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Revue de Presse | 19.06.2012

 

À LA UNE

Vers un nouveau gouvernement en Grèce

Le gagnant Samaras et le chef du PASOK Venizelos lors des négociations. (© AP/dapd)

 

Suite aux élections législatives en Grèce, le parti conservateur Nea Dimokratia et les socialistes du PASOK entendent former un gouvernement ce mardi. Tous deux veulent maintenir le cap de l'austérité. Pour les commentateurs, le résultat électoral a donné plus de temps à l'Europe mais la faillite de l'Etat n'est pas encore écartée.

Protagon - Grèce

Une infime dernière chance

Les chefs d'Etat et de gouvernement du monde entier se sont montrés soulagés après l'issue des élections grecques et appellent à la poursuite des réformes. Pour le portail d'information Protagon, cela ne présage rien de bon : "Pour ceux qui n'ont pas compris ou qui font comme s'ils n'avaient pas compris : les Européens n'ont pas seulement exprimé leur soulagement parce qu'il existe encore une dernière chance de normaliser les choses dans la zone euro. ... Non, certains alliés à Bruxelles et Berlin soulignent que ce 'soulagement' est lié au fait que tout le monde a désormais un peu plus le temps de se préparer au pire scénario, à savoir la faillite de la Grèce au sein de la zone euro. Le nouveau gouvernement, qui sera peut-être formé aujourd'hui, n'a pas le temps de se prêter à de petits jeux entre les partis concernés. Ce dont il dispose aujourd'hui, c'est moins qu'une dernière chance." (19.06.2012)

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Delo - Slovénie

Le chantage exercé sur la Grèce

Le succès du parti conservateur Nea Dimokratia aux élections législatives grecques est lié à la pression et aux menaces exercées par l'Europe, analyse le quotidien de centre-gauche Delo : "Les annonces étaient quasi apocalyptiques. Si la gauche l'avait emporté aux élections, cela aurait manifestement mené au pillage des banques et à l'arrêt de l'afflux de capitaux venant de l'étranger. La Grèce aurait dû dire adieu à l'euro. … Le message de l'Europe était clair : si vous ne respectez pas les objectifs d'austérité, vous ferez faillite car vous ne recevrez plus d'argent sans nous. De telles menaces plus ou moins franches ont considérablement influencé la décision des Grecs aux élections législatives. … On ignore cependant comment les acteurs les plus influents peuvent rester encore crédibles quand ils font pression sur la Grèce. C'est comme si la décision de maintenir à tout prix la Grèce dans la zone euro avait déjà été prise, les autres solutions ayant été estimées plus coûteuses et plus risquées." (19.06.2012)

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Blog Arrastão - Portugal

L'épouvantail Tsipras sera toujours là

Même si l'alliance de gauche Syriza n'est pas parvenue à entrer au gouvernement après les élections législatives grecques, le succès du chef du parti Alexis Tsipras influencera néanmoins la politique européenne, écrit Daniel Oliveira dans son blog Arrastão, car il a réussi "une grande performance : en trois ans, il a multiplié par six les résultats enregistrés par son parti. Mais cela n'a pas suffi à remporter les élections. Soupir de soulagement pour les eurocrates et Merkel. Le chantage qu'ils ont exercé et l'intervention encore inédite dans la vie politique d'un pays de l'UE n'ôtent pas aux élections grecques leur légitimité démocratique. L'Europe n'a certes pas été secouée par le séisme indispensable dont elle a besoin pour ne pas s'autodétruire. … Mais grâce à son résultat et aux pertes des partis de la troïka, le Syriza est parvenu à changer les choses. Si la Grèce n'a pas réussi à lancer la refonte de la politique européenne, elle a tout de même généré un épouvantail qui aura un impact." (19.06.2012)

