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Archives / Revue de Presse | 19.09.2006

 

À LA UNE

Mensonges et émeutes en Hongrie

Budapest a été le théâtre d'émeutes violentes dans la nuit du 18 au 19 septembre. A l'origine de ces troubles, un enregistrement des propos du chef du gouvernement hongrois, Ferenc Gyurcsany, lors d'une séance du groupe parlementaire socialiste, dans lequel il explique avoir menti à la population sur la santé de l'économie du pays afin de garantir sa réélection an avril dernier. L'opposition réclame sa démission. » suite

Extraits des publications suivantes:
Sme - Slovaquie, Neue Zürcher Zeitung - Suisse, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Magyar Hírlap - Hongrie

Sme - Slovaquie

Aux yeux de Peter Schutz, l'enregistrement du discours du Premier ministre Ferenc Gyurcsany est "de loin le plus grand scandale de l'histoire de la démocratie hongroise depuis 1989". "Ce discours, dont la diffusion aujourd'hui a certainement un lien avec les prochaines élections municipales, n'est rien moins que l'aveu, de la bouche du témoin principal, de la trahison des électeurs par une élite qui place sa carrière au sein du pouvoir avant les intérêts à long terme de l'Etat (...). Les manifestations réclamant la démission du Premier ministre pourraient rendre la situation ingérable. Mais cette affaire livre surtout un message de fond : on démontre aujourd'hui que la politique hongroise est construite sur un mensonge permanent, ce qui vaut également pour toutes les autres démocraties et leurs élites politiques". (19.09.2006)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Ulrich Schmid se demande quelles seront les conséquences des mensonges dévoilés du Premier ministre hongrois. "Il semble peu probable que cette affaire soit fatale à Ferenc Gyurcsany. Le groupe parlementaire socialiste l'a épaulé sans barguigner hier, lundi 18 septembre, et les libéraux, partenaires de coalition des socialistes, ont fait le choix de la réserve (...). Aussi grotesque puisse-t-elle paraître, cette affaire ne sera finalement rien d'autre qu'une tempête dans un verre d'eau. Ferenc Gyurcsany, dont la vulgarité dans les propos rappelle l'ancien chef d'Etat ukrainien Koutchma, n'a visiblement aucun sens des responsabilités - comme le confirme sa tentative de tirer parti de son dérapage pour se poser en autorité morale". (19.09.2006)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Pour Klaus Brill, la Hongrie ne peut pas se permettre de pousser Gyurcsany vers la sortie. "C'est tout à l'honneur du Premier ministre de ne pas prendre ses distances avec ses propos à l'heure de leur révélation. L'homme a du cran. Et les observateurs attentifs n'ont pas attendu cette affaire pour comprendre qu'il avait raison. Au cours des huit dernières années, la Hongrie est passé du statut de pays post-communiste modèle à celui de mauvais élève. Malgré la bonne volonté des investisseurs et la hausse des rentrées fiscales, aucune des grandes réformes nécessaires n'ont été entreprises, à l'exception de la privatisation des anciennes entreprises publiques (...). Cette gestion catastrophique du pays n'est pas uniquement le fait des sociaux-démocrates, que Gyurcsany dirige depuis deux ans, mais également des conservateurs. Ceux-ci ont connu les mêmes déboires sous le gouvernement de Viktor Orban, de 1998 à 2002. C'est pourquoi la démission de l'actuel Premier ministre ne serait d'aucun remède. Ferenc Gyurcsany est mandaté pour assainir la gestion du pays. Il est simplement temps qu'il s'y consacre". (19.09.2006)

Magyar Hírlap - Hongrie

Jozsef Makai compare la crise politique qui ébranle le parti socialiste hongrois au scandale des allégations de Tony Blair sur l'arsenal irakien. "Blair, qui, entre parenthèses, a soutenu les socialistes hongrois durant leur campagne - a affirmé que l'Irak possédait des armes de destruction massive capables de frapper Londres en 45 minutes. Les socialistes hongrois se sont cherché un Tony Blair pendant des années. Ils l'ont désormais trouvé : Gyurcsany est tout aussi doué pour le mensonge que son homologue londonien". (18.09.2006)

