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Revue de Presse | 31.01.2012

 

À LA UNE

L'UE adopte le pacte budgétaire

Monti, Sarkozy et Merkel préparent la version finale du pacte budgétaire. (© dapd)

 

Lors du sommet européen de lundi, les Etats de l'UE à l'exception de la Grande-Bretagne et de la République tchèque ont adopté le pacte pour une plus grande discipline budgétaire. Le traité ne va pas vraiment au-delà des lois existantes, critiquent certains commentateurs. D'autres jugent qu'il menace l'essor économique.

Blog Charlemagne's Notebook - Royaume-Uni

Le pacte budgétaire freine l'économie

Le Pacte budgétaire adopté à Bruxelles pourrait compliquer les problèmes économiques par temps de crise, redoute le blogueur Charlemagne sur le site Internet du magazine hebdomadaire libéral-conservateur The Economist : "Les chefs de gouvernement ont-ils obtenu quelque chose d'utile pour stopper la crise lors de ce nouveau sommet ? Leur nouveau 'Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l'Union économique et monétaire' vise surtout à établir des budgets équilibrés parmi les Etats membres. Cela peut ressembler à une mesure disciplinaire utile lors d'une période économique favorable. Mais beaucoup redoutent que des mesures d'austérité pro-cycliques ne fassent qu'aggraver la récession qui se dessine et compliquer davantage l'assainissement budgétaire. Cela explique peut-être pourquoi les politiques se sont pour une fois hâtés d'évoquer une stratégie pour la croissance et l'emploi." (31.01.2012)

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La Stampa - Italie

L'Europe toujours démunie

La règle d'or et les sanctions automatiques pour les pays régulièrement déficitaires décidées dans le pacte budgétaire ne permettront pas vraiment de résoudre la crise européenne de la dette, estime le quotidien libéral La Stampa : "Le pacte budgétaire recoupe de manière confuse les règles économiques et budgétaires que l'UE vient d'adopter après de longues négociations. … Pour l'essentiel, le pacte n'ajoute pour ainsi dire rien aux règles existantes, hormis d'imposer la règle d'or budgétaire dans la législation des différents pays, au mieux dans leur Constitution. … Il n'y a pas de raison de croire que l'Europe soit incapable de surmonter la crise, mais le sommet hier n'est pas parvenu à dissiper l'impression de confusion suscitée jusque-là par les gouvernements européens. Espérons que le prochain sommet changera la donne." (31.01.2012)

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El País - Espagne

Pas de sortie de crise en vue

Le sommet européen de lundi à Bruxelles a une nouvelle fois douché les attentes, critique le quotidien de centre-gauche El País : "17 sommets ont été convoqués depuis le début de la crise financière. Tous dans le but de mettre fin à la crise de l'euro. On n'est pourtant même pas parvenu à régler les problèmes de la Grèce. Hier, on a une nouvelle fois reporté la décision sur une décote des dettes grecques. Cela ne fait pas particulièrement preuve d'une grande compétence. Le problème du financement de la dette de pays comme l'Italie, l'Espagne ou même la France reste en outre irrésolue. L'essor économique sera impossible - comme l'assainissement budgétaire - tant que les primes de risque [des emprunts publics] resteront au-dessus de 300 points (comme c'est le cas en Espagne et en Italie)." (31.01.2012)

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Lidové noviny - République tchèque

La Tchéquie doit mieux justifier son refus

Outre la Grande-Bretagne, La République tchèque ne participera pas non plus au pacte budgétaire de l'UE pour le moment. Pour le quotidien conservateur Lidové noviny, le Premier ministre Petr Nečas a fait preuve de courage mais avance des arguments fallacieux : "Nečas a justifié son attitude en indiquant que les signataires du pacte encore dépourvus de l'euro n'avaient pas la certitude d'être invités aux futurs sommets de la zone euro. Ce n'est pourtant pas ce dont il était question à Bruxelles. Il s'agissait d'instaurer une instance centrale de contrôle des budgets nationaux. Il s'agissait du premier d'une série de plusieurs sommets devant aboutir à une Union politique, comme l'a déclaré Merkel. … Nečas affute des arguments depuis des mois contre le pacte budgétaire, et s'il avait soutenu cette initiative, cela aurait valu une capitulation. … Il doit désormais avoir le courage de persévérer, sans s'abriter derrière des raisons fallacieuses." (31.01.2012)

