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Archives / Revue de Presse | 19.03.2008

 

À LA UNE

La Belgique retrouve enfin un gouvernement

La Belgique retrouve enfin un gouvernement

 

Les négociateurs de cinq partis politiques belges ont approuvé le 18 mars le programme d'un gouvernement de coalition. Neuf mois après ses élections législatives, le pays va donc être doté d'un gouvernement définitif que doit diriger le Premier ministre Yves Leterme. La presse doute cependant de la réussite de cette nouvelle équipe. » suite

Extraits des publications suivantes:
De Morgen - Belgique, Berliner Zeitung - Allemagne, La Libre Belgique - Belgique, Neue Zürcher Zeitung - Suisse

De Morgen - Belgique

"Après neuf mois, l'enfant devait naître", explique Yves Desmet, rédacteur en chef du quotidien. "Les seules alternatives étaient le chaos administratif ou de nouvelles élections. Mais le bébé est venu au monde au forceps; il est prématuré et n'a que peu de chances de vivre. C'est l'accord gouvernemental du grand ajournement où toutes les zones de conflit ont été évacuées. (...) Chez Leterme Ier, la fièvre de l'électoralisme ne baisse pas. Ni la bonne gestion, ni le futur du pays, ni un compromis équilibré et cohérent entre les différents courants idéologiques et les communautés linguistiques ne sont les premières priorités de cette équipe. (...) Ce gouvernement se met la tête dans le sable, déplace les problèmes et continue à se vautrer dans la culture de la promesse. L'addition sera pour plus tard, et ne lui sera, du moins l'espère-t-il, pas présentée." (19.03.2008)

Berliner Zeitung - Allemagne

Alois Berger, correspondant du journal à Bruxelles, jette un regard pessimiste sur le nouveau gouvernement d'Yves Leterme. "Yves Leterme n'est pas uniquement un Flamand, c'est un pur Flamand. La Belgique ne l'intéresse pas. Dans le meilleur des cas, elle lui est indifférente. Dans le cas contraire, comment quelqu'un peut-il avoir l'idée de former une alliance électorale avec un parti séparatiste [le parti chrétien-démocrate CDV] ? (...) Naturellement, il a fait amende honorable. Il ne dénigre plus les francophones et accepte de donner des interviews en français. Mais, jusqu'à la fin, il a essayé d'intégrer les séparatistes dans le gouvernement. Le chrétien démocrate Yves Leterme n'est pas lui-même un séparatiste, mais il imagine volontiers une Flandre sans cette embarrassante Wallonie. Aussi affiche-t-il cette ambivalence caractéristique de la Flandre." (19.03.2008)

La Libre Belgique - Belgique

Michel Konen salue le fait que la Belgique puisse de nouveau compter sur un gouvernement mais doute de l'efficacité de cette nouvelle équipe. "Il est excessif de parler de programme à propos de cet accord. Parlons plutôt de catalogue de bonnes intentions. Juste de quoi faire une déclaration gouvernementale à destination de parlementaires qui n'ont pas envie de faire des misères à leurs ministres frais émoulus. Il est vrai que les promesses sont nombreuses. Pour avoir des idées de dépenses, ils ont eu des idées de dépenses. Ils en ont eu tellement qu'ils n'ont pas eu le temps de chercher les économies qu'il faudra faire pour les mettre en oeuvre. (...) Leterme n'a pas mis les problèmes non résolus au frigo, selon l'antique technique belge. Il les a repoussés à plus tard, aux semaines et aux mois à venir. Il a pavé son avenir de chausse-trapes qui seront autant d'occasions de disputes pour des hommes et des femmes qui n'ont pas démontré jusqu'ici leur profond désir de faire équipe ensemble. Leterme Ier, 'no future' ?" (19.03.2008)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Aucun parti n'a réussi à imposer sa vision, écrit Jürg Dedial à propos du nouveau gouvernement de coalition. "Cela ne signifie pas que la Belgique est condamnée à l'échec. Le pays pourra se débrouiller avec ses institutions politiques imparfaites et maintenir l'espoir, non illusoire, de redistribuer prudemment les richesses (de la Flandre vers la Wallonie) et penser que le renforcement ultérieur des régions européennes permettra de surmonter les barrières ethniques et linguistiques. Bruxelles, la métropole, qui est devenue plus européenne que belge, jouera également un rôle toujours plus important pour équilibrer la situation dans le pays." (19.03.2008)

