La Repubblica - Italie | vendredi, 20. novembre 2009
Stefano Rodotà sur les lois de Berlusconi et la mort de la démocratie
La nouvelle loi en Italie visant à réduire la durée des procès suscite des inquiétudes. De l'avis de nombreux experts judiciaires, la loi doit surtout prémunir le Premier ministre Silvio Berlusconi de toute condamnation. Dans le quotidien progressiste de gauche La Repubblica, Stefano Rodotà redoute que l'Italie se trouve sur une voie dangereuse qui pourrait aboutir à la mort de la République : "Le pouvoir s'est progressivement concentré entre les mains de quelques uns qui croient de plus en plus posséder l'Etat. Ils tentent d'éliminer les autres institutions publiques afin de faire en sorte que leur pouvoir échappe à tout contrôle. … Mais c'est surtout la dimension constitutionnelle qui s'est évaporée. La Constitution n'appartient plus au Parlement dans la mesure où, pour chaque loi en cours de discussion, on se demande si le président la signera ou non, et quels sont les risques que la Cour constitutionnelle la déclare contraire à la Constitution. … Il est nécessaire de rappeler que la Constitution se termine par un article qui mérite une attention particulière aujourd'hui. Il est écrit dans l'article 139 : La forme républicaine ne peut faire l'objet d'une révision constitutionnelle. … Cela signifie que notre système constitutionnel présente une série de caractéristiques qui définissent la forme républicaine et qui ne peuvent être modifiées sans changer de autre régime."
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