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Rzeczpospolita - Pologne

La pologne doit se méfier de l'euro

Même si la Pologne participe au pacte budgétaire, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, doit rester prudent par rapport à l'euro, estime le quotidien conservateur Rzeczpospolita : "La zone euro est certainement l'une des expériences économiques les plus intéressantes dans le monde. … Mais tant qu'elle ne reposera pas sur des fondements financiers stables et des principes unitaires, il faudra s'en tenir à l'écart. On pourrait presque s'inquiéter du fait que le Premier ministre annonce encore l'adhésion à l'euro, s'il exige de participer aux négociations sur les modifications dans la zone euro. … Le problème, c'est que le Premier ministre a déjà dit des choses contradictoires sur la question de l'euro. Nous devrions nous rappeler qu'en 2008, il avait annoncé une introduction de l'euro pour 2011." (31.01.2012)

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POLITIQUE

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

La taxe financière de Sarkozy dérange Merkel

Le ministère allemand des Finances a réagi lundi à l'annonce de taxe boursière faite l'avant-veille par le président français, Nicolas Sarkozy, et a indiqué qu'il ne lui emboîterait pas le pas. Une bonne chose, estime le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung. Car selon lui, cette mesure caractéristique de Sarkozy ne concerne que les ventes d'actions, et non toutes les transactions financières : "Pas étonnant que la mesure au rabais de Sarkozy ne satisfasse que le parti libéral allemand (FDP), lequel s'oppose à une restriction des marchés financiers par la taxe Tobin. … Nicolas Sarkozy voulait jusque-là montrer l'exemple dans la taxation des transactions financières. Avec cette taxe, il devient un candidat en campagne qui oublie son objectif initial. Car si la France imite le modèle britannique de taxe boursière, cela ôte un peu de pression des Britanniques. Les Britanniques étaient jusque-là isolés en Europe et cela les avantages plus qu'ils ne veulent reconnaître. Sarkozy imite désormais cette mesure et trahit la chancelière, qui luttait avec lui jusqu'à aujourd'hui pour une taxe exhaustive." (31.01.2012)

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De Standaard - Belgique

Les Belges feraient mieux de travailler

Une grève générale des syndicats contre le programme d'austérité du gouvernement a largement paralysé la Belgique lundi. Mais le message envoyé par les syndicats n'était pas le bon, estime le quotidien libéral De Standaard : "La grève a été l'une des meilleures campagnes de publicité pour le télétravail. De nombreux salariés et entrepreneurs ont découvert que cette formule est également possible. … Les syndicats n'auraient pas dû dire qu'épargner et travailler plus longtemps sont néfastes, mais que l'austérité devrait être accompagnée de mesures de stimulation de la croissance et de l'emploi. … Ces questions étaient également à l'ordre du jour du sommet européen à Bruxelles. … L'Europe affecte 20 milliards de ses dépenses pour créer davantage d'emplois pour les jeunes et favoriser les PME. La Belgique, ses régions et les partenaires sociaux devraient plutôt se concentrer sur ces questions et s'entendre. … Ne pas faire grève, mais travailler pour créer de l'emploi !" (31.01.2012)

