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Archives / Revue de Presse | 30.05.2007

 

À LA UNE

La lutte pour le pouvoir continue en Ukraine

La lutte pour le pouvoir continue en Ukraine

 

Deux ans et demi après la Révolution orange, la politique ukrainienne n'est toujours pas apaisée. Le président Viktor Iouchtchenko et son adversaire, le Premier ministre Viktor Ianoukovitch, continuent leur lutte pour le pouvoir. Ils se sont néanmoins mis d'accord pour la tenue de nouvelles élections législatives le 30 septembre 2007. La presse européenne regarde d'un oeil soucieux ce compromis bancal. » suite

Extraits des publications suivantes:
Berliner Zeitung - Allemagne, Der Standard - Autriche, Financial Times - Royaume-Uni, Gazeta Wyborcza - Pologne

Berliner Zeitung - Allemagne

"La classe politique ukrainienne touche le fond", affirme Franz Herold face à la situation en Ukraine. Les deux hommes "ne sont parvenus à un accord qu'une fois qu'ils ont été à la limite de la pure violence. (...) Entre-temps, les outils de la jeune démocratie et de l'Etat de droit ont été tous très endommagés. Le président d'un côté, et le gouvernement et le Parlement de l'autre mettent en scène leurs querelles politiques comme s'il s'agissait d'une crise existentielle de l'Etat. Tous se privent ainsi de la possibilité de faire avancer le pays par des réformes. La Cour constitutionnelle, sur laquelle toutes les parties font illégalement pression, est devenue une instance de résolution des conflits. Dernière étape de l'escalade de la crise, la tentative périlleuse d'utiliser la police et les autres forces de l'ordre pour le compte des partis politiques, au mépris de la Constitution. Le risque est que la population doute que la voie choisie soit la bonne." (30.05.2007)

Der Standard - Autriche

Pour Edouard Steiner, l'accord sur la date des élections ne va conduire qu'à un "relâchement provisoire" en Ukraine, car "aucune solution aux causes de l'instabilité n'a encore été trouvée. La seule orientation possible reste l'Occident. En attendant, Viktor Iouchtchenko et Viktor Ianoukovitch - à plus long terme et sans l'option de l'OTAN - sont favorables à un rapprochement avec l'UE, voire à une intégration. Ce sont surtout les financiers de l'industrie lourde qui voient leur avenir à l'Ouest. Ils craignent notamment d'être engloutis par les oligarques russes. Toutefois, la proposition faite par l'UE à l'Ukraine est médiocre. Ainsi, les personnalités politiques ukrainiennes considèrent la décision de l'UEFA d'organiser l'Euro 2012 en Pologne et en Ukraine comme la meilleure chose pouvant leur arriver sur le plan européen." (29.05.2007)

Financial Times - Royaume-Uni

"Avant cette année, le conciliant président Victor Iouchtchenko était sur la défensive, au désespoir de ses partisans", souligne le quotidien. "Mais en avril, il a finalement pris les choses en main. Ianoukovitch a fait de la résistance, entraînant la confrontation de la semaine dernière. Le problème est que des élections ne changeront rien à l'équilibre des forces entre les deux camps. Ianoukovitch sera confirmé à la tête du parti majoritaire, suivi de près par la féroce Ioulia Timochenko, alliée de Iouchtchenko pendant la Révolution orange. Le président tiendra le rôle d'arbitre et ils seront tous obligés de s'asseoir à la même table pour négocier. La base d'un compromis existe. La plupart des Ukrainiens souhaitent un rapprochement avec l'UE, mais ont des doutes concernant un ralliement à l'Otan. Ils pensent presque tous que la Russie continuera de jouer un rôle important en Ukraine, pour l'énergie par dessus tout, même s'ils sont plus divisés à propos des bienfaits de l'influence de Moscou. Pays à la charnière, l'Ukraine ne peut pas se permettre d'être trop avec la Russie ou trop avec l'Occident." (30.05.2007)