RÉFLEXIONS

The Times - Royaume-Uni

Magnus Linklater défend l'esprit de 1968

Le journaliste Magnus Linklater se penche sur l'héritage de l'année 1968, marquée par un mouvement international de contestation politique. "Au cours de cette année extraordinaire, une génération qui n'avait jamais vraiment remis en cause l'autorité - ou repensé en profondeur l'idéologie dominante - s'est radicalisée face à la réaction de ceux auxquels elle s'opposait. (...) Un mouvement mondial, majoritairement mené par des jeunes, a pris une forme palpable, sous l'impulsion de causes sérieuses : la guerre au Vietnam ou en Algérie, les chars soviétiques ou les droits civils aux Etats-Unis. (...) Il est facile de tourner en dérision ces rebelles issus de la classe moyenne qui portaient des tee-shirts arborant l'image du Che Guevara ou qui adoraient Malcolm X, puis qui en sont venus à occuper des postes de directeurs ou de professeurs au coeur de l'élite qu'ils souhaitaient détruire. Mais si, à la fin de cette décennie mémorable, il n'était plus acceptable pour la police de passer à tabac des manifestants ou pour un dictateur communiste d'écraser la liberté d'expression sous sa botte, une partie des mérites leur en revient." (19.03.2008)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Claus Offe constate la fin de l'égalité

Dans un entretien avec Harry Nutt, le sociologue Claus Offe constate qu'au sein du marché les risques sont répartis de manière toujours plus inégale. "Pour certains, les opportunités s'accumulent et les risques ne sont pas très grands. Ceux qui, par chance, sont avantagés pour tout ce qui concerne la richesse, les qualifications, l'année de naissance, le lieu de résidence, les relations et les expériences à l'étranger, bénéficient pour toute leur existence d'un cadre de vie quasiment inattaquable qui leur assure la prospérité. De l'autre côté, on trouve ceux qui sont 'laissés de côté' ou qui ne sont pas en mesure d'accroître ou même de maintenir leurs revenus réels, qu'ils appartiennent à la classe moyenne ou défavorisée. C'est là que les risques sont les plus présents." (19.03.2008)

POLITIQUE

Berlingske Tidende - Danemark

Le Parlement européen renforce sa position

Alors que le Parlement européen fête ce 19 mars le cinquantenaire de sa création, le journal estime que le Traité de Lisbonne va permettre à cette institution de renforcer sa position. Mais il reconnaît que le Parlement intéresse de moins en moins les Européens. "Cette désaffection est flagrante si l'on s'attarde sur la participation aux élections directes depuis 1997. En 1979, elle s'élevait à 63 % pour l'ensemble de l'Europe, contre 45,7 % en 2004. Nous nous trouvons face à une situation paradoxale : le Parlement européen gagne en influence mais les citoyens se rendent de moins en moins aux urnes. Une proposition allant dans le sens d'une journée électorale commune a déjà été faite. Ce n'est pas une mauvaise idée. Le Parlement doit cependant tout d'abord prouver sa future valeur afin de démontrer clairement sa raison d'être sur le long terme." (19.03.2008)

Polska - Pologne

Un référendum sur le Traité de Lisbonne en Pologne ?

Le président polonais Lech Kaczynski (parti Droit et justice, PiS) freine la ratification du Traité de Lisbonne par son pays en demandant de nouvelles garanties légales pour s'assurer que Varsovie n'adoptera pas la Charte européenne des droits fondamentaux, considérant qu'elle ouvre la porte au mariage homosexuel. La Pologne est en pourtant exemptée. Pour contrer cette manoeuvre, le Premier ministre Donald Tusk (Plate-forme civique, PO) n'exclut plus la tenue d'un référendum sur le traité, bien qu'il ait d'abord écarté cette idée. Wiktor Świetlik commente cette affaire. "La plus grande erreur de Donald Tusk a été de rejeter l'organisation d'un référendum. Donald Tusk expliquait alors qu'un référendum serait inutile, car personne ne lirait le traité. Ce discours peut être interprété de deux manières : soit Donald Tusk a fait preuve d'arrogance, soit nous nous trouvons face à une situation terriblement confuse. Dans ce cas, un référendum est d'autant plus crucial. Les deux camps pourraient alors expliquer les tenants et les aboutissants du traité." (19.03.2008)

