Corriere della Sera - Italie | mercredi, 8. février 2012
La Russie tire les ficelles en Syrie
La visite mardi en Syrie du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, montre que l'Occident et le monde arabe sont résignés à laisser le champ libre à la diplomatie russe, estime le quotidien libéral conservateur Corriere della Sera : "Si même la haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, exige haut et fort le départ d'Al-Assad, plus rien ne peut nous masquer l'impuissance de l'Occident et de la Ligue Arabe après le veto sino-russe à l'ONU. Al-Assad se sent protégé par une arme invisible : l'intention maintes fois exprimée de ne pas intervenir par la force en Syrie. La Libye a été et reste une leçon difficile, même si peu de personnes le reconnaissent en Occident. Cette erreur ne doit pas être répétée. … Damas pourrait déclencher une réaction en chaîne aux conséquences imprévisibles. Sur cette toile de fond, la Russie évolue avec l'habileté d'un mammouth. Lavrov n'a pratiquement rien atteint mais il serait pourtant erroné de minimiser sa mission. La Russie mise désormais sur une 'solution yéménite'. Une transition au terme de laquelle Al-Assad cèdera sa place à un individu favorable au Kremlin et à ses intérêts dans la région."
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