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Népszava - Hongrie

Après la Grèce, au tour de l'Allemagne

Après les élections grecques, la chancelière allemande Angela Merkel devra bon gré mal gré dévier de son point de vue selon lequel la Grèce doit remplir sans condition les objectifs d'austérité imposés par l'UE, écrit le quotidien de gauche Népszava : "On appelle déjà la chancelière allemande 'la femme qui dit non', car elle refuse d'entendre parler d'un assouplissement de la politique d'austérité. Samedi dernier, elle a déclaré une fois de plus que le mémorandum passé avec la Grèce ne devait pas être modifié. … Personne ne sait encore si la Grèce sera jamais capable de rembourser ses dettes, qui s'élèvent à environ 327 milliards d'euros. … C'est une question judicieuse dans la mesure où le PIB grec ne cesse de diminuer d'année en année, tandis que le chômage dépasse déjà les 22 pour cent. … La Grèce est plus divisée que jamais. Mais la Grèce n'est pas la seule à devoir changer et honorer ses engagements. L'Europe, sous l'égide d'Angela Merkel, doit également explorer de nouveaux rivages. Car une chose est sûre, on ne peut poursuivre le cap actuel." (19.06.2012)

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POLITIQUE

Kaleva - Finlande

La gestion de crise favorise les sociaux-démocrates

Les électeurs européens en ont assez des coupes incessantes dans les budgets publics, commente le quotidien libéral Kaleva, après la victoire écrasante des socialistes aux élections législatives françaises : "Le résultat électoral en France signifie que l'on teste une alternative à la voie empruntée pour sortir de la crise de l'euro. L'issue de ce scrutin est aussi une lueur d'espoir pour la sociale-démocratie européenne et d'autres partis de la gauche modérée. … Outre la France, c'est maintenant au tour des sociaux-démocrates suédois d'avoir le vent en poupe, étant aujourd'hui le parti le plus apprécié, et même le Parti de gauche gagne du terrain. En Allemagne, les sociaux-démocrates et les verts ont remporté en mai les élections régionales en Rhénanie du Nord-Westphalie. … L'avènement de la gauche dans différents pays est lié à différents facteurs, mais le dénominateur commun semble être que les électeurs en ont assez que l'on lutte contre la crise économique en procédant principalement à des coupes dans les budgets publics. Une autre ligne est revendiquée aujourd'hui." (19.06.2012)

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Õhtuleht - Estonie

Les critiques de Krugman peuvent aider l'Estonie

Sur Twitter, le président estonien Toomas Hendrik Ilves a fait part de son mécontentement quant à un éditorial de Paul Krugman dans le New York Times, dans lequel le prix Nobel d'économie juge timide la reprise économique estonienne. La critique adressée à Krugman est exagérée, estime le journal à sensation Õhtuleht : "Krugman se sert des statistiques pour prouver ses théories, et peu importe si cela vexe le gouvernement [conservateur] estonien. … Les partis au pouvoir tentent de représenter Krugman comme un idiot et Ilves l'attaque personnellement car il perd patience. Les sociaux-démocrates doivent porter ce litige dans le monde des adultes, où l'opposition n'a pas lieu entre les individus mais entre les idées. Si cela se produit, l'Estonie pourrait devenir l'exemple des idées promues par Krugman, et les sociaux-démocrates auraient un prix Nobel pour soutenir leurs revendications. … Les conservateurs peuvent accuser les sociaux-démocrates de vouloir faire de l'Estonie une nouvelle Grèce, mais on peut douter que de telles menaces les aident à remporter les prochaines élections." (19.06.2012)

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Der Standard - Autriche

L'armée garde le pouvoir en Egypte

Après les premières élections présidentielles libres en Egypte, l'islamiste modéré Mohammed Morsi s'est déclaré vainqueur du scrutin lundi, son rival Ahmed Chafik contestant cette déclaration. Quel que soit le vainqueur, le pouvoir réel restera entre les mains de l'armée, critique le quotidien de centre-gauche Der Standard : "L'Egypte a maintenant la caricature d'un président et n'a pas de Parlement. On laissera probablement la formation d'un nouveau gouvernement au président, sinon que peut bien vouloir dire le Conseil militaire en parlant de 'transfert' aux civils. Mais il y a là déjà une restriction : le Conseil militaire a déjà nommé dans sa déclaration constitutionnelle complémentaire de dimanche le président du Conseil militaire au poste de ministre de la Défense. La Constitution est également rédigée par l'armée, et ce sont les grands juges constitutionnels nommés (par Hosni Moubarak) qui auront le dernier mot sur celle-ci, en décidant si tel ou tel article de la nouvelle charte contredit les 'objectifs de la révolution'. C'est ce qu'on appelle avoir du culot." (18.06.2012)

