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Revue de Presse | 07.02.2012

 

À LA UNE

Le Premier ministre roumain démissionne

Emil Boc veut par sa démission "apaiser la situation sociale". (© AP/dapd)

 

Le Premier ministre roumain, Emil Boc, a démissionné lundi suite aux grandes manifestations contre la politique de rigueur de son gouvernement de centre-droit. Le président, Traian Băsescu, a nommé lundi soir le non-affilié Mihai Răzvan Ungureanu, jusque-là responsable des services secrets étrangers, pour succéder à Boc. La Roumanie a désormais besoin d'un technocrate sans étiquette, jugent les commentateurs, même si les intrigues de l'opposition risquent de lui compliquer la tâche.

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Trouver un technocrate pour la Roumanie

Il était temps que le gouvernement Boc démissionne, estime le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung, qui espère qu'un technocrate sans étiquette fera avancer le pays : "La réforme du système de santé est un échec, la transformation de la justice laisse à désirer et les entreprises publiques moribondes continuent de générer d'énormes pertes. … Le système politique est au cœur des problèmes. Pour pouvoir le renouveler, il faut malheureusement plus de temps que n'en dispose le pays. Aucun des grands partis, les conservateurs au pouvoir pas plus que les sociaux-démocrates et les libéraux alliés dans l'opposition, n'offre la garantie d'un changement. Aucun grand politique ne parvient à s'élever au-dessus de l'agitation environnante et du combat mesquin pour obtenir influence, mandats et argent. Comme en Grèce, les structures clientélistes et les pontes égoïstes des partis paralysent le pays. Ce serait donc une bonne chose qu'un technocrate sans étiquette prenne la barre pour changer enfin de cap." (07.02.2012)

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Biziday - Roumanie

L'opposition veut des élections anticipées

Après le départ du Premier ministre Emil Boc, la formation du gouvernement sous l'égide de Mihai Răzvan Ungureanu, le nouveau Premier ministre nommé lundi, est déjà en cours. Son cabinet doit être confirmé par le Parlement mais l'opposition exige des élections anticipées, sans tenir compte des élections législatives régulières prévues pour l'automne prochain. L'opposition va un peu trop loin, estime le journaliste Moise Guran sur le site de blogs BiziDay : "Elle veut rejeter la nomination d'un nouveau cabinet et oublie en cela que les Roumains ne veulent pas nécessairement porter au pouvoir les actuels partis d'opposition, mais plutôt trouver quelqu'un qui dirige le pays. [Victor] Ponta et [Crin] Antonescu [les responsables des deux principaux partis d'opposition PSD et PNL] prennent des risques. C'est à eux qu'on reprochera l'instabilité politique qui se fait déjà sentir. Le premier chef de gouvernement nommé [Mihai Răzvan Ungureanu] ne passera vraisemblablement pas l'approbation parlementaire. Et lors de la seconde nomination, lorsque les leaders d'opposition auront le sentiment d'être proches de leur projet d'élections anticipées, ils connaîtront un violent revers politique [parce qu'ils n'auront pas la majorité]. On peut certes surfer sur la vague du mécontentement, mais on peut aussi s'y noyer." (07.02.2012)

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Neue Zürcher Zeitung - Suisse

L'austérité renverse le gouvernement roumain

Tant que les élites roumaines continueront de s'enrichir aux dépens de la communauté, les programmes d'austérité seront un siège éjectable pour les gouvernements, estime le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung : "La plupart des gens savent bien qu'il faut économiser. Mais où et comment ? Comme en Grèce, beaucoup en Roumanie ont le sentiment que pour assainir le budget de l'Etat, ce sont ceux qui n'ont déjà pas grand chose qui doivent payer alors que les politiques continuent de se la couler douce aux frais de l'Etat. Contrairement à la Grèce, où les tentatives de réduction d'un secteur public hypertrophié s'enlisent dans le cloaque bureaucratique, le gouvernement Boc a mené des réformes structurelles. Il y a eu de nombreux licenciements dans l'appareil de l'Etat et les salaires du public ont été diminués. Il y a des premiers résultats positifs, même si ceux-ci se sont jusque-là plutôt reflétés dans les données économiques que dans la vie réelle." (07.02.2012)

