taz - Allemagne | jeudi, 2. novembre 2006
Naples connaît un regain de criminalité
Michael Braun estime que l'envoi à Naples de militaires, une initiative déjà réalisée dans le passé, n'est pas une bonne idée. "La mafia s'est adaptée et a poursuivi ses activités (...). Une seule fois, au milieu des années 1990, il a semblé que l'Italie pouvait briser le pouvoir de la mafia. On a parlé alors de 'Printemps de Palerme' et de 'Renaissance de Naples'. Les parrains ont été emprisonnés par dizaines et la société civile s'est réveillée. Mais l'Etat a fini par lâcher prise. Après l'arrêt par la mafia sicilienne des assassinats spectaculaires de procureurs et de politiciens, la lutte anti-mafia a cessé d'être une priorité, y compris pour la gauche. Les procureurs généraux qui souhaitaient poursuivre les complices en col blanc de la mafia dans les sphères économiques et politiques se sont soudain sentis isolés. L'accord était le suivant : tant que la mafia et la camorra n'y allaient pas trop fort, elles n'avaient rien à craindre. Ce n'est pas de l'armée dont Naples a besoin, mais d'un message politique de Rome : l'Etat italien ne souhaite plus tolérer l'existence de la mafia".
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