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Revue de Presse | 01.02.2012

 

À LA UNE

Les réactions au pacte budgétaire

La règle d'or budgétaire prévaudra pour tout nouvel endettement dépassant 0,5 pour cent. (© dapd)

 

En adoptant le pacte budgétaire, 25 Etats de l'UE transposent le principe de la règle d'or dans leur législation nationale respective et acceptent des sanctions automatiques pour les mauvais élèves. Tandis que certains commentateurs jugent que ce traité n'apportera rien en l'absence de réformes nationales, d'autres le trouvent totalement inutile.

24 Chasa - Bulgarie

La Bulgarie doit d'abord réformer

La Bulgarie a signé le pacte budgétaire de l'UE. Mais pour respecter sur le long terme les nouvelles règles budgétaires et pouvoir en profiter, le pays le plus pauvre de l'UE devra mener des réformes draconiennes, estime le quotidien 24 Chasa : "En adhérant au pacte budgétaire, la Bulgarie s'est engagée à suivre une politique budgétaire raisonnable. Qu'en est-il toutefois de l'obligation d'introduire des réformes importantes ? La réforme des retraites aurait déjà dû être adoptée depuis trois ans, la réforme de la santé n'est même pas encore vraiment débattue et la réforme administrative se limite à fermer ici et là des bureaux et des institutions. Sans réformes, le pacte budgétaire européen ne nous apportera pas plus de prospérité ni plus de compétitivité. Il pourrait toutefois servir de base aux dirigeants pour que ceux-ci s'affichent en véritables réformateurs. Il leur suffit d'en avoir la volonté." (31.01.2012)

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Lietuvos rytas - Lituanie

Un traité brouillon et inutile

Le pacte budgétaire n'est pas vraiment nécessaire, juge le quotidien libéral Lietuvos rytas : "Nos grands politiques ne cessent de répéter que la Lituanie adhérera au pacte budgétaire car celui-ci est nécessaire au pays. … Il serait certes déraisonnable de nier qu'il est important de maîtriser ses dettes. Il est toutefois difficile de dire si la Lituanie a pour cela réellement besoin d'un nouveau traité international. Pour tout nouveau traité, il convient de se rappeler la devise 'Le diable est là où on ne l'attend pas'. La semaine dernière, les ministères des Finances et de l'Economie ont même averti que certaines dispositions du traité pourraient être désavantageuses pour la Lituanie. Par ailleurs, on ignore encore tout de la version finale du traité."   (01.02.2012)

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Mladá fronta Dnes - République tchèque

Nečas trahit les idéaux de son gouvernement

Le "non" du Premier ministre tchèque Petr Nečas au pacte budgétaire de l'UE est paradoxal, car le gouvernement poursuit en fait les mêmes objectifs que ceux établis dans le traité, écrit le quotidien libéral Mladá fronta Dnes  : "L'esprit et les termes du pacte budgétaire contredisent la décision de Nečas. Le traité ne prive personne de souveraineté mais il introduit automatiquement des sanctions pour les budgets déséquilibrés. C'est exactement ce à quoi nous aspirons [en République tchèque]. … Nečas doit toutefois tenir compte de la puissante aile eurosceptique du Parti démocratique civique ODS, dont le roi et porte-parole s'avère être le président Václav Klaus. Celui-ci sait comment exercer ses compétences de la façon la plus exhaustive possible. … Nečas sait bien que les avantages du pacte l'emportent. Il lui est cependant difficile de convaincre ses collègues, et il n'en a d'ailleurs pas vraiment envie. C'est pourtant ce qu'il doit faire s'il veut mener une action responsable." (01.02.2012)

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Magyar Hírlap - Hongrie

La Hongrie prend la bonne décision

Le gouvernement hongrois a bien fait d'approuver le pacte budgétaire de l'UE, estime le quotidien ultraconservateur Magyar Hírlap : "Pour le citoyen moyen, ce qui se passe à Bruxelles est difficilement compréhensible. Le problème jusque-là pour la Hongrie - ou plutôt pour le gouvernement - résidait dans l'immixtion de l'UE dans des affaires hongroises comme l'indépendance des médias et de la Banque centrale, voire dans les questions relatives à la législation démocratique. Désormais, nous devrons aussi élaborer notre budget selon les conditions de l'Union européenne. Le gouvernement a toutefois pris la bonne décision. Il a tenu compte des intérêts des investisseurs, des marchés et de l'UE, ce qui constitue le meilleur moyen de revenir en Europe. Pas seulement en Europe - disons le clairement - mais même dans le cadre législatif de l'Union européenne." (01.02.2012)

