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À la une de mardi, 4. septembre 2007


La fusion GDF-Suez critiquée par l'Europe


Dix-huit mois après la première évocation du projet, Gaz de France (GDF) et Suez ont approuvé dimanche 2 septembre le mariage des deux entreprises françaises. Le groupe créé au bout du processus d'intégration sera l'un des tous premiers mondiaux du secteur. Il sera détenu à 35 % par l'Etat français. La presse craint que, hormis la France, l'Europe n'y trouve pas son compte.


Le Monde - France

"Annoncée en février 2006 par le premier ministre Dominique de Villepin, la fusion de Gaz de France et de Suez devrait, enfin, voir le jour en 2008. Ce dénouement est heureux", se félicite le quotidien dans son éditorial. "On peut certes regretter que les Etats européens ne soient pas capables de dessiner ensemble le paysage énergétique de demain. Mais, dans cette situation où domine le chacun pour soi, la France s'en sort bien. Avec EDF, Total et Areva, elle disposait déjà de trois poids lourds mondiaux. Avec GDF Suez, elle en possède un quatrième. Aucun autre pays de l'Union européenne ne peut en dire autant. (...) Les actionnaires du nouvel ensemble devront prouver que GDF Suez est une bonne affaire, non seulement pour la France... mais pour les consommateurs. C'est aussi au montant de leurs factures à venir que les Français jugeront de cette fusion." (04.09.2007)


Le Soir - Belgique

Joan Condijts s'inquiète des conséquences pour la Belgique de cette fusion et note que "le président français a nationalisé Electrabel. Ou quasiment. Tel est son droit aussi : en fusionnant Gaz de France avec Suez, maison mère de l'électricien belge, le locataire de l'Elysée s'est octroyé une part de 35 % dans le capital du nouvel ensemble. Tel est, encore une fois, son droit. Les motivations qui l'y ont conduit sont, néanmoins, contestables. La République française a agi de la sorte par nationalisme. L'électricien italien Enel menaçait de lancer un raid (avec un complice hexagonal, Veolia) sur Suez. 'Aaaah', s'est-on étranglé à l'Elysée (...). Le patriotisme bleu-blanc-rouge a donc débouché sur la nationalisation du gaz et de l'électricité noir-jaune-rouge. (...) Vite : un gouvernement et une politique énergétique. Belges..." (04.09.2007)


Der Standard - Autriche

Pour Stefan Brändle, cette fusion porte un coup à la politique énergétique européenne commune. "Le groupe GDF-Suez va cimenter encore davantage les frontières nationales en matière de politique énergétique européenne. C'est un peu comme si chaque grand pays de l'UE construisait son propre Airbus. Ce serait une stratégie à courte vue contre la concurrence acharnée de Boeing. Idem pour cette fusion française face aux géants énergétiques russes tels que Gazprom. Pour leur défense, les Français avancent que le secteur énergétique obéit à ses propres règles - et notamment la règle de l'indépendance nationale. Toutefois, la France se fait du tort à elle-même en créant des groupes énergétiques dont l'existence même fait obstacle à la constitution de véritables 'champions européens' et à la mise au point d'une réponse européenne à l'impérialisme énergétique de Vladimir Poutine." (04.09.2007)


Le Temps - Suisse

Frédéric Lelièvre estime que "Paris se conforme en réalité à une présence croissante des Etats dans le secteur énergétique. L'Espagne n'a-t-elle pas empêché il y a peu la reprise de son électricien local par l'allemand E.ON ? Le géant russe Gazprom sert-il d'autres intérêts que ceux du Kremlin ? Washington ne défend-elle pas ses champions contre toute tentative de contrôle étrangère ? La concentration du marché de l'énergie prépare petit à petit une situation d'oligopole, constate Eric Défago, de Gaznat. Le président du fournisseur romand de gaz ne craint pas, dans l'immédiat, de conséquence sur les prix, déjà soutenus par le déséquilibre en l'offre et la demande. Mais, à moyen terme, il n'exclut rien. La raison d'Etat qui justifie les regroupements actuels risque fort à l'avenir de distordre les prix pour des raisons clairement politiques." (04.09.2007)


Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Michael Kläsgen analyse le rôle du président français dans la fusion préparée depuis 18 mois. "Nicolas Sarkozy, qui n'était pas impliqué dans cette fusion surprise et avait d'abord pris ses distances, aurait pu renverser la situation et soutenir une solution européenne. D'autant que le projet de fusion se trouvaient au point mort. Mais il a agi tout autrement. Il s'est immiscé dans les négociations, a dicté ses instructions et a trouvé personnellement un compromis avec les grands actionnaires de Suez. Il n'avait qu'un seul objectif en vue : créer un groupe français dominant en Europe, protégé de tout rachat hostile. Et l'Etat détient une minorité de blocage dans le groupe GDF-Suez en guise de verrou supplémentaire. Le fait que Nicolas Sarkozy ait partiellement nationalisé le groupe Suez, privé jusqu'à présent, montre jusqu'où il était prêt à aller. Cela va à l'encontre des principes du marché unique européen." (04.09.2007)


» Ensemble de la revue de presse de mardi, 4. septembre 2007

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