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Archives / Revue de Presse | 05.01.2009

 

À LA UNE

Le conflit au Proche-Orient

Le conflit au Proche-Orient

 

Après l'invasion terrestre des troupes israéliennes dans la bande de Gaza, la presse européenne se demande comment le conflit au Proche-Orient peut être résolu et quel rôle devraient y jouer l'UE et les Etats-Unis. » suite

Extraits des publications suivantes:
De Morgen - Belgique, Diário de Notícias - Portugal, Le Temps - Suisse, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Upsala Nya Tidning - Suède

De Morgen - Belgique

La communauté internationale proteste contre les attaques israéliennes dans la bande de Gaza. Or, l'inquiétude et les appels au cessez-le-feu ne suffisent pas, écrit le quotidien De Morgen: "Ceux qui pourraient faire quelque chose pour exercer une pression plus forte sur Israël n'y songent même pas. Les Etats-Unis soutiennent Israël les yeux fermés et lui restent fidèles quoi qu'il puisse faire par la suite. Après cette énième aventure militaire, ils livreront encore des armes et des milliards de dollars. Le silence du président américain élu est éloquent. L'UE est le principal 'sponsor' des Palestiniens, mais le traité d'association et le statut privilégié pour Israël qui vient seulement d'être revalorisé sont des moyens de pression que l'UE n'utilise pas. En regardant ostensiblement dans une autre direction, l'ONU, les Etats-Unis et l'UE donnent un signal clair à Israël et à son armée: faites donc." (05.01.2009)

Diário de Notícias - Portugal

Seuls les Etats-Unis peuvent apporter une solution au conflit dans la bande de Gaza, écrit le quotidien Diário de Notícias: "La diplomatie internationale n'aide en rien dans le conflit à Gaza. Hier, le Conseil de sécurité de l'ONU a été incapable d'approuver un texte appelant à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza et qualifiant Israël comme le Hamas [palestinien] d'agresseurs. La diplomatie européenne a déjà commis sa première erreur: le porte-parole de la présidence tchèque de l'Europe a qualifié l'opération militaire israélienne de défensive. Après quelques réprimandes, il a ensuite été plus critique à l'égard d'Israël. Mais c'était déjà trop tard. La diplomatie européenne a une nouvelle fois montré qu'elle n'existe pas. ... Aucune des grandes puissances politiques mondiales n'a d'influence sur ce qui se passe au Proche-Orient. Il n'y a qu'un pays dont Israël écoute vraiment l'opinion et que le monde arabe redoute: les Etats-Unis, qui dispose actuellement d'un gouvernement de transition. [Le président américain élu] Barack Obama continue de travailler au programme économique et refuse de s'exprimer sur le conflit dans la bande de Gaza." (05.01.2009)

Le Temps - Suisse

Le quotidien Le Temps commente la responsabilité des Etats-Unis dans le conflit au Proche-Orient : "Certains redoutaient (ou espéraient) une attaque contre l'Iran. Mais la période de passage de témoin entre les deux présidents américains aura finalement débouché sur une opération militaire pratiquement sans précédent à Gaza. ... Avant le départ de George Bush, il était temps de faire le ménage. ... Le naufrage d'une politique américaine qui n'a laissé d'autre solution que cet affrontement sanglant, se montrant incapable de créer, en huit ans, la moindre ouverture diplomatique ? Sans aucun doute. Les effets pervers d'une politique israélienne dans laquelle chaque veille d'élection entraîne immanquablement une escalade de violence, une guerre, une provocation, ou un mélange détonant de tout cela ? Sans doute aucun. Aujourd'hui, la conjonction d'un interrègne américain et d'une échéance électorale israélienne ne s'est pas seulement révélée explosive dans les rues dévastées de Gaza. Elle risque aussi de modeler en profondeur les années à venir." (29.12.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Le quotidien Süddeutsche Zeitung critique la multitude des missions européennes de médiation dans le conflit au Proche-Orient. Le président français Nicolas Sarkozy s'y rend en tant que président du conseil de sécurité de l'ONU, Javier Solana en tant que haut représentant pour la politique extérieure de l'UE, le ministre des Affaires étrangères tchèque Karel Schwarzenberg en tant que président du conseil de l'UE et le britannique Tony Blair en tant que de chargé du quatuor du Proche-Orient: "Il n'y a aucune chance que ce chaos se clarifie, il est encore plus improbable d'imaginer la paix. Au Proche-Orient c'est la loi du plus fort qui prévaut. Quiconque œuvre publiquement contre l'autre et, de ce fait s'affaiblit, n'est pas un négociateur de poids. Tous ces soi-disant intermédiaires ne manquent pas seulement d'autorité, ce qui leur fait surtout défaut c'est une ouverture. Les européens ont sciemment décidé, de se couper du Hamas radical. Désormais ils ne peuvent pas prendre parti pour une organisation dont ils ont fustigé la dangerosité." (05.01.2009)

