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Revue de Presse | 16.07.2012

 

À LA UNE

Nouvelle initiative de l'ONU pour la Syrie

Des manifestants à Damas - depuis dimanche auraient lieu dans la capitale syrienne les combats les plus rudes depuis le début de l'insurrection. (© SNN/AP/dapd)

 

Les Nations unies augmentent la pression sur la Russie et la Chine dans le conflit syrien, ces deux pays empêchant pour le moment que des sanctions plus sévères soient prises contre Damas au sein du Conseil de sécurité. L'envoyé spécial de l'ONU, Kofi Annan, se rend ce lundi à Moscou pour négocier, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, sera quant à lui à Pékin. Les commentateurs doutent que la Russie change d'attitude et mettent en garde contre un deuxième Srebrenica.

La Stampa - Italie

Le calcul cynique de Poutine

L'envoyé spécial de l'ONU en Syrie, Kofi Annan, se rend ce lundi à Moscou pour négocier le plan de paix avec le ministre des Affaires étrangères Sergeï Lavrov. Une rencontre avec le président Vladimir Poutine est prévue mardi. Une entreprise inutile car l'Occident n'a rien à offrir à Poutine en contrepartie d'une attitude plus conciliante, estime le quotidien libéral La Stampa : "Même si la position russe nous paraît cynique, il est clair pour le Kremlin que c'est justement grâce à son 'comportement excentrique' dans la crise syrienne qu'il a regagné en influence au Proche-Orient. Poutine est conscient qu'un soutien inconditionnel et illimité d'Al-Assad n'est pas possible mais il sait tout aussi bien que la chute du régime signifierait la fin de son influence dans la région. C'est ce qui rend un arrangement avec l'Occident si difficile. … Car indépendamment de la disposition de l'Occident à négocier avec Moscou pour ne pas humilier la Russie comme dans le cas de la Libye, l'Ouest n'a que deux options à lui proposer : rester sur sa position ou accepter de perdre son influence dans la Syrie post-Al-Assad." (15.07.2012)

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Večer - Slovénie

La Syrie, un nouveau Srebrenica

Le massacre récent en Syrie, dans lequel plus de 150 personnes auraient été tuées dans le village de Treimsa, montre qu'un deuxième Srebrenica se produit en Syrie, estime le quotidien conservateur Večer : "Avant sa visite en Slovénie jeudi prochain, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a assuré que la communauté internationale ferait tout pour éviter que le massacre de Srebrenica (avec plus de 8.000 victimes et que l'on a commémoré voilà quelques jours) ne se reproduise. Mais Srebrenica se réitère en Syrie. L'ONU et son Conseil de sécurité, au sein duquel toutes les résolutions sérieuses contre le régime syrien sont bloquées par le véto de la Russie et la Chine, n'est qu'un acteur édenté sur la scène internationale. … La présence des observateurs de l'ONU en Syrie rappelle elle aussi de plus en plus l'histoire de la guerre des Balkans, tout comme l'attitude d'Al-Assad rappelle toujours plus celle de Slobodan Milošević. Jusqu'à ce que les avions de l'OTAN survolent la Bosnie et la Serbie, Milošević a ignoré le monde entier, à l'exception de la Russie. … Si le scénario de la guerre des Balkans se reproduit, la Syrie a encore des années de lutte et des milliers de morts devant elle." (16.07.2012)

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Libération - France

Le système Al-Assad empêche le changement au pouvoir

La nature même du système d'Al-Assad fait que la Syrie ne pouvait pas suivre l'exemple de la Tunisie et de l'Egypte, estime le quotidien de centre-gauche Libération : "La Syrie échappe toujours au 'printemps arabe'. Après seize mois de rébellion et de répression sauvage, après des milliers de morts, Bachar est toujours au pouvoir. Les diplomates parlent d'une solution à la yéménite, où le dictateur honni a fini par céder le pouvoir à ses proches après un accord avec l'opposition. Mais cette hypothèse paraît aujourd'hui peu plausible en Syrie. Tout d'abord en raison de la nature même du système Bachar, un mélange pervers de dictature absolue et clanique, de corruption massive et de communautarisme où la minorité alaouite (environ 10% de la population) règne sur les véritables leviers du pouvoir : armée, services secrets, administration, milices. Enfin, toute résolution politique du conflit continue à échapper dans ce pays de minorités - alaouite, mais aussi chrétienne ou kurde - où le régime a habilement entretenu haines et peurs. Mais, le dos au mur, Bachar al-Assad reste prêt à sacrifier son pays pour tenter de sauver son pouvoir." (16.07.2012)

