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À la une de mercredi, 29. août 2012


Les non-alignés se réunissent à Téhéran

Le Mouvement des non-alignés compte des pays comme le Bahreïn, l'Egypte, Cuba, l'Indonésie et l'Inde. (© AP)

Les représentants d'une centaine de pays se réunissent jusqu'à vendredi à l'occasion de la conférence du Mouvement des pays non-alignés à Téhéran. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki Moon a annoncé sa participation, s'attirant les foudres des Etats-Unis et d'Israël. Si certains commentateurs y voient un succès diplomatique pour l'Iran, d'autres redoutent la naissance d'une nouvelle alliance anti-occidentale.


Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Un bloc d'Etats anti-occidentaux

Les participants à la conférence de Téhéran ne peuvent plus se qualifier de non-alignés car ils sont sur le point de forger une alliance anti-occidentale, estime le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung : "La création du Mouvement des non-alignés en 1961 était la tentative par différents pays comme la Yougoslavie, l'Indonésie ou l'Egypte de se soustraire à la logique de la guerre froide. … Mais l'Iran semble vouloir mener [aujourd'hui] l'organisation dans le sens contraire de ce que promet son nom. La mise en scène de la conférence de Téhéran suscite l'impression que l'on veut créer un bloc tel que le nom l'exclut justement : une alliance d'Etats anti-occidentaux, et ainsi une nouvelle confrontation de blocs. … Pour certains membres non-alignés comme la Corée du Nord ou Cuba, cela peut paraître attractif. Mais pour de véritables puissances comme l'Inde ou la Chine, il n'est pas très logique de laisser instrumentaliser leur poids croissant, encore moins pour les promus islamistes comme l'Egypte." (29.08.2012)


Corriere della Sera - Italie

Téhéran brise son isolement diplomatique

Pour la conférence des pays non-alignés, Téhéran a choisi la paix, aussi bien dans le logo, une colombe, que dans le slogan. Mais si Téhéran n'aura pas la paix, il aura au moins réussi à rompre son isolement, estime le quotidien libéral-conservateur Corriere della Sera : "Au nom de la paix, Téhéran tente de rompre son isolement. Celui-ci correspond à la sanction de l'Occident contre le régime, aussi bien pour son programme nucléaire que pour son attitude politique et militaire - aujourd'hui vis-à-vis de la Syrie, en tant qu'allié d'Al-Assad, auparavant en tant que sponsor du Hezbollah et du Hamas. … Mais le terme de paix semble paradoxal à une époque où l'on massacre allègrement, où Israël menace d'attaquer et où en Syrie fait rage un conflit dans lequel des milliers d'hommes ont dû être envoyés par Téhéran. … Même si la paix est malheureusement un objectif inatteignable, le sommet sera un succès diplomatique pour Téhéran - c'en est même déjà un. Car par cette 'rencontre historique', Téhéran parvient déjà à briser de facto l'embargo diplomatique." (29.08.2012)


Wiener Zeitung - Autriche

Succès de propagande pour l'Iran

Le sommet de Téhéran n'apportera pas grand chose, estime le quotidien public d'obédience libérale Wiener Zeitung. Mais l'Iran s'en servira pour redorer son blason : "Il est illusoire de croire que le 16e sommet du Mouvement des non-alignés constituera un grand coup pour les Iraniens. Car d'un point de vue réaliste, ce mouvement créé au départ par opposition au pacte de Varsovie et l'OTAN, n'a plus vraiment de sens. Nombre des pays actuellement à Téhéran défendent souvent des positions bien différentes sur des questions de politique internationale et ne sont pas obligatoirement des amis de la politique iranienne (cf Arabie Saoudite). … La venue du président égyptien Mohamed Morsi et du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à Téhéran, en dépit des avertissements de Tel-Aviv et de Washington, est perçue comme une vraie réussite par le pays hôte. Le message de Téhéran, c'est que le pouvoir régional de l'Iran ne peut être ignoré." (29.08.2012)


» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 29. août 2012

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