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Revue de Presse | 15.02.2012

 

À LA UNE

Wilders sème la zizanie en Europe

"Un site fantastique", juge Geert Wilders. (© AP/dapd)

 

Les ambassadeurs de dix Etats d'Europe centrale et orientale se sont plaints auprès du gouvernement néerlandais d'un site Internet du parti populiste d'extrême droite PVV de Geert Wilders. Le site appelle à signaler "les troubles suscités par des Européens de l'Est". Pour les commentateurs, il est embarrassant que le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, ne prenne pas ses distances de Wilders. Ils redoutent que cette campagne de dénigrement ne s'avère néfaste pour l'UE.

Pravda - Slovaquie

Wilders criminalise les Européens de l'Est

La campagne de dénigrement initiée par le parti d'extrême droite de Wilders contre les Européens de l'Est est incroyable, tout comme le silence du Premier ministre libéral-conservateur, s'indigne le quotidien de gauche Pravda : "Classer les individus selon leur appartenance ethnique ou religieuse est une méthode éprouvée des populistes, qui ont besoin de coupables pour attirer des électeurs. Même les Pays-Bas, où le climat politique a fortement changé au cours des dernières années, ne sont pas immunisés contre ce virus. … Il se peut qu'un plombier polonais soit un peu bruyant, laisse un peu de désordre, que certains entrent en conflit avec la loi. Mais il n'y a rien de pire que de faire des généralités et d'apposer une étiquette négative sur un peuple tout entier. … Le fait que le Premier ministre Rutte ne réagisse pas à la provocation de Wilders est compréhensible : son gouvernement a besoin du soutien du parti d'extrême-droite." (15.02.2012)

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euinside - Bulgarie

La campagne europhobe de Wilders

Il faut interdire au plus vite le site discriminant lancé par le populiste néerlandais Geert Wilders avant qu'il ne devienne néfaste pour l'Europe, demande le site euinside : "En tant que citoyens d'Europe centrale et orientale, nous supportons déjà le rabaissement (souvent justifié) d'être pris de haut par nos partenaires d'Europe occidentale. Il convient toutefois aussi de préciser que nous nous efforçons honnêtement d'honorer les valeurs communes européennes, et personne ne devrait nous entraver dans cette aspiration. Cela aurait sinon de graves conséquences - pas seulement pour nous, mais pour toute l'Europe. … Si nous échouons, nous devrons en effet tous en assumer les conséquences. Cela nuirait à la puissance de l'UE sur les plans de la politique étrangère et de l'économie, car cela l'enfermerait un peu plus dans ses propres problèmes. Les campagnes comme celle menée par le Parti pour la 'liberté' néerlandais ne font que donner le sentiment amer que les 50 années d'Europe unie que nous avons traversées n'ont servi à rien." (14.02.2012)

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NRC Handelsblad - Pays-Bas

Le PM doit prendre ses distances de Wilders

Dans leur lettre ouverte, les dix ambassadeurs de pays d'Europe centrale et orientale ont non seulement qualifié de discriminant le site Internet destiné à recueillir les plaintes contre les Européens de l'Est, mais ont également appelé le gouvernement néerlandais à prendre ses distances des actions du PVV d'extrême-droite. Or le Premier ministre Mark Rutte s'y refuse. Le quotidien libéral NRC Handelsblad soutient les ambassadeurs : "Vous écrivez que dans vos pays, la société néerlandaise représentait un modèle de liberté et de tolérance. Vous nous touchez ainsi profondément, car vous représentez justement des pays membres de l'UE qui pendant des décennies ont dû vivre sans démocratie et sans liberté. … C'est ce qui rend le site discriminant du PVV encore plus amer. Il est très regrettable que notre Premier ministre, Rutte, montre si peu d'empathie pour vos sentiments et adopte une attitude aussi formelle. Nous redoutons que la collaboration des Pays-Bas avec vos pays s'en trouve compliquée. … Nous espérons que notre gouvernement prendra tout de même clairement ses distances de ce site Internet méprisable." (15.02.2012)

