Navigation

 

Revue de Presse | 17.08.2012

 

À LA UNE

Polémique autour de l'asile accordé à Assange

Les partisans d'Assange manifestent jeudi devant l'ambassade équatorienne à Londres. (© AP/dapd)

 

L'Equateur a accordé jeudi l'asile politique au cofondateur de Wikileaks Julian Assange. Par crainte d'une extradition vers la Suède, celui-ci a trouvé refuge depuis le mois de juin à l'ambassade équatorienne à Londres. Pour les commentateurs, l'assaut de l'ambassade envisagé par la Grande-Bretagne serait une violation inédite des conventions internationales. Ils demandent néanmoins à ce qu'Assange réponde en Suède des accusations d'agression sexuelle portées à son encontre.

The Guardian - Royaume-Uni

Une infraction inédite du droit international

Des diplomates britanniques ont déclaré mercredi que le droit britannique autorisait une arrestation du cofondateur de Wikileaks Julian Assange, qui a trouvé refuge depuis le mois de juin à l'ambassade équatorienne à Londres. Pour le quotidien de centre-gauche The Guardian, donner l'assaut à l'ambassade constituerait une intervention inédite : "Ce serait aller si loin dans la violation du droit international et des conventions diplomatiques qu'il est difficile de ne trouver, ne serait-ce qu'un exemple, d'un gouvernement démocratique procédant à une telle menace, et encore moins la mettant à exécution. … Dans le même temps, cela montre l'importance de disposer de gouvernements indépendants des Etats-Unis et qui - contrairement à la Suède et à la Grande-Bretagne - ne collaborent pas à la persécution d'un journaliste par simple opportunisme. On peut espérer que d'autres gouvernements feront savoir à la Grande-Bretagne que la menace d'envahir l'ambassade d'un autre pays l'exclut du cercle des nations légalistes. … On verra désormais si le gouvernement britannique respecte le droit international et les conventions sur les droits de l'homme, et permettra à Assange de se rendre en toute sécurité en Equateur." (16.08.2012)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

NRC Handelsblad - Pays-Bas

Eviter d'envenimer la situation

La Grande-Bretagne n'exclut pas d'aller arrêter le cofondateur de Wikileaks Julian Assange dans l'ambassade d'Equateur. Londres dispose de ce droit, estime le quotidien libéral NRC Handelsblad, qui appelle néanmoins à privilégier une solution diplomatique au conflit : "C'est un malentendu largement répandu que de croire que les ambassades constituent un territoire extraterritorial. La réserve est pourtant de mise. L'immunité dont bénéficie un poste diplomatique est censée réguler les rapports diplomatiques et ne pas être politisée inutilement en cas de tensions bilatérales. Mais les citoyens en profitent aussi. Il n'arrive pas très souvent que les ambassades de pays hostiles aux Etats-Unis comme l'Equateur deviennent des refuges. C'est souvent l'inverse. … La meilleure alternative serait que le procès contre Assange pour agression sexuelle présumée ait lieu en Suède, mais que celui-ci ne soit pas extradé aux Etats-Unis en raison de ses activités contre l'Etat américain. Une sanction disproportionnée l'y attend. Mais ce n'est envisageable que si les pays concernés, comme la Grande-Bretagne et la Suède, œuvrent pour cela au niveau diplomatique." (17.08.2012)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Die Presse - Autriche

Assange bon pour l'Equateur

Le cofondateur de Wikileaks Julian Assange convient tout-à-fait à l'autoritaire Equateur, estime le quotidien libéral-conservateur Die Presse, car ce qui lui importe n'est pas la lutte pour la liberté d'opinion mais le combat contre la puissance mondiale américaine : "Wikileaks voulait être le flambeau de la démocratie éclairée, au lieu de cela, c'est devenu l'arme numérique des ennemis de l'Amérique. Et devant le comportement de Julian Assange, il faut en conclure que cette évolution n'était pas un hasard mais une intention. Le chef de Wikileaks effectuant à la demande de Vladimir Poutine des entretiens télévisés flatteurs de champions de la démocratie comme le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah, les Etats-Unis ne peuvent que le voir comme le 'grand satan'. Le fait qu'Assange puisse fuir en Equateur avec la protection de l'immunité diplomatique est donc logique. Il pourra désormais débattre des avantages de la liberté d'opinion avec le chef d'Etat Rafael Correa, lequel traîne devant les tribunaux les journalistes indésirables." (17.08.2012)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Dagens Nyheter - Suède