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POLITIQUE

Élet és Irodalom - Hongrie

Roumanie : la cohabitation génère la paralysie

Sur fond de lutte de pouvoir entre le gouvernement et le président en Roumanie, l'essayiste Zoltán Szabó Tibori souligne dans l'hebdomadaire de centre-gauche Élet és Irodalom que les conflits entre le Premier ministre et le chef de l'Etat sont pré-programmés par la Constitution roumaine : "En Roumanie, un système dit semi-présidentiel est ancré dans la Constitution. Cela signifie que l'exécutif ne revient pas seulement au Premier ministre mais aussi partiellement au chef de l'Etat. Le président peut participer aux conseils des ministres, il peut même les présider, il contrôle et dirige les principaux services secrets et a en particulier un poids significatif dans la politique étrangère et dans l'équilibre des intérêts sociaux. Le système roumain est en quelque sorte une forme hybride du système présidentiel français et du système parlementaire allemand. … Dans ce système, les conflits entre le Premier ministre et le président sont courus d'avance, même si ces derniers appartiennent au même camp politique. En cas de cohabitation, le système n'est pratiquement pas viable et peut entraîner une longue paralysie." (16.07.2012)

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Der Standard - Autriche

Un président de l'UE ne remplace pas la collaboration

Le chef de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker s'est exprimé, dans une interview avec le magazine d'information Der Spiegel, en faveur d'un président de l'UE élu directement et il est convaincu que cette alternative favoriserait l'intégration. Toutefois un tel dirigeant à la tête d'une fédération ne peut pas remplacer le manque de volonté pour une collaboration productive des pays de l'UE, estime le quotidien de centre-gauche Der Standard : "De nouveaux systèmes électoraux ne sont pas plus la panacée pour surmonter le scepticisme des citoyens face à l'intégration européenne [que l'introduction rapide de l'euro à l'époque]. Même si on passe outre le fait que la plupart des gouvernements n'accepteraient jamais que les positions-clés soient occupées à Bruxelles sans qu'ils aient leur mot à dire, les conditions émotionnelles et culturelles manquent pour une campagne électorale paneuropéenne. Que les Etat de l'UE ou du moins les pays de la zone euro doivent se resserrer les coudes est une évidence. Toutefois, avant d'y arriver, le chemin reste parsemé d'embûches et frustrant. Des chefs de gouvernement en désaccord et des compromis difficiles à obtenir offrent une image détestable et contribuent à l'euroscepticisme. Toutefois, aucune alternative ne remplace l'astuce et le terrain d'entente, le rêve d'un président européen puissant n'aidera pas vraiment." (16.07.2012)

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ÉCONOMIE

Jornal de Negócios - Portugal

La lutte du Portugal contre le déficit

Après le véto de la Cour constitutionnelle portugaise contre les mesures d'austérité du gouvernement, celui-ci doit chercher d'autres moyens de réduire le déficit budgétaire. Le journal économique Jornal de Negócios appelle à agir rapidement : "Le ministre des Finances Gaspar a déjà fait comprendre que le programme actuel visant à atteindre les objectifs de déficit doit être adapté sans remettre pour autant en question le calendrier. Notre Premier ministre [Coelho] assure qu'aucune augmentation des impôts n'est prévue. Mais personne ne sait ce que prévoit ce gouvernement. … Toute solution nécessite des négociations difficiles avec la troïka. La prochaine inspection des créanciers n'aura lieu qu'en août mais attendre jusque-là pour proposer un programme serait une erreur, car les marchés financiers ne tolèrent aucune incertitude. … Le gouvernement devrait les devancer et négocier dès maintenant une solution qui puisse être présentée aux Portugais et aux marchés." (16.07.2012)

