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Archives / Revue de Presse | 11.03.2008

 

À LA UNE

Une seconde chance pour Zapatero

Une seconde chance pour Zapatero

 

Lors des élections législatives du dimanche 9 mars, le parti socialiste espagnol (PSOE) a remporté 169 sièges sur 350, contre 153 pour le Parti populaire (PP, droite). Le Premier ministre socialiste José Luis Rodríguez Zapatero aborde un second mandat difficile, durant lequel il souhaite ne pas répéter les "erreurs" commises lors de son premier mandat. » suite

Extraits des publications suivantes:
Diario Sur - Espagne, Neue Zürcher Zeitung - Suisse, The Times - Royaume-Uni, Népszabadság - Hongrie, La Stampa - Italie

Diario Sur - Espagne

Le quotidien espagnol met en avant les difficultés de Zapatero à gouverner avec l'appui des partis autonomistes basques et catalans. "Avec 169 députés du PSOE élus, contre 164 lors de la précédente législature, il pourra agir avec une plus grande liberté. Mais après quatre ans de mandat, cette marge de manoeuvre supplémentaire ne parait pas assez mportante pour que le dirigeant socialiste puisse prendre irrémédiablement ses distances avec le PP. Encore moins si Zapatero souhaite passer des accords avec des partis comme le CiU [Convergence et Union, droite catalane] et le PNV [Parti nationaliste basque], qui peuvent assurer au PSOE les voix nécessaires pour passer des lois, mais qui ne se montrent pas disposés à faciliter une conclusion raisonnable du processus d'autonomie. Cette situation pourrait ramener le pays à un des épisodes les plus tendus de la dernière législature, avec un affrontement entre socialistes et conservateurs [sur la question de l'autonomie des régions]." (11.03.2008)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Oswald Iten analyse le rôle de l'opposition conservatrice espagnole : "L'opposition violente du Parti populaire (PP, conservateur) n'a pas eu l'effet escompté. Vous ne pouvez pas faire croire à des citoyens informés que tout ce qui vient du gouvernement est forcément mauvais, notamment lorsque, sur tel ou tel sujet, vous avez agi ou auriez agi de même. Le PP devrait faire peau neuve et devenir un parti de droite moderne, libéré du lourd héritage de la guerre civile de 1936-1939, en adoptant une position critique sur son passé et non en donnant l'impression que sa politique sociale est dictée par l'église. Le parti de l'opposition doit se demander si cette réforme est possible avec Mariano Rajoy à sa tête. Celui-ci a subi deux défaites électorales et a volontiers qualifié le Premier ministre de menteur." (11.03.2008)

The Times - Royaume-Uni

Le quotidien énumère les défis économiques qui attendent désormais Zapatero. "De fortes bourrasques économiques sont annoncées, alimentées par la crise mondiale du crédit, la récente hausse du chômage et la fin abrupte du boom de l'immobilier. Le gouvernement doit s'y préparer. Il a déjà élaboré un programme de travaux publics pour absorber une partie de la main d'oeuvre rejetée par l'industrie du bâtiment. Il propose d'utiliser le surplus budgétaire, équivalent à 2 % du PIB, pour financer ce programme. Il espère ainsi maintenir le taux de croissance à 3 %, en deçà des 3,8 % enregistrés l'an passé, mais à un niveau suffisant pour faire taire les craintes selon lesquelles la longue période de forte croissance espagnole toucherait à sa fin. (...) Pour l'heure, le gouvernement doit s'atteler aux problèmes les plus pressants : la montée des prix de l'alimentation et du pétrole, l'arrivée continuelle d'immigrants, la nécessité d'améliorer l'éducation et la compétitivité, le besoin de consolider la culture entrepreneuriale de l'Espagne." (11.03.2008)

Népszabadság - Hongrie

Edit Inotai voit dans l'issue des urnes une seconde chance donnée au Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero. Il jette un regard quelque peu envieux sur la situation en Espagne. "Une telle continuité est due à un gouvernement qui travaille de manière convaincante (ou, du moins, ne commet aucune erreur majeure) et à une société dont la majorité ne pense pas à changer de gouvernement tous les quatre ans. (...) Ceci dit, la tâche est plus facile pour les électeurs espagnols : ils vivent dans l'un des pays les plus riches du monde et, autre avantage, les concepts de droite et de gauche n'y sont pas enchevêtrés de manière néfaste. La droite ibérique considère la concurrence et la privatisation comme la panacée, et cultive en même temps une attitude légèrement empreinte de nationalisme et de xénophobie. De son côté, la gauche soutient l'Etat providence et le plein emploi (!), tout en luttant pour une Espagne ouverte, égalitaire et libérale. Au moment de voter, le choix est donc plus facile." (11.03.2008)

