À la une de mardi, 12. décembre 2006
L'UE entérine le gel partiel des discussions avec Ankara
Suivant les recommandations de la Commission européenne, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont décidé, lundi 11 décembre, de ralentir le cours des négociations d'adhésion euro-turques. Ils ont suspendu 8 des 35 chapitres thématiques des négociations pour tenter de contraindre la Turquie à ouvrir ses ports et aéroports aux Chypriotes grecs.
Tribune de Genève - Suisse
"Ce ne sera pas une suspension. Moins encore une rupture. Mais quelque chose comme un 'ralentissement' des négociations", explique Jean-François Verdonnet. "Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan avait tenté de déjouer la crise en proposant in extremis d'ouvrir aux Chypriotes un port et un aéroport. D'abord saluée par Bruxelles comme une 'étape importante', la proposition a ensuite été jugée trop faible et trop floue. Les Turcs, en particulier, ne précisaient pas si leur offre était inconditionnelle, ou si elle était subordonnée à la fin de l'isolement qui affecte la partie turque de Chypre. Les résistances sont venues aussi de l'intérieur. Insuffisante à Bruxelles, la concession a été jugée excessive à Ankara. (...) La polémique turque, pour être en partie électorale, n'a rien d'artificiel. Elle révèle sur la question chypriote des contraintes étroites que les sommations européennes ont aujourd'hui peu de chances d'assouplir." (12.12.2006)
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El País - Espagne
Le quotidien estime que la suspension partielle des négociations d'adhésion révèle "une profonde division entre les Vingt-cinq autour de la vision de l'Europe et de ses limites. [La chancelière allemande] Merkel ne veut pas de la Turquie dans l'UE, à la fois pour des raisons internes et parce que ce pays supplanterait l'Allemagne en tant que pays le plus peuplé de l'Union. La Grèce, Chypre et l'Autriche voulaient une suspension immédiate des négociations. L'Espagne, en raison du poids de la Méditerranée au sein de l'UE et de l'ouverture européenne vers le monde musulman, et le Royaume-Uni, désireux de diluer l'intégration européenne dans un grand marché, s'opposaient à toute sanction. Au bout du compte, on est arrivé à un accord très communautaire qui consiste à ne pas résoudre le problème de fond, à savoir ce qu'on veut faire de la Turquie. (...) Mais le dossier turc soulève la question de savoir ce qu'on veut faire de l'UE". (12.12.2006)
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Politiken - Danemark
Pour le quotidien danois, l'UE a pris une mauvaise décision. "Il est véritablement inquiétant de voir autant de ministres - le nôtre en tête - agir de façon aussi peu clairvoyante et cohérente. L'UE est sur le point de dire à la Turquie qu'elle ne sera jamais membre de l'UE. Le coeur du problème réside dans les nouvelles exigences de l'UE - et non dans l'attitude de la Turquie. On a l'impression que les Européens ont oublié les efforts importants que leur a demandé le processus d'adhésion jusqu'à présent et les enjeux que représentent de nouvelles frontières. On ne peut pas comparer la relation entre l'UE et les pays musulmans à la Guerre Froide. Pour autant, il faut bien voir que les conflits du Moyen-Orient remontent à loin. Leur résolution est d'une importance capitale pour notre propre avenir. Il est donc dans notre intérêt d'encourager la démocratisation, la modernisation et le rapprochement des pays de cette région." (12.12.2006)
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La Tribune - France
Daniel Vigneron, rédacteur en chef du quotidien, pense que l'adhésion d'une Turquie réformée peut permettre à l'UE de changer de statut. "L'Union est sans doute une puissance économique. Mais le sera-t-elle encore dans trente ans ? Sur le plan politique, elle ne l'est guère. Non seulement parce qu'elle n'a pas su mettre en commun des moyens substantiels de défense ou su définir des intérêts géostratégiques suffisamment fédérateurs. Mais encore parce qu'elle n'a pas trouvé sa légitimité pour résoudre les conflits dans la zone la plus explosive de la région, le Moyen-Orient. Forte d'une Turquie musulmane incontournable dans la région et deuxième puissance militaire de l'OTAN, dotée d'un potentiel économique et humain sans équivalent sur le Vieux Continent, l'UE peut trouver sur ce terrain les moyens de sa puissance. Le prix à payer, celui d'un élargissement - et non d'une dilution - de son identité, n'est pas élevé. L'avenir a un nom : l'Union euro-méditerranéenne". (12.12.2006)
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» Ensemble de la revue de presse de mardi, 12. décembre 2006