Upsala Nya Tidning - Suède

Le quotidien Upsala Nya Tidning écrit : "La seule solution qui puisse améliorer la situation sur le long terme est la création de deux Etats, permettant à des forces plus modérées que le Hamas [parti palestinien islamique-radical] de prendre le dessus. Si l'on devait y parvenir, il faut toutefois s'assurer que des négociations de paix apportent des résultats. … Un affaiblissement durable des sympathies pour le Hamas ne sera possible que lorsque l'on parviendra à la création d'un Etat palestinien à la suite de négociations avec le Fatah [modéré]. Mais cela ne se produira pas tant qu'Israël maintiendra sa politique de colonisation et d'occupation actuelle." (03.01.2009)

POLITIQUE

Lidové noviny - République tchèque

La présidence tchèque de l'UE et le conflit au Proche-Orient

La toute jeune présidence tchèque de l'UE vient déjà de provoquer l'agacement: un porte-parole du gouvernement a qualifié l'action militaire d'Israël dans la bande de Gaza 'd'action défensive'. Le ministre des Affaires étrangères Karl Fürst Schwarzenberg a dû faire marche arrière suite aux protestations dans le monde arabe ainsi qu'à Londres et à Paris. Le quotidien conservateur Lidové noviny fait un commentaire ironique : "Le porte-parole a communiqué l'opinion de certains de ses supérieurs qui n'avaient pas encore compris qu'ils se trouvent désormais au sommet de l'UE. ... Ce malentendu a été tiré au clair. Seule vaut la déclaration diplomatiquement correcte du ministère des Affaires étrangères. Le gouvernement n'est à la tête de l'UE que depuis quelques jours. Il apprend ainsi comment mentir de manière cohérente et européenne." (05.01.2009)

La Repubblica - Italie

Le Vatican, les lois italiennes et l'autonomie de l'Etat

Fin décembre, le Vatican a décidé de ne plus faire valoir automatiquement la justice italienne. La Cité-Etat a justifié cette décision en soulignant d'une part le caractère contradictoire de certaines lois et d'autres part de leur non-conformité à certaines positions de l'Eglise catholique romaine. Le quotidien progressiste de gauche La Repubblica estime que cela sape l'intégrité de la société italienne: "Le monde est vaste mais l'Italie est toute proche. Sa justice est dorénavant soumise à une surveillance éthique constante. … La nouvelle ligne du Vatican peut attiser les conflits de loyauté parmi les catholiques au Parlement, déchirés entre leurs obligations civiles et l'annonce préventive du rejet du Vatican de ces droits et obligations. … Le conflit de loyauté peut largement dépasser le cadre des murs du Parlement et détruire l'intégrité déjà mise à mal de la société. L'autonomie et la laïcité de l'Etat, le sort de la liberté se situent au cœur des débats." (05.01.2009)

La Libre Belgique - Belgique

Le nouveau Premier ministre belge

Dans son éditorial, le quotidien La Libre Belgique dresse le portrait du nouveau Premier ministre belge, Herman Van Rompuy. Le chrétien-démocrate flamand remplace le démissionnaire Yves Leterme. "Il est évident que la fonction ... n'a rien d'une sinécure. Rarement, cette tâche aura été à ce point périlleuse. Et l'homme, il ne s'en est jamais caché, a construit un équilibre personnel qui ne place pas nécessairement sa fonction politique au premier rang de ses préoccupations. Il écrit beaucoup, lit énormément et entend consacrer du temps à sa famille, à ses amis. ... Voilà au moins un homme qui n'est pas dévoré par l'ambition. Evidemment, on n'arrive pas au sommet de l'Etat sans en avoir une petite dose, quand même. Mais lui a su user de sa saine ambition avec parcimonie et efficacité. Le choix d'Herman Van Rompuy doit être un choix de raison et de cœur. De raison parce qu'il est, selon de nombreux observateurs, réellement capable de relever les défis qui s'offrent à lui. Choix de cœur aussi parce que par sa vision, sa force de travail, sa finesse d'esprit, il peut offrir au pays et à ses différentes composantes régionales et communautaires un véritable avenir." (30.12.2008)

