faut espérer que Cuba se souvienne de la mère patrie au moment de passer d'une féroce dictature à une démocratie excitante. Pour commencer, il faut mettre de côté les rancoeurs. Celles des uns et des autres. Celles des castristes et celles des anti-communistes furibonds installés en Floride qui espèrent revenir pour récupérer le butin qu'on leur a volé. Après tout, ce qu'un peuple doit éviter de faire quand un tyran se meurt, c'est de donner raison à celui qui se posait en garant de l'ordre et de la tranquilité". (02.08.2006)

Népszabadság - Hongrie

L'UE prend de l'avance sur les cellules souches

Après des débats passionnés, les pays de l'UE sont tombés d'accord, voilà près d'une semaine, sur la nécessité de financer la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines, à certaines conditions. La libéralisation est un avantage concurrentiel pour l'Europe face aux Etats-Unis, selon Laszlo Szöcs. Les instituts de recherche européens ont aujourd'hui l'occasion d'attirer les meilleurs experts américains en Europe. Toutefois, le sujet fait toujours débat au sein de l'UE. "Le Vatican réprouve la recherche sur les cellules souches, la plupart d'entre elles étant issues d'embryons obtenus par fécondation artificielle (...). Les pays européens sont divisés : les plus libéraux sont la Belgique, la Grande-Bretagne et la Suède, qui ont d'ores et déjà autorisé le clonage thérapeutique - comme la Corée du Sud, l'Inde, la Chine et Israël, qui soignent leur compétitivité sur le marché mondial. Les pays européens les plus conservateurs - l'Autriche, Malte, la Lituanie et la Pologne - sont favorables à une interdiction générale. L'Allemagne et l'Italie ont tranché le noeud gordien en autorisant l'importation de cellules souches". (01.08.2006)

Pravda - Slovaquie

Robert Fico présente son programme

Le nouveau Premier ministre slovaque, Robert Fico, a présenté mardi 2 août son programme au Parlement. Le commentateur Dag Danis est élogieux. "Contrôler les privatisations, faire pression sur les monopoles énergétiques pour influer sur leur politique tarifaire, retirer progressivement les troupes slovaques d'Irak - toutes ces mesures sont légitimes. Il ne s'agit pas d'objectifs socialistes visant la seule protection des intérêts nationaux. Le gouvernement précédent de Dzurinda était allé un peu trop loin en réduisant l'influence de l'Etat et en renforçant le pouvoir du marché. Le fait que Fico ne veuille pas poursuivre cette politique est parfaitement compréhensible. La privatisation a atteint son but. Les anciennes entreprises d'Etat sont dirigées par des investisseurs privés, mais le gouvernement conserve une fonction de contrôle". (02.08.2006)

ÉCONOMIE

Times of Malta - Malte

La paralysie de l'OMC

Selon le quotidien, l'échec des discussions du cycle de Doha reflète "une forme de paralysie" au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). "Le libre commerce et le multilatéralisme sont les grands perdants, et le protectionnisme obtient une victoire à la Pyrrhus. En l'absence d'accord, la tendance sera aux accords commerciaux bilatéraux conclus en dehors du cadre de l'OMC. (...) Il ne faut peut-être pas s'attendre à ce que 148 pays, qui gèrent leurs propres calendriers et défendent leurs intérêts, parviennent à réduire unanimement les barrières douanières. Ce qui est intéressant dans cet échec, c'est de voir que le désaccord fatal sur la question agricole s'est produit lors d'une réunion marathon entre les Etats-Unis, l'UE, le Brésil, l'Inde, l'Australie et le Japon. Il s'agit de grandes puissances commerciales, qui cherchent toutes à préserver leurs acquis et à augmenter leurs richesses. Or, comment mieux faire cela qu'en favorisant le libre commerce ?" (02.08.2006)

Berlingske Tidende - Danemark

Le Danemark victime de sa prospérité

Le Danemark se trouve dans une situation paradoxale, selon le journal. Alors que le pays se porte mieux que jamais, la peur d'une crise économique similaire à celle de 1986 se propage parmi ses habitants. "C'est surtout la situation du marché de l'emploi qui inquiète. A juste titre. Le nombre de chômeurs est si bas que l'on peut quasiment parler de plein emploi. De plus en plus de secteurs commencent à manquer de main d'oeuvre. Même si cela n'a pas encore entraîné de hausses notables des salaires, la logique économique veut que le risque d'inflation augmente". (02.08.2006)

