À la une de lundi, 16. juillet 2007
La Russie suspend sa participation au Traité FCE
Samedi 14 juillet, le président russe Vladimir Poutine a suspendu par décret la participation de la Russie au Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE), qui limite les déploiements d'armes. Moscou avait menacé à plusieurs reprises de quitter ce traité, en représailles au projet américain de bouclier antimissile en Europe.
The Guardian - Royaume-Uni
Le quotidien s'interroge sur l'avenir de l'Europe, si cette tendance à se retirer des traités signés à l'époque de la guerre froide continue. "Le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) pourrait être le prochain. Et alors l'Europe, encore fraîchement libérée de la menace d'extinction qui pesait sur elle au temps de la guerre froide, sera hérissée de missiles. Les Etats-Unis auront leurs missiles intercepteurs en Pologne et un radar à longue portée en République tchèque. (...) Pour contrer ce dispositif, la Russie va déployer ses missiles à longue portée Iskander dans l'enclave de Kaliningrad. (...) De lourds tanks patrouilleront à nouveau dans les forêts allemandes et en Russie centrale, comme dans le bon vieux temps. (...) Les traités datant de la guerre froide devraient peut-être être remplacés par une nouvelle génération de traités plus en phase avec les réalités technologiques d'aujourd'hui. Peut-être aussi que les attitudes belliqueuses actuelles auront des effets positifs menant à un nouveau cycle de négociation pour le contrôle des armes." (16.07.2007)
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Sydsvenskan - Suède
Le journal trouve inquiétant le retrait russe du Traité FCE. "La Suède est certes séparée de la Russie par la Finlande et les pays Baltes, mais la Russie est de la plus grande importance pour la politique de sécurité de la Suède. (...) Contrairement à une grande partie de l'Europe, la Suède ne dépend pas de la Russie pour ses approvisionnements énergétiques. Mais le projet de gazoduc dans la mer Baltique [entre la Russie et l'Allemagne] en inquiète plus d'un. Ce gazoduc va s'accompagner d'un d'équipement qui pourrait être utilisé à des fins militaires, ce qui pourrait menacer l'équilibre stratégique de la région Baltique." (16.07.2007)
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Le Temps - Suisse
Stéphane Bussard relativise dans son éditorial la portée de la décision russe. "Vladimir Poutine ne se contente pas de paroles, il passe aussi à l'acte. En décidant samedi de suspendre l'application du traité sur les Forces conventionnelles, le président russe a lancé un avertissement aux Etats-Unis et à l'Europe. En s'attaquant à un symbole de poids : le traité en question marque la fin de la Guerre froide et revêt une importance symbolique considérable aux yeux des Européens. Le coup de force du Kremlin, que même Mikhaïl Gorbatchev estime justifié car il permet d'ouvrir le dialogue, ne constitue toutefois pas un retour à la Guerre froide. La Russie n'a pas la puissance de l'Union soviétique, ni son idéologie. Mais, blessée dans son amour-propre, humiliée par une puissance américaine à la volonté hégémonique, elle s'érige en contrepoids." (16.07.2007)
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Der Standard - Autriche
Markus Bernath estime que "Moscou applique le principe suivant : aucune ingérence n'est admise dans la zone d'influence de la Russie, et surtout plus aucun désavantage stratégique. Le projet américain de bouclier antimissile en fait partie. Le gouvernement Bush a embobiné la Pologne et la République tchèque et a dupé les autres membres de l'OTAN qui voulaient ralentir ce projet et consulter le gouvernement russe avant que Washington prenne une décision de son côté. Vladimir Poutine donne maintenant 150 jours à l'Occident pour réformer le Traité FCE selon ses exigences. L'Europe peut remercier George Bush. Ou chercher à négocier elle-même avec Moscou." (16.07.2007)
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Sme - Slovaquie
Pour Marian Lesko, le président russe se sert du projet américain de bouclier antimissile comme d'un prétexte. "Vladimir Poutine utilise le bouclier antimissile pour dire aux Européens : 'si vous permettez aux Américains de menacer la Russie, nous devrons diriger nos missiles sur des cibles européennes et nous retirer d'un traité qui garantit la stabilité et la sécurité du continent.' Toutefois, il est clair que Moscou souhaite surtout que l'Occident considère de nouveau la Russie comme son antithèse, avec laquelle il doit négocier tout ce que Moscou considère comme contraire à ses intérêts." (16.07.2007)
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ABC - Espagne
"Techniquement, la seule chose qui empêche le renouvellement du traité est la présence de troupes russes dans la région séparatiste de Transdniestrie, en Moldavie", rappelle le quotidien. "Il n'est pas raisonnable que cette curiosité géostratégique mette en péril la stabilité de l'Europe. (...) Depuis une décennie, l'OTAN offre à la Russie un modèle de coexistence basée sur l'idée qu'elle est un partenaire stratégique privilégié. Depuis qu'a disparu la dictature qui gouvernait à Moscou, il n'y a aucune raison pour maintenir l'esprit de confrontation. Le président Poutine devrait savoir que la véritable menace pour les uns et les autres vient du terrorisme extrémiste qui nous contraint de collaborer. L'abandon du traité serait (...) un mal pour l'Occident, mais par-dessus tout un mal pour la Russie." (16.07.2007)
» article intégral (lien externe, espagnol)
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» Ensemble de la revue de presse de lundi, 16. juillet 2007