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La Stampa - Italie

Syrie : Obama change de stratégie avec Poutine

Le président américain Barack Obama et son homologue russe Vladimir Poutine ont appelé lundi, dans une déclaration commune lors du sommet du G20 au Mexique, à la fin du bain de sang en Syrie. Obama a compris comment amadouer Poutine dans le litige sur la façon d'intervenir en Syrie, estime le quotidien libéral La Stampa : "Obama a joué la carte de la 'reconnaissance des rapports entre la Russie et la Syrie', c'est-à-dire qu'il ne s'opposera pas à une poursuite de ces relations dans l'après Al-Assad. Même si cela n'est pas clairement explicité, cela signifie que Moscou pourra à l'avenir disposer de la base navale de Tartous, et c'est ce à quoi le Kremlin tient le plus, car il s'agit de l'ultime port allié disponible à la flotte russe en Méditerranée. Il faudra encore voir si le compromis sur le plan Annan résistera à la volonté de Poutine de maintenir un profil affirmé au Proche-Orient. ... Sans oublier que le communiqué ne fait pas allusion à la défense antimissile, qui reste le contentieux principal." (19.06.2012)

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RÉFLEXIONS

El País - Espagne

Pour Paul Krugman, l'Europe du Nord est responsable de la crise

Les erreurs qui ont mené à la crise de la dette en Europe méridionale ont été commises par l'Europe du Nord, et seule cette dernière peut les rectifier, met en garde l'économiste Paul Krugman dans le quotidien de centre-gauche El País : "Depuis que la Grèce est en crise, nous avons beaucoup entendu parler de tout ce que les Grecs ont fait de travers. Certaines accusations sont peut-être vraies, d'autres peut-être fausses. Mais toutes sont inappropriées. Il existe bien sûr de graves défauts dans l'économie grecque, dans la politique et dans la société. Mais ce ne sont pas ces carences qui déchirent la Grèce et qui menacent toute l'Europe. Non, les causes de la catastrophe se trouvent au nord, à Bruxelles, Francfort et Berlin. C'est là que les responsables ont commis les graves erreurs, en créant un système monétaire peut-être condamné à mourir. Ils ont par la suite renforcé les erreurs du système, en prêchant la morale plutôt que d'analyser la situation. … Il n'y a qu'un moyen de sauver potentiellement l'euro : les Allemands et la Banque centrale européenne doivent reconnaître que ce sont eux qui doivent changer d'attitude. Dépenser plus et envisager une inflation accrue. Dans le cas contraire, la Grèce entrera dans l'histoire comme la victime de l'orgueil démesuré d'autres pays." (19.06.2012)

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Le Figaro - France

Les investissements publics, une voie erronnée

François Hollande propose de sortir l'Europe de la récession en recourant à plus d'investissements publics. Une voie erronée, estime le quotidien conservateur Le Figaro : "La crise bancaire espagnole, qui fait trembler l'Europe, est d'abord une crise de l'investissement public: des banques régionales et politisées ont financé des travaux pharaoniques qui les ont conduites au bord de la faillite. Elle offre l'occasion de réfléchir sur les dangers du mythe des 'dépenses d'avenir'. En matière de finances publiques, les dépenses d'investissement ont en effet meilleure presse que les dépenses de fonctionnement, à gauche comme à droite. ... Il faut donc casser le mythe bien vivace de l'investissement public qui crée automatiquement de l'emploi aujourd'hui et de la croissance demain. Ce mythe a beaucoup servi. ... Mais la récréation est finie. On n'échappera pas à la nécessité d'examiner sans préjugé chaque projet d'investissement public, et d'en chiffrer honnêtement les couts et les bénéfices. Nous avons moins besoin de visionnaires lyriques que de comptables compétents." (19.06.2012)

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ÉCONOMIE

Gazeta Wyborcza - Pologne

Les investisseurs se focalisent sur l'Espagne

Les élections de dimanche en Grèce n'ont aucun effet sur les marchés car l'Espagne est depuis longtemps plus importante pour les investisseurs, estime Roland Paszkiewicz, analyste en chef de l'établissement d'investissement polonais CDM Pekao, dans une tribune au quotidien libéral Gazeta Wyborcza : "Les investisseurs s'attendent déjà depuis près de deux semaines à une issue positive des élections grecques et ont acquis des actions d'entreprises cotées en Bourse. Dans l'hypothèse d'une victoire de l'alliance de gauche Syriza, ils partaient du principe que la Banque centrale européenne serait intervenue pour apaiser les marchés. Maintenant, après la décision positive des électeurs grecs, les investisseurs revendent les actions acquises il y a une ou deux semaines, et réalisent des gains. Les investisseurs se penchent désormais sur la probabilité que les problèmes économiques espagnols ne s'amplifient. Depuis environ six mois, les acheteurs d'emprunts d'Etat espagnols exigent du gouvernement à Madrid que celui-ci paye des intérêts de plus en plus élevés en raison du risque accru." (19.06.2012)

