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Ciocârlie, Corina
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Dans la revue de presse européenne, euro|topics a cité jusqu'à présent 2 articles de l'auteur.
Littell pose un autre regard sur l'Holocauste
"Parfaitement conscient du fait qu'on ne choisit pas toujours son camp, Littell place son personnage [Max Aue] au coeur même de l'équarrissoir, sans pour autant en faire un démon ou un psychopathe. Ce qui l'intéresse (...), c'est de mesurer le taux de hasard, de lâcheté collective et de cynisme individuel qui, dans une composition chimique particulière, finissent par engendrer le meurtre politique de masse", explique Corina Ciocârlie. "Comme la plupart, Max Aue n'a jamais demandé à devenir un assassin. S'il l'avait pu, il aurait fait dans la littérature car, tout porté qu'il est sur l'inceste et la transgression, il ne tenait pas vraiment à lire 'Le Banquet' de Platon sur les rives du Dniepr, entre deux exécutions massives de Juifs ou de Tsiganes. En fidèle admirateur de Lermontov, il est intimement convaincu qu'il est bien plus facile et plus rentable d'être un héros et non pas un bourreau – de notre temps. Mais bon, personne ne lui a demandé un avis critique sur l'inadéquation absolue entre la facilité avec laquelle on peut tuer et la grande difficulté qu'il doit y avoir à mourir."
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Le roman autobiographique de Norman Manea
Corina Ciocârlie chronique le dernier livre du Roumain Norman Manea, 'Le retour du hooligan' dans lequel il raconte notamment pourquoi il s'est exilé aux Etats-Unis en 1986. "Du côté de Bucarest, l'individu a été doublement nié, étouffé, d'abord par la chape de plomb du totalitarisme et, ultérieurement, par celle de la mémoire collective, qui s'empressa de transformer en clichés toute ébauche de rébellion, tout sursaut de dignité. En ce sens, 'Le Retour du hooligan' n'est autre qu'une tentative, pathétique et sublime, de sauver une destinée individuelle de la mémoire collective. S'ils n'ont pas attendu Sartre pour découvrir que 'l'enfer, c'est les autres', les Roumains se sont avérés grands maîtres de 'l'esquive', une technique de survie mêlant fatalisme, humour, hédonisme, mélancolie, corruption et lyrisme. Ce n'est qu'ainsi armés qu'ils ont pu traverser l'interminable ère du soupçon orchestrée par Ceausescu, où surveillés et surveillants paraissaient finalement 'condamnés à une même peine, à un même huis clos qui empoisonnait leur vie'".
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