La Stampa - Italie

Gian Enrico Rusconi, professeur de sciences politiques à Turin, revient sur le succès électoral des socialistes espagnols, qui ont su imposer une vision laïque de l'Etat. "C'est une démocratie mature qui l'a emporté, avec la défense sereine, ferme et digne de l'Etat laïque. C'est la leçon à tirer de la victoire de Zapatero. On peut être d'accord ou non avec telle ou telle initiative (nouvelle loi sur le divorce ou le mariage homosexuel), mais il n'y a aucun doute que le gouvernement socialiste a développé une stratégie efficace, sans se laisser intimider par l'opposition catholique et ecclésiastique (...). Je ne sais pas si en Italie un hypothétique gouvernement Veltroni [Parti démocrate, centre-gauche] pourrait proposer des lois non approuvées par la hiérarchie catholique. (...) Même s'il le voulait, Veltroni ne pourra jamais agir avec la fermeté de Zapatero." (11.03.2008)

RÉFLEXIONS

Die Welt - Allemagne

Jan Skórzynski analyse les événements de 1968 en Europe

Le journaliste polonais Jan Skórzynski estime que les événements de 1968 ont eu peu en commun à l'Ouest et à l'Est de l'Europe. Il précise : "Contrairement à l'Ouest, le conflit générationnel n'a joué qu'un rôle secondaire en Pologne. (...) Pendant la manifestation du 8 mars 1968 à l'université de Varsovie, le mouvement des étudiants a pris la forme d'un mouvement de masse. (...) La demande d'abolition de la censure a été l'un des premiers actes politiques du mouvement de mars 1968. A ce stade, il est extrêmement important de noter que les manifestants ne demandaient pas d'élections libres. Sur ce point, ils étaient réalistes. Ils demandaient en réalité que les citoyens puissent exercer un certain contrôle sur les autorités, tant sur le plan politique qu'économique. (...) Après 1968, [à l'Ouest,] les étudiants manifestants ont progressivement rejoint l'establishment politique et intellectuel de leur pays respectif. Les dissidents politiques polonais, eux, ont été jetés en prison ou contraints à l'exil." (11.03.2008)

Libération - France

Pour Michel Arnaud, Big Brother n'est pas le pire des maux

Les internautes donnent de plus en plus facilement leurs données personnelles sur la Toile. Le chercheur français Michel Arnaud voudrait s'assurer qu'elles ne soient pas utilisées à des fins criminelles. "Deux positions s'opposent : d'un côté, la pression sécuritaire devient de plus en plus forte avec un Etat qui demande, au nom de la lutte antiterroriste, à avoir accès aux données personnelles n'importe quand ; de l'autre, la société civile rue des quatre fers contre la restriction des libertés. Il existe peut-être une troisième voie, qui serait de concilier ces deux positions apparemment inconciliables, (…) [en mettant] en place une banque centrale d'identités (…) [qui] serait indépendante de tout pouvoir politique pour préserver l'identité comme une valeur de propriété privée. (…) Peut-être va-t-on nous dire : c'est Big Brother. Mais vu la situation, il vaut peut-être mieux organiser la gestion des identités en contrôlant la diffusion, en empêchant qu'elles soient piratées." (11.03.2008)

POLITIQUE

Times of Malta - Malte

Troisième succès d'affilée pour le Parti nationaliste maltais

Le parti nationaliste maltais (PN, démocrate-chrétien) a remporté de justesse les élections législatives du 8 mars. "Les choses vont suivre leur cours, étant donné que c'est le troisième mandat successif du PN à la tête du pays depuis 1998, et son cinquième depuis 1987 après 16 années de gouvernement travailliste. Mais cette élection marque aussi un nouveau commencement. Il doit en être ainsi, si toutes les promesses faites par le leader du PN Lawrence Gonzi portent leurs fruits. Dans plusieurs domaines, il a osé reconnaître que son parti avait commis des erreurs. C'est à lui que devrait revenir tout le mérite du succès électoral revendiqué par le PN. (...) Maintenant Gonzi doit regarder vers l'avenir. Les défis qui l'attendent sont nombreux et variés, à la fois comme Premier ministre et comme chef de parti. (...) Ces dernières années, le PN a laissé entrevoir des failles dans son armure. Plus souvent que nécessaire, les problèmes sont venus, non du gouvernement, mais du PN." (10.03.2008)

