Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne | mardi, 11. décembre 2007
Protestations à l'occasion de la venue de Kadhafi
Selon Joseph Hanimann, "le jeu diplomatique mouvementé, auquel Nicolas Sarkozy, fidèle à son mot d'ordre de rupture, soumet la conscience morale de les intellectuels le soutenant, atteint un nouveau point culminant à l'occasion de la visite de cinq jours du colonel Kadhafi. Des intellectuels comme André Glucksmann avaient l'habitude de voir leurs protestations ne susciter guère de réactions ou, à la rigueur, être accueillies avec dédain par la classe politique. L'obstination et la suffisance dont font preuve Nicolas Sarkozy et ses collaborateurs pour imposer leurs décisions viennent semer le trouble parmi les schémas intellectuels classiques. C'est ainsi que les critiques les plus sévères de la visite du chef d'Etat libyen ne viennent pas d'intellectuels, mais du gouvernement lui-même. Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, a été claire sur ce point en affirmant que la France n'était pas un paillasson sur lequel un dirigeant pouvait venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. Ces propos feront l'effet d'une formule miracle parmi tous les opposants à cette visite officielle."
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