Der Standard - Autriche

Le regain d'amour de l'Autriche pour l'UE

Le quotidien Der Standard constate que les Autrichiens ont redécouvert leur amour pour l'UE. Selon l'eurobaromètre, la confiance des Autrichiens en l'UE a augmenté considérablement lors des six derniers mois. "La raison en est la crise financière. En Autriche aussi, on est arrivé à la conclusion que les problèmes ne peuvent pas être solutionnés uniquement dans un seul pays. Quand l'industrie automobile souffre aux Etats-Unis et dans d'autres pays européens, les sous-traitants autrichiens en ressentent eux-aussi les conséquences. L'UE a montré en temps de crise qu'elle est capable d'unité dans l'action. … Il apparaît à un nombre croissant d'Autrichiens que par les temps qui courent, il est préférable de vivre sous une protection européenne et d'insister pour apporter des changements au sein de l'Union." (02.01.2009)

RÉFLEXIONS

Népszabadság - Hongrie

György Csáki sur l'économie mondiale en mutation

Dans le journal progressiste de gauche Népszabadság, l'économiste György Csáki réfléchit à la fin de l'hégémonie de l'Occident comme conséquence de la crise financière mondiale."Les conséquences de la crise financière qui a secoué l'ensemble du système financier américain et a fait chuter les grandes banques d'investissement comme des châteaux de cartes, sont très largement ramifiées. D'après certaines estimations, pas moins de 7 000 milliards de dollars (!) ont 'disparu' du système bancaire américain et international, et aussi des bourses. … La crise est aussi sur le point de bouleverser les rapports de force économiques sur le plan international. La période consécutive à la Seconde Guerre mondiale a été profondément marquée par la suprématie économique (et politique) des Etats-Unis. Elle est désormais définitivement terminée. … Les nouveaux protagonistes de l'économie mondiale sont les Etats BRIC: le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine. … Les Etats BRIC n'ont pas été touchés par la crise jusqu'à maintenant. Bien au contraire. Si l'on considère leur énorme réserve de devises, ils jouissent actuellement d'une grande popularité. La raison à cela, c'est qu'actuellement, du fait de la disponibilité restreinte de liquidités, ils peuvent aider les banques ruinées et touchées par la crise au moyen d'injections financières." (05.01.2009)

Polska - Pologne

Les "non-vœux "de Wiktor Świetlik pour la nouvelle année

Dans le quotidien Polska, Wiktor Świetlik s'adresse directement à ses lecteurs et leur fait part de ses pensées: "J'aimerais vous présenter quelques 'non-vœux' politiques pour l'année à venir. Saint Augustin a dit que le mal était là où le bien est absent. Si cela est vrai, l'accomplissement de ces 'non-vœux' devrait mener à une réalisation des vœux. Je vous souhaite donc de ne pas vous disputer … sur la question de savoir qui est le plus intelligent de tous les gens intelligents et le plus européen de tous les Européens. … Je vous souhaite une politique de style 'rétro'. Une politique dans laquelle le cœur et la compréhension sont les facteurs de décision. Une politique du temps où les candidats américains au poste de président, gouverneur ou shérif répondaient logiquement aux questions logiques des électeurs, afin de les convaincre de la meilleure manière d'agir." (05.01.2009)

ÉCONOMIE

El País - Espagne

Réduire la dépendance au gaz russe

Le quotidien espagnol El País demande à l'UE d'agir rapidement dans la crise du gaz entre la Russie et l'Ukraine : "Mais on doit aussi réagir vite concernant la dépendance au gaz russe. Diversifier les sources est une tâche que l'on ne peut remettre à plus tard. De même que la création d'un marché de l'énergie européen unique. Moscou utilise les accords bilatéraux passés avec quelques pays européens clés à son avantage. Et ce sont ces accords qui compliquent les décisions au niveau de l'UE, d'autant plus qu'ils garantissent la fourniture actuelle de gaz sans se préoccuper davantage de ce qui pourrait se passer à l'avenir." (05.01.2009)