Le système juridique suédois bafoué

L'Equateur a accordé l'asile politique au cofondateur de Wikileaks Julian Assange, indiquant que celui-ci, après son extradition en Suède, subirait probablement un procès injuste aux Etats-Unis. Cela devrait faire réfléchir les politiques et les autorités suédois, estime le quotidien libéral Dagens Nyheter : "Pendant presque deux ans, il a été impossible de conclure les enquêtes car Assange s'est soustrait au système judiciaire suédois. Cela signifie que les droits des deux femmes [qui l'accusent d'agression sexuelle] resteront suspendus. Cet accord d'asile devrait également être l'occasion d'un examen autocritique des autorités et des représentants gouvernementaux suédois. La très mauvaise image partiellement véhiculée du système juridique suédois le prive de sa légitimité. La Suède est un Etat de droit et la procédure contre Assange repose sur ses principes, à l'instar d'un éventuel procès. Mais les politiques suédois se sont jusque-là exprimés de telle façon que cela ne fait qu'apporter de l'eau aux moulins de ceux qui prétendent que nos tribunaux ne sont pas indépendants." (17.08.2012)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

POLITIQUE

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Les menaces d'Israël génèrent un conflit régional

Selon l'estimation du ministre de la Défense américain Leon Panetta, Israël n'a pas encore pris la décision d'attaquer les installations nucléaires de l'Iran, bien que ses intentions se fassent toujours plus pressantes. Par une action préventive, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou risquerait d'ébranler l'actuelle stabilité politique israélienne, analyse le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung : "Avec ses menaces de guerre, Nétanyahou se présente comme vainqueur sur un large front. … Plus personne dans le pays ne manifeste contre le coût élevé de la vie maintenant que des masques à gaz sont mis gratuitement à disposition. Les Américains et les Européens ne dérangent plus avec leurs exhortations régulières à reprendre le processus de paix et ils ne se prononcent plus sur la colonisation. … [Mais] une attaque militaire individuelle contre l'Iran pourrait faire perdre d'un coup à Nétanyahou tout ce qu'il a gagné. L'Occident, qui le prend maintenant dans le sens du poil, ne lui pardonnera vraisemblablement pas de provoquer un nouveau conflit dans cette région, au beau milieu de la révolution arabe, et pour couronner le tout, de déséquilibrer l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole." (17.08.2012)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Les Dernières Nouvelles d'Alsace - France

Le procès contre Pussy Riot, une preuve d'autoritarisme

On connaîtra ce vendredi le verdict dans le procès intenté conte trois des chanteuses du groupe punk russe Pussy Riot, accusé d'avoir joué une chanson hostile à Poutine dans l'église du Christ-Sauveur de Moscou. Ce procès illustre le caractère autoritaire du système érigé par Poutine, estime le quotidien Les Dernières Nouvelles d'Alsace : "Le procès intenté à ce trio de punkettes érigé en ennemi public n°1 n'est ainsi que le nouvel avatar d'une politique intérieure brutale comme un fouet. Qu'importe en effet que l'opinion internationale pousse des cries [sic] d'orfraie à chacune des atteintes portées aux droits de l'homme, c'est sans valeur pour le maître du Kremlin. Il sait que le monde ne peut composer sans lui, qu'il est intouchable hors de ses frontières. Avec ce procès, il entend ainsi réaffirmer sa totale emprise sur la société russe, sur les tribunaux et la puissante Église orthodoxe, supplétifs zélés du régime. Le peuple doit comprendre et surtout accepter que sa seule liberté est de se taire, qu'il n'existe aucune place pour la contestation." (17.08.2012)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Delfi - Lituanie

La Lituanie doit sanctionner les activistes suédois

La Biélorussie demande des informations à la Lituanie sur le vol d'un petit avion piloté par des activistes suédois, qui a violé l'espace aérien biélorusse fin juillet. En dépit des données radar communiquées, le gouvernement lituanien dément toute violation de l'espace aérien lituanien. Le portail d'information Delfi critique cette attitude : "Il y a une guerre diplomatique entre nos voisins à l'Est et à l'Ouest. Et la République de Lituanie, prise entre deux feux, fait l'autruche. … Si la Biélorussie n'a pas su détecter le vol après les célébrations grandioses de sa fête d'indépendance, c'est seulement une honte pour Loukachenko. Mais si le petit appareil est réapparu sur les radars lituaniens après une heure et demi de vol et que personne n'a rien entrepris, c'est préoccupant. … Il n'est pas trop tard pour convoquer les Suédois et les sanctionner pour ce vol illégal, conformément à la législation lituanienne. C'est ainsi que devrait agir un Etat de droit." (16.08.2012)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