CULTURE

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Le rajeunissement du public de l'été culturel athénien

L'été culturel d'Athènes a investi les anciennes usines de la capitale et choisi d'abaisser ses tarifs d'entrée de 100 à 15 euros pour attirer un public plus jeune. Rainer Hermann s'en réjouit. "La nouvelle attractivité du festival porte un nom : Yourgos Loukos. Depuis 37 ans, l'Athénien vit en France, où il occupe actuellement la fonction de directeur du Ballet de l'Opéra National de Lyon. Seul le 51e anniversaire du festival d'Athènes - qu'il dirige - l'a ramené dans sa ville natale (...). Cet été culturel athénien montre que la Grèce sort de sa marginalité. Les Jeux Olympiques d'été de 2004 ont servi d'élément déclencheur. Auparavant, Loukos s'était déjà vu proposer la direction du festival, mais il avait toujours refusé. Et puis, tout à coup, il a redécouvert son pays, et aujourd'hui, il croit au potentiel d'Athènes. Sa plus grande joie ? Quand, dans un bar, il entend un jeune demander à un autre s'il a vu la pièce de Sasha Waltz (...). 'Ils n'ont pas beaucoup d'argent. Mais ces 15 euros changent leur vie'". (02.08.2006)

24 heures - Suisse

La justice internationale sur grand écran

Dans le cadre du festival de cinéma de Locarno qui débute ce mercredi 2 août, le cinéaste suisse Marcel Schüpbach présente "La liste de Carla", un film consacré au travail du Tribunal pénal international (TPI). Interviewé par Claude Ansermoz, il explique que deux histoires se déroulent en parallèle dans son film. "Celle de Carla del Ponte [procureure du TPI] qui court la planète pour obtenir justice. Et celle des mères de Srebrenica qui attendent depuis dix ans que justice soit faite et s'interrogent : la justice est-elle possible ? A quoi cela peut-il servir d'arrêter aujourd'hui Mladic et Karadzic ? Cela ne fait pas revivre les morts. Tout ce travail du TPI pose des questions aussi simples et basiques. Finalement, on peut légitimement se demander si tout cela sert à quelque chose. Personnellement, je pense que cela vaut la peine, mais pour un prochain conflit, pour démontrer que l'on peut juger les puissants. Si on abandonne là-dessus, on abandonne la planète à une sauvagerie sans limite." (02.08.2006)

Der Standard - Autriche

Le 'Ring' au festival de Bayreuth

Le 'Crépuscule des Dieux' a clôturé mardi 1er août au festival de Bayreuth la première des trois séries du 'Ring' de Richard Wagner, sous la direction de Tankred Dorst. Pour Peter Vujica, les critiques de la mise en scène sont injustifiées. "L'image la plus marquante de ce nouveau 'Ring' de Bayreuth aura été celle Tankred Dorst, à une heure tardive, dans l'ascenseur de l'hôtel, la mine fermée, les yeux clos. Un Wotan vaincu. Déçu du rejet sans appel de son travail par le public. Déçu peut-être aussi par [le chef d'orchestre] Christian Thielemann, qui n'est monté une seule fois sur scène avec lui et le reste de l'équipe (le décorateur Frank Philipp Schlössmann et le costumier Bernd Skodzig) au tomber de rideau (...)". Pourtant, le journaliste estime que "ce nouveau 'Ring', en dépit des incidents et des incohérences qui l'ont ponctué, est tout sauf un massacre. Visuellement, il est largement supérieur à la tétralogie crispée que Jürgen Flimm avait précédemment présentée à Bayreuth". (02.08.2006)

 

Marquer cette page d'un signet sur   del.icio.us    Digg!    YiGG.de    Webnews!    FURL    LinkARENA    Mister Wong    oneview   

D'autre contenu

S'ABONNER

Pour recevoir gratuitement euro|topics ou vous désabonner à la lettre d'information, inscrivez votre adresse e-mail:

EDITIONS ARCHIVÉES

lu ma me je ve sa di
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31