Dziennik Gazeta Prawna - Pologne

Une action européenne désunie

Dans une chronique, l'homme politique conservateur Jan Rokita évalue la décision de la Bulgarie et de la Hongrie de s'associer l'année dernière au projet gazier russo-italien South-Stream. Selon lui, cette décision a constitué un évènement important de l'année 2008: "Les deux pays étaient en 2002 encore d'importants partenaires pour le projet 'Nabucco', dont le principe consistait à approvisionner en partie l'Europe avec le gaz de la Caspienne, sans pour cela inclure la Russie. Tous deux ont toutefois subitement changé d'avis et se sont joints au projet russe 'South Stream' visant à empêcher la diminution de la dépendance [vis-à-vis de la Russie]. Le gouvernement bulgare a opéré un virage à 180 degrés au cours d'une nuit de janvier. La nuit où Vladimir Poutine était à Sofia. La position de la Hongrie a quant à elle changé un soir de février, alors que le Premier ministre [Ferenc] Gyurcsany se trouvait au Kremlin. ... C'est la fin du mythe selon lequel il y existerait une unité d'action [des Etats] en Europe centrale." (05.01.2009)

The Irish Times - Irlande

Histoire à succès de l'euro

Au vu de la crise financière, le quotidien The Irish Times commente le succès de l'euro, dix ans après son introduction. "Malgré les nombreuses et sinistres mises en garde de sceptiques, selon lesquels cette monnaie était vouée au déclin, l'euro s'est avéré être un succès remarquable. La monnaie unique européenne devait échouer 'économiquement, socialement et politiquement' avait insisté [l'ancienne premier ministre britannique] Margaret Thatcher: elle avait tout faux. En réalité, la force et la stabilité de l'euro n'ont jamais été aussi évidentes qu'au cours des derniers mois, quand les turbulences financières mondiales se sont accentuées après l'effondrement de Lehman Brothers [banque d'investissement américaine]. A l'inverse, les difficultés que cela a engendré pour certains pays hors de la zone euro comme le Danemark, ont été très évidentes. Pour défendre le cours du change et empêcher la fuite des capitaux, ils doivent encore maintenir leur taux directeur. Il n'est pas surprenant que l'opinion publique dans nombre de ces pays (comme le Danemark et la Pologne) se soient orientée vers une adhésion à la zone euro." (05.01.2009)

MÉDIAS

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Un signal turc adressé aux Kurdes

La chaîne de télévision turque TRT6 émet depuis le 1er janvier 2009 dans les deux langues parlées par les Kurdes dans le pays. C'est un signal important envoyé aux Turcs et aux Kurdes, estime le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung: "Cette chaîne publique est le résultat d'une politique de détente initiée depuis quelque temps déjà, mais qui s'était révélée peu satisfaisante; bien sûr celle-ci doit aussi constituer un contrepoids à la chaîne kurde Roj-TV, émettant du Danemark et considérée proche du PKK. Des élections municipales auront lieu en mars. Mais c'est quand même une avancée face à l'armée influente et à la doctrine d'Etat nationaliste turque. L'avenir montrera si Erdogan et l'AKP sont vraiment sérieux quant à l'ouverture aux Kurdes." (05.01.2009)

The Guardian - Royaume-Uni

La protection des mineurs sur Internet

Le ministre britannique de la Culture, Andy Burnham, a proposé d'introduire un certificat se rapportant à l'âge des utilisateurs sur les sites Internet, afin de protéger les mineurs. Le quotidien The Guardian critique cette idée. "Monsieur Burnham dit qu'il est inquiétant de laisser chercher un enfant deux heures sur internet sans surveillance. Laisser un enfant deux heures sans surveillance est un principe qui s'applique presque partout. C'est le fondement sur lequel repose la responsabilité parentale. Il est du devoir des parents d'éduquer les enfants afin que ceux-ci évitent les pièges de la vie, qu'il s'agisse des accidents de la circulation, d'une mauvaise alimentation ou d'habitudes devant la télévision. Toute tentative gouvernementale d'assumer la responsabilité parentale pourrait au contraire étouffer ce à quoi il faut faire attention. … Le problème est en fait que beaucoup de parents ne sont pas motivés ou pensent que cela les dépasse. Le gouvernement devrait économiser l'argent qu'il gaspillerait avec une solution inefficace de type Big-Brother, et plutôt le dépenser dans une campagne ciblée, afin d'attirer l'attention des parents sur ce qu'ils peuvent eux-mêmes faire." (05.01.2009)

 

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