Depuis deux ans, politiques, médias et économistes mettent en garde contre la fin de l'euro. Mais quelle est la gravité réelle de la situation, s'interroge Frank de Vree, professeur en sciences des médias à Amsterdam, dans l'hebdomadaire de gauche De Groene Amsterdammer : "Par temps de crise financière, les médias et la politique semblent céder trop vite à une rhétorique de crise alimentée par la quête du sensationnel. Les points de vue extrêmes et les intérêts des partis obtiennent ainsi une large audience, les battages médiatiques se succèdent et les débats dégénèrent en cacophonie. Et comme c'est souvent le cas dans les cercles économiques, les nouvelles de crise se transforment en prophétie autoréalisatrice. Quand chacun annonce que la situation se dégrade, c'est ce qui se produit. Pendant que les mécanismes et les pouvoirs initiateurs ou profiteurs des chocs financiers restent en grande partie confus, nous, les citoyens, perdons fil. Nous ne savons pas vraiment ce qui se passe autour de nous et si cette crise ne connaît que des perdants, comme on semble le suggérer. Ce qui reste c'est le sentiment que nous sommes devenus en Europe la balle de processus et de puissances financières incontrôlables ou du moins invisibles." (03.08.2012)
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