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Archives / Magazine / Politique / Les lois anti-terroriste / Article | 27.07.2007
La connexion en réseau, nouveau mythe pour la sécurité intérieure
de Peter Stegmaier, Thomas Feltes
La lutte contre le terrorisme place la politique sécuritaire de l'Etat devant de nouveaux défis : il faut utiliser les mesures qui ont fait leur preuve et trouver de nouveaux moyens. Comment doit être garantie la « sécurité intérieure » à l'avenir ? C'est la question que posent Peter Stegmaier et Thomas Feltes.
Terrorisme à Madrid ou à Londres, valises piégées dans les gares et les trains allemands, Coupe du monde de football ou pour finir le « 11 septembre », autant d'occasions chargées de symbole qui concourent à restructurer le champ de la sécurité et à légitimer ces transformations.

Photo:AP
C'est actuellement un changement de perspective qui se produit en politique criminelle et en politique intérieure ; il va de pair avec une réorganisation des institutions chargées d'instaurer et de maintenir la « sécurité intérieure ». Le mythe jusqu'ici dominant du contrôle par un État-nation au cœur de la modernité s'est brisé. L'État, pris séparément, atteint toujours plus vite les frontières de son potentiel d'exercice régalien et de ses possibilités en termes de régulation. Après les risques et périls d'ordre technique, ce sont maintenant les menaces et dangers terroristes qui constituent un défi à la capacité d'action des États.
La criminalité organisée de la mondialisation met à l'épreuve tant l'économie mondialisée que les États quant à l'efficacité de leur coopération supranationale. La « sécurité intérieure » en tant qu'affaire strictement intérieure et relevant au sens strict de l'État est de plus en plus difficile à concevoir. Mieux : la sécurité est de plus en plus assurée en priorité dans les situations où des pressions influentes vont dans ce sens et où il peut y avoir prestation financière, donc de moins en moins sous les aspects du bien commun. Ce qui vaut partout où des sociétés privées sont engagées et là où l'État réalise des économies. Les coopérations entre l'État et les grandes entreprises privées se multiplient.[1] L'intérêt de la prévention criminelle se déplace de la réaction au crime et au criminel pour s'orienter vers la structuration d'un quotidien aussi peu risqué que possible. Le droit pénal se commue toujours plus en instrument contre l'insécurisation généralisée de la société, le « sentiment subjectif d'insécurité » légitimant de façon croissante les campagnes de type « law and order ».
Pareil scénario assigne aux institutions de contrôle social de nouvelles tâches et les confronte à des problèmes d'ordre nouveau. Elles doivent se confronter avec des moyens traditionnels à des problèmes de type nouveau dans des conditions transformées et donc modifier l'appareil dont elles disposent. À l'inverse, les moyens engagés ne sont justement qu'en partie appropriés à la liquidation de points vulnérables ; ceci dans la mesure où les instruments doivent encore être élaborés (ou empruntés à d'autres secteurs), testés ou bien améliorés. De même qu'il faut explorer de nouveaux domaines du savoir et de l'action, en particulier par l'établissement d'un lien entre des dispositifs qui fonctionnaient jusque-là séparément, par la confrontation à des données de type nouveau, par des formes nouvelles de communication et d'organisation. Va de pair, ici, la promesse de gains d'efficience et d'efficacité, ainsi que d'une capacité renforcée à piloter globalement les processus sociaux malgré les bouleversements aggravés, à partir de cette « réticulatisation des protagonistes de la sécurité ». Semblable politique de « sécurité intérieure réticularisée » a-t-elle des chances d'aboutir, ou bien fait-on grand bruit autour de quelque chose qui n'est pas l'ultima ratio ?
Première question à se poser : comment les différentes « agences de sécurité » s'arrangent-elles entre elles et avec la transformation sociale et politique du cadre de leur action ? Deuxième question : que peut être la sécurité dans une époque d'insécurité ? Troisième question : est-il possible de tenir la promesse paradoxale d'assurer en général la sécurité et l'ordre dans des conditions d'insécurité croissante et de structuration toujours plus limitée ? Et ceci par le biais d'une approche réticularisante en matière de politique sécuritaire ?
[1] Cf. Thomas Feltes, « Akteure der inneren Sicherheit », in Stefan Jakowatz, Hans-Jürgen Lange, Peter Ohly, Jo Reichertz (éd.), Auf der Suche nach neuer Sicherheit, Wiesbaden, 2007.
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Dr. phil., né en 1969 ; sociologue, collaborateur du Center for Society and Genomics à la Radboud Universiteit de Nimègue, Postbus 9010, NL 6500 GL ...
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Dr. iur., M.A., né en 1951 ; professeur de criminologie, de politique criminelle et de science de la police à la Ruhr-Universität Bochum, faculté de ...
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Traduction
Nathanaël Herzog
Langue originale Allemand
Publié le 19.03.2007
Source originale Aus Politik und Zeitgeschichte 12/2007
© Bundeszentrale für politische Bildung
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