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Archives / Revue de Presse | 30.05.2008

 

À LA UNE

Controverse autour de l'interdiction des bombes à sous-munitions

Controverse autour de l'interdiction des bombes à sous-munitions

 

A Dublin, plus de 100 pays se sont mis d'accord pour prononcer une interdiction mondiale des bombes à sous-munitions. Le traité admet cependant de nombreuses exceptions. La presse européenne met en doute l'efficacité de cet accord car si la majorité des Etats de l'UE ont signé le traité, des pays importants comme les Etats-Unis, la Russie, Israël et le Pakistan n'ont pas participé aux négociations. » suite

Extraits des publications suivantes:
The Irish Times - Irlande, die tageszeitung - Allemagne, El País - Espagne, Karjalainen - Finlande

The Irish Times - Irlande

"Le peuple irlandais peut être fier de la contribution de son gouvernement au traité sur l'interdiction des bombes à sous-munitions qui doit être signé aujourd'hui à Dublin. … Le traité montre qu'un groupe convaincu de pays relativement petits, en collaboration avec des organisations non gouvernementales, peuvent avoir une réelle influence dans des affaires internationales. … Grâce à deux trous de souris dans le traité, les arsenaux existants peuvent être conservés et renouvelés si la vigilance internationale et l'intérêt général refluent. … Malgré tout, la puissance morale et politique de ce traité ne doit pas être sous-estimée. Une telle sensibilisation et prise de conscience joue un rôle essentiel dans les affaires internationales et constitue un modèle pour la collaboration efficace entre gouvernements et organisations bénévoles. Cela est plus que bienvenu à une époque où les puissants sont trop souvent considérés comme intouchables." (30.05.2008)

die tageszeitung - Allemagne

Le quotidien de gauche met en doute la viabilité du projet d'interdiction des bombes à sous-munitions. "Cette fois les lacunes du contrat sont bien plus grandes et malheureusement bien plus dangereuses [que dans le cas des précédents traités de désarmement]. Le mérite contestable en revient essentiellement au gouvernement fédéral [allemand]. … Heureusement, les demandes continuelles du gouvernement fédéral d'une exception à l'interdiction ou du moins d'un report de l'interdiction pour les M-85 (qui représentent 95 pour cent des réserves actuelles de munitions à sous-munitions de l'armée fédérale) ont au moins échoué à Dublin. Que le ministère des Affaires étrangères qualifie ces demandes après coup de 'propositions de médiation' est grotesque. Il reste à espérer que le gouvernement fédéral tienne ses promesses de détruire les munitions et ne fasse pas de profit en les bradant sur le marché mondial de l'armement dans les huit mois qui nous séparent encore de l'entrée en vigueur du traité d'interdiction." (29.05.2008)

El País - Espagne

Le quotidien espagnol El País fait ce commentaire du signature de l'interdiction des bombes à sous-munitions: "L'Espagne ne sera ainsi pas seulement obligée de stopper sa production mais aussi de détruire les arsenaux existants. Les délais pour s'acquitter de ces obligations ne commenceront que lorsque le traité sera ratifié, mais rien n'empêche sa mise en œuvre immédiate. Etant donné que le texte adopté à Dublin … peut être considéré comme une condamnation implicite des effets inhumains des bombes à sous-munitions, il semble incongru, et moralement évidemment inexplicable, que leur production et stockage se prolongent à cause d'une simple formalité. … L'Allemagne l'a compris ainsi et il devrait en être de même pour le gouvernement espagnol." (30.05.2008)

Karjalainen - Finlande

"La crédibilité de la défense est cruciale en matière de sécurité. Une défense crédible, c'est-à-dire suffisamment forte, est la meilleure prévention contre les guerres. … Un petit pays ne pourra jamais s'armer comme la superpuissance voisine, l'efficacité doit donc être la priorité absolue dans l'achat de notre matériel de défense. … Le traité sur les bombes à sous-munitions est très restrictif pour la Finlande. Mais il autorise apparemment les armes de ce type qui s'autodétruisent au bout d'un certain temps. … Le traité de Dublin sera rendu public aujourd'hui. … Le gouvernement finlandais doit soigneusement étudier la question de savoir s'il est possible et raisonnable de signer ce traité. Nous ne pouvons pas mettre en danger la défense de notre pays. Les principaux fabricants de bombes à sous-munitions que sont les Etats-Unis, la Russie, la Chine, Israël, l'Inde et le Pakistan ne font pas partie du traité de Dublin." (30.05.2008)

