Dans le procès intenté contre Gu Kailai, la femme de l'ex-homme politique Bo Xilai, la justice chinoise ne cherche pas à élucider le motif de l'assassinat car cela pourrait dévoiler une affaire d'espionnage susceptible de remettre en question l'ensemble de l'appareil politique, estime le journal économique libéral-conservateur Il Sole 24 Ore : "Le motif de l'homicide est encore incertain. D'après la version courante à Pékin, c'était une question d'argent. Mais une deuxième thèse indique que l'histoire pourrait être plus compliquée. [La victime présumée, l'homme d'affaire britannique] Heywood pourrait avoir été un espion. … Dans ce pays qui grouille de fantômes et de suspects, il suffit d'évoquer l'espionnage pour mettre en branle l'appareil politique complexe. Car si Heywood avait été un espion, alors Bo serait automatiquement soupçonné de haute trahison, un péché mortel pour tout Chinois. Cela viendrait certes conforter le bureau politique qui a destitué Bo, le pourfendeur de l'idéologie maoïste populiste. Mais dans le même temps, un tel soupçon impliquerait tout l'appareil politique dans l'affaire, celui-ci n'ayant pas été en mesure de se protéger des noyautages. Le silence est donc la meilleure alternative." (10.08.2012)
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