À la une de mardi, 28. novembre 2006
Les négociations entre l'UE et la Turquie menacées
Le gouvernement finlandais, qui assume la présidence tournante de l'UE, a annoncé lundi 27 novembre l'échec des pourparlers avec Ankara sur l'ouverture des ports turcs aux navires chypriotes. Le gel des négociations d'adhésion avec l'UE paraît en conséquence inévitable.
Phileleftheros - Chypre
"Le rideau est tombé sur l'initiative de la présidence finlandaise" note Pampos Kaskanis après l'échec de la dernière tentative de médiation sur la question chypriote. "Le problème entre Chypre et la Turquie est dans l'impasse, tout comme les négociations d'adhésion de cette dernière à l'UE. En coulisse, un plan B se prépare. Il prévoit l'adoption de sanctions si la Turquie ne respecte pas les conditions d'adhésion d'ici le 6 décembre prochain. Des conditions qu'elle s'est pourtant engagée à respecter. (...) La Turquie a choisi l'épreuve de force, et n'est pas décidée à céder. (...) L'adoption de sanctions est nouvelle pour l'UE. De quelles sanctions parle t-on ? Comment les faire appliquer ? Et surtout, existe-t-il une sanction contre la mauvaise volonté ?" (28.11.2006)
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Hufvudstadsbladet - Finlande
Björn Mansson déplore l'échec de la tentative de médiation finlandaise entre la Turquie et Chypre, qui compromet les pourparlers d'adhésion avec l'UE. "C'est une mauvaise nouvelle. Une avancée des négociations avec l'UE aurait représenté un atout pour le gouvernement turc pro-européen sortant dans la prochaine bataille électorale. Or cela ne fait qu'apporter de l'eau au moulin de l'opposition islamiste qui cultive l'euroscepticisme. C'est dommage, bien qu'inévitable. Le prix de la déclaration la plus idiote dans ce contexte revient au ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül, qui, à son arrivée en Finlande, a affirmé que Chypre était une question politique qui ne devrait avoir aucune conséquence sur les pourparlers d'adhésion. Gül s'imagine-t-il que les négociations portent sur un autre sujet ?" (28.11.2006)
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Open Democracy - Royaume-Uni
Katinka Barysch, économiste pour le Center for European Reform, livre une réflexion sur le problème chypriote. "Les dirigeants européens devraient garder à l'esprit le fait que [le Premier ministre turc] Recep Tayyip Erdogan a une faible marge de manoeuvre dans la perspective des élections nationales turques. Ce scrutin est le premier depuis l'arrivée au pouvoir du Parti 'Adalet ve Kalkınma Partisi' (AKP, Justice et Développement) en novembre 2002. La moindre concession ferait l'affaire de l'opposition nationaliste en Turquie. Pour de nombreux turcs, dans la mesure où ce sont les Chypriotes grecs qui ont refusé le plan Annan en 2004 (lequel prévoyait l'adhésion à l'UE de l'île de Chypre réunifiée), il appartient à Nicosie de faire le premier pas. Même si ce problème de Chypre est très important, il ne vaut pas la peine d'interrompre les négociations d'adhésion. On va probablement demander à la Turquie de faire encore davantage de concessions avant de reprendre les pourparlers. Et Chypre perdra son unique chance d'obtenir une solution négociée." (28.11.2006)
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Expresso - Portugal
Pour l'universitaire José Pedro Teixeira Fernandes, l'UE a ouvert une boîte de Pandore qu'elle n'est pas certaine de pouvoir refermer. "Avec l'adhésion de Chypre en 2004 et l'ouverture des négociations avec la Turquie l'année suivante, le problème est devenu une question de politique intérieure européenne. Dans un récent rapport de la Commission, on peut lire par exemple que la 'Turquie continue à interdire l'accès de ses ports aux bateaux sous pavillon chypriote'. Ce n'est pas une surprise. N'importe quel observateur attentif a déjà remarqué la stratégie turque de 'diplomatie parallèle', auprès des pays de l'Organisation de la Conférence Islamique afin d'obtenir une reconnaissance internationale de la République turque de Chypre du Nord. Au sein du gouvernement et de l'opinion publique turcs, il semble que s'enracine la conviction que l'UE a plus besoin de la Turquie que l'inverse." (25.11.2006)
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taz - Allemagne
Selon Jürgen Gottschlich, c'est l'UE elle-même qui est responsable du problème chypriote. "Voici deux ans, l'UE a délibérément fait de Chypre un membre à part entière, sans exiger au préalable la réunification des deux moitiés de l'île. Dès le départ, toutes les parties concernées savaient que tôt ou tard, elles en paieraient les conséquences (...). Chypre a été divisée durant trente ans avant qu'un plan de réunification, proposé par les Nations unies, ne soit soumis au vote en 2004. Ce plan soutenu par l'UE a été délibérément saboté par les Chypriotes grecs mais approuvé par la majorité des Chypriotes turcs. Il ne faut pas faire comme si la Turquie refusait de reconnaître un membre de l'UE comme les autres. Cela reviendrait à souligner le constat d'impuissance des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE." (28.11.2006)
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