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POLITIQUE

Libération - France

Eviter la guerre civile en Syrie

Lors de sa réunion mardi soir, le Conseil de sécurité de l'ONU n'est pas parvenu à s'entendre sur une résolution pour stopper la violence en Syrie. Il faut d'urgence libérer la population syrienne de son dictateur si l'on veut éviter une guerre civile, demande le quotidien de centre-gauche Libération : "La Ligue arabe, club jusqu'alors de tyrannies, a demandé et travaille au départ du bourreau syrien. Preuve qu'au Moyen-Orient, les dictateurs ne peuvent plus impunément torturer et assassiner leurs citoyens. Le départ d'Al-Assad n'est pas pour autant assuré. Le Syrien joue la carte ethnique, attisant les braises de la guerre civile dans son pays fragile et fragmenté. Il reste que rien ne peut être pire que le maintien au pouvoir de Bachar Al-Assad. La transition sera difficile et lourde de périls, mais les Syriens, qui ont payé par milliers de leur vie leur combat pour la liberté, ont droit à la démocratie." (01.02.2012)

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Die Presse - Autriche

La Slovénie ébranle l'Etat de droit

Le nouveau Premier ministre conservateur, Janez Janša, dirige la Slovénie depuis samedi. Le pays risque ainsi un destin similaire à celui de la Hongrie, estime le quotidien libéral-conservateur Die Presse : "On ne peut contester une chose à Janez Janša  : c'est l'un des hommes politiques les plus roublards du pays. Si le Parti démocrate slovène (SDS) n'a atteint que la deuxième place lors des élections législatives, Janša occupe pourtant une nouvelle fois le poste de Premier ministre, comme entre 2004 et 2008, mais cette fois à la tête d'une coalition de cinq partis. Janša ne fera pourtant pas grand cas de ses partenaires. ... Avec le retour de Janša au pouvoir, c'est un nouveau voisin de l'Autriche qui risque une dérive autoritaire. Il existe déjà des indices tangibles d'un démantèlement planifié des structures de l'Etat de droit. Selon l'accord de coalition, le nouveau gouvernement envisage d'établir une période d'essai pour les juges, ceux-ci risquant même de perdre le caractère inamovible de leurs postes. … Les premiers projets de Janša montrent ... que l'influence de la politique sur le système judiciaire risque de s'intensifier, davantage encore que lors de son premier mandat." (01.02.2012)

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Trouw - Pays-Bas

L'interdiction de la burqa nuit aux minorités

Le gouvernement néerlandais a approuvé vendredi dernier un projet de loi visant à interdire le port de la burqa. Le pays a oublié comment traiter ses minorités, déplore le quotidien social-chrétien Trouw : "La démocratie actuelle est de plus en plus dominée par une opinion commune libertarienne, dans laquelle la démocratie est synonyme de simple volonté de la majorité. Curieusement, 'libertarien' ne signifie pas ici qu'il suffit de 'vivre et laisser vivre'. La démocratie actuelle suscite justement davantage de règles et d'interdictions. Chacun doit s'adapter à la norme générale de la majorité. … L'interdiction de la burqa en constitue le triste exemple le plus récent. … L'art d'accepter la spécificité des minorités tout en s'efforçant de les intégrer avec cette même spécificité dans la société s'estompe de plus en plus aux Pays-Bas. Si nous sommes d'un côté de plus en plus libéraux, nous avons de l'autre une peur croissante de ce qui est différent. Ce n'est pas pour rien que le gouvernement justifie l'interdiction du port de la burqa par le motif de la sécurité publique." (01.02.2012)

