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Revue de Presse | 28.06.2012

 

À LA UNE

Dernier acte pour l'euro

Merkel et Hollande ont demandé "plus d'Europe" mercredi à Paris, mais ne sont pas d'accord sur les moyens d'y parvenir. (© AP/dapd)

 

Un jour avant le sommet européen de crise qui débute ce jeudi à Bruxelles, la chancelière allemande Angela Merkel a une nouvelle fois rejeté la mutualisation de la dette en l'absence d'un contrôle des budgets nationaux. Seul un renoncement des pays à leur souveraineté nationale peut sauver l'euro, estiment les commentateurs, qui redoutent l'échec du sommet en raison des divergences franco-allemandes.

Financial Times Deutschland - Allemagne

Il manque une véritable union économique à l'euro

Avec le sommet de Bruxelles, l'Europe est à la croisée des chemins, estime Wolfgang Münchau dans sa chronique pour le journal économique libéral Financial Times Deutschland. Il redoute que le manque de légitimité politique soit fatal à l'euro : "Je ne pense pas que les dirigeants politiques européens, y compris Merkel, comprennent réellement la crise. Ils choisiraient sinon d'autres termes pour la décrire. Dans le fond, la crise n'est pas liée à la mauvaise gestion budgétaire dans certains pays, pas même en Grèce. Ce n'est pas non plus une crise de mauvaises décisions politico-économiques, comme l'a déclaré la chancelière au Bundestag en référence à l'Espagne. … La responsabilité de la crise revient à une union monétaire sans transferts ni politique économique commune. … Si l'euro échoue, c'est parce qu'il n'a pas été intégré dans une véritable union économique, parce que ses banques sont surveillées et recapitalisées au niveau national et parce que chaque pays émet ses propres obligations publiques. Les clauses restrictives ajoutées à l'époque au traité de Maastricht et plus tard au pacte de stabilité et de croissance ont formé une digue légère, incapable de résister à un terrible ouragan." (27.06.2012)

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Il Sole 24 Ore - Italie

La solidarité au prix de la souveraineté

Le fossé insurmontable entre Paris et Berlin pourrait faire échouer le sommet européen, redoute le journal économique libéral-conservateur Il Sole 24 Ore : "Si l'on veut plus de solidarité allemande à l'avenir, il faudra centraliser à Bruxelles les compétences nationales en matière de politique budgétaire, de levée des impôts et d'émission obligataire. Il est dommage que Hollande soutienne exactement le contraire : d'abord la solidarité, et puis à l'avenir renoncer à la souveraineté. Cette opposition réside dans l'ADN de l'Allemagne et de la France, l'une fédéraliste depuis toujours, l'autre 'souverainiste'. Mais ce qui risque d'alimenter la perplexité des autres pays, les pays nordiques également, c'est la question portant sur le caractère judicieux d'une cession si importante, en échange de quelque chose d'opaque pour un jour indéterminé. Une discipline toujours plus rigoureuse aujourd'hui au nom d'un acte de foi pour la bienveillance allemande à venir : dans une Europe de plus en plus laïque, est-il possible de demander aux pays de se convertir au crédo allemand, sans que ceux-ci ne sachent quelle contrepartie ils obtiendront ?" (28.06.2012)

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Sme - Slovaquie

Merkel est Allemande avant d'être Européenne

Les chefs d'Etat et de gouvernement discutent aujourd'hui à Bruxelles d'une restructuration de l'Union monétaire. Le rejet catégorique des euro-obligations par Merkel avant le sommet est logique, estime le quotidien libéral Sme : "Merkel est d'abord Allemande, ensuite Européenne. Elle a formulé son refus de manière drastique : de son vivant, il n'y aura pas d'eurobonds et l'Allemagne ne sera pas mise à mal pour sauver l'Europe. … Pour Merkel, les eurobonds sont anticonstitutionnels, en Allemagne comme en Europe. C'est pourquoi la moindre discussion est inutile. Si les euro-obligations devaient finalement voir le jour, ce sera seulement si Bruxelles contrôle les budgets nationaux. Alors seulement la chancelière serait satisfaite." (28.06.2012)