Rzeczpospolita - Pologne

Donald Tusk en visite à Washington

Le 10 mars, le Premier ministre polonais Donald Tusk a rencontré George Bush à Washington pour débattre du projet de bouclier antimissile en Pologne. En effet, le Premier ministre souhaite plus de concessions américaines en contrepartie du déploiement d'une base en Pologne. Marek Magierowski estime que cette nouvelle position critique envers les Etats-Unis est trop dure : "Les engagements de George W. Bush en faveur de la modernisation de l'armée polonaise ne sont guère concrets. Les négociations sur le projet de défense le plus important d'Europe occidentale se sont transformées en une sorte de marchandage peu diplomatique sur les 100 missiles antimissile Patriot [que les Polonais doivent recevoir des Etats-Unis]. Ce petit jeu est risqué et compromet nos relations étroites avec les Etats-Unis, qui ont permis de conforter la position polonaise au sein de l'UE." (11.03.2008)

Der Standard - Autriche

Vers des élections anticipées en Autriche ?

Le Parti social-démocrate autrichien (SPÖ) a subi une lourde défaite aux élections du parlement régional de Basse-Autriche (est). Selon Michael Völker, ce résultat rend improbable l'organisation d'élections anticipées au niveau national car le SPÖ, membre de la grande coalition, devrait perdre des voix. "Quels pourraient être les thèmes d'une campagne électorale ? L'échec du gouvernement de coalition [au pouvoir depuis 2006] d'Alfred Gusenbauer [SPÖ], même si celui-ci en rejette la responsabilité sur d'autres ? (...) L'ÖVP [conservateur], également membre de la coalition, n'a pas de thèmes pour mener campagne. (...) Mêmes les médias aimeraient bien se concentrer sur le contenu. Au lieu de cela, ils se trouvent confrontés à des politiciens qui enveniment la crise au quotidien sans savoir où cela les mènera, et qui proposent ensuite de nouvelles élections. Ce n'est pas une invention des médias. Les spéculations sur de nouvelles élections sont accueillies avec beaucoup d'enthousiasme, car il est difficile d'imaginer comment cette coalition peut continuer à exister." (11.03.2008)

Delo - Slovénie

L'UE, une priorité pour la Croatie

Au début de l'année, la Croatie a défini unilatéralement une Zone de protection et de pêche en Adriatique (Zerp), contestée par la Slovénie et l'Italie. Bruxelles a menacé la Croatie de retarder ses négociations d'adhésion à l'UE, si une solution n'est pas trouvée rapidement. Le Premier ministre croate Ivo Sanader a assurée que l'UE était prioritaire sur la Zerp. Rok Kajzer commente cette annonce. "Il s'agit d'un message politique important de la part d'un Etat qui a menacé de revenir à la politique isolationniste dangereuse des années 1990, un mythe encore très vivant. Cependant, à l'avenir, les élites croates devront prouver que l'UE et ses valeurs sont réellement prioritaires. Le gouvernement devrait lancer des réformes internes, ce qui ouvrirait la voie, avec la bénédiction de Zagreb, à l'aboutissement du chapitre - déjà entamé - des négociations. Cette démarche implique le respect des accords précédemment conclus, comme celui avec la Slovénie sur le trafic frontalier et la coopération en matière de pêche." (11.03.2008)

De Volkskrant - Pays-Bas

Le caricaturiste Kurt Westergaard défend Wilders

Interviewé par Nanda Troost, le caricaturiste danois Kurt Westergaard ne comprend pas pourquoi plusieurs personnalités politiques néerlandaises ont appelé le député populiste néerlandais Geert Wilders à renoncer à la diffusion de son film anti-musulman 'Fitna' . "Aucun homme politique danois ne ferait cela. Il sait qu'il ne faut pas restreindre la liberté d'expression. Wilders doit tout simplement diffuser son film. (...) Au Danemark, nous critiquons tout : la Reine, les politiques, la religion. Il y a dix ans j'ai été accusé de blasphème parce que j'avais représenté Jésus descendant de la croix en costume Armani. Mais je n'ai pas été menacé. Lancer le débat est l'une des tâches d'un journal, et donc aussi d'un caricaturiste. Les musulmans doivent accepter cela." (10.03.2008)

