À la une de jeudi, 23. août 2007
Moscou s'immisce dans la course au FMI
La Russie a créé la surprise en décidant, le 22 août, de soutenir la candidature de Joseph Tosovsky, l'ancien directeur de la Banque centrale tchèque, à la direction générale du FMI. Prague, de son côté, soutient le Français Dominique Strauss-Kahn, le candidat de l'UE. Ces derniers temps, les relations se sont dégradées entre Prague et Moscou. La presse s'interroge : que veulent les Russes ?
Neue Zürcher Zeitung - Suisse
Ulrich Schmid, correspondant du quotidien à Prague, commente les récentes tensions entre la Russie et la République tchèque. Récemment, le ton semblait surtout se durcir entre la Russie et la Pologne. "Varsovie ne se laisse pas faire par les Russes (...), et Moscou semble l'avoir compris. Le Kremlin tente donc sa chance avec les Tchèques. (...) Toutefois, les maîtres du Kremlin ne se contentent pas de diviser [l'UE], ils la déstabilisent également - ou du moins ils essaient [avec la candidature du Tchèque Josef Tosovsky au poste de directeur du FMI]. Si les Russes ont cru qu'ils pourraient appâter les Tchèques de cette manière et obtenir ainsi un gage supplémentaire dans le conflit autour du bouclier antimissile américain, ils se retrouvent le bec dans l'eau. Le gouvernement tchèque a fait immédiatement savoir qu'il soutenait le candidat de Bruxelles, Dominique Strauss-Kahn." (23.08.2007)
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Lidové noviny - République tchèque
Le politologue russe Dmitrij Oreskin décortique les raisons pour lesquelles les Russes ont présenté la candidature de Josef Tosovsky au poste de directeur général du FMI. "Il s'agit d'une manoeuvre de l'establishment russe, qui cherche surtout à montrer au peuple à quel point le Kremlin est puissant et influent. Si la Russie choisissait un candidat russe et que celui-ci perdait, ce serait très embarrassant. C'est pourquoi elle a choisi un Tchèque. S'il échoue, ce ne sera pas grave. Nous autres Russes montrerions que nous sommes beaux joueurs. Et la popularité de Vladimir Poutine n'en pâtirait pas." (23.08.2007)
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taz - Allemagne
Andreas Zumach, s'il salue "l'ouverture à la concurrence des postes internationaux", s'interroge toutefois sur les motivations qui ont poussé le gouvernement russe à présenter la candidature de Josef Tosovsky. "Croit-on à Moscou que Tosovsky a la moindre chance d'être élu par les 185 pays du FMI, malgré ses qualifications ? Et ce, d'autant que le gouvernement tchèque ne soutient pas sa candidature (...) Moscou ne devrait pas parvenir à diviser l'UE. Toutefois, la candidature de Josef Tosovsky pourrait encourager des hommes et des femmes de pays du Sud, qui sont intéressés par le poste de directeur du FMI et qui ont les qualifications nécessaires - comme par exemple le ministre des Finances d'Afrique du Sud, Trevor Manuel - à déposer officiellement leur candidature. Il y aurait alors une chance de mettre fin à la règle implicite et douteuse convenue entre Bruxelles et Washington, qui veut que le directeur général du FMI soit toujours nommé par l'UE et le président de la Banque mondiale par les Etats-Unis." (23.08.2007)
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Sme - Slovaquie
Le 21 août, à la veille de proposer la candidature au FMI du Tchèque Tosovsky, la Russie a une nouvelle fois mis Prague en garde contre l'installation d'une station radar sur son territoire, dans le cadre du projet de bouclier anti-missile américain. Peter Schutz trouve ce comportement inouï. "Les pressions exercées par Moscou envoient un signal inquiétant. Elles laissent entendre que la doctrine impérialiste de 'la souveraineté limitée des Etats satellites', qui a conduit à l'invasion soviétique de la République tchèque en 1968, n'a pas disparu avec Brejnev. La Russie aime se sentir menacée par le bouclier antimissile. Mais si elle respectait la souveraineté de la République tchèque et de la Pologne, elle ne se laisserait pas aller à les menacer. Vladimir Poutine s'est excusé auprès du président Vaclav Klaus pour l'invasion de 1968. Si ce geste avait été sincère, il laisserait les Tchèques décider librement de leur propre sécurité. Le 21 août 2007 a montré que la Russie ne se comporte pas différemment de l'Union soviétique : elle est arrogante, sans scrupule et ne respecte personne." (23.08.2007)
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» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 23. août 2007