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Revue de Presse | 05.07.2012

 

À LA UNE

La société civile vainc l'ACTA

478 députés ont voté contre l'ACTA, 39 pour et 165 se sont abstenus. (© AP/dapd)

 

Le Parlement européen a rejeté mercredi à une large majorité le traité anticontrefaçon ACTA décrié. Dans toute l'Europe, des millions de personnes avaient protesté en particulier contre les dispositions relatives aux droits d'auteur. Pour certains commentateurs, la décision du Parlement est une victoire de la société civile et de la communauté Internet. D'autres critiquent le bénéfice que les contrefacteurs retireront de l'échec du traité.

Večer - Slovénie

Le rejet est un succès pour les citoyens européens

Le Parlement européen a rejeté l'ACTA à une large majorité : 479 des 682 députés ont voté mercredi contre le traité anticontrefaçon controversé. Une grande réussite, écrit le quotidien conservateur Večer : "La décision prise hier par le Parlement européen est historique. Premièrement, parce que la compréhension européenne du droit d'auteur prend ainsi le pas sur la conception américaine. Deuxièmement, parce que la volonté des citoyens l'emporte sur les désirs des entreprises. Les contestations des citoyens ont joué un grand rôle dans la décision, car les politiques n'auraient pas autant écouté leurs électeurs si ceux-ci n'avaient pas protesté aussi bruyamment contre le traité. Troisièmement, c'est une décision historique car dans la lutte entre les institutions européennes, le Parlement européen a démontré son pouvoir sur la Commission. Lorsque celle-ci a signé le traité à l'époque, elle ne s'attendait probablement pas à ce qu'il soit mis en échec par des individus aussi 'insignifiants' que les députés européens." (05.07.2012)

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Gazeta Wyborcza - Pologne

"Qui ne saute pas est pour ACTA !"

Le rejet d'ACTA par le Parlement européen hier est une grande victoire de la société civile européenne, se réjouit le quotidien libéral Gazeta Wyborcza, qui souligne l'importance du rôle des Polonais : "Le peuple européen a agi. Car c'est sur sa pression que les politiques, qui avaient préparé et signé le traité, l'ont finalement abrogé. C'est aussi en grande partie grâce aux Polonais qui en plein hiver, par moins 20 degrés, sont descendus spontanément dans la rue en sautant et criant 'Qui ne saute pas est pour ACTA ! Hey !' Ces manifestations se sont´étendues depuis la Pologne à toute l'UE : partout, les gens ont sauté et protesté comme les Polonais. Environ trois millions de citoyens européens ont signé la pétition pour le rejet d'ACTA et ainsi, la démocratie a fini par l'emporter." (05.07.2012)

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Corriere della Sera - Italie

Le Parlement européen est soumis au cyber-peuple

En rejetant le traité ACTA mercredi, le Parlement européen a agi trop précipitamment et pris une décision inopportune, tempête le quotidien libéral-conservateur Corriere della Sera : "Sans attendre la décision de la Cour de justice de l'Union européenne [sur la compatibilité d'ACTA avec les droits fondamentaux], le Parlement européen a rejeté l'accord international qui aurait harmonisé les règles des différents pays. C'est paradoxal. Les normes de l'ACTA sont depuis longtemps prévues dans la législation de l'Italie et d'autres pays qui comptent parmi les signataires. L'Europe a ainsi déjà [au sein de la communauté] une protection contre le piratage. Mais elle offre - et c'est là que réside le paradoxe - une cible aux pays champions du monde de la contrefaçon : le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine. … Une fois de plus, les politiques européens se sont montrés ouverts aux arguments d'un 'cyber-peuple' mal défini. Mais derrière ces voix se cachent des intérêts très clairs, à savoir de ceux qui veulent gagner de l'argent grâce à la propriété intellectuelle des autres, sans pour autant investir." (05.07.2012)

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Financial Times Deutschland - Allemagne

