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Revue de Presse | 04.07.2012

 

À LA UNE

Le trou budgétaire contraint la France à l'austérité

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault veut arriver à l'équilibre budgétaire d'ici 2017. (© AP/dapd)

 

Le nouveau Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a annoncé mardi, lors de son premier discours de politique générale, qu'il respecterait les promesses électorales des socialistes malgré un trou de plusieurs milliards dans le budget. Les commentateurs critiquent l'absence de programme d'assainissement outre la hausse de la fiscalité, et mettent en garde contre les graves conséquences d'une gabegie budgétaire en France et en Europe.

Dagens Nyheter - Suède

Les belles promesses à l'épreuve de la réalité

Si François Hollande entendait prescrire pendant la campagne présidentielle la croissance à l'ensemble de l'UE, il ne peut aujourd'hui s'attaquer à la difficile situation économique de son pays qu'en recourant à de strictes mesures d'austérité, analyse le quotidien libéral Dagens Nyheter : "Par rapport à la moyenne européenne, le poids de la fiscalité [en France] est déjà très élevé. Le gouvernement socialiste entend en outre renforcer la protection contre le licenciement et préserver la semaine des 35 heures. Les calculs de Hollande ne cadrent pas avec l'objectif d'accroissement de la compétitivité. … Par conséquent, les coûts du travail augmenteront, et cela après une décennie où la France a déjà été à la traîne derrière l'Allemagne. Les français ont bien trop longtemps entendu dire que des réformes n'étaient pas nécessaires. Concilier sous le même chapeau les douces promesses de campagne et les contraintes budgétaires constitue un exercice périlleux, surtout si l'on veut en même temps garder les faveurs de l'Allemagne. Il y a également le risque que les marchés financiers perdent confiance en la France avant même que Hollande ne parvienne à s'occuper de la croissance." (04.07.2012)

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Rzeczpospolita - Pologne

La gabegie française, le début de la fin de l'UE

Le gouvernement français a nettement revu à la baisse mardi ses prévisions de croissance pour 2012, les faisant passer de 0,7 à 0,3 pour cent. Dans le même temps, le pays devra mener une grande politique de rigueur pour atteindre le nouvel objectif d'endettement prescrit dans le pacte de stabilité. C'est le début de la fin pour toute l'UE, estime Andrzej Talaga dans le blog du quotidien conservateur Rzeczpospolita : "Le mécanisme de stabilité européen (MES) ne fonctionne tout simplement pas et l'UE devra se diviser. La désintégration du moteur d'intégration franco-allemand n'est qu'une question de temps. La Grèce et peut-être même l'Espagne devront quitter la zone euro. La Grande-Bretagne quant à elle quittera l'UE de son propre chef. Et les Allemands formeront une coalition avec ceux qui partagent leur point de vue. Au final, tout le monde l'acceptera avec soulagement, même si cette 'révolution' sera au début très douloureuse pour tous." (04.07.2012)

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Le Figaro - France

Le discours confus de Jean-Marc Ayrault

Après le discours du nouveau Premier ministre Jean-Marc Ayrault devant l'Assemblée nationale, les Français ne sont pas plus avancés qu'avant, critique le quotidien conservateur Le Figaro : "Sur tous les chantiers annoncés hier par Jean-Marc Ayrault il y aura discussion, concertation, négociation. Sur tout, sauf un : la hausse de la fiscalité. C'est le seul aspect précis de la politique annoncée par le premier ministre. Le gouvernement n'a nullement l'intention d'engager une négociation avec le contribuable, mais ça on le savait déjà. ... Dès lors, la concertation maximale risque à conduire à des décisions minimales. La France, peut-elle se le permettre ? Après ce discours de politique générale, les français ne sont donc guère plus avancés. Ils savent que la hausse de la fiscalité sera la pierre angulaire du quinquennat, mais quid du reste ? Tout est flou." (04.07.2012)