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Gazeta Wyborcza - Pologne

La Pologne ne partage pas le sort roumain

Alors que le gouvernement roumain a été contraint de démissionner en raison d'un grand mouvement de protestation à l'encontre de sa politique d'austérité, le cabinet polonais reste fermement au pouvoir, analyse le politologue Rafał Chwedoruk dans le quotidien libéral Gazeta Wyborcza : "Aucune grande révolution ne nous menace, même si les syndicats ont déjà annoncé des manifestations. Je suppose que seuls les représentants des travailleurs y participeront. Le cœur de la dispute sera le report de l'âge de départ à la retraite. Des enquêtes ont toutefois révélé que les Polonais pouvaient tout aussi bien supporter l'allongement de la vie active que la privatisation [prévue] du système de santé. Je ne crois donc pas qu'il y aura de bouleversements politiques. … Le retour du [parti d'opposition national-conservateur] PiS n'est pas vraiment envisageable, car ce parti reste inéligible pour de nombreuses personnes." (07.02.2012)

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POLITIQUE

Financial Times Deutschland - Allemagne

Merkozy prépare la faillite de la Grèce

En demandant la création d'un compte bloqué pour la Grèce, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, tentent une nouvelle fois de priver Athènes de sa souveraineté financière. Ce compte, à laquelle la Grèce n'aura pas accès, est censé garantir le remboursement des intérêts des créanciers. Cette requête est tout aussi irréalisable que celle d'un commissaire budgétaire et ne sert qu'à préparer la faillite de l'Etat, analyse le journal économique libéral Financial Times Deutschland : "Personne ne souhaite au final se voir reprocher de ne pas avoir tout fait pour empêcher la première faillite d'un membre de la zone euro. … Faire des demandes impossibles à satisfaire est donc plus confortable, pour Angela Merkel notamment, que de devoir continuer à défendre une aide à la Grèce peu populaire en Allemagne. Si dans le pire des cas les Grecs devaient échouer, ils seraient eux-mêmes responsables de leur faillite et de leur sortie de la zone euro. Car ils auront rejeté le commissaire budgétaire et le compte bloqué (ainsi que les autres réformes et programmes d'austérité)." (07.02.2012)

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Cinco Días - Espagne

L'UE doit se préparer à la faillite de la Grèce

La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, ont accru lundi leurs pressions sur la Grèce pour que celle-ci mette en œuvre les réformes promises. L'Europe ferait bien de réfléchir bientôt aux conséquences d'une faillite de la Grèce, estime le journal économique Cinco Días : "La zone euro a besoin d'un plan d'urgence pour pouvoir parer à une possible déflagration venant de Grèce. La récente provocation d'Athènes trouvera vraisemblablement une solution provisoire. Dans le cas contraire, les banques grecques feront faillite. Le reste de la zone euro a donc besoin d'un plan pour éviter une propagation de la panique dans le monde financier. Les partisans de la ligne dure en Europe, Allemagne en tête, ont perdu patience en raison des promesses non tenues du gouvernement grec. … Mais les autres pays européens sont-ils vraiment prêts à jeter l'éponge ? Le cas échéant, ce ne serait pas seulement une faillite du gouvernement grec." (07.02.2012)

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Les Echos - France

Le couple franco-allemand survivrait à Sarkozy

A la demande du président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel a participé lundi à Paris à un entretien télévisé commun dans la perspective des élections présidentielles du 22 avril. Si Sarkozy et Merkel ont fait beaucoup de choses ensemble, l'avenir du moteur franco-allemand ne dépend pas uniquement du prochain président français, commente le journal économique libéral Les Echos : "On peut tourner en dérision l'argument implicite des deux dirigeants européens selon lequel 'on ne change pas une équipe qui gagne' - et c'est tentant au vu de l'échec patent du redressement grec. ... Bien évidemment, Angela Merkel travaillerait avec François Hollande s'il était élu, parce que l'histoire franco-allemande transcende les clivages politiques. Et peut-être même bien. Mais croire que tout ce qui a été construit ces dernières années pourrait être rayé d'un trait de plume et qu'un changement à l'Elysée suffirait à ramener la croissance et la confiance en Europe serait d'une grande naïveté." (07.02.2012)

