L'économiste Hans-Werner Sinn de l'institut munichois Ifo et son collègue Albrecht Ritschl de la London School of Economics débattent depuis deux semaines pour savoir dans quelle mesure les aides accordées à la Grèce peuvent être comparées au soutien apporté à l'Allemagne par le plan Marshall après la Seconde Guerre mondiale. Sans une remise considérable de la dette à l'époque, le modèle de réussite allemand aurait été pratiquement impossible, explique Albrecht Ritschl sur le blog Free Exchange, hébergé par le magazine économique libéral The Economist, où il déplore l'absence de plan politique clair pour la Grèce : "Les chiffres [de l'aide européenne accordée à la] Grèce sont effrayants : plus de 200 pour cent du PIB. Le plus déprimant, c'est qu'il ne semble pas y avoir de plan cohérent, ou alors un qui est basé sur des illusions. Les choses étaient très différentes après la Seconde Guerre mondiale. Le plan Marshall élaboré en 1947 avait un objectif simple, donner la priorité à une reprise indépendante en Europe et minimiser d'autres transferts depuis les Etats-Unis. C'est pourquoi l'aide accordée dans le cadre du plan Marshall était si peu élevée. Elle était en effet uniquement conçue comme palliatif et comme diversion pour la population européenne, jusqu'à ce que le programme hautement politique du plan Marshall devienne réalité." (28.06.2012)
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