El País - Espagne | mercredi, 22. juin 2011
Ulrich Beck sur l'intelligente sortie allemande du nucléaire
En décidant de sortir du nucléaire, les Allemands s'assurent des avantages sur le marché mondial des technologies d'avenir, écrit le sociologue Ulrich Beck dans le quotidien de centre-gauche El País : "Quiconque prétend encore après Tchernobyl et Fukushima que les centrales nucléaires - françaises, britanniques, américaines, chinoises ou autres - sont sûres occulte le fait que d'un point de vue empirique, c'est le constat contraire qui peut être fait : la seule chose certaine, c'est la prochaine catastrophe majeure. … S'agit-il d'une réaction de panique exagérée que de décider de sortir du nucléaire ? Non. Ce n'est pas la crainte des Allemands. C'est l'économie, voyons ! Le nucléaire sera de plus en plus coûteux avec le temps, tandis que les énergies renouvelables deviendront meilleur marché. C'est une peur rusée qui motive les Allemands. Ceux-ci flairent les avantages économiques du marché mondial de l'avenir. En allemand, tournant énergétique est synonyme d'emplois. Un cynique pourrait dire : laissez les autres fanfaronner sur leur absence de craintes - cela ne débouchera que sur la stagnation technologique et l'absence d'investissements. Les défenseurs du nucléaire s'interdisent eux-mêmes l'accès aux marchés d'avenir en choisissant de n'investir ni dans les économies d'énergie, ni dans les énergies renouvelables et encore moins dans les universités, cursus et instituts de recherche 'verts'."
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