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Revue de Presse | 18.07.2012

 

À LA UNE

Mauvaise note de l'UE à la Roumanie

Le président de la Commission européenne, Barroso, a convoqué le Premier ministre, Ponta, à Bruxelles la semaine dernière. La Commission demande maintenant à Bucarest de "rétablir le respect de l'Etat de droit". (© AP/dapd)

 

La Commission européenne voit l'Etat de droit roumain menacé par la politique du nouveau gouvernement à Bucarest. Dans son rapport d'avancement annuel sur la Roumanie, qu'elle publie aujourd'hui, elle appelle le Premier ministre, Ponta, à corriger les mauvaises tendances d'ici la fin de l'année. Les commentateurs se félicitent de la pression croissante exercée par Bruxelles mais rappellent que la démocratie est également mise à mal dans d'autres pays de l'UE.

Adevărul - Roumanie

Une adieu éclair à la démocratie

Bruxelles envoie ce mercredi aux membres de l'UE son rapport annuel d'avancement sur la réforme de l'Etat en Roumanie et en Bulgarie. Selon les médias, la Commission se montre très préoccupée par l'application des standards démocratiques dans son rapport sur la Roumanie. Le quotidien Adevărul n'est pas étonné étant donné la soif de pouvoir du nouveau gouvernement Ponta : "Ce rapport nous renvoie l'image de ce que nous sommes devenus dans la douleur et si rapidement en l'espace de 17 jours seulement : une incroyable abomination. … Mais lorsque nous l'aurons compris, il sera trop tard. Nous repartirons du début en espérant que ces dommages pourront être réparés d'ici quelques années, après cette attaque insensée contre la démocratie. Nous perdons de nouveau des années précieuses, uniquement parce que quelques irresponsables veulent le pouvoir. Qu'a obtenu ainsi le trio [de la coalition gouvernementale] Ponta-Antonescu-Voiculescu ? Il a montré à l'Europe que notre fragile démocratie pouvait être achevée d'un seul coup. Et que l'Etat de droit est une illusion qui peut être enterrée par quelques décrets-lois." (18.07.2012)

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Magyar Nemzet - Hongrie

Băsescu pourrait redevenir président

Sous la pression de l'UE, le gouvernement de transition roumain a assuré qu'au moins la moitié de l'électorat devait participer au référendum sur le maintien du président Traian Băsescu - comme le prévoit la Constitution. Cela pourrait aller dans le sens de Băsescu estime le quotidien conservateur Magyar Nemzet : "La pression sur les nouveaux maîtres à Bucarest semble porter ses fruits : le gouvernement Ponta a fait marche arrière sur le référendum prévu le 29 juillet. Il s'est vu obligé d'accepter la condition de la Constitution stipulant que la moitié des électeurs doit participer à un référendum pour qu'il soit valable. Cela signifie qu'il faut mobiliser environ neuf millions d'électeurs. Si ce n'est pas le cas, Băsescu pourra se réinstaller dans son palais présidentiel, quelle que soit l'issue du scrutin. Mais bien que la faible disposition des électeurs à se rendre aux urnes soit à son avantage, le politique de centre-droit Băsescu s'engage à fond pour encourager les Roumains à aller voter." (18.07.2012)

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Dagens Nyheter - Suède

L'UE doit enfin être plus sévère

L'UE a été trop indulgente en acceptant la Roumanie dans ses rangs, tout comme pour la Grèce et elle n'a pas exigé le respect de certains critères, estime le quotidien libéral Dagens Nyheter, qui appelle Bruxelles à se réveiller enfin : "L'UE doit essayer d'empêcher que la démocratie soit foulée aux pieds dans plusieurs pays membres. La Roumanie et la Bulgarie sont des cas à part mais l'évolution de ces dernières années en Hongrie montre à quel point la disposition de l'Union à agir est limitée. … La réaction docile de Bruxelles s'explique par le fait que l'on ne peut tirer les oreilles de pays que s'ils transgressent les lois de l'Union, et cela ne concerne que des domaines très limités. Il y a en outre 'l'arme nucléaire' (l'article 7 du traité de Lisbonne) qui peut être mise en œuvre contre un Etat qui met gravement à mal la démocratie. Le droit de vote peut alors lui être retiré. L'UE doit se préparer à cette option." (18.07.2012)

