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Revue de Presse | 22.08.2012

 

À LA UNE

La Cour constitutionnelle donne raison à Băsescu

Rassemblement contre la décision de la Cour constitutionnelle : 88 pour cent des votants ont désavoué Băsescu lors du référendum invalidé. (© AP/dapd)

 

Le président roumain Traian Băsescu pourra rester en poste. La Cour constitutionnelle a jugé mardi le référendum sur sa destitution non valide en raison de la faible participation. Celui-ci avait été initié par le gouvernement du Premier ministre Victor Ponta. Si certains commentateurs estiment que ce conflit n'a produit que des perdants, d'autres voient dans ce verdict l'espoir que l'Etat de droit roumain est encore viable.

Die Presse - Autriche

La démocratie est la grande perdante

Si le président roumain Băsescu peut rester en poste, le quotidien libéral-conservateur Die Presse juge néanmoins qu'il n'y a que des perdants dans ce conflit de politique intérieure : "Le Premier ministre Victor Ponta, parvenu au pouvoir après la démission de son prédécesseur, voulait mettre le grappin sur le palais présidentiel de Bucarest. Il a échoué. Le verdict prononcé hier par la Cour constitutionnelle conforte le caractère indiscutable d'une défaite qui, du point de vue exclusif de Ponta, doit certes être très difficile à supporter. Mais Ponta doit désormais se résigner s'il ne veut pas perdre le peu de respect dont il dispose encore auprès de ses homologues européens, comme de ses opposants politiques dans le pays. Il est toutefois difficile de juger vainqueur Traian Băsescu, un personnage déjà bien amoché. Celui-ci serait bien avisé de ne pas présenter son retour en poste comme une victoire de la démocratie. Băsescu a déjà montré à plusieurs reprises qu'il n'était pas un fervent partisan des règles démocratiques. On cherche en vain un véritable vainqueur à ce débat peu glorieux. Le grand perdant est toujours la démocratie roumaine." (22.08.2012)

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Gândul - Roumanie

Les Roumains frustrés par Băsescu

Après le verdict de la Cour constitutionnelle, de nombreux Roumains ressentent une grande amertume, commente le quotidien de centre-gauche Gândul : "Băsescu doit désormais rapidement reprendre ses fonctions, car une stabilisation de la situation politique est désormais nécessaire, du moins sur le plan formel. Cela ne veut pas dire que la frustration des 7,4 millions de Roumains qui ont désapprouvé Băsescu disparaîtra. Au contraire, ces individus se sentiront volés, trompés et ridiculisés. Ils savent pour quoi ils ont voté. Ils savent combien ils ont été à le faire et ils constatent que leurs bulletins de vote servent désormais de papier toilette. … Aujourd'hui retourne au Palais Cotroceni [résidence du président roumain] un individu qui, outre ses agissements déjà connus, s'est par ailleurs révélé être lâche et indigne, et à l'origine de mensonges qui ont dégénéré en tromperie nationale." (22.08.2012)

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Magyar Nemzet - Hongrie

La Roumanie est bien un Etat de droit

La décision de la Cour constitutionnelle roumaine permet d'espérer que la Roumanie est encore un Etat de droit, écrit le quotidien conservateur Magyar Nemzet : "Bien que la Cour constitutionnelle ait confirmé Băsescu dans ses fonctions, le chef d'Etat roumain reste toujours impopulaire - la majorité des électeurs ne lui pardonne pas les mesures d'austérité drastiques qu'il avait instaurées. D'un autre côté, ses adversaires politiques font tout pour galvauder leurs chances aux prochaines élections législatives à l'automne : ils commettent une erreur après l'autre. … Ces derniers mois, le gouvernement de centre-gauche de Victor Ponta a commis pour ainsi dire un hara-kiri politique. L'impopulaire Băsescu et les démocrates de l'opposition rangés derrière lui ont tout fait pour empêcher la progression antidémocratique des libéraux de gauche, acquise à l'aide de moyens 'putschistes'. La décision de la Cour constitutionnelle peut maintenant permettre d'espérer que l'Etat de droit est viable en Roumanie." (22.08.2012)