RÉFLEXIONS

Le Nouvel Observateur - France

Abdelwahab Meddeb et les regrets de Benoît XVI

Dans un entretien avec Chiara Penzo, l'écrivain franco-tunisien Abdelwahab Meddeb estime que le pape aurait dû "s'abstenir de regretter" la controverse suscitée par ses propos. "Le monde musulman a raté une très belle occasion de se remettre en question. Dans son discours de Ratisbonne, le pape a touché du doigt les germes de ce que j'appelle dans mes ouvrages 'la maladie de l'islam', qui est aussi la base de l'islamisme. La question de la violence dans l'islam est une réalité. Quand le pape a évoqué le rapport très étroit de cette religion avec la violence, il a dit la vérité, même s'il ne faut pas séparer l'islam de la raison. J'aurais souhaité qu'un imam ouvert et éclairé se saisisse de son discours pour ouvrir le débat, en reconnaissant que Benoît XVI avait en partie raison. Car il n'y a pas une seule et unique doctrine islamique, mais des textes qui méritent un débat et une analyse. Le monde musulman aurait besoin de se confronter à une effervescence intellectuelle." (18.09.2006)

La Repubblica - Italie

Khaled Fouad Allam et le dialogue interreligieux

A la suite de la polémique soulevée par Benoît XVI et ses propos sur l'islam, Khaled Fouad Allam, spécialiste de l'islam et professeur à l'université de Trieste, estime qu'il est urgent de rétablir le dialogue entre les religions. "Notre époque a l'étrange caractéristique de recourir fréquemment à une inintelligibilité médiévale pour chercher la riposte. Les musulmans comme les chrétiens évoquent les textes d'une époque lointaine, époque qui revient à la vie à une vitesse vertigineuse (...). Aujourd'hui, les musulmans comme les chrétiens et l'Occident souffrent d'une véritable maladie de la perception de l'autre (...). Je pense encore que, au-delà des langues et des religions, les hommes sont mes frères. C'est sans doute une utopie facile, mais c'est quelque chose que nous devons reconquérir, que nous devons nous réapproprier, afin de réparer le divorce entre l'histoire et la mémoire et se retrouver pour partager le pain et le sel." (19.09.2006)

POLITIQUE

The Daily Telegraph - Royaume-Uni

Signature d'accords de coopération sur Gibraltar

Le quotidien s'intéresse à la signature, le 18 septembre, d'accords tripartites entre la Grande-Bretagne, Gibraltar et l'Espagne. "Les accords signés hier vont permettre de donner à la colonie un peu de l'air dont elle a besoin. Ils prévoient l'ouverture de son aéroport aux vols en provenance d'Espagne et une augmentation significative du nombre de lignes téléphoniques. Les Espagnols se sont engagés à assouplir les restrictions frontalières et les Britanniques à verser une somme forfaitaire aux retraités qui travaillaient à Gibraltar avant la fermeture de la frontière par Franco, en 1969. L'Espagne en tirera un bénéfice économique, tout en ne renonçant pas à revendiquer la souveraineté, l'ordre du jour du Forum [forum tripartite de discussions créé en 2004] restant ouvert. De la part de Madrid, le renforcement des liens économiques avec la colonie, plutôt que son étranglement, a toujours paru être un meilleur moyen de plaider sa cause. Il aura fallu des décennies, et un chef de gouvernement déterminé [le Gibraltarien Peter Caruana], pour que le déclic se produise." (19.09.2006)

ABC - Espagne

Gibraltar sur la voie de l'indépendance

"Gibraltar a fait hier ses premiers pas sur la voie de l'indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni et de l'Espagne. Malheureusement, cela semble bien être l'horizon futur du 'Rocher'", regrette le quotidien au lendemain de la signature par l'Espagne, la Grande-Bretagne et Gibraltar d'accords de coopération et de bon voisinage. Il regrette "l'introduction d'une formule qui satisfait certes les intérêts britanniques et gibraltariens, mais pas du tout ceux de notre pays, qui doit récupérer la souveraineté totale sur ce territoire retiré à l'Espagne après le traité d'Utrecht en 1714. (...) Notre diplomatie a offert hier un triste spectacle, en n'obtenant, en l'échange de nombreuses concessions, que la maigre compensation de pouvoir ouvrir un Institut Cervantes à Gibraltar, ce qui revient à reconnaître qu'il s'agit d'un territoire étranger (...)". (19.09.2006)