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POLITIQUE

Berliner Zeitung - Allemagne

L'Europe doit freiner le culte d'Horthy en Hongrie

Les politiques européens sont excédés, et à juste titre, par les évolutions en Roumanie, mais dans le même temps, ils gardent le silence sur la situation en Hongrie, ce qui n'est pas normal, estime le quotidien de centre-gauche Berliner Zeitung car "depuis la prise de pouvoir de l'ultraconservateur Viktor Orbán, une lutte culturelle qui remet en cause toutes les valeurs bat son plein. … On érige actuellement de nombreux monuments à la mémoire du régent du royaume de Hongrie [Miklós Horthy], qui a dirigé le pays entre 1920 et 1944, on rebaptise des rues avec son nom. Horthy est en partie responsable de l'anéantissement des Juifs hongrois même si leur déportation systématique n'a commencé qu'après sa chute. C'est Horthy qui a ratifié les lois discriminatoires contre les Juifs en 1938. … Des protestations contre un tel révisionnisme historique se manifestent hors des frontières de l'Europe. Le prix Nobel de la paix Elie Wiesel a rendu son ordre du mérite hongrois. Dans une lettre adressée au président du Parlement, Laszlo Köver, il écrivait courroucé que les autorités permettaient que 'les épisodes tragiques et criminels du passé hongrois soient enjolivés'. Köver est désormais persona non grata en Israël. … On espère que des politiques européens rompront le silence." (18.07.2012)

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Vilniaus diena - Lituanie

Pas de nouvel Irak en Syrie

Sur fond de combats incessants en Syrie et de négociations échouées en Russie et en Chine, le quotidien Vilniaus diena met en garde contre un possible scénario irakien : "Il est dangereux de forcer un changement de régime tel que le proposent les soi-disant amis de la Syrie ou plus précisément les 'amis de l'opposition syrienne'. Car dans une telle situation il y a de fortes chances que l'on assiste à un nouveau scénario irakien en Syrie. … Les combats qui ont lieu actuellement en Syrie opposent des groupes religieux différents et non pas, comme en Egypte et en Libye, le régime et la société. … Le changement de régime en Syrie pourrait avoir lieu sous contrôle, si l'on met en place un levier diplomatique. … Les deux camps [alévites et sunnites] pourraient détacher leurs représentants dans un nouveau gouvernement d'alliance ce qui affaiblirait la confrontation actuelle. Bachar Al-Assad ? En fait, il pourrait rester à la tête du pays avec des pouvoirs fortement restreints." (17.07.2012)

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Aamulehti - Finlande

Helsinki garde la face vis-à-vis de l'Espagne

La Finlande et l'Espagne se sont mises d'accord pour que Madrid garantisse la part finlandaise des aides européennes pour le pays en crise. Ainsi Helsinki voit ses revendications acceptées et plus aucun obstacle ne bloque le programme de sauvetage pour l'Espagne, que les ministres des Finances de la zone euro entendent faire progresser vendredi lors d'une conférence téléphonique. Ces garanties sont toutefois principalement importantes pour la politique intérieure finlandaise, estime le quotidien libéral Aamulehti : "Les garanties sont avant tout un cache-misère pour le gouvernement, qui le protège de l'opposition rigide et de la population mécontente de l'aide apportée aux pays en crise. Le gouvernement peut désormais déclarer qu'il a protégé les impôts des Finlandais et que parallèlement il participe au sauvetage de l'Europe. Le prochain épisode du feuilleton politique sera projeté jeudi et vendredi au Parlement quand tous se retrouveront en pleine période estivale pour traiter du rapport du gouvernement concernant le programme d'aide à l'Espagne. … C'est une bonne chose que l'accord sur les garanties avec l'Espagne ne soit pas traité de manière confidentielle comme cela a été le cas pour celui de la Grèce. La transparence est un des principes de base de la démocratie sans lequel un débat sur le programme de sauvetage serait inutile." (18.07.2012)