RÉFLEXIONS

Ta Nea - Grèce

Giannis Mitsos sur la tolérance des Grecs à l'égard du racisme

En Grèce les attaques racistes contre les immigrés se multiplient. Dans le quotidien de centre-gauche Ta Nea, le chroniqueur Giannis Mitsos critique la tolérance de la société vis-à-vis de tels actes : "On lit les rapports quotidiens d'attaques portées contre les immigrés en Grèce et l'on s'indigne de la brutalité des auteurs des actes, de l'incapacité de la police, de l'apathie des dirigeants. … Le racisme organisé et parlementairement légalisé s'est ancré dans notre société, et on ne peut pas l'en déloger. Au contraire, le pire est encore à venir. … L'une des plus amères conséquences de la crise, c'est que nous nous sommes habitués aux ténèbres, écrivait hier F. sur sa page Facebook. Il parle des ténèbres qui, en raison de l'absence d'espoir et du manque de solidarité, succèdent au règne de la haine. Y a-t-il une issue ? Des élections anticipées peut-être ? … Non ! La blessure est si profonde que des choses radicales doivent se produire. … A la lecture de la description du meurtre d'un immigré irakien dimanche, on est convaincu que certains livres devraient obligatoirement figurer au programme des écoles grecques. En premier lieu celui sur 'la banalité du mal', de Hannah Arendt." (16.08.2012)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

ÉCONOMIE

Il Sole 24 Ore - Italie

Les Etats-Unis changent le cours de l'affaire du Libor

Dans l'affaire de la manipulation du taux de référence Libor, les procureurs généraux des Etats américains de New York et du Connecticut ont selon les médias envoyé des assignations à sept grandes banques. Par cette initiative, l'enquête engage un tournant décisif, apprécie le journal économique libéral-conservateur Il Sole 24 Ore : "Avec New York, c'est le centre du monde de la finance qui se met en branle, car dans un savant dosage géopolitique, ce sont bien les banques américaines, allemandes, britanniques et suisses qui sont dans le collimateur du parquet. Ce dernier s'appuie en outre sur une loi de 1921, qui n'exige pas que l'accusation doive prouver l'intention frauduleuse de l'accusé. … Il semblerait que l'on veuille cette fois-ci obtenir un verdict. Bien trop souvent, les autorités se sont contentées de sanctions qui se sont avérées contreproductives, quel que soit le montant des amendes. Car elles n'étaient au départ jamais assez hautes pour être dissuasives, et ensuite elles permettaient aux banques prises en flagrant délit de se racheter une apparence de respectabilité. Car les sanctions ne représentaient jamais un verdict de culpabilité, seulement une négociation de la sanction." (17.08.2012)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Cinco Días - Espagne

Les investisseurs croient au sauvetage prochain de l'Espagne

L'indice boursier espagnol IBEX a grimpé jeudi à 7.417 points et les primes de risque liées aux obligations publiques ont largement baissé. Les marchés partent manifestement du principe que l'Espagne va bientôt passer sous la protection du fonds de secours, analyse le journal économique Cinco Días : "Lentement mais sûrement, des signaux positifs apparaissent sur le marché quant à l'évolution de la dette publique espagnole. En effet, les investisseurs sont de plus en plus convaincus que l'Espagne va solliciter l'aide du fonds de secours européen, afin de  couvrir les remboursements en cours de la dette publique. C'était la condition posée début août par le président de la BCE Mario Draghi pour que la BCE rachète de nouvelles obligations souveraines. … Depuis lors, les acteurs impliqués partagent de plus en plus le point de vue selon lequel le gouvernement ne vas pas tarder à demander l'aide et que la BCE effectuera un rachat massif d'obligations." (17.08.2012)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Les banques ne doivent pas devenir les auxiliaires du fisc