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POLITIQUE

Il Sole 24 Ore - Italie

La méfiance envers Athènes aveugle Bruxelles

La rencontre exceptionnelle prévue ce mercredi entre les ministres des Finances de la zone euro a été annulée par le chef de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker car la Grèce n'a pas encore rempli toutes les conditions pour bénéficier d'un deuxième programme d'aide. Une telle sévérité est incroyable, estime le journal économique Il Sole 24 Ore : "Sommes-nous trop sévères avec la Grèce ? L'Europe commence à avoir des doutes. Mais le non de l'Allemagne et de la Commission européenne ne permet aucune objection. Les nouvelles conditions pour bénéficier du programme d'aide s'élevant à 130 milliards d'euros sont indispensables. La révolte à Athènes, le désespoir des gens n'impressionnent pas les vertueux du Nord. La collision entre l'intransigeance aveugle de certains acteurs et les efforts herculéens exigés des Grecs sans le moindre délai n'a pas encore provoqué de court-circuit. Mais cela pourrait être pour bientôt. Pour le moment, seule une réunion est tombée à l'eau. Mais le temps pour éviter la catastrophe est compté." (15.02.2012)

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Les Echos - France

L'avertissement de Moody's est inquiétant

L'agence de notation américaine Moody's a dégradé lundi la note de six pays européens et abaissé la perspective de la France à "négative". Après que le président français Nicolas Sarkozy a minimisé la dégradation du pays par Standard & Poor's en janvier, il est temps désormais que politiques et électeurs français prennent au sérieux cet avertissement, estime le journal économique libéral Les Echos : "N'ayant pris que du sursis, l'opinion française continue de regarder les malheurs de la Grèce comme ceux d'une destination lointaine. Une vraie dégradation est-il, au fond, ce qui peut arriver de mieux avant la présidentielle  ? Nul ne doit le souhaiter. Mais si les Français placent bien, désormais, en tête des urgences la baisse de la dette et des déficits, ils n'en tirent pas encore les conclusions douloureuses. Dans les enquêtes d'opinion, ils réclament toujours plus de services publics, plus d'enseignants, de policiers et de magistrats, et plus d'aides sociales pour eux-mêmes." (15.02.2012)

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Der Standard - Autriche

La note souveraine autrichienne vacille

L'agence de notation Moody's a dégradé dans la nuit de lundi à mardi la note souveraine de six pays et attribué à trois autres, dont l'Autriche, une perspective négative. Le programme de rigueur tout juste présenté par le gouvernement autrichien ne peut pas arrêter cette tendance, estime le quotidien de centre-gauche Der Standard, car il lui manque de véritables réformes structurelles : "Les coûts ont réellement explosé et cela ne changera pas, par manque de coupes véritables. De même que les taxes sur les banques, l'augmentation des impôts sur le pétrole et les taxes sur les énergies n'ont été utilisées que pour boucher de nouveaux trous, l'impôt de solidarité, la taxe sur l'immobilier et l'augmentation des cotisations sociales finiront par s'épuiser. Sans réforme de l'Etat et des réductions bien plus importantes pour les préretraites, aucun véritable revirement ne pourra être engagé ; par contre la note souveraine du pays sera encore davantage revue à la baisse. Pendant que le gouvernement vante les mérites de son travail, les véritables réformes sont remises à la Saint-Glinglin." (15.02.2012)

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Bild - Allemagne

L'UE impose Iban le terrible

Le Parlement européen a décidé mardi que les numéros de comptes en banque nationaux devront être remplacés d'ici 2016 par un modèle unique de code à 22 chiffres à l'échelle européenne. Cette Iban est censé faciliter les virements au sein de l'UE. Personne n'a besoin d'Iban le terrible, tempête le journal à sensation Bild : "Et pourquoi tout cela  ? Parce que la Commission européenne rêve d'un espace de paiement unifié dans toute l'UE. Comme si la mère Michel allait effectuer chaque jour cinq virements vers Londres ou Rome. Il se peut que quelques entrepris en profitent. Mais cela ne fera que compliquer les choses pour des centaines de millions de citoyens, ce qui n'intéresse de toute façon pas les eurocrates de Bruxelles. Le principal c'est que tout soit unifié. Et si cela ne marche pas, alors les pays membres auront une fois de plus mal appliqué les beaux projets de Bruxelles. L'Union dans la diversité, telle est la devise de la Commission européenne. Dommage que les eurocrates la galvaudent." (15.02.2012)