Le Figaro - France

La position ambiguë du centre dans les municipales françaises

Après le premier tour des municipales, le 9 mars, le parti centriste du MoDem se trouve en position d'arbitre dans plusieurs villes françaises. Son président François Bayrou négocie des alliances aussi bien avec la droite qu'avec la gauche, au cas par cas. L'éditorialiste Paul-Henri du Limbert critique cette stratégie, qui rend "un peu plus flous encore les contours de la fameuse 'troisième voie' chère au président du MoDem (…). Le bipartisme, dont on avait prématurément annoncé la fin durant la campagne présidentielle [de 2007], a en réalité repris tous ses droits. (…) Il y a bien l'UMP d'un côté, le PS de l'autre, et au milieu François Bayrou avec ses troupes maigrichonnes et disparates. (…) Au rythme où vont les choses, François Bayrou sera peut-être bientôt le seul spectateur de lui-même. Dès lors, l'UMP et le PS ont-ils raison d'en faire le héros inattendu de cet entre-deux-tours ?" (11.03.2008)

CULTURE

Göteborgs-Posten - Suède

Les goulags, une page de l'histoire méconnue en Suède

Après le succès international de son projet sur l'Holocauste, le Forum pour une histoire vivante de Stockholm, qui permet aux enfants et aux jeunes de mieux comprendre l'histoire, s'intéresse maintenant aux crimes du communisme. Les sondages ont révélé que, si quasiment tous les jeunes savaient ce qu'était l'Holocauste, beaucoup d'entre ignoraient tout des goulags, par exemple. Saluant cette initiative, le journal adresse une demande. "Il est essentiel que l'on aille au-delà de descriptions documentées des crimes contre l'Humanité. Il faut également expliquer le contexte de l'époque. L'Holocauste était une composante de l'idéologie nazie et de la distorsion de leur vision du monde. Les crimes du régime communiste, qui ont frappé des millions de personnes, sont de même la conséquence logique de l'idéologie sur laquelle s'est fondée le régime." (11.03.2008)

COULEURS LOCALES

Revista 22 - Roumanie

En Roumanie, Jucu ne veut pas devenir le 'village Nokia'

Depuis le mois de février, le fabricant finlandais de téléphones portables Nokia exploite un site de production à Jucu, en Roumanie. Dans un entretien avec Ruxandra Hurezean, le maire de Jucu Dorel Pojar répond aux médias allemands, qui ont brossé un portrait peu élogieux de sa ville : "Ils ont écrit que nous nous déplaçons encore en charrette et que nous allons enfin, grâce à Nokia, savoir à quoi ressemble la civilisation. Mais ce n'est évidemment pas le cas. Nous circulons en charrette non parce que nous n'avons pas de voiture, mais parce que nous nous y sentons obligés par la tradition. Je suis né dans une ferme où il y avait un cheval. Cet animal est en quelque sorte notre blason. Nous ne voulons pas pour emblème un téléphone Nokia, mais un cheval. N'oubliez pas que nous avons publié un calendrier avec des photos de chevaux, et non des photos de produits Nokia. (...) Jusqu'à présent, Nokia ne nous a pas énormément apporté. Pendant 30 ans, le fabricant finlandais ne paiera aucune taxe foncière. Nous perdons cette taxe alors que la commune aurait pu en bénéficier." (11.03.2008)

El País - Espagne

Chikilicuatre, une blague espagnole de dimension européenne

Le quotidien espagnol réagit au choix lundi 10 mars de Rodolfo Chikilicuatre pour représenter le pays au concours de l'Eurovision 2008. " [Sa chanson] 'Baila el chiki chiki' est une parodie, une construction humoristique conçue pour incarner ce qu'il y a de plus idiot dans cette musique que l'on appelle, à tort, 'populaire'. (...) 'Chiki chiki' [est devenue] une arnaque d'ampleur européenne. Mais au niveau musical, la danse grotesque de Rodolfo Chikilicuatre n'a rien à envier aux mélopées torturantes que l'Espagne a sélectionnées pour l'Eurovision ces 20 dernières années. L'Eurovision mérite-t-elle mieux que cette bouffonnerie ? (...) L'Eurovision est une célébration du mauvais goût. (...) Si avec des chansons acidulées, du folklore et des voix assourdissantes, nous ne pouvons pas gagner, alors nous envoyons Chikilicuatre ; comme ça, tout le monde saura ce que nous pensons de l'Eurovision et nous contribuerons à dynamiter un festival déplorable." (11.03.2008)

 

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