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taz - Allemagne

Effets d'annonce en matière d'intégration

Davantage de personnes issues de l'immigration devraient bientôt travailler dans le service public en Allemagne, d'après la volonté du gouvernement fédéral. C'est ce qui ressort d'un "Plan d'action national" que la chancelière Angela Merkel a présenté mardi à Berlin. Le quotidien de gauche taz n'y voit qu'un effet d'annonce : "Pour le gouvernement, l'intégration se résume essentiellement à faciliter l'apprentissage de la langue allemande aux immigrés et à leurs enfants. … La situation ne s'est pourtant pas améliorée pour les immigrés dans l'éducation et sur le marché du travail. Au contraire. ... Sans tenir compte des intéressés, le gouvernement allemand a même décidé de compliquer les lois relatives au regroupement familial, ce qui discrimine avant tous les immigrés de Turquie. Puis, sans autre forme de procès, Merkel a déclaré l'échec du modèle multiculturel. … Il aurait été largement plus productif de démanteler les structures et les préjugés qui empêchent une véritable égalité des droits. Les gestes symboliques de bonne volonté ne suffisent pas sur le long terme." (01.02.2012)

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Wprost Online - Pologne

Le Premier ministre polonais est autoritaire

Le ministre polonais de la Justice, Jarosław Gowin, a salué ce week-end dans une interview la signature par la Pologne de l'accord ACTA contre le piratage, visiblement sur ordre du Premier ministre Donald Tusk. Gowin l'avait pourtant critiquée la semaine précédente. Le site d'information conservateur Wprost déplore le style autoritaire de Tusk : "Le fait qu'un politique fasse un revirement complet en quelques jours seulement montre la sévérité avec laquelle Tusk dirige le parti au pouvoir, la PO. D'autant que cela se déroule manifestement indépendamment des intrigues et conflits quotidiens au sein du parti. Les leçons que tous les membres de la PO doivent en tirer sont claires : chacun peut avoir son avis au sein de la Plateforme civique - mais seulement si l'on est d'accord avec les vues de Donald Tusk. Car Monsieur le ministre ne voudrait se retrouver bientôt rétrogradé au poste de député." (01.02.2012)

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Hotnews - Roumanie

Les politiques roumains n'ont plus l'impunité

En Roumanie, la Cour suprême a condamné l'ex-Premier ministre Adrian Năstase à deux ans de prison pour financement illégal de parti. Selon le site d'information Hotnews, c'est la preuve que les politiques haut placés ne sont plus intouchables : "Les politiques ne payent pas pour leurs actes car ils ont créé un système qui leur garantit l'immunité, l'intouchabilité et l'immortalité - quoi qu'ils fassent ; c'est en tout cas ce qui a longtemps prévalu. … Mais l'adhésion à l'UE nous a ancrés dans un système de valeurs propre aux démocraties occidentales, où la justice joue un rôle primordial. … La condamnation de l'ex-Premier ministre balaye désormais les derniers obstacles psychologiques. Le verdict libère le système judiciaire du complexe de ne pas pouvoir condamner les politiques haut placés. Pour que la Roumanie ne revienne pas en arrière, elle doit maintenant entrer dans une phase de consolidation institutionnelle. C'est la seule façon de préserver et d'utiliser ce que nous avons obtenu de haute lutte." (01.02.2012)

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RÉFLEXIONS

ABC - Espagne

L'Espagne doit appliquer la politique de Merkel

L'Espagne fait bien de se soumettre à l'austérité dictée par l'Allemagne, juge le quotidien conservateur ABC : "L'Europe a interdit Keynes par décret et les opposants à l'austérité font la tête. Comme Margaret Thatcher il y a 30 ans, Angela Merkel s'est imposée avec son austérité fondamentaliste, contre le gène dépensier de la social-démocratie qui cherche sans cesse une excuse pour dépenser plus : en période de prospérité parce qu'il y a de l'argent en masse, en période de récession parce qu'il faut encourager la croissance. Mais la chancelière allemande est une femme prudente, élevée dans la peur de l'inflation couvée pendant la République de Weimar, le stade préliminaire du nazisme. Et le credo de son leadership est implacable : commencer par équilibrer le budget, voir ce qui se passera ensuite. … L'Espagne fait bien de s'adapter à cette politique, et elle n'a pas d'autre choix. Réforme ou faillite, il n'y a pas d'autre possibilité. … C'est elle seule, et donc l'Allemagne, qui continue de faire tourner le moteur de l'Europe et est en position de décider. … C'est celui qui paye qui fixe les règles. Il y a peut-être un plan B, mais on n'y touchera pas tant que le plan A n'est pas exécuté." (01.02.2012)