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POLITIQUE

The Guardian - Royaume-Uni

Assange risque de rester à l'ambassade

Une extradition vers les Etats-Unis constituerait un risque sérieux pour Julian Assange, estime le quotidien de centre-gauche The Guardian. La décision de l'Équateur d'accorder l'asile politique au cofondateur de Wikileaks dans son ambassade à Londres serait donc louable : "Les critiques d'Assange jugent plus probable qu'il soit extradé par la Suède aux Etats-Unis, plutôt que directement par la Grande-Bretagne, le bouc émissaire de Washington, connue pour ses extraditions unilatérales. Il y a en effet des risques spécifiques en Suède, par exemple l'accord passé avec les Etats-Unis prévoyant une procédure d'extradition accélérée. Le point important, c'est qu'Assange risque l'extradition dans les deux pays, et c'est pourquoi l'Equateur a bien fait de lui offrir une protection. … Si le gouvernement suédois décidait de bloquer l'extradition d'Assange aux Etats-Unis pour toute accusation relative à Wikileaks (ce qu'il a le pouvoir de faire) et si la Grande-Bretagne refusait de l'extrader vers un pays tiers après le procès en Suède, alors justice serait faite. Mais compte tenu de la loyauté [de la Grande-Bretagne] envers les Etats-Unis, il est peu probable qu'Assange quitte l'ambassade de si tôt." (22.08.2012)

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Diário de Notícias - Portugal

Obama menace Al-Assad

Le président américain Barack Obama a menacé Damas d'intervenir militairement si des armes chimiques étaient utilisées dans le conflit syrien. Pour le quotidien libéral-conservateur Diário de Notícias, Obama a raison de s'exprimer clairement : "Il est certes malvenu qu'un prix Nobel de la paix menace de guerre un pays. Mais Obama sait que dans le cas de la Syrie, une limite ne doit pas être franchie. L'intervention d'armes chimiques ou biologiques serait inacceptable pour le président américain. La simple mobilisation de telles armes dans un scénario d'intimidation irait trop loin. … Trois mois avant les élections présidentielles américaines, Obama n'a pas vraiment intérêt à mener son pays dans un conflit aux contours mal définis. … Et la fin soudaine du régime d'Al-Assad déstabiliserait le Proche-Orient. On attend toutefois d'un président américain qu'il fasse des déclarations claires. Obama, qui a ordonné le retrait des troupes en Irak mais continue à se battre en Afghanistan, a ici un avantage face à son rival républicain Mitt Romney." (22.08.2012)

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Le Temps - Suisse

L'autocrate Zenawi avait aussi des bons côtés

Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, qui a dirigé le pays pendant 22 ans, est décédé lundi à Bruxelles à l'âge de 57 ans. Le quotidien de centre-gauche Le Temps rappelle la gouvernance antidémocratique de Zenawi, tout en louant ses mérites : "[Les Etats occidentaux] ont certes méthodiquement fermé les yeux sur les dérives autocratiques de l'homme fort de l'Ethiopie … : musellement de l'opposition, emprisonnement des journalistes ou répression militaire dans l'Ogaden [dans l'est du pays]. Sur ce terrain, ce dirigeant africain parmi les plus porteurs d'espoir de sa génération a cruellement déçu. Mais l'admiration dont est aujourd'hui crédité le premier ministre défunt par les chefs d'Etat étrangers n'est pas entièrement imméritée. … Il ne s'est pas seulement montré un allié indéfectible, de Washington en particulier. Il est parvenu à faire de son pays, sur les ruines du règne terrible de Mengistu, le pôle de stabilité de l'Est africain. Le Tigréen a aussi favorisé son décollage économique." (22.08.2012)

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De Morgen - Belgique

La Belgique regrette de s'être cramponnée au nucléaire

Deux centrales nucléaires belges devront peut-être être arrêtées à cause de problèmes de sécurité, ce qui mettrait en cause l'approvisionnement du pays. Malgré un statut quo de plusieurs années quant à l'énergie nucléaire, la Belgique se réveille d'un coup, s'étonne le quotidien de centre-gauche De Morgen avec cynisme : "Et soudain le reste du pays sort de son mirage nucléaire. Finalement, ce ne sont plus les improbable scénarios catastrophes d'un accident nucléaire qui doivent nous inquiéter. Il s'agit désormais de l'hypothèse très probable que nous serons confrontés cet hiver à une pénurie d'électricité. Peut-être n'était-il effectivement pas très judicieux de faire majoritairement dépendre notre approvisionnement énergétique d'une source unique et qui plus est obsolète. Depuis que le gouvernement belge a laissé entrevoir la sortie de l'énergie nucléaire à la fin du siècle dernier, on a perdu plus de dix ans en revenant sur cette décision. Car il est bien plus simple de ne rien faire et de tirer l'électricité des centrales nucléaires comme l'eau du robinet." (22.08.2012)