Les opposants à l'ACTA sont aussi des lobbyistes

Les partisans et les opposants devraient tirer une leçon du rejet par le Parlement européen du traité anticontrefaçon ACTA, estime le journal économique libéral Financial Times Deutschland : "A l'avenir, le gouvernement allemand, la Commission et les parlementaires devraient éviter de rejeter en bloc toute critique et plutôt de l'aborder dès le début avec des arguments. … Et ils ne doivent pas redouter la critique venant d'Internet. Finalement, les cyberactivistes forment tout autant un lobby que les organisations de défense de l'environnement, les groupes énergétiques ou les représentants pharmaceutiques. Car comme eux, ils travaillent avec des exagérations, des allégations mensongères, des faux témoignages, qui peuvent être déjoués par des arguments factuels. Inversement, cela signifie pour les cyberactivistes que même s'ils ont réussi à s'imposer cette fois, ils ne doivent plus à l'avenir s'appuyer sur des vérités partielles s'ils veulent être impliqués dans les processus de décision politique. Sinon ils perdront rapidement leur crédibilité et leur nouvelle influence, alors qu'ils veulent être bien plus compétents que la politique établie." (05.07.2012)

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POLITIQUE

Kurier - Autriche

Débats lamentables sur le MSE en Autriche

Le Parlement autrichien a voté mercredi pour le fonds de sauvetage de l'euro MES et le pacte budgétaire. Les débats acharnés et notamment les discours du populiste d'extrême droite Karl Heinz Strache du FPÖ, Parti autrichien de la liberté, étaient lamentables, critique le quotidien libéral Kurier : "Des dates chargées historiquement ont été utilisées à mauvais escient. En s'appuyant sur des lois d'habilitation (Strache), Hitler a renforcé sa dictature en Allemagne, [le chancelier autrichien de 1932 à 1934] Dollfuß a dissous le Parlement de la même manière en Autriche. En comparant la tentative de stabiliser la construction financière européenne avec les années 1930, Strache s'est discrédité pour tout mandat à responsabilité dans le pays. … La question qui se pose alors à la politique et à la population c'est de savoir si nous sommes prêts, en tant que participants d'une communauté européenne, à vivre solidairement avec d'autres peuples. Cela peut nous apporter beaucoup mais nous coûter de l'argent et de la souveraineté. Les Autrichiens doivent le savoir et une majorité doit également véritablement le vouloir. Nous avons rapidement besoin que les Autrichiens se prononcent clairement en faveur de plus d'Europe. Le gouvernement doit aller dans ce sens." (05.07.2012)

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Il Sole 24 Ore - Italie

Une harmonie germano-italienne trompeuse

L'unité affichée par la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre italien Mario Monti mercredi lors de leur rencontre à Rome peut difficilement masquer les désaccords entre les deux pays, estime le journal économique libéral-conservateur Il Sole 24 Ore : "Il y a une grande harmonie sur les plans linguistique et culturel. Mais elle ne signifie pas pour autant un consensus sur les orientations et les objectifs dans une zone euro où il n'y a ni responsabilité politique commune, ni répartition juste de la charge des différents pays. L'harmonie renforce encore la frustration de ne pas être capable de surmonter les distances. Nous pouvons nous imaginer l'embarras dans lequel a été abordé hier à Rome le thème principal : le fonds de sauvetage de l'euro et la possibilité de l'utiliser pour acheter des emprunts d'Etat. Monti n'a plus beaucoup de temps, Merkel a les mains liées. … Le 10 juillet, la Cour constitutionnelle allemande étudiera la demande en référé déposée contre le MES. Il est peu probable qu'elle accepte les accusations, mais il est certain qu'elle restreindra fortement les objectifs et les domaines d'intervention du fonds de sauvetage." (05.07.2012)

