À la une de mardi, 31. juillet 2007
La disparition d'Ingmar Bergman
Ingmar Bergman, réalisateur et metteur en scène suédois, est mort lundi 30 juillet 2007 à l'âge de 89 ans. Ses films les plus connus - et maintes fois censurés - sont 'Le silence' et 'Scènes de la vie conjugale'. La presse estime qu'il était le digne représentant du cinéma d'auteur européen.
Sydsvenskan - Suède
"Ingmar Bergman constitue une catégorie à lui tout seul", écrit le journal suédois. "Il était le maître de la réalisation existentielle. Dans ses films et ses pièces de théâtre, il approchait du domaine des sentiments et des instincts originels. Le rapport d'Ingmar Bergman à la Suède n'était pas complexe. Il était autant le produit que le critique de son pays natal. En 1981, il est revenu au pays après un exil de cinq ans à Munich, où il avait fui après avoir été arrêté par la police pour évasion fiscale alors qu'il répétait au Dramaten, le théâtre royal de Stockholm. Il n'a gardé aucune amertume de cette expérience. Ou alors il le gardait pour lui. Mais il décrivait la Suède comme ennuyeuse. Grise. Elle est encore un peu plus grise aujourd'hui." (31.07.2007)
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Die Welt - Allemagne
Pour Hans-Georg Rodek, le style Bergman n'est pas uniforme. Ce qui relie ses films, c'est sa touche personnelle, son engagement, sa réflexion. "La grandeur de Bergman apparaît lorsqu'il associe ses propres doutes au déchirement d'un siècle et d'un continent, l'Europe du XXe siècle. (...) L'oeuvre de Bergman montre une profonde compréhension du monde affectif de la bourgeoisie. Parce que cette dernière éprouve les mêmes sentiments, qu'elle soit suédoise ou italienne, allemande ou espagnole, et parce qu'elle a connu les mêmes crises - bien qu'à des moments différents. Toute l'Europe se retrouve dans les films de Bergman. Ses personnages doutent des autorités, de Dieu, de l'Eglise, du mariage, et ils ont peur d'admettre ces doutes car ils devraient en tirer les conséquences." (31.07.2007)
» article intégral (lien externe, allemand)
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Le Figaro - France
"Quel homme ! Intraitable et vulnérable, plein de démons et de génie, c'est un des plus fabuleux montreurs d'images du XXe siècle", écrit Marie-Noëlle Tranchant. "Il puise [ses images] au plus vif et au plus secret de l'humanité, dans les torrents des passions, dans les grottes de l'inconscient, dans les lacs de l'enfance. Il en a fait une prodigieuse saga de l'homme et de la femme, perdus dans un monde de blessure et de faute, dans les rages du désir et les souffrances de l'incompréhension. (...) Conscient de son génie, et peut-être justement à cause de cette conscience, Bergman s'est toujours considéré avec beaucoup de lucidité critique, et une rare honnêteté (...). [Il] cherchait aussi, sans relâche, la plus haute vérité de l'artiste : le rêve, c'est-à-dire la révélation, à travers l'illusion, de la vie réelle de l'âme." (31.07.2007)
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Rzeczpospolita - Pologne
Le réalisateur polonais Krzysztof Zanussi se remémore une rencontre avec Ingmar Bergman. "J'ai rencontré Bergman à l'occasion de la fondation de l'Académie européenne du cinéma. Il a averti qu'il n'avait pas le contact facile. Ce n'était pas une plaisanterie - c'était vraiment le cas. Il était de ces rares réalisateurs qui ont prouvé que l'art cinématographique peut aborder les choses à la manière de la littérature la plus exigeante : les thèmes eschatologiques, les questions sur le secret de la vie, sur la religion, la foi et le déchirement intérieur des hommes. Il devait cela à son enfance passée dans une austère famille protestante. C'est pourquoi les déclarations de Bergman sur les relations familiales, l'éducation, la religion et l'hypocrisie qui règne autour ne constituent pas une vengeance. Mais elles ont la valeur d'une réflexion intensément vécue." (31.07.2007)
» article intégral (lien externe, polonais)
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» Ensemble de la revue de presse de mardi, 31. juillet 2007