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RÉFLEXIONS

Spiegel Online - Allemagne

Pour Jakob Augstein, l'Occident ne supporte pas les critiques

Le traitement réservé par les Etats occidentaux au cofondateur de Wikileaks Julian Assange, au réseau pirate Anonymous et au mouvement de protestation Occupy montre que l'Occident ne supporte pas ses détracteurs, estime Jakob Augstein, dans sa chronique pour le portail d'information Spiegel Online : "Ce qui est légal et ce qui est jugé légal sont deux choses bien distinctes. La loi est claire : il est interdit de publier des documents ayant trait à la sécurité nationale. Il est interdit de pénétrer dans les banques de données de sociétés de cartes de crédit. Il est interdit d'occuper un espace public. Et comme tout cela est interdit, l'affaire est entendue avec Assange, Anonymous et Occupy : on dénonce, porte plainte et condamne. Par ailleurs, il est aussi interdit de chanter des prières punk dans une église russe orthodoxe. Mais la loi ne protège pas toujours le droit. On voit bien comment les Américains se détournent de leur propre droit et de tout autre droit dans leurs guerres. On voit que notre société est devenue l'otage de la cupidité d'acteurs criminels sur les places financières. … Et l'on tolère que ceux qui se révoltent soient persécutés et criminalisés par les autorités." (20.08.2012)

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ÉCONOMIE

La Stampa - Italie

Les politiques italiens ont oublié comment gouverner

L'agence de notation Moody's a confirmé mardi les progrès des pays en crise de la zone euro dans leurs réformes structurelles. Mais les politiques italiens gaspillent cette période de transition menée par un gouvernement technocrate en se disputant inutilement, critique le quotidien libéral la Stampa : "Il n'y pas de quoi célébrer l'appréciation de l'agence de notation. … Car l'optimisme s'estompe déjà rien qu'à l'idée de la prochaine campagne électorale et de ses acteurs. Il est ici question d'une classe politique qui a renoncé il y a neuf mois à diriger mais aussi à passer dans l'opposition. Elle a confié aux technocrates la tâche de tirer le pays de ce mauvais pas. Si donc la démocratie est mise de côté, cela se fera avec la bénédiction des partis. Nous - disaient-ils - saurons mettre à profit le temps. Par exemple pour réformer le droit électoral. Neuf mois n'ont pas suffi pour se mettre d'accord. … Ce qu'ils nous offrent, c'est l'image déplorable d'une foire annuelle où ce qui prime est de savoir à qui on donne le bras et de quelle couleur est sa cravate. … On n'a pas la moindre idée de l'avenir du pays ni du fondement institutionnel sur lequel doit se construire l'Italie." (22.08.2012)

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WOZ - Die Wochenzeitung - Suisse

Les élites occultent le potentiel de la jeunesse

Selon les derniers chiffres de l'office statistique Eurostat, plus d'un quart de jeunes de 15 à 24 ans sont au chômage en moyenne en Europe, et plus de la moitié d'entre eux en Grèce et en Espagne. La politique pro-économique ferme les yeux sur le chômage des jeunes, critique l'hebdomadaire de gauche WOZ : "Il y aurait pourtant d'autres alternatives que la pauvreté durable de millions de jeunes : la réduction du temps de travail à grande échelle plutôt que le recul de l'âge de la retraite, des programmes d'embauche judicieux et l'encouragement du travail communautaire … plutôt que la suppression de l'Etat social, alternatives financées par un impôt équitable sur tous les revenus. Le capital et les politiques refusent de telles propositions. Pour eux, l'armée de réserve en pleine expansion des jeunes chômeurs est aussi un moyen probant pour un dumping transgénérationnel sur les salaires et les retraites. De nombreux seniors ainsi que la plupart des syndicats n'ont pas vraiment compris la situation. Les jeunes qui manifestent les ont largement devancés, avec leurs actions souvent très imaginatives. Car leur résistance montre bien le potentiel que les sociétés perdent." (16.08.2012)