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POLITIQUE

La Vanguardia - Espagne

L'Espagne doit s'inspirer de la justice française

La police française a perquisitionné mardi le domicile et les bureaux de l'ancien président Nicolas Sarkozy, dans le cadre de l'enquête sur les soupçons de financement illégal du parti conservateur UMP par l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, lors de la campagne présidentielle de 2007. Pour le quotidien libéral La Vanguardia, la justice française doit servir d'exemple à l'Espagne : "Quelle que soit l'issue de l'affaire Sarkozy devant le tribunal, il est évident que les juges ont agi avec un zèle inhabituel, quand on songe que la perte de l'immunité présidentielle intervient un mois après son départ de l'Elysée [le 15 mai 2012]. C'est révélateur de la séparation des pouvoirs politique et judiciaire en France, et nous devrions nous en inspirer. Au final, chacun de nous connaît dans notre pays des affaires judiciaires qui durent si longtemps que l'on en vient à oublier quand elles ont vraiment commencé. Sans parler des procès qui débutent dans un grand battage médiatique et qui finissent en queue de poisson." (04.07.2012)

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Corriere della Sera - Italie

Les jérémiades italiennes ne servent à rien

Quelques jours seulement après le sommet européen, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre italien Mario Monti sont réunis ce mercredi pour débattre à nouveau de solutions à la crise de la dette. L'Italie doit enfin cesser ses jérémiades, écrit le diplomate Antonio Puri Purini dans le quotidien libéral-conservateur Corriere della Sera : "L'Italie doit enfin cesser de rendre la chancelière allemande responsable de la crise de la dette, de l'absence de croissance économique et de tous les maux qui affligent l'Europe. Il est vital pour le pays de renoncer à une attitude qui a atteint un niveau insupportable de vulgarité. Celle-ci accrédite l'impression d'un pays miné par les complexes, le provincialisme, les conspirations, l'ignorance et l'amnésie. ... En somme, la politique italienne, à gauche comme à droite, doit renoncer à chercher des boucs émissaires à ses propres faiblesses et à ses propres vices. ... Le sommet italo-allemand est l'occasion de clarifier que, dans l'Union européenne, chaque Etat doit contribuer au bien commun, et que c'est une perte de temps de tenter d'extorquer à l'Allemagne des concessions sur les eurobonds." (04.07.2012)

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Der Tagesspiegel - Allemagne

Mieux contrôler les RG allemands

Après la démission du chef des renseignements généraux allemands, Heinz Fromm, le directeur des renseignements du Land de Thuringe, Thomas Sippel, a dû quitter son poste suite à des dysfonctionnements dans l'enquête sur le groupuscule néonazi NSU. Les renseignements généraux doivent être réformés mais pas supprimés, demande le quotidien libéral Tagesspiegel : "Dissoudre les services de renseignements, ce serait perdre de vue le milieu trouble des extrémistes et des espions. Les néonazis, les islamistes, les indépendantistes, et les détrousseurs de propriété intellectuelle envoyés par la Chine, la Russie et d'autres Etats se frotteraient les mains. … Il y a une proposition intéressante, faite justement par un ancien agent des services secrets. … Il suggère d'associer l'intervention d'informateurs et d'autres moyens de renseignement à l'autorisation d'un juge. Cela complèterait ainsi le contrôle parlementaire. Une réserve exprimée par un juge pourrait réduire le risque de se retrouver à la limite de la légalité dans des opérations hasardeuses." (02.07.2012)

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Der Standard - Autriche

MES : le chancelier autrichien occulte le peuple

Le Parlement autrichien doit se prononcer ce mercredi sur le Mécanisme de stabilité européen (MES) et sur le pacte budgétaire. Si la coalition composée du parti social-démocrate SPÖ et des conservateurs de l'ÖVP, et soutenue par les verts, approuvera l'ensemble, davantage de résistance contre le chancelier Werner Faymann, issu du SPÖ, aurait été importante, écrit le quotidien de centre-gauche Der Standard : "Faymann évoque plus de démocratie, mais il dirige de concert avec les chefs de gouvernement européens, et ce sans vraiment se soucier des citoyens. Ce n'est pas seulement au niveau du pacte budgétaire que l'on a présenté des faits accomplis au niveau européen avant même que les électeurs et les parlements n'aient vent de ce dont il retourne. … Il ne s'agit pas là de détails accessoires. Plusieurs de ces règles cachées dans d'innombrables paragraphes transfèrent des compétences politico-financières à la Commission européenne. … L'objectif principal d'une politique économique déterminée à Bruxelles ne justifie pas tous les moyens. La mise sur la touche des représentations nationales au profit d'un pouvoir exécutif mal contrôlé est un arrangement auquel les députés devraient s'opposer." (04.07.2012)