POLITIQUE

Les Echos - France

France et Pologne : une relation instable

La directrice de l'Institut des affaires publiques de Varsovie, Lena Kolarska-Bobinska, décrit les relations entre la France et la Pologne : "L'amitié entre la Pologne et la France a connu des vicissitudes et les dernières années n'ont pas toujours été exemplaires. De nombreux Français - hommes politiques et citoyens ordinaires - craignaient l'impact économique de l'élargissement de l'Union européenne. Aux yeux des Français, la Pologne apparaissait comme un pays traditionaliste, catholique, économiquement faible et source de main-d'œuvre pas chère. Après la décision de Varsovie d'envoyer des troupes en Irak, le président Chirac avait même cru bon de déclarer que 'la Pologne avait manqué une bonne occasion de se taire'. Aussi, les Polonais ont-ils salué l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République française, y voyant les chances d'une amélioration des relations entre les deux pays. … La Pologne est en plein essor. … Le poids de la Pologne au sein de l'Union continuera à augmenter. … Ce qu'il faut, au-delà des gestes symboliques, c'est définir les domaines qui intéressent actuellement les deux pays et travailler ensemble pour les approfondir." (28.05.2008)

ABC - Espagne

Clarté dans le débat sur l'immigration

Le quotidien espagnol ABC commente l'initiative du président français, Nicolas Sarkozy, dans le domaine de la politique d'immigration européenne : "Le président français a mis le doigt là où ça fait mal : on ne peut pas continuer à agir comme si la capacité d'absorption de la société européenne était illimitée et le moment est venu d'aborder de façon raisonnable la question de l'immigration. Il est aussi louable que Sarkozy ait commencé par proposer une politique commune aux vingt-sept au lieu d'agir de façon isolée. … Le gouvernement espagnol porte encore les stigmates du non respect de cette règle lorsqu'il a décrété une régulation massive, ce qui l'a laissé sans arguments pour critiquer les mesures prises en Italie, et à présent, il lui sera très difficile de faire connaître son sentiment vis-à-vis de la politique française." (30.05.2008)

Phileleftheros - Chypre

Le rôle de l'UE à Chypre

Le quotidien Phileleftheros commente l'attitude de l'Union européenne vis-à-vis du problème chypriote. "L'objectif stratégique de la Turquie depuis 1960 est la dissolution de la République de Chypre et la création de deux Etats différents sur l'île. … La partie grecque rejette cette idée car les problèmes sont évidents et ne permettent pas d'autre rapprochement. … Le commissaire européen à l'élargissement, Olli Rehn, n'a pas adopté de position claire à ce sujet. Cette affaire ne peut [pourtant] pas être simplement abandonnée à la volonté politique des deux parties. La République [de Chypre] a clairement expliqué sa position en tant que membre de l'UE. … Elle doit parallèlement signifier à la Commission européenne que cette question doit être traitée de manière particulièrement prudente et sérieuse. On ne peut pas tolérer que des stratégies politiques catastrophiques soient soutenues à Chypre, dans le seul but de faciliter le chemin de la Turquie vers l'adhésion à l'Union européenne. Cela pourrait avoir des conséquences sur l'Europe entière." (29.05.2008)

Sega - Bulgarie

Le statut de la Macédoine reste inchangé

La Macédoine se prépare à des élections importantes dont l'issue ne fera que renforcer le statu quo, estime le quotidien Sega : "La crise politique en Macédoine - les polémiques sur le nom du pays, l'adhésion à l'OTAN, les négociations avec l'Union européenne et les nombreux problèmes de politique intérieure qui se sont accumulés au cours des 17 dernières années - ne peut pas résolue par magie. … La sphère politique, pour une raison simple, ne souhaite pas être restructurée. La scène politique de l'ex-République yougoslave manque en effet de partis et de responsables permettant de constituer une alternative. En d'autres termes, personne n'est susceptible de changer le vieux modèle et de rassembler les voix d'électeurs offensés, désespérés et pessimistes après le fiasco du sommet de l'OTAN à Bucarest et les critiques de Bruxelles." (30.05.2008)

Delfi - Lettonie

Protestations contre le défilé de la parade gay

Le défilé de la parade gay (Christopher Street Day) devrait avoir lieu de nouveau à Riga cette année. Mais de vives protestations se font déjà entendre dans les médias à l'annonce de cet évènement. Le portail d'informations letton trouvent que ces protestations donnent une triste image à la société lettonne : "En réalité, le débat ne porte non pas sur les droits des homosexuels et des lesbiennes mais plutôt sur la question de la liberté d'expression. ... La pensée de l'élite politique mais également celle des citoyens s'éloignent de plus en plus de la démocratie occidentale et de l'obligation de respecter les droits de l'homme élémentaires tels que la liberté d'expression et de réunion. Et cela ne concerne pas uniquement la Lettonie, mais également d'autres pays d'Europe de l'Est. C'est le signe que ces pays gâchent la confiance qui leur a été accordée en intégrant l'UE." (30.05.2008)