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Rzeczpospolita - Pologne

Les marchés mettent l'UE sous pression

L'agence de notation américaine Moody's a baissé vendredi la note souveraine de l'Italie de A3 à Baa2 de sorte que le pays ne se trouve actuellement qu'à deux rangs de la catégorie spéculative. Pour le quotidien conservateur Rzeczpospolita, il est clair que les mesures du sommet européen d'il y a deux semaines n'ont aucun effet et que l'Union ne pourra pas continuer comme elle l'a fait jusqu'à maintenant : "Il n'y aura pas de réforme radicale [de l'UE] car des disparités énormes existent entre les différents pays, par exemple entre la France et l'Allemagne et l'Europe méridionale. L'Allemagne n'acceptera jamais que les dettes des différents pays soient réparties entre tous. En effet, cela conduirait à une hausse de ses propres obligations d'Etat. Et l'Allemagne ne veut pas que la BCE devienne la planche à billets de l'euro. … On attend désormais plus que quelques programmes de sauvetage, mesures incitatrices ou banques dirigées par l'UE, nous avons besoin de modifications et de réformes fondamentales pour notre économie qui n'est pas à la hauteur de la concurrence asiatique. Sans nouveau système fiscal, sans un marché du travail flexible et sans une augmentation de l'efficacité du travail, rien ne bougera." (16.07.2012)

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ABC - Espagne

Les nouveaux horaires d'ouverture sont avantageux

Dans la région de Madrid, les horaires officiels de fermeture des magasins ont été supprimés dimanche, ces derniers peuvent désormais ouvrir aux heures qu'ils souhaitent. Le quotidien conservateur ABC se réjouit car cela va permettre de créer des emplois : "La libéralisation des horaires d'ouverture des magasins est une mesure positive qui va dans le bon sens pour nous libérer de la crise économique. Au lieu de créer des obstacles bureaucratiques à effet de sanction, il s'agit de permettre aux commerçants de proposer leurs offres de manière flexible et de pouvoir les adapter aux besoins des consommateurs. L'argumentation selon laquelle ce règlement favorise les grands supermarchés au détriment des petits commerces dans les zones résidentielles n'a pas sa place dans le cadre de la législation du libre marché dans un monde internationalisé. … Plus il y aura de libertés, plus cela sera appréciable pour tous, car cela permettra de créer de nouveaux emplois." (16.07.2012)

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Trouw - Pays-Bas

La digue de Rotterdam n'est pas suffisante

Aux Pays-Bas, la digue de onze kilomètres de long agrandissant le port de Rotterdam a été terminée le 11 juillet. Avec ce "Maasvlakte 2" (deuxième zone dans l'embouchure de la Meuse), le premier port européen est censé augmenter de 20 pour cent d'ici 2015. Bien que cette construction constitue un chef d'œuvre technique, son intérêt économique reste incertain, juge le quotidien social-chrétien Trouw : "Il faudra des décennies avant que les investissements soient payants. Pour qu'ils soient rentabilisés, le commerce et le transport par containers doivent continuer à suivre une évolution positive, et ce, à une époque où le commerce se déplace de plus en plus vers l'Est. … On peut également se demander si les Pays-Bas doivent se concentrer sur ce secteur. Le transbordement de marchandises produit certes des recettes, mais il n'y a aucune valorisation dans le secteur de la logistique. … 'Maasvlakte 2' a certes réussi en tant que projet mais il n'est pas suffisant pour endiguer la concurrence économique colossale dans le monde." (16.07.2012)

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SOCIÉTÉ

Dagens Nyheter - Suède

Les filets de plus en plus grands de la police

La police suédoise procède de plus en plus souvent à des prélèvements de salive généralisés lors d'enquêtes. Le quotidien libéral Dagens Nyheter met en garde contre une évolution qui créerait des suspects avant un quelconque crime : "Plus le filet est grand, plus la pêche aux suspects est fructueuse. Mais on pêche aussi davantage d'autres proies. Jusque-là, le travail de la police consistait à chercher le coupable une fois qu'un crime avait été commis. Aujourd'hui, on tient d'abord un coupable avant de chercher un crime. ... Cela revient à un renversement des marées. Et ce n'est pas sans poser problème. … C'est une attaque à l'intégrité de la personne, qui n'est en rien comparable au délit commis. Même les suspects ont droit à une certaine protection de la personne. Les prélèvements de salive réalisés régulièrement par la police reflètent l'idée selon laquelle il y a 'nous et les autres'. Des individus ayant commis des délits dans leur jeunesse peuvent resurgir, car les données sont stockées pendant 30 ans dans les bases." (16.07.2012)