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România Liberă - Roumanie

La sanction d'un ex-ministre menace son parti

L'ancien Premier ministre roumain Adrian Năstase (2000/2004) a été condamné lundi par la Cour suprême de Bucarest à deux ans de détention pour financement illégal de parti. D'après le jugement, il a détourné environ 1,6 million d'euros à des entreprises et des hommes d'affaires pour financer sa campagne présidentielle de 2004. Le quotidien România Liberă estime que le verdict pourrait être fatal au parti social-démocrate, le PSD : "Pour un politique du calibre d'Adrian Năstase, ce verdict ouvre dans son propre parti la boîte de pandore, source de grandes difficultés à venir pour son responsable, Victor Ponta. … Cette peine de prison est mauvaise pour l'image et pourrait provoquer la scission du parti en différents camps - les défenseurs de Năstase et ceux qui s'en éloignent (par principe ou par peur). Le président du parti, Victor Ponta, a déjà expliqué à Năstase qu'en cas de condamnation, le parti ne lui servirait pas de rempart, d'autant que d'autres procédures sont en cours contre lui. … Il sera donc difficile de calmer le PSD, un parti au sein duquel les groupes d'intérêts et l'imbrication des relations sont plus compliqués que dans tout autre parti roumain." (31.01.2012)

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Galamus - Hongrie

Les Verts hongrois sont antidémocratiques

Le parti écologiste hongrois (LMP) a décidé ce week-end lors de son congrès de ne coopérer au Parlement avec aucun autre parti d'opposition de gauche. Il préfère "s'ouvrir à la société civile". Sur le portail d'opinion de centre-gauche Galamus, la journaliste Vera Lánczos constate un déficit démocratique parmi les écologistes : "Le système politique créé arbitrairement par le Fidesz [parti au pouvoir] n'est pas acceptable pour le LMP, à commencer par la loi électorale modifiée tout aussi arbitrairement par le Fidesz. … En raison de cette loi électorale, l'opposition ne peut avoir des chances contre le Fidesz aux prochaines élections législatives que si elle fait alliance. … Le LMP a manifestement un problème d'identité. … Il perpétue une tradition négative et antidémocratique, le refus d'un discours rationnel, justement créé par le Fidesz. … Les partis démocratiques devraient prouver leur identité grâce à des programmes fondés et une politique conséquente. Le refus du dialogue avec d'autres partis démocrates n'est pas la bonne solution. … Par son attitude, le LMP s'oppose au retour de l'ordre démocratique en Hongrie." (31.01.2012)

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RÉFLEXIONS

Financial Times Deutschland - Allemagne

Pour Alan Greenspan, le capitalisme est injustement discrédité

La libre économie de marché a amélioré la vie des gens depuis qu'elle existe, estime Alan Greenspan, ex-directeur de la Réserve fédérale américaine dans le journal économique libéral Financial Times Deutschland. En outre, la cupidité et l'inégalité ne sont pas des particularités capitalistes : "Au siècle dernier, la croissance économique provoquée par la concurrence entre les marchés a généré des ressources qui ont largement dépassé le minimum nécessaire pour survivre. Même au sein d'économies nationales très orientées sur la concurrence comme l'économie américaine, cet excédent a été principalement utilisé pour améliorer la qualité de vie : progrès dans le domaine de la santé, espérance de vie plus élevée doublée de systèmes de retraite, un système général d'éducation et des conditions de travail largement améliorées. Nous avons utilisé une grande part de cette augmentation de richesse considérable, générée par nos économies de marché, pour nous acheter ce que beaucoup qualifieraient de niveau supérieur de civilité. … Avidité et cupidité sont associées au capitalisme et souvent attaquées. Elles font en réalité partie de la nature humaine et apparaissent dans tous les systèmes économiques." (31.01.2012)