RÉFLEXIONS

Heti Válasz - Hongrie

Le multiculturalisme perd du terrain

"'Entrée interdite aux chiens et aux Roumains'. Cette inscription est loin d'être une mauvaise blague. Elle figurait sur un écriteau à l'entrée d'un magasin à Majorque. La presse roumaine a naturellement jugé cette affaire scandaleuse. … L'exemple espagnol nous montre que quelque chose na va pas en Europe. Le problème sans cesse croisant posé par les enfants et les petits-enfants des travailleurs immigrés venus à partir des années 60 de Turquie, des pays arabes et du Pakistan était pourtant suffisant. Nous sommes aussi menacés par un danger venu de l'Est : les masses d'Europe centrale qui ont intégré l'EU il y a peu. … L'Europe vit un malaise. Elle sent que le multiculturalisme est à l'agonie. Elle n'est pourtant pas en mesure de proposer quelque chose de nouveau. L'Europe manque de force pour imposer aux nouveaux immigrants des règles et des directives claires. … Les Etats d'Europe de l'Ouest se sont tellement efforcés de faciliter l'intégration de leurs immigrés que ceux-ci ne sont même plus obligés de s'adapter. Finalement ils se sont retournés avec mépris contre les pays qui les ont accueillis." (30.05.2008)

The Guardian - Royaume-Uni

L'internationalisme a perdu son aura

"Alors que je regardais le concours Eurovision de la chanson le week-end dernier, je ne parvenais pas à ôter une tout autre image de mon esprit : celle des quartiers généraux de la force multilatérale de l'OTAN à Kaboul. … On y percevait la même conviction que l'internationalité permet de susciter, ce que l'on appelle une communauté de nations. A la place de l'Eurovision et de l'OTAN, on peut tout aussi bien prendre les Jeux olympiques et la Birmanie, la finale de la Ligue des champions à Moscou et le Darfour, et poursuivre avec le Parlement européen, la FIFA, la Banque mondiale, l'Organisation de l'unité africaine, le Parlement européen. J'ai été élevé dans l'idée que 'l'internationalisme' avait une connotation sacrée. Ce concept avait été établi pour venir supplanter le nationalisme brutal du 20e siècle et s'était inscrit dans un esprit de concorde et de paix mondiale. ... Aujourd'hui, le mot 'international' signifie des costumes taillés sur mesure, des salaires non imposables, des Land Cruiser blancs et à Genève. Le concours Eurovision de la chanson est organisé par l'Union européenne de radio-télévision qui emploie 400 salariés en Suisse et ne laisse aucune place à un quelconque contrôle ni à aucune réforme. Elle se rapproche plus du Comité international olympique qui demande maintenant à ses contribuables de payer 20 à 30 millions de dollars pour un spectacle de deux semaines au nom d'une soi-disante fraternité mondiale. …Tant que l'internationalisme n'aura pas plus de prévisibilité et de régularité dans le droit, il y aura encore d'autres Birmanie et d'autres Irak. La superpuissance et l'Etat national retrouveront leur suprématie mondiale. L'international doit arrêter de voyager en première classe." (30.05.2008)

ÉCONOMIE

Helsingin Sanomat - Finlande

Les dix ans de l'Union monétaire : mention Bien

"Quand les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont choisi il y a dix ans de créer l'Union économique et monétaire, les doutes étaient grands. Les critiques estimaient qu'une nouvelle monnaie, une nouvelle banque centrale et une nouvelle politique économique auraient pour résultat la confusion et le manque de crédibilité. C'était faux. Les appréciations après les dix premières années correspondent à une mention Très Bien. … Ces dix ans ont été un succès pour l'Union. Le dollar n'est plus souverain, la Banque centrale européenne ne décide pas dans l'ombre de la Banque centrale américaine et la Communauté a même été positive pour la Finlande. En l'espace de dix ans, l'euro est devenu la deuxième monnaie de la planète ; une monnaie sur laquelle on peut compter et qui a apporté de la stabilité dans tout l'économie mondiale. … Mais dix ans c'est malgré tout une courte période. Si les mauvaises soudures de la politique économique se désolidarisent en raison des difficultés économiques du continent, la notation de l'Union en prendra un coup. Le résultat final peut toujours être la confusion et le manque de crédibilité." (30.05.2008)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Le lait, la morale et le marché