La Vanguardia - Espagne

L'exemplarité des relations entre Israël et l'Allemagne

La chancelière allemande Angela Merkel a achevé le 18 mars une visite de trois jours en Israël. Ce déplacement hautement symbolique intervient à quelques semaines du soixantième anniversaire de la création de l'Etat hébreu. "Lors de cette visite, Merkel a agi en faisant preuve d'une très grande sensibilité, de beaucoup d'humilité et de sincérité", estime le quotidien. "Elle a prononcé un discours historique devant le Parlement israélien, en reconnaissant que l'Holocauste remplit le peuple allemand de honte. Et elle a expliqué que la coopération et l'amitié qui existent aujourd'hui entre les deux pays font partie des miracles de l'Histoire (...). Il est aujourd'hui possible de dire, comme l'a souligné lui-même Ehud Olmert [Premier ministre israélien], que les relations spéciales entre Israël et l'Allemagne sont un exemple clair de la capacité de l'humanité à reprendre le dessus." (19.03.2008)

The Guardian - Royaume-Uni

Londres se prépare à élire son maire

Le journaliste Dave Hill commente le lancement le 18 mars de la campagne pour les municipales de Londres qui auront lieu le 1er mai. "Les différences politiques entre les deux principaux candidats, le maire sortant Ken Livingstone du Parti travailliste et son challenger conservateur Boris Johnson, sont plutôt une question de ton que d'idéologie. (...) Un élément simple fera peut-être finalement la différence : la lassitude du public vis-à-vis de Livingstone dépassera-t-elle les doutes qu'inspirent Johnson ? (...) L'impact des nouveaux médias au cours de cette campagne est également difficile à mesurer. Pour les bloggeurs, ce scrutin représente une grande opportunité de faire campagne. Les candidats le savent aussi. Brian Paddick, candidat du Parti des démocrates libéraux, est celui qui a su le mieux tirer parti des réseaux sociaux en ligne pour convaincre et compenser son statut de troisième homme. Il affirme être le seul candidat à pouvoir battre Livingstone, estimant que Johnson ne peut pas être pris au sérieux. Pourtant, les sondages suggèrent que Paddick grignote plutôt l'électorat de Livingstone." (18.03.2008)

Le Monde - France

Le débat sur l'euthanasie relancé en France

Lundi 17 mars, la justice française a confirmé que la loi ne permet en aucun cas aux médecins d'accompagner un suicide assisté ou de faire un geste actif conduisant à la mort d'un patient. Elle a ainsi rejeté la demande formulée par Chantal Sébire, atteinte d'une tumeur incurable. Le quotidien s'interroge sur l'opportunité d'adopter une nouvelle législation autorisant l'euthanasie. "La loi actuelle, adoptée à l'unanimité en avril 2005, a permis un progrès majeur. (...) Refusant le 'faire mourir', elle a autorisé le 'laisser mourir', soit la reconnaissance d'une forme d'euthanasie passive à la française. Faut-il aller plus loin ? Ne tranchons pas la question à l'emporte-pièce. Tout d'abord, la loi de 2005 reste souvent ignorée, des patients comme des soignants ; or elle apporte des réponses précises à la plupart des situations de fin de vie et gagnerait à être largement connue et expliquée. (...) Le pire serait de légiférer dans l'urgence et l'émotion (...)." (19.03.2008)

ÉCONOMIE

Evenimentul Zilei - Roumanie

L'agriculture roumaine laissée à l'abandon

Le Premier ministre roumain Calin Popescu-Tariceanu veut faire de la Roumanie le deuxième producteur agricole européen derrière la France. Lors d'une visite dans la région roumaine de Moldavie (frontalière du pays du même nom), l'endroit le plus pauvre de Roumanie, il a appelé les agriculteurs à solliciter les subventions européennes de manière plus insistante. Florian Bichir commente cette déclaration. "L'espoir que l'eldorado européen résoudra tous les problèmes est une promesse politique facile. Les agriculteurs normaux savent-ils comment bénéficier des subventions agricoles ? Combien d'entre eux ont Internet ? L'argent n'est pas arrivé parce que personne ne l'a demandé. (...) L'agriculture roumaine est dans un état d'abandon. La réforme foncière a divisé des revenus considérables en fractions minuscules et l'anéantissement du système d'irrigation a donné naissance à des déserts. Il n'y a pas de moisson alors que dans des pays secs, comme la Grèce ou la Turquie, les récoltes sont bonnes. Le pays ne reçoit aucune subvention et, dans les supermarchés, on ne trouve aucun produit roumain. Dans ce contexte, peut-on encore parler d'agriculture ?" (19.03.2008)