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ABC - Espagne

Lancer enfin l'union bancaire

Si le sommet européen n'envoie pas de signal clair dans le sens d'une union financière, l'Europe risque d'assister à la chute de la monnaie unique, met en garde le quotidien conservateur ABC : "Il est aujourd'hui impossible d'occulter la réalité. L'UE se retrouve face à une décision inévitable. Les gouvernements doivent comprendre qu'ils doivent tous faire des concessions pour sauver le tout. Dans le cas contraire, on court à la catastrophe. C'est ce qui est en jeu dans le sommet qui commence aujourd'hui. L'euro n'est pas seulement une monnaie. C'est devenu dans le monde entier le symbole de l'Europe. Si l'euro échoue, l'Europe échoue également. … Les politiques disposent de tous les instruments nécessaires pour mettre sur les rails lors de ce sommet l'union bancaire, laquelle constituerait un premier pas vers une union financière, telle que la réclament l'Allemagne et d'autres pays. Il serait impardonnable que ce sommet de deux jours n'émette aucun signal dans ce sens." (28.06.2012)

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Jyllands-Posten - Danemark

Bientôt une Europe à deux vitesses

Il manque aux gouvernements européens la volonté de résoudre durablement la crise de l'euro, déplore le quotidien libéral-conservateur danois Jyllands-Posten, redoutant une Europe à deux vitesses  : "Pour l'essentiel, on s'est évertué à résoudre la crise dans l'instant et aucun sommet européen n'a jusque-là tenté de trouver une solution durable à la crise de la dette. … Quelles que soient les décisions prises à Bruxelles, il est clair que l'Europe évoluera à des vitesses différentes l'année prochaine. L'Allemagne déterminera l'agenda des pays de la zone euro. Et elle ne craint plus les conséquences, dans l'hypothèse du départ d'un ou plusieurs pays de la zone euro. La Grande-Bretagne prend de plus en plus ses distances de l'UE, et chez nous, le gouvernement et les partis europhiles au Parlement ont des doutes croissants quant au rôle futur du Danemark au sein de l'UE." (28.06.2012)

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POLITIQUE

Večer - Slovénie

Les citoyens "effacés", une souillure pour la Slovénie

Il y a 20 ans, la Slovénie a effacé environ 26.000 ex-Yougoslaves de ses registres d'état civil, lesquels sont alors devenus apatrides et ont perdu de nombreux droits. La Cour européenne des droits de l'homme a décidé mardi que l'Etat slovène devait verser à six plaignants 20.000 euros de dommages et intérêts chacun. Le quotidien conservateur Večer salue ce verdict : "Il s'est avéré que Strasbourg a localisé la souillure commise par ceux qui avaient détourné l'indépendance slovène et avaient su la faire passer pour immaculée jusque-là. L'Europe sait désormais que le jeune Etat, au début de son existence, a commis l'une des plus grandes violations des droits de l'homme - ce que l'élite politique victorieuse de l'indépendance ne voulait reconnaître. Cela doit maintenant être clair pour nous aussi. … La chance pour les dirigeants slovènes, c'est que le verdict est tombé à un moment où les partis au pouvoir sont ceux qui à l'époque ont tout fait pour que la question des effacés ne soit pas résolue à temps et correctement." (28.06.2012)

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Voxpublica - Roumanie

Le président roumain peut aller à Bruxelles

La Cour constitutionnelle roumaine a décidé mercredi qu'il incombait au chef de l'Etat de représenter la Roumanie au sommet européen. Le Premier ministre Victor Ponta a toutefois annoncé immédiatement qu'il se rendrait aussi à Bruxelles jeudi. Ce que son adversaire politique, le président Traian Băsescu, compte faire était d'abord incertain. Dans le blog Voxpublica, Mihai Gotiu ne voit qu'une solution pour les deux chamailleurs invétérés : "Je ne me fais plus d'illusion quant à une réconciliation entre le président et le Premier ministre. La seule solution désormais est de trancher le nœud gordien. C'est-à-dire suspendre Băsescu de ses fonctions [par l'intermédiaire du Parlement] et organiser un référendum [qui serait déterminant dans le cas d'une mise à pied du président]. Aux Roumains de décider qui est le plus supportable pour eux. … Ce ne serait pas la meilleure solution, mais placer la population en arbitre pourrait tout de même donner un minimum de légitimité à la situation. … Dans le cas contraire, la guerre se poursuivra et détruira tout sur son passage - on l'a déjà vu au Parlement et à la Cour constitutionnelle." (28.06.2012)