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Libération - France

Le gaz de schiste n'est pas une solution d'avenir

Avec la Bulgarie, la France est le seul pays européen à avoir interdit l'extraction de gaz de schiste. Le gouvernement doit s'en tenir à cette position, préconise le conseiller politique Nicolas Thierry dans le quotidien de centre-gauche Libération : "Les multinationales tentent de confisquer un débat plus large dont les conclusions nous engagent à très long terme. Focaliser les discussions sur les aspects techniques de l'exploitation des gaz de schiste, c'est admettre implicitement la nature acceptable de cette ressource. La véritable interrogation ne concerne-t-elle pas plutôt la place des énergies fossiles dans les politiques économiques et écologiques de demain ? Car le débat est profondément politique, au sens le plus noble du terme : seule l'absence de considération des enjeux climatiques et durables expliquerait qu'on accepte de développer ce type d'énergie fossile en France. Le positionnement de nos dirigeants sur ce sujet sera un puissant révélateur du projet de société réellement souhaité par notre classe politique." (22.08.2012)

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SOCIÉTÉ

Intellectum - Grèce

Pas de parc éolien sur la terre brûlée de Chios

Sur l'île égéenne de Chios, des incendies ont détruit plus de 12.000 hectares de forêts et de surfaces agricoles. Plus de 30 pour cent des arbres à mastic, dont la résine constitue l'élément vital de l'économie de l'île, ont également brûlé. On soupçonne des incendies criminels qui pourraient être liés à des investisseurs intéressés par la construction de parcs éoliens, craint la revue Intellectum : "Sur l'île, beaucoup estiment que ces incendies criminels dévastateurs sont directement liés à la décision prise cette année par le grand tribunal administratif. Celle-ci autorise la construction de parcs éoliens dans les zones devant être reboisées. Elle garantit la constitutionnalité incontestable de tels projets si leur mise en œuvre est jugée absolument indispensable et sert des intérêts sociaux, nationaux ou économiques. … Dans les prochaines années, nous voulons revoir des forêts et des plantations d'arbres à mastic à Chios, pas des éoliennes. Dans le cas contraire, il faudra appeler cette zone 'parc éolien du feu'. Un nom qu'il faudrait inscrire sur un immense panneau." (21.08.2012)

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Gazeta Wyborcza - Pologne

Les conservateurs polonais dans l'embarras

Le dirigeant de l'église orthodoxe russe, Cyrille 1er, et le président de la conférence épiscopale polonaise, Józef Michalik, ont signé vendredi un accord de réconciliation pour améliorer les relations entre les deux Eglises. Cette initiative commune suscite toutefois la confusion au sein des conservateurs polonais traditionnellement russophobes, écrit le quotidien libéral Gazeta Wyborcza : "Le parti national-conservateur PiS et ses essayistes sont pris au piège. … Comment rejeter un accord dans lequel les dirigeants des Eglises orthodoxe et catholique déplorent conjointement que l'on soutienne dans notre monde actuel l'avortement, l'euthanasie et les couples homosexuels ? Comment pourra-t-on continuer à prétendre qu'il n'y aura 'jamais de réconciliation possible avec la barbarie de Poutine', si les orthodoxes veulent s'allier aux catholiques polonais - de surcroît contre la civilisation moderne qui rejette les valeurs traditionnelles et bannit les symboles religieux de la vie publique ? Il n'est donc pas étonnant que les conservateurs polonais soient perplexes et divisés." (22.08.2012)

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Novinar - Bulgarie

Un travesti bulgare, caricature de Poutine

La communauté des pirates Anonymous a manipulé mardi le site Internet du tribunal russe qui a jugé les membres du groupe punk Pussy Riot. Pendant un certain moment passait une vidéo d'Azis, un chanteur pop extravagant et travesti venant de Bulgarie. Le quotidien Novinar cherche à interpréter ce choix : "Les Anonymous utilisent Azis comme l'antithèse du viril pour montrer que le président russe est hypocrite et efféminé. … Si les Anonymous avaient voulu exprimer leur protestation par un chant de révolte, ils auraient choisi les Sex Pistols. Car ce sont des punks comme les Pussy Riot, et ils ont été arrêtés, comme elles, pour avoir protesté en Grande-Bretagne contre la monarchie et pour les travailleurs. … Quand l'oiseau rare bulgare se délectait il y a quelque temps, lors d'un show télé russe, de glace, de fraises et de machos roulant les mécaniques, les spectateurs dans le public se cachaient le visage et se tordaient de rire. Camarade Poutine, si l'opinion des gens ne te laisse pas indifférent, réfléchis bien au message que les pirates font passer." (22.08.2012)

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