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MÉDIAS

Blog Carta - Allemagne

Echec des journalistes dans les meurtres néonazis

Face aux manquements dans l'enquête sur les meurtres en série du trio néonazi "NSU", Clandestinité national-socialiste, le data-journaliste Lorenz Matzat critique sur le blog Carta la couverture médiatique des crimes : "Au départ déjà, il n'y a pas eu d'équipe d'investigations ces dernières années pour remettre en cause les histoires racontées par les autorités sur les 'meurtres des kebabs'. … La profession qui aime à se considérer comme le quatrième pouvoir du pays aurait été ici plus qu'indispensable et elle a échoué dans son domaine. Il est étonnant de constater que manifestement, on a toujours cru sans trop poser de questions les communiqué des différentes autorités, dont les collaborateurs ont menti et magouillé sciemment par le passé. … On peut toutefois aussi en faire le reproche à la société civile. Alors que des chasseurs de plagiat portaient à la une plusieurs politiques (ou faisaient tout pour) avec une énergie toute particulière par crowdsourcing, 'la communauté des réseaux sociaux' largement récriée n'a fait apparaître aucune plate-forme digne de ce nom rassemblant des faits, des rumeurs ou des indices au sujet du NSU." (13.07.2012)

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SPORT

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Le départ de Blatter, la meilleure réforme de la Fifa

Le président de la Fédération internationale de football (Fifa), Sepp Blatter, a laissé entendre que l'Allemagne avait payé pour être désignée pays organisateur de la Coupe du monde de football de 2006. Le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung réclame une enquête de fond de toutes les interdépendances de la Fifa et mise sur la démission de Blatter : "Ce qui s'est passé dans les coulisses en 2000, lorsque l'Allemagne a été déclarée pays d'accueil de la Coupe du monde, doit désormais être élucidé. … A l'époque il y a effectivement eu des négociations sportives et économiques surprenantes dans et avec les pays dont les voix prédominaient pour que l'Allemagne soit choisie. Il est toutefois aussi indéniable que la Fifa, avec ses règlements de candidature largement laxistes quant à l'attribution de la Coupe du monde, a ouvert un terrain propice à la corruption. … Cela semble donc d'autant plus absurde que Mark Pieth, le nouveau réformateur de Blatter, veuille donner l'impression que l'on pourrait assainir ce cloaque grâce à des comités et de nouveaux règlements. L'expert de la gouvernance de Bâle continue à parier sur Blatter, l'homme qui a rendu les réformes indispensables. … Pieth est tout à fait en mesure d'obtenir une modification éclatante en démissionnant de son poste à la Fifa. Alors il ne resterait à Blatter qu'à faire ce qu'il aurait déjà dû faire depuis longtemps, partir." (16.07.2012)

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The Times - Royaume-Uni

Fiasco dans la sécurité des JO de Londres

Deux semaines avant le début des Jeux olympiques de Londres, la société de sécurité G4S chargée de l'évènement sportif a annoncé que moins de la moitié de son personnel était prêt. Un fiasco pour le quotidien conservateur The Times, qui critique l'intervention désormais nécessaire de l'armée : "Une note interne du ministère de l'Intérieur a prévenu il y a seulement trois mois d'un 'grave déficit par rapport au nombre d'agents de sécurité prévu'. Qui d'autre était au courant ? Apparemment pas Nick Buckles, le directeur général de G4S. Il a déclaré samedi qu'il savait 'depuis huit ou neuf jours' qu'il y avait un problème. Si c'est le cas, il faut tristement en conclure que cette société n'est pas vraiment bien dirigée. … 3.500 soldats doivent donc intervenir en urgence, camper dans de misérables entrepôts et sacrifier leur temps libre, leur famille et leur bien-être. L'entraînement et les arrangements futurs en pâtiront, l'armée étant déjà surchargée, et tout cela aura un coût." (15.07.2012)

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