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Delfi - Estonie

Les Estoniens veulent un gouvernement infaillible

Le Parti de la réforme, libéral, du Premier ministre estonien Andrus Ansip, n'a pas perdu de sa popularité en dépit de plusieurs scandales, dont le financement du groupe parlementaire par de l'argent sale. Sur le portail d'information Delfi, l'historien Margus Kiis estime que l'explication réside dans la mentalité postsoviétique des Estoniens : "Les électeurs veulent encore un groupe parlementaire tout-puissant sur le modèle de l'ancien parti communiste, qui ne remette jamais en question son infaillibilité. De ce point de vue, les erreurs ne sont commises que par des membres isolés faibles ou de bas niveau qui se sont glissés sournoisement dans le groupe ; le parti n'a donc pas besoin de s'excuser. … Les citoyens veulent être dirigés d'une main de fer. Ils voient l'infaillibilité comme une force. Les politiciens (du Parti de la réforme) profitent de cette volonté, ils savent comment manipuler les citoyens qui ne veulent pas réfléchir." (27.06.2012)

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RÉFLEXIONS

The Economist - Royaume-Uni

Albrecht Ritschl sur l'absence de plan Marshall pour la Grèce

L'économiste Hans-Werner Sinn de l'institut munichois Ifo et son collègue Albrecht Ritschl de la London School of Economics débattent depuis deux semaines pour savoir dans quelle mesure les aides accordées à la Grèce peuvent être comparées au soutien apporté à l'Allemagne par le plan Marshall après la Seconde Guerre mondiale. Sans une remise considérable de la dette à l'époque, le modèle de réussite allemand aurait été pratiquement impossible, explique Albrecht Ritschl sur le blog Free Exchange, hébergé par le magazine économique libéral The Economist, où il déplore l'absence de plan politique clair pour la Grèce : "Les chiffres [de l'aide européenne accordée à la] Grèce sont effrayants : plus de 200 pour cent du PIB. Le plus déprimant, c'est qu'il ne semble pas y avoir de plan cohérent, ou alors un qui est basé sur des illusions. Les choses étaient très différentes après la Seconde Guerre mondiale. Le plan Marshall élaboré en 1947 avait un objectif simple, donner la priorité à une reprise indépendante en Europe et minimiser d'autres transferts depuis les Etats-Unis. C'est pourquoi l'aide accordée dans le cadre du plan Marshall était si peu élevée. Elle était en effet uniquement conçue comme palliatif et comme diversion pour la population européenne, jusqu'à ce que le programme hautement politique du plan Marshall devienne réalité." (28.06.2012)

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SOCIÉTÉ

Der Standard - Autriche

Pénalisation de la circoncision religieuse

Le tribunal fédéral de Cologne a jugé condamnable mardi la circoncision pour motifs religieux. Le procès concernait un jeune garçon de quatre ans qui avait été circoncis sur la volonté de ses parents musulmans et avait été admis à l'hôpital des suites d'une hémorragie. Le verdict envoie un signal positif, argumente le quotidien de centre gauche Der Standard : "Si l'on plaçait le libre exercice de la religion, et les rituels qui l'accompagnent, au dessus de l'intégrité de la personne, cette logique poussée à l'extrême signifierait que l'on peut tuer au nom de la religion. C'est justement ce que revendiquent les extrémistes religieux. C'est justement ce qu'a fait l'Inquisition. Aussi pénible que puisse être ce jugement pour les Juifs et les musulmans, il doit inciter à se demander si la circoncision en tant qu'acte volontaire de la part du croyant - ne serait-ce que symboliquement - ne sert pas mieux les desseins de sa religion que la pratique traditionnelle. Ce qui vaut également pour le baptême des adultes chez les chrétiens." (28.06.2012)