Gazeta Wyborcza - Pologne

Marcin Bosacki compare la capacité d'intervention de la Pologne dans la crise qui frappe actuellement l'Ukraine à la situation pendant la Révolution orange de la fin 2004. A son grand regret, la Pologne a perdu son statut influent d'experte de l'Est au sein de l'UE. "Les frères Kaczynski, sans parler de la ministre des Affaires étrangères Anna Fotyga, ne font aucun effort sérieux pour que l'opposition soutienne leur politique extérieure. Ils ne sont pas non plus en mesure de convaincre l'Europe pour déterminer quelle politique européenne mener en Ukraine, car ils sont eux-mêmes considérés comme problématiques par la plupart de leurs partenaires au sein de l'Union. (...) Même les 'oranges' font de moins en moins confiance aux Polonais pour défendre leur cause à l'Ouest, et leur préfèrent les Allemands. 'Peut-être qu'ils ne sont pas aussi enthousiastes que les Polonais, mais ils ont beaucoup plus d'influence en Europe,' confie un diplomate à Kiev." (30.05.2007)

RÉFLEXIONS

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Joost Smiers s'oppose aux droits d'auteur

"Supprimons les droits d'auteur et mettons fin aux monopoles culturels", demande Joost Smiers, politologue et directeur de l'Institut de recherche pour l'art et l'économie de l'Ecole des beaux-arts d'Utrecht. "La suppression des droits d'auteur conduirait à une perte de pouvoir significative pour l'industrie de la culture actuelle, mais ne signifierait pas nécessairement la fin de son règne. Les entreprises ayant pignon sur rue seraient encore maîtres de la production, de la distribution et de la commercialisation des biens culturels, à qui elles doivent déjà la pérennité de leur succès : le pouvoir absolu sur les oeuvres d'art, de leur conception jusqu'au consommateur final. Et ce modèle de distribution détermine également quels films, quels livres et quelles productions dramatiques parviennent jusqu'à nous. C'est pourquoi le marché culturel doit être soumis à des règles de concurrence plus strictes. Les grosses productions cinématographiques doivent être plus modestes afin que certaines entreprises ne puissent plus avoir une influence décisive sur ce que nous regardons, écoutons ou lisons." (29.05.2007)

Le Monde - France

Joëlle Farchy définit l'exception culturelle

Joëlle Farchy, professeur de sciences de l'information et de la communication à la Sorbonne, se penche sur la notion d'exception culturelle. "L'exception culturelle, en réalité, ce n'est pas l'exception française ; ce qui présente un caractère d'exception, c'est la culture par rapport aux autres marchandises, ce n'est pas la singularité de la France. Les biens culturels sont 'exceptionnels', d'abord parce que ces industries ont des caractéristiques propres qui les rendent vulnérables aux lois du marché : des coûts fixes élevés sont engagés pour la production de prototypes soumis à un aléa important de réussite ou d'échec ; surtout ce sont des marchandises 'd'exception', parce qu'elles sont l'expression du point de vue d'un artiste sur le monde, mais aussi des valeurs des communautés auxquelles il appartient." (29.05.2007)

POLITIQUE

El País - Espagne

Le manque de solidarité communautaire de Malte

Le quotidien espagnol commente le refus des autorités maltaises de recueillir 26 immigrés clandestins recueillis au large de l'île par un chalutier espagnol samedi 26 mai. "L'attitude de Malte est particulièrement grave parce qu'elle va à l'encontre des exigences de la solidarité communautaire (...). Il n'est pas acceptable qu'un pays de l'UE ait vis-à-vis d'un bateau d'un autre membre une attitude qui lui cause un grave préjudice, simplement parce que celui-ci a accompli son devoir. Ou est-ce que pour Malte, l'Europe unie doit abandonner les naufragés à leur sort en haute mer ? La Commission européenne et l'Agence européenne de frontières extérieures (Frontex) ont décidé d'ouvrir une enquête juridique pour savoir quel est le droit à appliquer dans de telles circonstances. Il faut espérer que cela serve de base pour établir un protocole de conduite, qui s'applique au moins entre partenaires européens." (30.05.2007)

Upsala Nya Tidning - Suède

Le retour des domestiques en Suède ?