Kathimerini - Grèce

Les intérêts de la Russie en Grèce

"Curieusement, la coopération avec la Grèce est aussi importante pour Moscou que pour Washington", relève Costas Iordanidis, qui revient sur la récente visite du président russe Vladimir Poutine en Grèce. "L'ouverture politique de la part des dirigeants russes, qui vient d'être scellée par un important accord énergétique, est plus étonnante que les gentillesses de Washington, allié traditionnel de la Grèce, particulièrement depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale (...). Le président russe essaie clairement de réduire la dépendance vis-à-vis de la Turquie et de consolider les routes alternatives pour acheminer le gaz et le pétrole russes en Europe. Même si Washington a soutenu la construction du pipeline Burgas-Alexandroupolis, il ne sera pas trop enthousiaste à l'idée qu'un gazoduc dans la mer Egée vienne accroître la dépendance énergétique de l'Europe envers la Russie. Poursuivant sur sa lancée, Poutine rencontrera le président français et la chancelière allemande, à Paris, le 23 septembre prochain." (18.09.2006)

L'Express - France

Quel avenir pour l'extrême droite française ?

"La France s'est accommodée du Front national [FN], elle a appris à vivre avec, à s'en servir même pour punir les grands partis ou hurler son malaise à la face de l'Europe", analyse Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire. "C'est là le phénomène politique le plus important des vingt-cinq dernières années, autant que la fin des idéologies, plus que la flétrissure du communisme, la floraison de l'écologie ou la métamorphose du Parti socialiste en parti de gestion. Et pourtant, le FN n'a jamais détenu aucun autre pouvoir que celui de nuire. (...) Quoi qu'il arrive au printemps prochain [date des élections présidentielles], Le Pen [président du FN] ne sera pas élu président de la République. Parce qu'il ne sera jamais crédible et qu'il sera toujours nocif, plus dangereux qu'idoine. (...) Après 2007, il vivra son crépuscule de caudillo, quand le verbe s'essouffle, que le tribun devient pantin et fait plus rire que peur". (14.09.2006)

Dagens Nyheter - Suède

Le péage urbain de Stockholm

Lors des législatives organisées dimanche 17 septembre, les électeurs suédois se sont également exprimés sur le péage urbain de Stockholm. Si une courte majorité de Stockholmois s'est prononcée pour le maintien du système de péage à l'essai depuis plus de six mois, les quatorze communes limitrophes s'y sont opposées. Pour le journal de Stockholm, c'est une situation épineuse qui pourrait bien tenir lieu de baptême du feu pour le nouveau Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt. "La question va être débattue au Parlement. Il serait dommage que le projet soit rejeté, puisque la majorité des Stockholmois y sont favorables. Cependant, il serait prématuré d'introduire le système dès cette année. Il s'agit donc de trouver un compromis. Les échos largement positifs de la phase d'essai plaident néanmoins en faveur de l'introduction de cet outil de régulation du trafic". (19.09.2006)

ÉCONOMIE

Delfi - Lettonie

La croissance lettone à crédit

Au cours du premier semestre 2006, la Lettonie a enregistré une croissance économique de 12 %, ce qui la place en tête des pays d'Europe, et au-delà. Pour autant, Martins Apinis rappelle qu'une grande partie de cette croissance fulgurante repose sur le boom du crédit. "D'après les données de la Commission sur les finances et le marché des capitaux, le portefeuille de crédits des banques lettones s'élève à 10,9 milliards d'euros au premier semestre, soit une hausse de 59 % par rapport à l'année dernière. Ce phénomène est particulièrement perceptible dans les secteurs du bâtiment et de l'immobilier, qui influencent à leur tour le commerce et la production. Toutefois, bien que les spécialistes tablent sur une prolongation du boom de l'immobilier, le taux d'inflation suscite l'inquiétude. Une économie dont la croissance est fondée sur la consommation ne peut pas être la meilleure - en particulier lorsque le rythme de croissance de la production et des exportations recule". (19.09.2006)

CULTURE

The Times - Royaume-Uni

Elif Shafak accusée de 'dénigrement de l'identité turque'

