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À la une de mercredi, 5. septembre 2007


La scission de la Belgique est-elle inéluctable ?


La Belgique n'a toujours pas de gouvernement, 87 jours après les élections législatives du 10 juin dernier. Yves Leterme, dirigeant du parti chrétien démocrate flamand, vainqueur des élections, n'a pas réussi à former un gouvernement de coalition, les partis francophones lui reprochant des réformes institutionnelles qui auraient abouti à davantage d'autonomie des régions. Une impasse qui pourrait entraîner la scission de l'Etat fédéral belge.


Les Echos - France

Le quotidien note "une désolidarisation des 'riches' Flamands d'avec les 'pauvres' francophones. (...) La nation belge n'existe pas. Partout, en effet, dans les nations d'Europe, les régions riches et pauvres cohabitent dans un échange inégal, mais finalement accepté. (...) Ainsi l'Italie a eu à surmonter l'agitation de la Ligue du Nord, qui ne voulait plus payer pour le Sud ; la riche Catalogne a obtenu une autonomie interne qu'elle n'est pas loin de considérer comme une indépendance. Et si les Länder ouest-allemands acceptent depuis dix-huit ans (...) de financer ceux de l'Est, c'est pour des raisons absentes en Belgique : une unité ethnique et linguistique, la reconstitution d'un grand pays momentanément amputé, un projet collectif de grande portée. Au lieu de cela, les Flamands sont devenus obsédés de l'arrogance des francophones, et les francophones de l'égoïsme des Flamands, ce qui ne fait pas une Belgique." (05.09.2007)


El País - Espagne

"Le système fédéral peine à contenir les velléités sécessionnistes plutôt exprimées par les Flamands", constate le quotidien espagnol. "Ces derniers sont les plus prospères, dans un pays qui reste uni grâce à la religion catholique, la monarchie, et le fait que Bruxelles abrite les institutions européennes. De moins en moins de Flamands parlent français, et de moins en moins de Wallons parlent flamand. (...) [La difficulté à former un gouvernement] reflète les difficultés à maintenir en Belgique un sentiment d'unité. Les Flamands, où la pression des indépendantistes et de l'extrême droite est forte, veulent de nouvelles réformes dans le système fédéral pour davantage d'auto-gouvernance et pour se rapprocher de l'idée d'une confédération, alors que les Wallons, perdants économiques, sauf dans la région de Bruxelles, qui est une entité fédérale distincte, résistent." (04.09.2007)


De Morgen - Belgique

"Les néerlandophones et les francophones se parlent trop peu pour qu'on puisse parler d'une démocratie saine", explique le professeur Philippe Van Parijs dans un entretien au quotidien flamand. "C'était un fait prévisible, et pas seulement depuis ces trois derniers mois [de négociations inabouties]. Dans les pays despotiques, les différents groupes linguistiques peuvent rester ensemble indéfiniment parce que la nation n'a rien à dire. Mais dès qu'il s'agit d'institutions démocratiques, les opinions publiques se développent dans les différentes langues. C'est pourquoi, les frontières politiques et les frontières linguistiques coïncideront à long terme partout dans le monde, comme l'expliquait dès 1861 le philosophe britannique John Stuart Mill. Ce à quoi nous assistons aujourd'hui n'est pas spécifiquement un problème belge. Regardez l'Union soviétique, la Yougoslavie ou la Tchécoslovaquie." (05.09.2007)


La Libre Belgique - Belgique

"Il semble qu'on se soit rapproché encore un peu plus de l'heure fatidique : celle de la disparition de l'Etat belge", écrit Jean-Luc de Meulemeester, professeur à l'université libre de Belgique. "Pour les Belges francophones, ce moment est très redouté, d'autant plus qu'à la différence des Flamands, ils n'ont guère de patrie de substitution. Autant il y a une nation flamande qui se construit, autant la nation francophone se cherche encore. (...) Mais il se pourrait que cette éventuelle sécession flamande soit 'fonctionnelle' pour ce qui est de l'adaptation du modèle socio-économique belge au nouveau capitalisme (plus anglo-saxon, moins rhénan). Sans trop le savoir, les Belges vivent dans un des derniers vrais 'Welfare States'. (...) Le degré d'inégalité est relativement faible en Belgique et la pression fiscale élevée. Pour d'aucuns, ce ne serait plus tenable dans une Europe qui a fait le choix de l'ouverture à la compétition internationale, face à la montée de la Chine et de l'Inde." (05.09.2007)


» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 5. septembre 2007

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