The Guardian - Royaume-Uni | vendredi, 19. décembre 2008
Simon Jenkins sur la guerre en Afghanistan
Sur fond de retrait britannique d'Irak, le chroniqueur Simon Jenkins se penche sur la folie de la guerre en Afghanistan : "Dans [la ville sud-irakienne de] Bassora, les Britanniques avaient au moins la relique abîmée d'un plan de guerre. Dans [la province du sud de l'Afghanistan de] Helmand, le seul plan est de faire office de cible d'entraînement pour les talibans. … Le plus grand honneur que la Grande-Bretagne pourrait faire à ses morts en Irak, est de demander pourquoi d'autres personnes devraient mourir en Afghanistan. Pourquoi attendre qu'autant de soldats y soient tués (déjà 134) ? Pourquoi attendre le même nombre de morts civiles, la même destruction de l'infrastructure ? … [Le Premier ministre Gordon] Brown devrait être loué pour son soutien de la professionnalité et du courage des troupes britanniques, mais il leur doit plus que des mots. Il leur doit l'honnêteté brute dans l'évaluation de l'objectif politique et stratégique qui coûte désormais autant de ce courage. … La sincérité reste encore la plus grosse victime de cette guerre. Ceux qui à droite et à gauche ont célébré [les guerres en] Irak et en Afghanistan, n'osent pas admettre qu'ils ont pu se tromper. Désormais, la réécriture de l'épilogue irakien comme une mission bien accomplie fait l'effet d'un aimant mortel qui attire la politique britannique vers un désastre semblable et les soldats britanniques vers leur mort à Helmand."
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