À la une de jeudi, 21. juin 2007
L'UE se cherche un avenir
Le sommet européen qui débute ce jeudi 21 juin à Bruxelles aura comme principal enjeu l'élaboration d'un nouveau traité européen destiné à remplacer la Constitution. La presse européenne relève certes que les divergences sont nombreuses entre les 27 pays membres mais elle espère que le projet européen amènera les participants à trouver un accord.
Corriere della Sera - Italie
Le journaliste et écrivain italien Beppe Severgnini en appelle à l'Histoire pour défendre le projet européen. "L'avenir de l'Union européenne se joue dans les heures qui viennent. On l'avait lu et entendu : la présidence tournante allemande allait s'apparenter à une charge contre la Constitution, un texte que plus personne n'appelle de cette manière. Pourtant approuvée par dix-huit pays, elle est restée de fait à l'abandon à cause des référendums français et néerlandais de 2005. Aujourd'hui, on ne parle plus que de mini-traité dont l'objectif est de donner à la nouvelle Europe de 27 pays de nouvelles règles, celles en vigueur ne fonctionnant plus (...). [Comme le rappelle l'écrivain hongrois Imre Kertész], l'Europe est née d'une décision historique : celle d'Athènes de s'opposer aux Perses. Faut-il vraiment attendre que les Perses reviennent pour comprendre qu'il est beau, juste et nécessaire de rester ensemble ?" (21.06.2007)
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ABC - Espagne
Le quotidien certes regrette dans son éditorial l'abandon du projet initial de Constitution mais demeure tout de même optimiste pour l'avenir de l'UE. "L'Union Européenne a démontré que les crises politiques successives ne l'ont pas handicapée, bien au contraire, et qu'il n'existe aucune raison pour supposer que dans ce cas-ci, la trahison du 'non' français au référendum sur la Constitution aura des effets négatifs quant au futur du projet communautaire. (...) L'Europe se construit dans un processus dynamique et, bien que ces moments nous apparaissent comme si nous étions en pleine indigestion du dernier élargissement, rien ne met en doute l'idée européenne. L'UE continue d'être le projet le plus ambitieux que nous ayons et, avec toutes ses crises, la seule certitude est que personne n'a demandé à la quitter." (21.06.2007)
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Süddeutsche Zeitung - Allemagne
Selon Adam Krzeminski, le différend autour de la Constitution européenne concerne surtout "la mise en oeuvre de la solidarité européenne. Et c'est précisément celle-ci qui est régulièrement refusée à la Pologne - selon les arguments des conseillers des frères Kaczynski. Les grands restent entre eux et tolèrent en silence que les petits soient offensés. La Pologne n'ont pas oublié l'arrogante déclaration faite par Jacques Chirac en 2003, selon laquelle les Polonais auraient manqué une bonne occasion de se taire, ni l'indifférence de Gerhard Schröder lorsque son ami le grand démocrate de Moscou [le président russe Vladimir Poutine] l'ont invité avec le président français à fêter les 750 ans de Kaliningrad [en 2005]. Ni la Pologne, ni la Lituanie (pourtant deux proches voisins), n'ont été invitées. Nous ne devrions pas être si rancuniers ? (...) La Pologne se sent délaissée par l'UE face aux tendances restauratrices de la Russie. Elle a été punie par Vladimir Poutine pour son engagement (au nom de l'UE !) pendant la révolution ukrainienne de 2004, ce qui a laissé l'Europe totalement indifférente." (21.06.2007)
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The Times - Royaume-Uni
Camilla Cavendish croit que les Britanniques devraient avoir la même attitude que les Polonais face à l'UE. "Ils arrivent avec une certaine fraîcheur avant de pénétrer dans le labyrinthe des négociations européennes. Ils protègent d'une main plus ferme leurs intérêts nationaux que l'actuel locataire du 10 Downing street [la résidence officielle du Premier ministre britannique]. Leur réticence à laisser l'Allemagne s'octroyer un poids plus important au sein du Parlement européen donne l'avantage à la Pologne alors que le sommet européen débute : Varsovie 1, Berlin 0. Intransigeants ? Oui. Inacceptable ? Non. (...) Mardi, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a averti la Pologne qu'elle risquait de perdre de l'argent et le soutien des autres membres si elle bloquait un accord pour réformer les institutions de l'UE. Et qu'en est-il de son droit démocratique d'être d'un autre avis ? C'est du chantage. (...) Au Royaume-Uni (...), ceux que nous élisons pour occuper temporairement les responsabilités politiques continuent de confier avec désinvolture certains pouvoirs à des institutions non élues." (21.06.2007)
» article intégral (lien externe, anglais)
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» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 21. juin 2007