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Libération - France

La Bosnie-Herzégovine a besoin de l'UE

L'Union européenne doit protéger la démocratie en Bosnie-Herzégovine des tendances ultranationalistes en Serbie, demande Benjamin Abtan, président du European Grassroots Antiracist Movement, dans le quotidien de centre-gauche Libération : "En Bosnie-Herzégovine, le douloureux passé de la guerre, du siège de Sarajevo et de l'épuration ethnique fait partie du présent. Les partis politiques dominants sont ceux qui étaient déjà en place durant la guerre, et les mêmes idéologies ultranationalistes s'expriment toujours aussi librement. On attend de l'Europe qu'elle oblige [le nouveau président serbe Tomislav] Nikolic à respecter les droits de l'homme et à contenir les nationalistes serbes. Pour ne pas continuer à abandonner la démocratie en Bosnie-Herzégovine et ailleurs, l'Europe doit changer de position et considérer de nouveau que son projet collectif est la construction d'un espace politique défini par la paix, l'égalité entre les individus, la prospérité partagée et des droits sociaux élevés." (18.07.2012)

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ÉCONOMIE

Cinco Días - Espagne

Les investisseurs étrangers se défient de l'Espagne

Les obligations publiques espagnoles ont été émises mardi à un taux d'intérêt plus modéré que celles du mois précédent. Toutefois les investisseurs étrangers sont de moins en moins nombreux à acheter de la dette publique du pays, ce sont surtout les banques espagnoles qui interviennent, met en garde le journal économique Cinco Días : "La rencontre d'hier avec les marchés financiers, la première depuis l'annonce du nouveau programme d'austérité de 56 milliards, s'est bien déroulée pour les caisses de l'Etat espagnol. Les obligations avec des échéances de 12 et de 18 mois ont été assez demandées et les taux d'intérêts, comparés à ceux du mois dernier, se sont détendus. A première vue, cela indique un apaisement des marchés et l'on pourrait penser que les investisseurs ont vu d'un bon œil les plans d'austérité de Rajoy. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Ces émissions ont été principalement achetées par des banques espagnoles alors que les investisseurs étrangers se montraient réticents. C'est un indice supplémentaire montrant la méfiance croissante face à la situation budgétaire et à l'évolution économique en Espagne." (18.07.2012)

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La Stampa - Italie

La Sicile, la poule aux œufs d'or des politiques

Selon l'estimation du gouvernement italien, la Sicile est au bord de la faillite. Le Premier ministre Mario Monti rend les autorités locales responsables et a demandé mardi au gouverneur de la région, Raffaele Lombardo, de démissionner. Les politiques locaux ont exploité la Sicile de manière éhontée et désormais le pays tout entier doit payer les pots cassés, tempête le quotidien libéral La Stampa : "Une région qui sert de distributeur de billets aux politiques, voilà ce qu'est la Sicile aujourd'hui, et elle se trouve au bord de la faillite. … Comment a-t-on pu en arriver là ? C'est tout simple, les dépenses exubérantes, la mentalité des fonctionnaires dépourvus de toute logique et livrés à eux-mêmes, le gaspillage des fonds publics à outrance. … Le statut de région autonome servait de prétexte à la Sicile pour lui permettre de faire comme elle l'entendait. Ces temps sont révolus. Car nous sommes arrivés à un point où le budget national doit venir à sa rescousse. Le discours doit maintenant être clair et malheureusement nous devrons tous payer les pots cassés de cette nouvelle situation d'urgence." (18.07.2012)