La romancière turque Elif Shafak, âgée de 34 ans, est poursuivie en justice au titre de l'article 301 du code pénal turc pour 'dénigrement de l'identité nationale' en raison de son dernier livre, 'Le père et le bâtard'. Elle doit comparaître jeudi 21 septembre devant un tribunal turc. L'auteur explique à Suna Erdem que ce procès ne concerne pas seulement son livre et s'inscrit dans les efforts déployés par les nationalistes pour nuire aux aspirations européennes de la Turquie. "Je pense que le principal problème avec l'article 301 n'est pas qu'il jette des gens en prison, mais qu'il les contraint au silence. Cela signifie que les autorités tentent maintenant de contrôler l'art, ce qui est particulièrement alarmant car la Turquie, qui a connu trois Coups d'Etat militaires, a toujours fait preuve d'une forte autonomie artistique et littéraire. (...) Nous observons une confrontation entre ceux qui soutiennent de toutes leurs forces le processus européen et ceux qui veulent transformer cette société en un pays xénophobe et isolationniste." (19.09.2006)

24 heures - Suisse

La peinture de Georg Baselitz

La Fondation de l'Hermitage située à Lausanne propose une rétrospective du peintre allemand Georg Baselitz. Dans une interview réalisée par Françoise Jaunin, l'artiste analyse les influences de son travail. "Je suis né en ex-Allemagne de l'Est. Quand j'ai fait mes études à la fin des années 1950, il y avait deux camps : à l'ouest l'abstraction, à l'est la figuration. On nous disait: maintenant tout est possible, jamais la liberté des artistes n'a été aussi grande. Moi, je ne voyais rien de bien libératoire ni dans le Bauhaus, ni dans l'Ecole de Paris, ni dans le pop art. (...) Ne restait qu'une solution : réinventer la figuration. Et cela, un peintre ne peut le faire qu'avec deux matériaux: ce qu'il puise au fond de lui-même, et ce qui a été fait avant lui. L'histoire de l'art est un formidable réservoir de modèles." (19.09.2006)

die tageszeitung - Allemagne

Les ressorts surréalistes de la publicité

"Depuis quelques années, la publicité montre un goût certain pour le surréalisme : les substances glissent, éclatent, gonflent, défient les lois de la physique, la lumière enjolive et détourne le produit", rapporte Wolfgang Ullrich. Selon lui, deux raisons expliquent l'irruption du surréalisme dans la publicité. "Les effets spéciaux permettent toutes les exagérations, sans aucun danger. Ces exagérations concernent néanmoins toujours les caractéristiques du produit. Ensuite, et c'est la deuxième explication du recours au surréalisme, les effets spéciaux sont la meilleure façon de mettre en avant les caractéristiques du produit". Le journaliste dévoile des méthodes raffinées "dont l'objectif n'est pas seulement d'explorer les attentes du client sur un produit, mais également de trouver dans quel champ imagé - dans quelles métaphores - le consommateur rêve ses désirs. Les annonces publicitaires se contentent souvent de transcrire ces images. Ce qui nous semble surréaliste n'est donc rien d'autre que la somme de transcriptions de rêves d'une société comblée par la consommation". (19.09.2006)

The Irish Times - Irlande

Une exposition sur le pardon proposée à Belfast

A Belfast est actuellement proposée l'exposition itinérante 'The F Word, images du pardon' qui alimente le débat sur le pardon à l'aide de récits venant du monde entier. Fionnuala O Connor l'a visitée. "Selon le dépliant de l'exposition, le but est de raconter comment des personnes ont compris que le 'seul moyen d'avancer est de laisser de côté la haine et les reproches'. Cet objectif est atteint. Et l'exposition raconte aussi quelques histoires de personnes qui ne pardonnent pas, comme cette famille frappée par des maladies mortelles à cause de la catastrophe de Tchernobyl. Elle se retrouve abandonnée par le régime communiste en désintégration et leurs économies ont été avalées par les banques en faillite qui ont permis à d'autres de s'enrichir. (...) Alaistair Little, qui a tué un homme à l'âge de 17 ans lorsqu'il appartenait à l'UVF [milice loyaliste nord-irlandaise], explique, pour sa part, que 'certains ne peuvent pas oublier. Cela ne signifie pas qu'ils sont faibles, ou qu'ils vont être rongés par l'amertume ou la colère. ... Malheureusement, le pardon et la réconciliation ont été politisés, et ont donc pour moi perdu leur valeur'."   (19.09.2006)

 

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