Le gouvernement conservateur suédois souhaite introduire une réforme permettant une déduction fiscale de près 10 000 euros par an en cas de recours à des services à la personne. L'opposition de gauche affirme que le gouvernement va ainsi créer une nouvelle "société de domestiques." Le quotidien s'oppose à cette analyse. "Il est généralement considéré comme très avilissant de faire le ménage et de repasser pour des étrangers et de s'occuper des tâches ménagères. (...) Et il est vrai que le tout peut être humiliant pour les femmes de ménage. Mais il est également vrai que ce type de rapports n'existe plus depuis longtemps dans la société. Ceux qui travaillent aujourd'hui dans le domaine des services à la personne ne sont plus des 'domestiques' maltraités." (30.05.2007)

La Repubblica - Italie

La défaite annoncée des socialistes aux législatives françaises

L'éditorialiste Bernardo Valli considère que "la victoire du camp du président français Nicolas Sarkozy aux législatives des 10 et 17 juin prochain est presque certaine. Depuis que le mandat du Président coïncide avec celui des députés, le risque de cohabitation a pratiquement disparu (...). L'Assemblée nationale, élue sur la base du projet présidentiel, ne peut se soustraire à son influence". Selon Valli, le seul suspense réside dans l'ampleur de la défaite socialiste. Outre le fait que Ségolène Royal, candidate malheureuse à la présidence, n'est pas soutenue par ses camarades socialistes, "il y a au sein de la gauche une grande peur : celle de sortir décimés des prochaines élections. Après la défaite à la présidentielle, tout le monde est d'accord sur la nécessité de réformer le parti. Mais avant cela, il faut faire face au vote. Et aussi à l'idée qu'aucun leader socialiste, après François Mitterrand, ne pourra se faire élire à la présidence de la République." (30.05.2007)

Lidové noviny - République tchèque

Le passé de collaborateurs de deux anciens ministres tchèques

Deux ministres de l'époque du grand tournant tchécoslovaque, les ex-ministres tchèques Richard Sacher, à l'Intérieur, et Miroslav Vacek, à la Défense, ont vu leur passé de collaborateurs des services secrets communistes (StB) révélé au grand jour. On a trouvé des dossiers les concernant dans près de 200 sacs en papier destinés à être détruits à l'époque du grand tournant. "Les activités des ministres pour la StB sont-elles scandaleuses ?", s'interroge Martin Zverina. "Certainement. Sont-elles surprenantes ? Non. (...) Quand, près de 18 ans après le tournant, les noms d'agents éminents de l'appareil de répression communiste surgissent et que l'opinion publique s'y intéresse, c'est un signe de frustration quant à la façon trop sélective dont notre passé a été analysé. Cela concerne également les procédés employés par la police contre les criminels économiques. Les gros poissons n'ont pas été inquiétés. Une fois que nous aurons la certitude que nos communistes ne peuvent plus provoquer de désastres, ces nouvelles révélations ne nous intéresseront plus." (30.05.2007)

Público - Portugal

Les conséquences de la crise entre l'UE et la Russie

Alors que la tension monte actuellement entre l'UE et la Russie sur plusieurs dossiers, le général José Loureiro dos Santos estime que cette confrontation diplomatique risque de déstabiliser l'UE. "En premier lieu, cela va entraîner un renforcement des liens transatlantiques (à l'inverse de ce que la Russie prétendait), malgré des hésitations de la part de certains pays à propos du bouclier antimissile américain [qui doit être installé en Pologne et en République tchèque]. En second lieu, cela pourrait affaiblir davantage l'UE institutionnellement, en provoquant un rejet encore plus marqué du projet de Constitution européenne, les pays membres souhaitant préserver leur souveraineté dans des domaines liés à la sécurité. En troisième lieu, cela devrait entraîner une recherche rapide d'alternatives à l'approvisionnement en énergie provenant de la Russie et donc le resserrement des liens entre l'Europe et l'Afrique". (29.05.2007)

Delo - Slovénie

Une autoroute politique entre la Slovénie et la Croatie

Depuis qu'elle est indépendante (1991), la Slovénie s'efforce d'obtenir un accès à la mer à travers le territoire croate. Frank Milosic, Rok Kajzer et Ales Stergar profitent de l'inauguration d'un tronçon d'autoroute de 19 km entre Zagreb et la ville slovène de Maribor pour rappeler ce vieux souhait. "C'est la troisième autoroute croate qui parvient jusqu'à la frontière slovaque. C'est le choc pour les automobilistes une fois cette frontière passée : ils se retrouvent sur une route à deux voies. (...) Il n'est toujours pas possible pour le trafic de transit de traverser toute la Slovénie par autoroute." Les commentateurs y voient une décision politique du ministre slovène des Transports, qui mise sur les liaisons entre les villes slovènes et ignore les liaisons transfrontalières. Ce choix pourrait bien se révéler favorable à la Croatie. "Le principe semble simple : l'accès à la mer contre l'accès à l'autoroute. Cela marche également avec l'adhésion à l'UE." (30.05.2007)