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Kathimerini - Grèce

Les privatisations n'aideront pas la Grèce

Le gouvernement grec veut accélérer les privatisations pour augmenter les recettes de l'Etat. La troïka attendait pour 2011 50 milliards d'euros de recettes grâce aux privatisations, mais selon un rapport du fonds chargé de la gestion des biens publics, il ne faut compter que sur sept milliards d'euros. Le quotidien conservateur Kathimerini se demande si, au vu de ces perspectives, la Grèce doit malgré tout procéder à des privatisations : "Comme beaucoup d'autres calculs de la troïka, celui des privatisations s'est avéré trop optimiste et irréaliste. A moins qu'elle n'ait inclus dans ses estimations la vente d'actifs latents tels que les ressources naturelles ou sous-marines. … Le pays doit prendre une décision historique qui pourrait déterminer son avenir pour des dizaines d'années : cèdera-t-il des biens et des ressources d'une importance stratégique, tels que le contrôle du secteur de l'énergie et de l'eau, des ports ou des aéroports, pour réduire ses dettes à hauteur de sept milliards d'euros ? A quel point cette réduction des dettes aidera-t-elle le pays ravagé et sa population ?" (18.07.2012)

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Neatkarīgā - Lettonie

La Lettonie rurale se vide

La ministre des Affaires sociales de Lettonie, Ilze Viņķele, a suggéré que l'Etat subventionne le déménagement de chômeurs ayant trouvé un emploi dans une autre ville. Cela risque de favoriser le mouvement migratoire rural vers les centres urbains, critique le quotidien Neatkarīgā : "Salariés ou chômeurs, la population est primordiale en milieu rural. La plupart du temps, les gens préfèrent rester là où ils ont leurs racines, leur famille et leurs amis et font la navette jusqu'à leur travail. Pour cette raison, le soutien public pour ces travailleurs qui font le trajet tous les jours est une bonne idée. Mais cela ne peut être qu'une solution à court terme. … Sur le long terme, les entreprises doivent être motivées pour investir en milieu rural et l'Etat devrait plutôt soutenir les spécialistes qui quittent la ville pour la campagne. Cela vaut particulièrement pour les habitants du Latgale [région à l'est du pays] où, selon les sondages, la pénurie de main-d'œuvre qualifiée empêche les investissements. Et nous voilà revenus à un problème bien connu, le manque de stratégie pour le développement régional." (18.07.2012)

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SOCIÉTÉ

The Times - Royaume-Uni

Le défi posé par les seniors britanniques

Selon des chiffres publiés lundi, la population a connu une croissance de sept pour cent au cours des dix dernières années en Angleterre et au Pays de Galles - la croissance démographique la plus forte depuis le début des recensements en 1801. Une source d'inquiétude pour le quotidien conservateur The Times : "Cela signifie que ce pays doit trouver comment payer le prix croissant des dépenses de santé. Près de la moitié de la croissance démographique provient de l'allongement de la durée de vie, qui découle elle-même de la meilleure qualité du système de santé et d'un taux de fécondité plus élevé. Il faut une solution au couteux chaos que constitue la couverture sociale. Il faut améliorer le système de retraite pour les personnes qui sont mal préparées pour leurs vieux jours. Il faut s'attaquer aux avantages non nécessaires accumulés par les personnes âgées indépendamment de leurs moyens. Et il faut trouver un moyen d'utiliser le potentiel productif des seniors une fois passé l'âge de la retraire habituel." (18.07.2012)

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COULEURS LOCALES

Duma - Bulgarie

Commune en charrette, maire en Mercedes

Le maire de la commune de Hitrino, 6.000 habitants, dans le nord de la Bulgarie manquant d'infrastructures dispose comme voiture de fonction d'une Mercedes avec équipement de luxe, d'une valeur de 55.000 euros. Il s'est justifié auprès de journalistes en argumentant qu'il avait voulu faire plaisir à ses électeurs avec cette voiture, payée par le budget municipal. Le quotidien socialiste Duma ne peut que se moquer : "Les habitants sont, bien entendu, ravis de voir leur maire se promener dans un carrosse de luxe à leurs frais, alors qu'ils ne peuvent se payer qu'une charrette. Car les habitants se moquent de n'avoir qu'une charrette, ce qui compte c'est la joie qu'ils ressentent au fond de leur cœur. Quoi ? Les routes sont impraticables ? Il n'y a pas de tout-à-l'égout, de médecins, d'écoles, de maisons de retraite, de travail ? Il faut passer outre. Même si l'on a du mal à boucler ses fins de mois, il n'y a aucun problème, puisque, malgré tout, la chance nous sourit." (17.07.2012)

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