A la suite des difficiles négociations relatives à l'accord fiscal passé entre la Suisse d'un côté et l'Autriche, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis de l'autre, la ministre helvétique des Finances Eveline Widmer-Schlumpf a proposé dès le mois de février une stratégie pour l'argent propre. Celle-ci prévoit que les banques suisses vérifient si l'argent déposé par leurs clients a correctement été déclaré auprès du fisc de leur pays respectif. Ce contrôle serait illégal, critique Dan Kohler, PDG de la Zurich Trust AG dans le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung : "Avec une stratégie pour l'argent propre, nous forçons les banques à endosser une responsabilité qu'elles ne sont pas prêtes à assumer. Nous faisons la plus grossière des erreurs : attribuer une responsabilité sans garantir que le responsable dispose également des compétences nécessaires aussi bien professionnelles que juridiques. … Les procureurs américains et allemands tentent actuellement d'étendre leur compréhension du droit et leurs lois aux banques suisses. Les banques doivent ainsi devenir les auxiliaires des fiscs étrangers. C'est inadmissible, cela enfreint le droit helvétique et ne devrait pas être toléré par les autorités suisses." (17.08.2012)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

SOCIÉTÉ

Népszava - Hongrie

L'antisémitisme est accepté aujourd'hui en Hongrie

Lors du match de football Hongrie-Israël de mercredi à Budapest, les supporters hongrois ont entonné des chants antisémites. L'antisémitisme est devenu banal en Hongrie, craint le quotidien de gauche Népszava : "Les organisateurs du match amical Hongrie-Israël avaient été prévenus à l'avance. Ils se sont préparés aux provocations, voire même aux injures, et au final il n'y a eu 'que' des chants antisémites. Pour les journaux du pays, cet incident représente manifestement une peccadille qu'ils n'ont même pas jugé nécessaire de rapporter. En Hongrie, les chants antisémites sont visiblement acceptables mais aussi souhaités. Surtout dans un pays où l'administration de la capitale récompense les représentants de l'idéologie antisémite par un théâtre. … Ces supporters braillards seront même peut-être les visiteurs de ce théâtre. … Comme c'est le cas pour certains matchs de football en Hongrie, ces pièces de théâtre pourraient elles aussi débuter par le salut hitlérien." (16.08.2012)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Der Nordschleswiger - Danemark

L'école sans livre conduit à la démence numérique

Le lycée Ørestad à Copenhague entend à l'avenir supprimer totalement les livres papier en cours et tout miser sur les moyens d'enseignement électronique. Le quotidien Der Nordschleswiger critique cette initiative : "Les contenus peuvent-ils vraiment être ancrés dans les esprits pour qu'on les conserve en mémoire au-delà du prochain examen ? Ceux qui sautent avec les moyens numériques de bribe en bribe, d'un clip Internet à un SMS puis à une annonce Twitter, peuvent-ils continuer à comprendre de longs textes argumentaires et en rédiger eux-mêmes ? Le mot-clé de la démence numérique commence à se répandre et les professeurs sont de plus en plus nombreux à s'arracher les cheveux, car leurs étudiants ne lisent plus de livres et ne sont plus en mesure d'écrire des dissertations convenables. Pour y parvenir, il faut se servir de l'invention faite en 1440 par Gutenberg : le livre. Un concept cohérent, tel que le lycée de Copenhague le présente, peut-être judicieux. Renoncer aux livres par contre ne l'est pas." (17.08.2012)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

COULEURS LOCALES

Svobodata - Bulgarie

L'équipe de foot de Borissov au dessus des lois

Le club de football amateur bulgare Vitosha, dans lequel le Premier ministre Boïko Borissov occupe la poste d'avant-centre, a pris l'avion gouvernemental en juin pour aller disputer un match amical à Varna. En plus d'être illégal, c'est la preuve du style autoritaire de Borissov, critique le portail d'opinion Svobodata : "Personne, pas même le Premier ministre bulgare, ne peut donner l'ordre à la flotte aérienne gouvernementale de faire de tels vols. Les pilotes portent d'une part une trop grande responsabilité, qui leur interdit les vols en dehors du règlement. D'autre part, de tels actes traînent dans la boue le pouvoir exécutif, violent les règles démocratiques et sont caractéristiques de l'arbitraire autoritaire. Pour le Premier ministre bulgare, responsable du gouvernement et censé répondre des décisions de ce dernier, ce vol était tout à fait correct. Pire encore, il serait même normal que des avions du gouvernement transportent des clubs de football. De ce point de vue, le jet gouvernemental est une sorte de taxi pour footballeurs." (16.08.2012)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

D'autre contenu