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România Liberă - Roumanie

Le coup d'Etat roumain laisse indifférent

La coalition au gouvernement en Roumanie a destitué mardi, à la surprise générale, les présidents du Sénat et de la chambre des députés et les a remplacés par des membres de son camp. Elle entend d'ici la fin de la semaine présenter au Parlement un projet en faveur d'une procédure de destitution contre le président Traian Băsescu. Au vu de cette lutte de pouvoir, le quotidien România Liberă s'étonne du silence des citoyens roumains et de l'Europe : "La métamorphose du Parlement en une usine qui ne fait qu'instrumentaliser ses habilitations pour conférer le pouvoir entier au tandem [constitué du chef du Parti national libéral] Antonescu et [du Premier ministre] Ponta n'inquiète personne : elle n'alerte pas la société civile fragile pas plus qu'elle ne dérange la population roumaine. Le coup d'Etat est une tradition que l'on accepte parfois avec angoisse, parfois avec indifférence mais toujours sans rien dire. Le silence sur la dictature parlementaire qui prend la main en Roumanie n'est interrompu que sur Internet. … Même parmi les dirigeants de l'Union européenne qui assistent de loin au spectacle de l'affaiblissement d'un Etat de droit prévaut la règle du silence. … La Roumanie n'est qu'une annexe malade et exotique de l'Europe." (05.07.2012)

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ÉCONOMIE

Keskisuomalainen - Finlande

Condamner la manipulation des taux d'intérêts

L'ancien patron de la banque Barclays, Bob Diamond, a fait une déposition mercredi devant la commission d'enquête du Parlement britannique. Il avait démissionné, tout comme Marcus Agius, le président du conseil de surveillance, car il semblerait qu'ils aient manipulé le taux d'intérêt de référence Libor. Démissionner ne suffit pas, critique le quotidien libéral Keskisuomalainen : "Si les soupçons selon lesquels la plus grande banque britannique aurait manipulé le Libor se confirmaient, il est clair que les personnes et les sociétés devant payer pour ces actions répréhensibles seraient nombreuses. Les répercussions suite aux manipulations de taux d'intérêts se sont fait sentir en Grande-Bretagne mais aussi sur la scène internationale. … Il est inacceptable qu'une démission suffise à se disculper de manipulations de taux d'intérêts. Ces dernières doivent être considérées comme des actes criminels afin de pouvoir sanctionner pénalement les responsables. Barclays n'est pas la seule banque soupçonnée d'avoir manipulé les intérêts. Des enquêtes sur des cas semblables sont menées depuis des années non seulement en Europe mais aussi aux Etats-Unis et au Japon." (05.07.2012)

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Diário Económico - Portugal

Le Portugal se passerait bien des grèves

Au Portugal, les grèves d'avertissement se poursuivent ce jeudi dans le secteur public. Mais une fois de plus, c'est le pays secoué par la crise qui en pâtit, critique le journal économique Diário Económico : "Les pilotes de la compagnie aérienne nationale TAP ne sont pas les seuls à faire grève, il y a également les cheminots, la société nationale d'autocars à Lisbonne et même les médecins. … Le perdant, c'est le Portugal qui pâtit de l'interruption de dizaines de services et de l'image des manifestations de travailleurs et des troubles sociaux, qui entraîneront un manque à gagner pas uniquement dans le secteur du tourisme. Ces grèves ne semblent pas rencontrer une grande approbation dans la population, qui en souffre. … Mais impossible de détourner les syndicats des grèves. Et ce, alors que le Portugal lutte tout en respectant ses objectifs budgétaires et que la cinquième inspection de la troïka approche. Des ingrédients qui promettent un 'été chaud' pour le gouvernement." (05.07.2012)

