La Repubblica - Italie | mardi, 9. juin 2009
Bernardo Valli sur le succès de la droite keynésienne face à la sociale-démocratie
Dans le quotidien progressiste de gauche La Repubblica, Bernardo Valli explique pourquoi il est tout sauf paradoxal que ce soient précisément les instigateurs de la crise, les représentants du néo-libéralisme, qui ressortent vainqueurs des élections européennes : "Car la gauche sociale-démocrate, qui a débuté le test depuis le banc des accusés avant de terminer dans la cage des perdants, n'est tout simplement pas parvenue à se présenter comme une alternative crédible, ne s'étant toujours pas mise au diapason de la nouvelle situation mondiale. … La droite l'a en outre prise par surprise. Elle n'est pas passée par quatre chemins avec le budget de l'Etat, elle a enregistré des déficits pour garantir les aides sociales, tiré à boulets rouges sur les paradis fiscaux, s'est empressée de réguler le marché et n'a pas hésité à nationaliser les banques. … Le néolibéralisme de droite est devenu super-keynésien. Les champions du monde de la dérégulation ont … oublié leur passé et ont repris à leur compte l'essentiel des principes de la sociale-démocratie. Ils les ont volé et ont laissé la gauche les mains vides en la contraignant à polémiquer sur le contenu des mesures et en lui ôtant la possibilité de fournir des arguments sérieux sur les responsabilités initiales."
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