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El País - Espagne

Rigueur espagnole : attention aux effets indésirables

Le gouvernement espagnol a adopté des mesures d'austérité drastiques dans le secteur de la santé. A partir de la semaine prochaine sera entre autres étendu aux retraités le ticket modérateur pour les médicaments délivrés sur ordonnance. Certains médicaments censés dissiper les symptômes légers ne seront même plus remboursés. Le quotidien de centre-gauche El País craint que ce règlement imposé à la hâte ait un effet limité : "Le gouvernement a présenté des mesures d'austérité sans consulter les médecins et sans présenter de rapport sur les conséquences économiques et sociales. Cela sera fait bientôt, dit-on du côté du gouvernement. Les spécialistes estiment que les économies envisagées ne seront pas réalisées, comme cela a déjà été le cas avec les coupes antérieures pratiquées dans la liste des médicaments remboursés. Il y a un risque que les médecins aient recours à des médicaments plus forts et plus chers, mais remboursés par la caisse d'assurance-maladie, si les symptômes du patient persistent." (28.06.2012)

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De Volkskrant - Pays-Bas

Le smartphone a changé le monde

Il y a cinq ans, le 29 juin 2007, le groupe informatique Apple vendait son premier iPhone aux Etats-Unis. Depuis Apple aurait selon des analystes distribué 250 millions d'appareils. Les smartphones ont changé le monde et les gens, estime le chroniqueur Bert Wagendorp dans le quotidien de centre-gauche De Volkskrant : "En l'espace de quelques années, l'homme moderne a formé une entité indissoluble avec son mini-ordinateur. L'image de la rue a totalement changé : partout, les individus sont concentrés sur leurs écrans. Mais à quoi ressemblait donc la vie avant le smartphone ? Dans quel vide communicationnel avons-nous vécu ? A quel point l'ennui devait être important à l'époque ? … Comment avons-nous fait pour le supporter ? Personne n'a changé la manière dont je passe mon temps aussi radicalement que [le fondateur d'Apple] Steve Jobs. Je lis moins, je regarde moins la télévision, je parle moins et je suis moins souvent dans la lune. Tout mon univers tourne autour de mon smartphone." (28.06.2012)

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SPORT

Gazeta Wyborcza - Pologne

La patriotisme inoffensif des supporters allemands

L'Allemagne sera opposée ce jeudi soir à l'Italie dans la seconde demi-finale de l'Euro. Le patriotisme des supporters allemands à la veille de ce match n'est plus un motif d'inquiétude, estime le quotidien libéral Gazeta Wyborcza, rappelant la Coupe du monde 2006 en Allemagne : "Sur l'histoire allemande pèsent le nazisme et les crimes commis pendant la Seconde Guerre mondiale. … Les Allemands ont bâti leur identité d'après-guerre sur les succès économiques, la force de la griffe 'Made in Germany' et leur propre monnaie. Mais le deutsche mark n'existe plus depuis dix ans. … Au final ne sont restés pour les Allemands que le football et la sélection nationale. En 2006, les Allemands ont beaucoup surpris par la profusion des drapeaux noir-rouge-or et la flambée de patriotisme. … Mais cela n'a pas entraîné d'accès de xénophobie. Et l'extrême droite n'est pas parvenue à s'accaparer le drapeau allemand. Après l'explosion de joie du Mondial, la vie allemande est immédiatement revenue au politiquement correct." (28.06.2012)

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Público - Portugal

Après l'Euro ne reste que la crise de l'euro

Le championnat d'Europe de football est bientôt fini et il ne sera bientôt plus possible d'échapper ne serait-ce que pour un moment à la crise de l'euro, écrit le quotidien Público : "Lorsque les tentes de l'Euro auront été démontées à Kiev, la monnaie unique sera à nouveau le seul 'euro' existant et le voile de l'illusion se dissipera. … Le football est devenu international et mélange des traditions diverses - même au niveau des différentes équipes nationales. Il est paradoxal que les responsables sur le terrain de la politique européenne persistent à poursuivre leurs propres objectifs et intérêts nationaux - et que le Nord exclut de plus en plus le Sud. Si Merkel était l'entraîneuse du onze allemand, alors celui-ci renoncerait à son style décontracté pour adopter, à l'instar des Grecs, une approche agressive et basée sur la défense. La stratégie de crise de Merkel est davantage liée aux émotions qu'à la rationalité : elle a le niveau d'un entraîneur supporter. … C'est peut-être pour cette raison que l'histoire du sommet européen [de jeudi et vendredi] deviendra l'histoire d'une Allemagne qui, sans le remarquer, se condamne elle-même à la médiocrité dont elle accuse jusque-là le Sud." (28.06.2012)

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