La Repubblica - Italie | mardi, 26. mai 2009
Stefano Rodotà sur les mensonges autour du scandale de Berlusconi et sur le droit à la vérité
Dans le quotidien progressiste de gauche La Repubblica, le juriste Stefano Rodotà évoque le mutisme obstiné du Premier ministre italien Silvio Berlusconi concernant la véritable nature de sa relation avec Noemi Letizia, 18 ans : "Qui a droit à la vérité ? Cette question qui a divisé [les philosophes] Emmanuel Kant et Benjamin Constant est aujourd'hui au cœur du débat en Italie. A l'universalisme résolu de Kant, Constant opposait que 'nul homme n'a droit à une vérité qui nuit à autrui'. Dans notre cas, la vérité ne nuit à personne si ce n'est au Premier ministre, tandis que le silence ou le mensonge entravent justement le droit de savoir. Celui-ci est un élément de la démocratie défiant toute utilisation politique machiavélique du mensonge comme instrument de maintien du pouvoir. Il a souvent été souligné que le processus de dissimulation de la vérité est toujours présent dans les régimes totalitaires, alors que l'accès à la vérité a toujours été la prérogative des assemblées populaires libres, et ce depuis la démocratie d'Athènes. …La démocratie ne signifie pas seulement le gouvernement du peuple, mais aussi le gouvernement ouvert au public. C'est là, dans cette vérité simple et profonde, que réside le caractère inadmissible du mensonge en politique."
» informations complémentaires (lien externe, italien)
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Politique Intérieure, » Italie
Tous les textes disponibles de » Stefano Rodotà
» Ensemble de la revue de presse de mardi, 26. mai 2009