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Göteborgs-Posten - Suède

La Chine et la Russie laissent faire la Syrie

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, se rend ce mardi à Damas pour engager des discussions avec le président syrien Bachar Al-Assad. Le quotidien libéral Göteborgs-Posten doute que ces négociations mettent fin au bain de sang en Syrie : "La Russie a la possibilité de faire pression sur le dictateur syrien. … Il n'y a pourtant pas beaucoup d'espoir. Lavrov cherche un dialogue politique. Mais Al-Assad lutte littéralement pour sa survie, après avoir rejeté toutes les possibilités de compromis. Tout indique que la guerre civile se poursuivra et que la situation continuera de se dégrader en Syrie. … La Russie et la Chine ont une lourde responsabilité ; elles occultent les souffrances de la Syrie et agissent selon un seul principe : les nations n'ont pas d'alliés, seulement des intérêts." (07.02.2012)

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RÉFLEXIONS

Jornal de Negócios - Portugal

Pour Stephen Roach, la crise de l'euro touchera la Chine et l'Inde

La Chine et l'Inde seront les prochaines victimes de la crise de l'euro si elles ne réorientent pas leur politique économique, estime l'économiste Stephen Roach dans le journal économique Jornal de Negócios : "Mais aucune des deux économies n'implosera d'elle-même. Il faudrait une déstabilisation supplémentaire pour provoquer un tremblement de terre. Une possibilité évidente serait un effondrement problématique de l'Union monétaire européenne. Si cela devait se produire, la Chine et l'Inde (tout comme la plupart des économies dans le monde) se trouveraient face à de graves difficultés. … L'Occident s'est laissé séduire par l'économie politique d'une fausse prospérité et a galvaudé son pouvoir. L'Asie - poussée par la stratégie et la stabilité - a construit sur la base des forces qu'elle s'est découvertes. Mais elle doit désormais se réinventer. La stagnation sur le mode japonais qui sévit dans le monde développé oblige l'Asie jusqu'à présent dépendante de l'étranger à se concentrer sur la demande intérieure. La pression à laquelle sont actuellement soumises la Chine et l'Inde renforce cette nécessité." (05.02.2012)

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ÉCONOMIE

Svobodata - Bulgarie

Le monopole inamovible de Gazprom en Bulgarie

Fin janvier, le Parlement à Sofia a interdit à une large majorité l'extraction de gaz de schiste en Bulgarie. Les militants écologistes avaient certes protesté mais ce n'est pas là la véritable raison de cette interdiction, estime l'écrivain Edvin Sugarev sur le site d'opinion Svobodata : "Honnêtement, j'ai du mal à concevoir qu'une poignée de protestations bien organisées et certainement bien financées contre le gaz de schiste soient parvenues à concilier gouvernement et opposition. … Je crois que les députés sont uniquement tombés d'accord en raison de grands intérêts géopolitiques - ceux de la Russie en l'occurrence. J'irais même plus loin et dirais que les députés ont sécurisé le monopole de Gazprom dans notre pays, avec la perspective que la Bulgarie continue de payer à l'avenir l'un des prix du gaz les plus élevés en Europe."  (06.02.2012)

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Phileleftheros - Chypre

La crise contraint Chypre à se réformer

L'agence de notation américaine Fitch a dégradé jeudi dernier les trois principales banques commerciales chypriotes pour les placer en catégorie spéculative. Le pays est de plus en plus touché par la crise grecque, estime le quotidien libéral Phileleftheros, pour lequel l'Etat chypriote ferait bien d'assainir ses finances publiques  : "La crise a dévoilé publiquement l'existence d'un Etat dispendieux qui a servi aux partis pendant des années. Il a alloué de façon absurde primes et prestations de plusieurs millions ; il a embauché des fonctionnaires dans le secteur public en fonction de leur orientation politique, en achetant leurs voix. … C'était un système où le pouvoir des partis dominait et qui profitait seulement aux vendus. Seule la crise peut restaurer l'ordre. Mais pour combien de temps ? Se peut-il que nous connaissions la même chose une fois la tempête passée ?" (06.02.2012)