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Il Sole 24 Ore - Italie

L'Europe n'a pas besoin de leçons du G20

Lors du sommet du G20 au Mexique, le litige sur la manière de surmonter la crise en Europe prend de l'ampleur. A l'ouverture du sommet de deux jours des chefs d'Etat et de gouvernement, les participants se sont rejeté mutuellement la responsabilité de la crise. L'Europe a raison de contester les accusations de ses partenaires du G20, estime le journal économique libéral-conservateur Il Sole 24 Ore : "La chancelière allemande Angela Merkel, qui préfère donner des leçons que d'en recevoir, a rappelé à plusieurs reprises que les Etats-Unis devaient faire quelque chose concernant leur équilibre budgétaire et que les pays émergents, la Chine en tête, devaient prendre des mesures pour réévaluer leur monnaie. … La pire façon de se rapprocher lors d'un sommet international est d'échanger des accusations réciproques. La réalité, c'est que malgré toutes ses implications mondiales, la crise de la zone euro reste d'une certaine manière locale, et les décisions doivent d'abord être prises en Europe. L'Europe a répété hier vouloir procéder à sa façon, sans faire les concessions réclamées par les marchés financiers. … Elle joue la montre, et la tentative d'Obama de résoudre la crise à la place de l'Europe n'y changera rien." (19.06.2012)

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SOCIÉTÉ

The Daily Telegraph - Royaume-Uni

Le mariage homo reflète l'évolution de la société

Le gouvernement britannique a clôt la semaine dernière les négociations sur l'introduction du mariage homosexuel. Le quotidien conservateur Daily Telegraph ne comprend pas pourquoi l'Eglise anglicane continue de le rejeter : "La société a considérablement changé en 30 ans. Nous ne voulons plus appartenir à quelque chose. Nous sommes désenchantés des autorités de toute sorte. Notre approche de la famille est caractérisée par une remarquable improvisation. Et nous sommes ouverts aux influences culturelles du monde entier. … Le gouvernement sait qu'il doit écouter d'autres voix lorsqu'il réfléchit aux changements considérables dans notre perception de ce que nous sommes en tant que peuple, de notre origine et de ce en quoi nous croyons. Si l'Eglise et l'Etat doivent rester unis, ils vont devoir arrêter de s'invectiver, apprendre à accepter ce que dit l'autre et procéder à de grands changements, et vite. Mais n'est-ce pas le propre du mariage ?" (19.06.2012)

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SPORT

De Volkskrant - Pays-Bas

L'insulte de Robben, à l'image des Pays-Bas

Après avoir été éliminés de l'Euro de football dimanche, les Pays-Bas s'interrogent sur les raisons de ce fiasco. L'attaquant Arjen Robben est particulièrement critiqué pour avoir crié "Ferme ta gueule, mec !" à trois reprises à son entraîneur, Bert van Marwijk, lors du match contre le Portugal. Cet incident et le débat qu'il a engendré sont symptomatiques des Néerlandais, se moque le chroniqueur Bert Wagendorp dans le quotidien de centre-gauche De Volkskrant : "Ces insultes masquent un monde que nous ne soupçonnons pas, une fosse puante remplie de querelles et d'irritation. Un fossé entre les générations et les valeurs. En quatre mots, Robben a défini une génération de joueurs gâtés et égoïstes, qui est devenue impossible à coacher. Il ne faudra pas longtemps pour que ce 'Ferme ta gueule, mec !' s'étende du groupe de footballeurs à nous tous, les Néerlandais. Même pour nous, cela ne va pas très bien. Nous allons bientôt projeter ce 'Ferme ta gueule, mec !' sur nous-mêmes et notre morale. Robben a exprimé un problème social qui nous tiendra occupés tout l'été. Si ses passes étaient inutiles sur le terrain, celle-ci est parfaite." (19.06.2012)

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