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De Morgen - Belgique

Chine et Russie ignorent la torture en Syrie

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a accusé le régime syrien du président Bachar Al-Assad de torture systématique, dans un rapport publié mardi. Tant que la Russie et la Chine ne tourneront pas le dos à Al Assad, les sanctions de l'Europe n'apporteront rien, estime le quotidien de centre-gauche De Morgen : "En tant qu'Européens, nous pourrions nous reprocher notre manque d'intérêt pour le sort de la population syrienne. Dans un certain sens, cela est vrai. … D'un autre côté, il faut dire que l'UE a épuisé pour ainsi dire tous les moyens de nuire au régime d'Al-Assad. Les nombreuses sanctions de l'Europe sont en vigueur depuis des mois et interdisent tout soutien militaire, financier et économique. Si les choses ne dépendaient que de l'Europe, le régime serait déjà tombé. Ceux qui posent encore problème sont la Chine et la Russie. Moscou notamment se comporte comme un allié d'Al-Assad. Il y a encore deux semaines, les Russes ont tenté d'envoyer des hélicoptères de combat en Syrie. … Il n'est pas encore venu le moment où Poutine et consort s'inquièteront et tireront les conséquences d'un rapport sur les droits de l'homme qui choque le monde." (03.07.2012)

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RÉFLEXIONS

Blog EUROPP - Royaume-Uni

Jeffry Frieden sur le bon équilibre de la politique économique

L'Europe et les Etats-Unis devraient changer leur stratégie politico-économique dans la gestion de la crise de la dette. C'est ce que leur recommande le politologue Jeffry Frieden sur le blog de la London School of Economics : "Si nous voulons éviter de perdre une décennie supplémentaire et nous préparer à un avenir meilleur, nous avons besoin de politiques macroéconomiques pour rétablir un niveau d'activité économique acceptable, et d'investissements publics pour encourager une croissance durable et productive. Tous ces aspects nécessitent de trouver un équilibre entre expansion macroéconomique et prudence, entre croissance à long terme et responsabilité budgétaire, et entre responsabilité budgétaire et responsabilité sociale. Cet équilibre n'est pas évident et l'opposition est puissante, mais les enjeux sont de taille." (04.07.2012)

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ÉCONOMIE

Público - Portugal

Barclays ruine le reste de confiance

Le scandale qui touche la banque Barclays, lié à de possibles manipulations du taux d'intérêt de référence Libor, montre que le monde de la finance n'a rien appris de la crise, critique le quotidien libéral Público : "Le gouvernement britannique veut enquêter dans les moindres détails sur cet incident et mettre en place de nouvelles règles pour le secteur. Il y a toutefois plusieurs problèmes. D'une part il n'est pas facile d'enquêter sur ce que les banques trament réellement et d'autre part, on peut sérieusement se demander pourquoi les règles n'ont pas été changées depuis la faillite de Lehman Brothers. La séparation entre les activités commerciales et d'investissement n'a toujours pas été opérée quatre ans après. … Cette affaire remet une fois de plus en question la confiance dans le secteur bancaire et montre clairement que malgré leur sauvetage par l'argent des contribuables, les banques n'ont toujours pas changé leurs pratiques." (04.07.2012)