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Tages-Anzeiger - Suisse

La Suisse hésite à acheter des jets suédois

Le ministre suisse de la Défense, Ueli Maurer, s'est expressément prononcé mardi pour l'achat de 22 des avions de combat suédois Gripen. Il réagit ainsi à certaines critiques publiques déplorant la qualité de ses appareils. Le gouvernement devrait sérieusement réfléchir et reporter cet achat, estime le quotidien libéral Tages-Anzeiger : "Le problème, c'est que Saab, le fabricant des Gripen, est un fournisseur de taille relativement limitée. Personne ne sait si la Suède produira encore ces appareils dans 40 ans. Quand on achète un avion de combat, on s'engage pour une certaine durée avec un fournisseur. Il ne sert pas non plus à grand-chose que l'Etat suédois garantisse une intervention financière en cas de besoin. EADS, le fabricant d'Eurofighter et principal groupe européen de l'industrie aéronautique et spatiale, apporte des perspectives d'avenir bien meilleures rien que par sa taille et son appui international. Les réserves techniques, les perspectives incertaines et le programme d'épargne nécessaire pour l'achat des avions mènent à la conclusion qu'il faut reporter l'achat. Après la mise hors service des Tiger-Jets, les 33 F/A-18 pourront servir à la police aérienne jusqu'en 2030. C'est seulement alors que la Suisse devra trouver un nouvel avion et passer à une flotte basée sur un seul modèle." (15.02.2012)

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RÉFLEXIONS

Le Figaro - France

Bruno Tertrais sur le droit de veto des Etats autoritaire à l'ONU

En appliquant leur veto au Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie et la Chine ont empêché l'adoption d'une résolution contre le régime syrien. Le politologue Bruno Tertrais critique le droit de veto dans le quotidien conservateur Le Figaro, le jugeant dépassé : "La communauté internationale est aujourd'hui tributaire des choix politiques faits par deux pouvoirs autoritaires, l'un dominé par une oligarchie mafieuse et des services de renseignement tout-puissants, et l'autre par une élite politico-militaire corrompue qui a pour objectif premier de se maintenir au pouvoir. Faut-il que le sort des populations en danger soit l'otage d'institutions telles que le FSB (Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie), le PCC (Parti communiste chinois) et l'APL (Armée populaire de libération)? C'est à cela que mène la règle sacrée selon laquelle on n'agit qu'en vertu d'une résolution du Conseil de sécurité." (14.02.2012)

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Magyar Narancs - Hongrie

Pour Péter Felcsuti, Keynes n'est pas l'issue de la crise

Pour sortir de la crise économique, l'Europe a choisi la voie du keynésianisme, constate l'ancien directeur de banque Péter Felcsuti dans l'édition en ligne de l'hebdomadaire de centre-gauche Magyar Narancs. Il doute toutefois que ce soit la bonne voie : "Nous devons savoir que toute crise émerge à cause d'une perte de confiance et prend fin lorsque cette confiance revient. Si l'augmentation des dépenses des Etats amène une demande plus élevée, la confiance revient, l'opération peut alors être qualifiée de réussie. Mais si cela échoue, le malade décède, ou sombre du moins dans un long coma. … En réaction à la crise économique et financière, les Etats européens ont appliqué la méthode keynésienne, ce qui a amené de nombreux pays de l'UE à s'endetter gravement suite à l'augmentation des dépenses. Les fonds publics injectés dans l'économie n'ont pas rétabli la confiance des acteurs économiques. Ainsi, l'économie n'a pu être relancée et les recettes fiscales n'ont pu augmenter. La hausse de l'endettement public a fait des banques les principaux acheteurs d'emprunts d'Etat. En réaction, les banques ont restreint l'octroi de crédits, ce qui a été un choc supplémentaire pour l'économie réelle. Ce processus a depuis tourné au cercle vicieux." (15.02.2012)

