Les festivités à l'occasion du cinquantenaire de la réconciliation franco-allemande du week-end dernier à Reims ont suscité peu de réactions, déplore le philosophe André Glucksmann dans le quotidien conservateur Le Figaro et explique que le manque d'intérêt est dû à la myopie des politiques actuels : "Parce que de Gaulle et Adenauer pensaient dans la longue durée. Derrière eux, il y avait trois guerres dont deux furent mondiales, devant eux, le projet à longue échéance d'un continent réunifié dans la démocratie. Leurs héritiers d'aujourd'hui sont victimes de la maladie - qu'ils partagent avec la plupart des élites - du 'court-termisme' ... Ils ne voient pas plus loin que leurs prochaines campagnes électorales, pas plus large que leur champ national, pas plus haut que leur cote de popularité. Ce sont des gestionnaires du jour le jour. Plus ou moins bons, plus ou moins habiles. Les grands défis, ils les écartent d'un revers de main. Une défense militaire commune ? Pas d'avancée depuis cinquante ans. Une diplomatie commune ? Rien d'autre que des ébauches institutionnelles peu claires et de pauvres initiatives ponctuelles. Le 'court-termisme', c'est les préjugés de toujours enveloppés dans le vocabulaire technique de la saison." (10.07.2012)
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