ÉCONOMIE

Cotidianul - Roumanie

Le gazoduc de Nabucco alimentera des réserves de sécurité

Dès 2011, le gazoduc Nabucco entre la Turquie et l'Autriche approvisionnera plusieurs Etats de l'UE en gaz de la Caspienne, ce qui les affranchira de la Russie. Mihnea Maruta est surpris que tous les pays impliqués dans le projet, à l'exception de la Roumanie, aient, malgré ce projet, donné leur consentement à la poursuite des importations de gaz russe. "Voici les faits : un gazoduc, qui a fait l'objet d'un accord de partenariat en 2005, relie directement la Turquie à la Russie. Ce gazoduc s'appelle Bluestream et passe sous la mer Noire. En mars 2007, le gouvernement hongrois a convenu avec Moscou de prolonger le tracé de Bluestream de Turquie jusqu'en Hongrie en passant par la Bulgarie, la Serbie et la Croatie. En mars, la Grèce et Moscou ont conclu un accord sur les gazoducs. Jeudi dernier, Vladimir Poutine était en visite à Vienne et a approuvé un contrat entre le gazier russe Gazprom et l'Autrichien OMV pour d'énormes réservoirs gaziers en Autriche, que le pays devra alimenter en permanence jusqu'en 2027." (30.05.2007)

MÉDIAS

The Guardian - Royaume-Uni

Reins à vendre dans un show de télé-réalité hollandais

La chroniqueuse Zoe Williams critique le 'Big Donor Show', une émission de télé-réalité hollandaise, produite par la société Endemol, qui sera diffusée vendredi 1er juin. "Une femme de 37 ans, connue seulement sous le nom de Lisa, est en train de mourir du cancer sans que sa maladie n'atteigne ses reins qui seront donc bradés. Trois concurrents, âgés entre 18 et 40 ans, souffrant tous de maladies dégénératives qui attaquent leurs reins, se feront compétition à la télévision pour déterminer qui est le plus aimable selon les auditeurs. Les auditeurs enverront des SMS pour lui dire qui devrait recevoir l'un de ses reins. La classe politique hollandaise dans son ensemble est dégoûtée, mais elle est forcée de constater que cette émission n'enfreint aucune loi. Encore moins édifiants que ces hauts cris sont les justifications données par les producteurs du programme affirmant qu'il 'souligne le problème du don d'organes' et qu'il pourrait ainsi aider à sauver des vies. C'est de la rationalisation a posteriori des plus cyniques. (...) La télé est intéressante parce qu'elle n'a aucune loi éthique. (...) Cette industrie est née à une époque que nous définissons avec fierté comme post-idéologique et qui ne comprend rien d'autre que l'argent." (30.05.2007)

CULTURE

Télérama - France

L'art pour prendre de la distance après une rupture, selon Sophie Calle

Alors que la plasticienne Sophie Calle s'apprête à représenter la France à la Biennale de Venise cet été, les journalistes Erwan Desplanques et Virginie Félix l'ont interrogé sur son travail. Elle présentera à Venise une œuvre inspirée d'une récente rupture amoureuse. "Il y a deux ans et demi, j'ai reçu une lettre de rupture. Je m'étais déjà aperçue que jouer avec les événements de ma vie m'aidait à prendre de la distance, à m'adapter aux situations douloureuses. Je me suis donc emparée de cette lettre. Et cela a marché : le projet artistique a vite remplacé le manque. L'idée m'a tellement excitée que j'ai eu quasiment peur que cet homme revienne. Pour la Biennale, j'ai donc demandé à des femmes d'interpréter la lettre en fonction de leur profession. La correctrice corrige les fautes de ponctuation, la cruciverbiste fait une grille de mots croisés, la criminologue dresse un portrait-robot de l'auteur." (30.05.2007)

 

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