La Repubblica - Italie

Les syndicats d'Alitalia opposés au rachat par Air France-KLM

Les principaux syndicats d'Alitalia ont exprimé le 18 mars leur opposition au rachat de la compagnie arienne par Air France -KLM, une opération qui ne pourra se réaliser qu'avec leur accord. Piero Ottone déplore cette position. "D'un côté les cousins français, tranquilles, sûrs d'eux, maîtres de la situation, jouant leurs cartes sans se démonter. Et de l'autre, gémissements, accusations, insultes, tous les signes de l'impuissance (..). C'est vrai que l'entreprise Alitalia est mortifiée. Mais dans d'autres pays devant une crise grave dans une entreprise, toutes les forces politiques, syndicales, les représentants des dirigeants et des ouvriers travaillent ensemble, avec bonne volonté et humilité, pour en venir à bout. Chez nous, guerre, menaces ultimatum, insultes et surtout, intransigeance." (19.03.2008)

MÉDIAS

Delfi - Estonie

La liberté d'expression et l'anonymat sur Internet

L'homme d'affaires Viatcheslav Leedo porte plainte contre le portail d'informations estonien 'Delfi'. Il demande d'autoriser, à l'avenir, la censure des commentaires injurieux laissés par les lecteurs en réaction aux articles ou sur les blogs. Ervin Makko estime que cette méthode est inappropriée. "L'état de droit permet à chacun de s'exprimer, mais il doit également permettre aux autres de se protéger. Les portails d'informations ne doivent pas assumer cette responsabilité car ils ne disposent pas des ressources nécessaires. Une solution consisterait à ne plus autoriser la publication de commentaires anonymes. Un internaute souhaitant laisser un commentaire devrait au préalable s'inscrire sur le portail, se connecter et signer son commentaire, le tout en utilisant son véritable nom. Ainsi, la liberté d'expression ne serait pas limitée et chacun serait responsable de ses propos." (19.03.2008)

CULTURE

Sydsvenska Dagbladet - Suède

Les Suédois redoutent de se voir imposer de parler anglais

A ce jour, la Suède n'a pas de langue officielle. Le gouvernement veut mettre un terme à cette situation et légiférer pour faire du suédois la principale langue du pays. Le journal salue cette initiative. "Le statut de la langue suédoise n'est plus aussi évident que dans le passé. Dans certains milieux, notamment chez les personnes avec un haut de niveau de formation technique, médicale et scientifique, le suédois a été quasiment remplacé par l'anglais. C'est ce qu'on appelle une perte de domaine. Les défendeurs de la langue redoutent que le suédois subisse, au cours des prochaines années, un recul similaire dans d'autres secteurs du monde du travail et de la politique. (...) En Suède, la maîtrise d'une autre langue doit être considérée comme une chance, et non comme une obligation." (19.03.2008)

COULEURS LOCALES

International Herald Tribune - France

Les ours slovènes n'ont pas une bonne étoile

Risto Karajkov relate les difficultés causées par l'explosion de la population d'ours en Slovénie et en Macédoine. "Au cours des dernières années, le nombre d'ours a augmenté dans l'Ouest montagneux de la Macédoine. (...) Les quelques 300 ours de Macédonie sont sans doute des migrants, voire des réfugiés, venus de Bosnie. Ils ont fui les montagnes bosniaques au cours des années 1990, apeurés par les explosions et la violence de la guerre. Plusieurs sont allés vers le nord, en Slovénie, mais d'autres se sont dirigés vers le sud en Macédoine. (...) La Slovénie (...) est devenue au cours des dernières années un exportateur d'ours vers d'autres pays de l'UE, tels l'Autriche, l'Italie et la France. La population d'ours y dépasse les 500 individus et devient problématique. Les ours ont besoin de beaucoup d'espace. Lorsqu'ils se rapprochent des villages, le danger est réel. La Commission européenne a également émis des critiques sur l'abattage annuel d'ours pratiqué par le gouvernement slovène." (19.03.2008)

 

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