Le quotidien Neue Zürcher Zeitung évoque dans un article la situation de la "grève du lait" : "La récente 'grève du lait' lancée par un groupuscule paysan est avant tout un … événement médiatique. Les répercussions de l'action sur les livraisons concrètes de lait sont modestes. … Avec leur action, les grévistes élèvent le prix du lait à une sorte de question morale. … Premièrement, leurs partenaires commerciaux directs, à savoir ceux du secteur de la transformation du lait, sont pourtant eux aussi confrontés à des prix élevés, et deuxièmement, le prix du lait ne revêt pas une dimension morale. … Il est bien plus régi par le marché depuis que l'Etat s'est désengagé de ce domaine. … Le prix du lait suisse est aujourd'hui comme hier nettement plus élevé que celui du lait européen. C'est un fort désavantage concurrentiel dans un contexte d'ouverture de plus en plus grande des frontières. L'agriculture suisse doit pourtant s'adapter à la concurrence si elle souhaite que ses produits aient un avenir. L'évolution actuelle serait donc une bonne occasion de continuer à réduire la différence de prix entre le lait suisse et le lait européen – dans l'optique d'un succès durable sur le marché." (29.05.2008)

The Times - Royaume-Uni

L'ère des vols bon marché est révolue

Dans son éditorial, le quotidien The Times appelle ses lecteurs à changer leur point de vue sur les vols en avion : "Ceux qui prennent l'avion feraient mieux d'accepter la fin de l'ère des vols à bas prix et s'organiser en conséquence. … Les consommateurs ne peuvent pas se plaindre d'avoir été surpris par les récents évènements ou par les compagnies aériennes. Les hausses du prix du carburant des avions reflètent celles du pétrole brut et sont le résultat d'une longue évolution. Celle‑ci a souvent été prédite et ne peut pas être absorbée en réalisant des économies dans d'autres secteurs des compagnies aériennes, justement parce que leur activité dépend dans une large mesure de la consommation d'énergie. En s'imposant une discipline financière minimum, presque chaque salarié issu d'un pays développé peut s'offrir au prix actuel du billet un trajet de sept heures, là où sept jours étaient nécessaires avant l'époque du moteur à réaction. Ce n'est autre qu'un miracle qui ne peut toutefois être atteint qu'en consommant environ 70 tonnes de carburant. … En ce qui concerne le coût du carburant, les passagers disposent de toutes les informations nécessaires. Ils savent qu'il est moins cher de rester chez soi." (30.05.2008)

COULEURS LOCALES

Postimees - Estonie

L'euro comme seconde monnaie estonienne

En Estonie, la couronne est selon la loi l'unique moyen de paiement autorisé. Mais d'après des test réalisés par le journal Postimees, les touristes pourraient désormais très bien payer en euros à Tallinn, sans que cela ne pose le moindre problème. De l'avis du journal, cette loi est dépassée : "Le plus important, c'est que les parties soient satisfaites de la transaction, d'autant plus que la couronne est fermement liée à l'euro avec un cours de 15,6466. .. Il se peut qu'il n'existe officiellement en Estonie aucune autre monnaie à côté de la couronne, mais la réalité est depuis longtemps bien différente. Comment doit-on procéder avec un touriste qui monte tard le soir dans un taxi et qui n'a que des euros sur lui ? … Le principal est que l'on puisse payer en couronnes de partout. Cette loi date de 1992, à une époque où il était encore important de protéger notre monnaie contre la perte de confiance. Celle-ci n'a cependant plus aucun sens à la veille du passage à l'euro." (30.05.2008)

Mladá fronta Dnes - République tchèque

Des prénoms étrangers pour les enfants tchèques

Hier, Karel Gott, l'icône de la chanson tchèque est devenu père pour la quatrième fois. Son dernier descendant, encore une fille, s'appelle Nelly Sofie. Les prénoms étrangers sont très tendance en République tchèque remarque le journal libéral de gauche : "Certes, 95 pour cent des parents donnent des prénoms classiques à leurs enfants, mais il est de plus en plus fréquent de rencontrer des prénoms comme Mélanie, Tiffany ou Nicolas. L'une des raisons à cela est le nombre croissant d'immigrés, dont le choix des prénoms se fait en fonction des coutumes du pays d'origine ou des coutumes religieuses. Les anciens prénoms tchèques comme Matylda ou Kajetan reviennent également à la mode. ... Les gens veulent tout simplement se distinguer des autres. Les parents oublient parfois facilement qu'un prénom peut également être une malédiction pour un enfant." (30.05.2008)

 

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