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Avgi - Grèce

Les créanciers de la Grèce veulent faire les soldes

Le Premier ministre grec Antonis Samaras entend, avant la fin de l'été, faire progresser la privatisation des entreprises publiques, comme il l'a souligné dans un courrier adressé aux participants du sommet européen la semaine dernière. Le quotidien de gauche Avgi met en garde contre le pillage du bien national : "Le gouvernement se plie aux exigences des créanciers et place la vente du bien public en haut de ses priorités. ... Toutefois ces créanciers ne sont pas intéressés par des investissements en Grèce, ils se hâtent de faire de bonnes affaires ! Ils souhaitent acheter de l'immobilier public et des entreprises publiques en dépensant très peu d'argent. Ils verront alors ensuite s'ils investissent et dans quelles conditions. Il est évident que le pillage du bien public n'est pas un investissement, du moins pas un investissement qui vise la relance. … Il est devenu très urgent, c'est même une obligation nationale et sociale, que de faire front contre ce pillage." (04.07.2012)

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CULTURE

Politiken - Danemark

Roskilde renforce l'esprit de communauté

L'un des plus grands festivals de rock européens débute ce jeudi dans la ville danoise de Roskilde. Le quotidien social-libéral Politiken salue l'engagement bénévole des organisateurs : "Le festival de Roskilde a depuis longtemps acquis le statut de pilier culturel fondamental. Tous les ans, de nouvelles générations de jeunes gens couvrant un large éventail de musiques s'y font connaître. … Mais le festival n'est pas un moteur culturel uniquement au sens musical. A une époque où les dirigeants politiques s'entendent pour dire que seules les baisses d'impôts et les encouragements économiques peuvent motiver les individus, un festival organisé par des bénévoles rappelle que tout ne peut pas être calculé par des formules mathématiques. Le festival a réussi à conserver, étendre et moderniser l'esprit qui a amené des hippies à se rassembler pour la première fois en 1971. … Une occasion de remercier les milliers de personnes qui montrent cette année encore qu'une communauté peut faire de grandes choses." (05.07.2012)

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SOCIÉTÉ

The Guardian - Royaume-Uni

La découverte du CERN marque un cap

Les physiciens de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire, le CERN, ont présenté mercredi des recherches selon lesquelles tout porterait à croire que le boson de Higgs, qui était jusqu'à maintenant hypothétique, existe réellement. C'est une nouvelle sensationnelle, déclare le quotidien de centre-gauche The Guardian : "Le boson de Higgs est la première particule réellement nouvelle décrite par l'homme depuis une éternité - et il l'a maintenant découverte. Les philosophes et les scientifiques ont d'abord réduit le monde à des atomes puis à des particules fondamentales et ensuite à des quanta de force tels que la lumière. Le boson de Higgs ne porte pas simplement sur la matière qui nous compose ni sur la manière qu'elle a de communiquer, ce n'est pas non plus une autre couche d'un oignon infini de particules de plus en plus petites. ... C'est la première composante d'un mécanisme qui nous dit pourquoi l'univers est ce qu'il est aujourd'hui, pourquoi les étoiles brillent comme elles le font et pourquoi la lumière et la matière sont telles qu'elles sont. Qui parmi nous peut imaginer où cette découverte conduira dans un siècle, voire un millénaire ?" (04.07.2012)

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El País - Espagne

Un boson de Higgs arrive rarement seul

La réussite des physiciens du centre de recherche nucléaire, le CERN, prouve combien la coopération sur le plan international se justifie dans le secteur de la recherche, souligne le quotidien de centre-gauche El País : "Cela montre clairement, et en cette période d'austérité stricte en Espagne c'est un moment idéal pour s'en rendre compte, que les investissements dans la science sont nécessaires et importants. Il est prouvé que la coopération est possible et qu'elle amène des résultats que des participants à un projet communautaire aussi doués soient-ils n'auraient jamais pu atteindre seuls. Il reste à espérer que cet exemple porte ses fruits et soit un précurseur en matière de recherche nucléaire, de biotechnologie mais aussi dans d'autres domaines de la recherche et de la société." (05.07.2012)

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