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ÉCONOMIE

La Stampa - Italie

Benetton ne croit plus en la Bourse

Le groupe d'habillement italien Benetton envisage de se retirer de la Bourse de Milan. La famille Benetton a déclaré mardi qu'elle ferait bientôt une offre publique d'achat aux actionnaires restants. Ce plan révèle le fossé entre le monde de la finance et l'économie réelle, estime le quotidien libéral La Stampa : "La cotation décevante des actions est la cause de ce retrait. Pour le groupe, la Bourse donne une image erronée de la santé de l'entreprise et de ses perspectives. … Cette décision italienne est le symptôme de la distance qui se creuse au niveau international entre le monde de la finance et celui de l'économie réelle. Ce fossé réside dans le scepticisme qui règne à l'égard des cotations, celles-ci étant décidées d'une part par les cours en Bourse, soumis à des variations extrêmes du fait de la crise, et d'autre part par les évaluations des agences de notation. Visiblement ces critères ne sont plus aussi crédibles aux yeux des entrepreneurs, et pas seulement pour Benetton." (01.02.2012)

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Kaleva - Finlande

ThyssenKrupp réaménage le marché de l'acier

Le groupe sidérurgique finlandais Outokumpu rachète Inoxumin, la branche inox de ThyssenKrupp, le leader allemand de la sidérurgie. C'est l'usine Outokumpu de Tornio, dans le nord de la Finlande, qui profitera de la réduction du secteur inox de ThyssenKrupp, se réjouit le quotidien libéral Kaleva : "Il existe déjà depuis longtemps une offre excessive sur le marché de l'acier inoxydable. On va maintenant pouvoir la réduire. L'aciérie de Krefeld fermera à la fin de l'année prochaine, celle de Bochum d'ici début 2017. Si les surcapacités disparaissent, les prix vont normalement augmenter. … En 2017 au plus tard, lorsque l'usine de Bochum fermera également, les économies annuelles seront de l'ordre de 225 à 250 millions d'euros, d'après les estimations de l'entreprise. Cet accord ne constitue donc pas vraiment un danger pour l'aciérie de Tornio. Si l'offre et la demande sont en meilleure adéquation, les capacités de production d'inox de Tornio pourront être pleinement exploitées ; un prix raisonnable devrait également se fixer pour les produits." (01.02.2012)

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SOCIÉTÉ

Blog Jugular - Portugal

Hypocrite nouvelle loi sur l'avortement

Le nouveau gouvernement conservateur espagnol veut retirer en partie la réforme de la loi sur l'avortement introduite à l'été 2010. Changer ainsi la loi est hypocrite, estime la journaliste Fernanda Câncio sur le blog Jugular : "Jusqu'en 2010, la loi sur l'avortement espagnole était aussi restrictive qu'au Portugal en 1984. Elle n'autorisait l'avortement qu'en cas de viol, de grave malformation du fœtus, et de risque pour la vie et la santé de la mère. Mais la loi était interprétée de manière très large : la femme pouvait décider elle-même. Des milliers de Portugaises ont ainsi avorté dans des cliniques situées à la frontière. En 2007, la loi au Portugal a enfin été amendée par référendum. … Quelques temps après, Zapatero a intégré l'amendement de la loi dans son programme électoral, en quelque sorte pour accepter la réalité. … Rajoy a désormais annoncé le retour à l'ancienne loi. Veut-il faire comparaître en justice les quelque 100.000 Espagnoles qui avortent chaque année ? Ou bien est-ce qu'il ruse pour satisfaire les fondamentalistes religieux, en sachant que les choses resteront comme avant ?" (31.01.2012)

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