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SOCIÉTÉ

La Stampa - Italie

Procès de l'amiante : un problème plus large

Dans le procès de l'amiante en Italie, un tribunal de Turin a prononcé lundi deux peines de prison en raison de la mort de près de 3.000 travailleurs des suites d'intoxications à l'amiante. Le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, ancien propriétaire de l'usine Eternit, et un ancien dirigeant d'Eternit Italie, ont été condamnés à 16 ans de prison et au versement de dommages et intérêts de plusieurs millions. S'il convient de saluer ce verdict, le problème de l'amiante n'en reste pas moins plus important, estime le cancérologue Umberto Veronesi dans le quotidien libéral La Stampa : "On savait dès les années 1950 que l'amiante provoquait le mésothéliome, une tumeur particulièrement agressive de la plèvre. Pourtant l'amiante n'a été interdit qu'à partir de 1992 [en Italie]. Avec cet atermoiement de trois décennies, les gouvernements ont leur part de responsabilité. Le problème du démantèlement de l'amiante a ainsi pris des proportions gigantesques. Il est indispensable de mener une analyse détaillée pour savoir comment et où les matières cancérigènes doivent être isolées et évacuées. … Il faut en outre reprendre les études sur les cancers liés à des causes environnementales. Car la recherche de facteurs extérieurs reste l'une des méthodes les plus importantes pour vaincre la maladie. C'est une des leçons du procès Eternit." (15.02.2012)

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Lietuvos rytas - Lituanie

La Colline des croix menacée

Les services lituaniens en charge de la protection du patrimoine veulent établir des règles quant à l'érection de croix pour préserver la Colline des croix, un lieu de pèlerinage catholique au nord du pays, pour les générations futures. Une mauvaise idée, juge l'édition en ligne du quotidien libéral Lietuvos rytas : "La Colline des croix est devenue à l'époque des Tsars et pendant la période soviétique un symbole de résistance populaire contre la domination étrangère. Elle s'est développée spontanément et non comme un projet mené 'd'en haut'. Les croix y ont été dressées pour protester contre l'ordre respectivement en vigueur. … On veut désormais enfermer dans un cadre strict cet ouvrage collectif auquel le peuple veut continuer à participer. Comme si la sombre période soviétique était de retour, les fonctionnaires ont de nouveau évoqué 'l'érection illégale de croix '. … Ils tentent de mettre un terme à une tradition vivante, de mortifier un organisme évolutif. Car il est évidemment plus simple de gérer une créature embaumée qu'un être vivant." (14.02.2012)

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Kaleva - Finlande

Pénurie de médecins en Finlande

Les étudiants en médecine finlandais protestent actuellement dans tout le pays contre une décision du ministère de l'Education. Celle-ci prévoit d'augmenter dans les universités finlandaises d'ici 2016 le nombre de places réservées aux étudiants en médecine de 610 à 770 par semestre afin de lutter contre la pénurie de médecins. Les étudiants redoutent une dégradation de l'enseignement. Se limiter à augmenter le numerus clausus ne résoudra pas la pénurie, estime le quotidien Kaleva : "Le plus grave, c'est le manque de médecins dans les centres de santé, qui ont du mal à trouver du personnel. Les médecins évitent les centres de santé car ils ont d'autres opportunités dans les centres médicaux privés, dans les services de santé des entreprises et dans la recherche. … L'attitude des médecins laisse à désirer. Il n'y aurait pas besoin d'augmenter continuellement le nombre de places d'étudiants avec l'argent des impôts si les centres de santé constituaient des lieux de travail suffisamment adéquats." (15.02.2012)

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COULEURS LOCALES

Gândul - Roumanie

Le journalisme roumain se meurt

La chaîne de télévision roumaine Antena 1 a montré lundi soir dans l'émission Le show du pêché une vidéo amateur de l'ancien Premier ministre Emil Boc nu dans une cabine d'essayage. La chaîne a invité des politiques de l'opposition et des journalistes à discuter de la vidéo. Le quotidien Gândul évoque le déclin des médias roumains : "Son postérieur est resté plus d'une heure affiché à l'écran tandis que les invités commentaient l'image. Les journalistes ont vraisemblablement eu honte de ce spectacle pitoyable qui porte un nouveau coup à cette belle profession. … Une profession qui ne cesse d'être sapée continuellement par des individus sans scrupules et sans respect, issus du même secteur. Cela ne suffit pas que les hommes politiques aient bâillonné presque toute la presse et que des acteurs douteux soient devenus des entrepreneurs médiatiques qui ont racheté les journalistes selon leur bon vouloir. Cela ne suffit pas que le journalisme et son éthique professionnelle n'aient été qu'une véritable insulte ces dernières années . … La presse meurt aussi parce qu'elle manque d'intelligence, d'éthique et d'une élocution grammaticalement correcte ; de telles émissions accélèrent sa disparition." (15.02.2012)

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