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Kathimerini - Grèce

La Grèce, un Etat failli

La Task-force européenne, chargée d'aider la Grèce à mettre en œuvre les réformes prescrites par la troïka, a demandé mardi à Athènes de régler des factures en souffrance d'un montant de plusieurs milliards. L'argent dont le gouvernement a besoin ne pourra pas être fourni par les citoyens, prédit le quotidien conservateur Kathimerini : "La troïka - BCE, Commission européenne et FMI - constatera que les recettes publiques ne correspondent pas à des prévisions fixes et bien trop optimistes. Pas seulement parce que les contribuables ne peuvent plus payer, mais parce que le recouvrement des impôts a été retardé afin de ne pas influencer [négativement] les élections législatives [du 17 juin]. … Ce report aberrant des déclarations fiscales à la période post-électorale explosera comme une bombe en plein milieu de l'été. … Les citoyens ne paieront pas leurs impôts, non par désobéissance mais par manque d'argent. … Athènes s'est fixé des objectifs qu'elle ne peut pas atteindre, et dans la tentative irréfléchie d'y parvenir, les citoyens sont anéantis par l'Etat et humiliés sur le plan international. Un Etat détruit et des citoyens sans défense : c'est la définition d'un Etat failli." (03.07.2012)

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Novinar - Bulgarie

Les investisseurs exploitent les travailleurs bulgares

Le nombre d'entreprises roumaines en Bulgarie en 2011 a augmenté de 50 pour cent par rapport à l'année précédente, a annoncé l'administration financière bulgare fin juin. Le quotidien Novinar met en garde contre les employeurs déloyaux : "L'existence d'une main-d'œuvre bon marché en Bulgarie n'est pas un scoop. Et les Roumains ne sont pas les premiers à venir en Bulgarie pour cette raison. A cela s'ajoute la faible fiscalité. Il y a donc là deux arguments sérieux pour privilégier la Bulgarie à un autre pays. De nombreuses entreprises grecques se sont également installées en Bulgarie, ce qui a indubitablement des répercussions positives sur l'économie bulgare. Mais il y a également de nombreux cas où des employeurs étrangers n'hésitent pas à exploiter sans vergogne les travailleurs bulgares, sans avoir à craindre de conséquences particulières. Nous ne devrions donc pas nous réjouir trop vite de cet afflux d'investisseurs, ces derniers venant dans notre pays pour faire des profits et non pour se faire des amis. Il serait pourtant positif que chacun y trouve son compte, et que la Bulgarie devienne un paradis qui ne soit pas seulement celui des investisseurs." (03.07.2012)

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SOCIÉTÉ

Jyllands-Posten - Danemark

Les chômeurs danois ne veulent pas des fraises

La cueillette des fraises au Danemark est actuellement effectuée surtout par des travailleurs venus d'Europe de l'Est car la plupart des chômeurs danois refusent de faire ce travail. Le quotidien libéral-conservateur Jyllands-Posten juge donc déplacées les discussions actuelles sur l'augmentation des allocations chômage : "Le chômage met mal à l'aise car il donne le sentiment d'être nul et inutile. …. C'est pourquoi la société doit toujours s'efforcer de maintenir un taux d'emploi élevé et de donner des ressources aux chômeurs. Le débat politique montre que les forces au gouvernement et au Parlement n'ont pas compris la relation entre donner et recevoir, car ils n'exigent pas que les fraises danoises soient ramassées par quelques-uns des 162.500 chômeurs danois. … Le Danemark n'a pas vraiment de problème de chômage tant que des travailleurs étrangers doivent être recrutés pour un nombre remarquable d'activités, les chômeurs danois refusant de prendre le travail là où il y en a." (04.07.2012)

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COULEURS LOCALES

Helsingin Sanomat - Finlande

L'alcool reste dangereux sur l'eau

Selon une enquête publiée mi-juin, la majorité des Finlandais est favorable à un abaissement du taux maximal d'alcoolémie pour les navigateurs amateurs de 1,0 à 0,5 grammes par litre. Cela aurait dû être fait depuis longtemps, juge le quotidien libéral Helsingin Sanomat : "Les Finlandais vont faire du bateau en été et pendant leurs loisirs - c'est-à-dire lorsqu'ils ne sont pas forcément le plus sobre. … Il serait logique que le même seuil d'alcoolémie s'applique sur la route et sur l'eau. Même s'il y a beaucoup de place sur cette dernière, il y a tellement de monde sur les trajets les plus prisés les week-ends d'été qu'ils ne diffèrent pas beaucoup des grands axes routiers. Lorsque l'on est soûl, on ne maîtrise pas son véhicule, et à un gramme on est déjà pas mal ivre. … Un navigateur responsable tient compte du trafic et de ses passagers. C'est une question d'attitude." (04.07.2012)

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