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Basler Zeitung - Suisse

Rolf Weder sur les boucs émissaires en économie

Lors du Forum économique mondial à Davos, les participants se sont demandé si les sciences économiques jouaient un rôle dans la crise économique qui perdure. Au lieu de chercher la responsabilité des analyses manquées auprès des scientifiques, la politique devrait d'abord balayer devant sa porte, estime l'économiste bâlois Rolf Weder, dans le journal conservateur Basler Zeitung : "Les sciences économiques montrent depuis des décennies que le marché ne peut pas fonctionner correctement si les droits de propriété sont inexistants comme c'est le cas pour les biens internationaux communs (par exemple les mers ou le climat). Pour cette raison, la discipline requiert constamment de la politique qu'elle introduise les projets de réglementation au niveau mondial. Mais chacun préfère leur tourner le dos. Ainsi, on subventionne les industries halieutiques dans le monde entier à hauteur de plusieurs milliards au lieu de les taxer et de réduire la surpêche. A mon avis, les participants au Forum de Davos feraient mieux de se pencher sur de tels sujets plutôt que de débattre de notre discipline et d'un mouvement perpétuel dans la crise de la dette et de l'euro." (31.01.2012)

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ÉCONOMIE

Maaseudun Tulevaisuus - Finlande

Les fourrures finlandaises sont imbattables

Malgré les critiques exprimées par les défenseurs des animaux, l'élevage finlandais d'animaux à fourrure n'a jamais été aussi florissant, constate le quotidien libéral Maaseudun Tulevaisuus : "L'élevage d'animaux à fourrure est une illustration de la production naturelle dont le besoin s'accroît dans le monde. Les fourrures sont des matériaux chauds, naturels et durables. … Même les critiques écologistes doivent admettre qu'il est préférable de se vêtir de fourrure naturelle que de vêtements en produits synthétiques issus du pétrole. Au niveau des investissements, il faut tenir compte du fait que la concurrence va probablement se renforcer dans le secteur. La demande importante sur le marché pousse également d'autres pays producteurs de fourrure à élargir leur production. Les fourrures finlandaises se défendent très bien dans une situation concurrentielle qui se tend. La marque qui existe depuis des années est très appréciée, car les fourrures produites en Finlande sont connues pour leur qualité. Cette qualité est d'ailleurs la clé de la réussite future." (31.01.2012)

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SOCIÉTÉ

Svenska Dagbladet - Suède

Occupy attise la haine de classe en Suède

La version suédoise du mouvement Occupy, Allt åt alla (Tout pour tous), a invité dimanche à Stockholm à participer à un safari en bus à travers la banlieue chic Saltsjöbaden, pour visiter les villas des millionnaires et "attiser la haine de classe". Une telle devise ne résout pas les problèmes sociaux, estime le quotidien conservateur Svenska Dagbladet : "Au titre de blague estudiantine, cette excursion a un petit côté amusant. S'il n'y avait pas eu la sombre invitation 'd'attiser la haine de classe', cela aurait même été une action réussie. … Le réseau a évidemment raison, il existe bien en Suède des différences de classe. Mais les activistes ne font pas de différences dans le fossé économique et socioculturel ; ils ne solutionnent donc pas le problème. Ils en sont restés à la haine politique visant le quartier des villas, au lieu de réfléchir à la manière dont tous pourraient obtenir non pas tout, mais au moins un peu plus." (31.01.2012)

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Ta Nea - Grèce

Les néofascistes menacent la Grèce

Les néonazis grecs ont organisé samedi à Athènes leur défilé annuel, au cours duquel les participants ont attaqué plusieurs immigrés et blessé deux personnes. Le quotidien de centre-gauche Ta Nea appelle à ne pas céder à l'extrémisme dans la crise économique : "Les attaques des extrémistes confirment une peur largement répandue : … en pleine crise, Athènes est sensible aux activités de groupes criminels qui se sentent renforcés par l'incertitude de la population. La tolérance de l'Etat vis-à-vis de ces comportements extrémistes ne fait qu'aggraver ces faits sinistres. … L'appel à la pureté raciale, la haine à l'égard de ses semblables, le nationalisme belliqueux associés à une violence de type hooligan menacent une paix sociale déjà mal en point. … L'Etat démocratique est dans l'obligation de protéger la société de ses ennemis." (30.01.2012)

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