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Eesti Päevaleht - Estonie

Le ministère redoute la réforme du travail

Le gouvernement de centre-droit en Estonie prévoit de réformer le marché du travail pour réduire le chômage. Le quotidien libéral Eesti Päevaleht salue ses idées mais redoute un ministère du Travail timoré : "L'idée fondamentale selon laquelle on soutient davantage les plus faibles plutôt que tous de la même manière concorde avec l'idéologie du Parti de la réforme [au pouvoir] et lui apporte de nouveaux électeurs. Tout comme l'idée consistant à augmenter les dépenses pour améliorer la réintégration sur le marché du travail après une longue maladie. Pourquoi cela n'est-il pas abordé directement ? Il s'agit probablement d'un problème de communication : un ministre qui conteste ses revenus à un individu perd la voix de ce dernier. C'est pourquoi un ministre ne peut pas faire ce genre de choses, contrairement à une commission d'experts. Mais quelle différence cela fait que ce soit telle ou telle personne qui décide d'une réforme judicieuse du système social ? N'ayez pas peur Monsieur le ministre ! Vous voulez faire ce qui est bien. Voyez comment le ministère de l'Education s'est débarrassé d'une bonne réforme des lycées pour la refiler aux communes, et comment rien n'a été fait au final." (07.02.2012)

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SOCIÉTÉ

The Times - Royaume-Uni

Le monolinguisme pénalise les Britanniques

De moins en moins d'élèves britanniques apprennent une deuxième langue à l'école. Cela désavantage la Grande-Bretagne à bien des égards, estime le quotidien libéral-conservateur The Times : "Parce que les Anglais peuvent être compris partout dans le monde, ils rechignent à apprendre et à parler d'autres langues. Mais cette culture du monolinguisme a son prix. Elle gêne les entreprises britanniques sur les marchés internationaux. Elle restreint le recrutement des Britanniques dans les multinationales. Elle affaiblit la voix britannique dans la diplomatie. Le niveau de vie et l'influence de ce pays sont inférieurs à ce qu'ils pourraient être parce que les langues sont aujourd'hui considérées comme une spécialité plus qu'un élément général de l'éducation. … Connaître une langue étrangère ne veut pas forcément dire avoir une deuxième âme, comme le disait Charlemagne. Mais cela permettra aux générations futures de voir le monde sous d'autres perspectives." (07.02.2012)

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Sme - Slovaquie

Les compartiments pour femmes : une idiotie

La société des chemins de fer tchèque envisage de reprendre une idée autrichienne et de mettre en place des compartiments réservés aux femmes dans ses trains pour améliorer la sécurité. Le quotidien libéral Sme ne voit rien d'intéressant à cette idée : "Selon un porte-parole des chemins de fer, certaines femmes sont gênées de devoir voyager dans une pièce fermée en compagnie d'hommes. Un pictogramme spécial (un homme barré ?) signalera donc le compartiment et si un homme y met un pied, il sera expulsé par le contrôleur. Personne ne prétend que voyager dans un train de nuit est sûr. Un covoyageur salace peut bien entendu gâcher le trajet. Mais ce n'est pas une raison pour qualifier globalement les hommes de criminels et désigner les femmes comme des victimes. Nous pourrions aussi mettre en place des compartiments pour les blancs qui ne se sentent pas à l'aise en présence de Roms. … Les femmes ou autres voyageurs ne se sentiront pas plus en sécurité si on les regroupe dans des compartiments spéciaux, mais plutôt si on augmente le nombre de policiers des chemins de fer." (07.02.2012)

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LRT - Lituanie

Les Lituaniens se méfient de l'Etat

D'après plusieurs sondages, la confiance des Lituaniens dans leurs institutions publiques a fortement baissé. Cela révèle l'étendue du marasme social, estime le politologue Vytautas Dumbliauskas sur le site de la radio-télévision LRT : "Seuls quatre à cinq pour cent des personnes interrogées font encore confiance au Parlement lituanien, contre 40 à 60 pour cent dans les pays européens disposant d'une longue tradition démocratique. Encore moins de personnes font confiance aux partis politiques. Si ceux-ci ne correspondent pas à des institutions publiques, ils assument toutefois un rôle de médiation entre les citoyens et l'Etat. Comparativement aux démocraties plus anciennes, nous faisons nettement moins confiance au système judiciaire, à la police ou à l'éducation. … Même la confiance entre les individus est très basse, selon des enquêtes sociologiques. ... La faiblesse de la société civile est l'une des caractéristiques principales des sociétés où la confiance dans les institutions est tout aussi limitée que celle entre les individus. Cela favorise à son tour la prolifération de la bureaucratie. L'Etat devient une machine anonyme face à laquelle les citoyens se sentent impuissants et déçus." (06.02.2012)

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