À la une de mercredi, 24. octobre 2007
Le projet européen de 'carte bleue' peut-il aboutir ?
Mardi 23 octobre, la Commission européenne a présenté aux eurodéputés son projet de 'carte bleue', qui doit permettre aux travailleurs hautement qualifiés immigrés de venir travailler en Europe pour une durée déterminée. Toutefois, les gouvernements allemand et autrichien s'y opposent.
Klassa - Bulgarie
Selon le journal, la 'carte bleue' européenne ne fera pas le poids face à la carte verte américaine. "L'UE a enfin compris qu'elle avait besoin de cerveaux pour faire face à la concurrence qui règne dans l'économie mondiale. (...) Mais la 'carte bleue' semble morte dans l'oeuf. D'une part, sa durée de validité est limitée à deux ans, tandis que la carte verte américaine est illimitée dans le temps. Certes, le séjour peut être prolongé à l'issue de ces deux années, et il est également possible de chercher un autre emploi, mais si l'on n'en trouve pas, il faut repartir. C'est pour ces mêmes raisons que le projet de carte verte a échoué en Allemagne il y a quelques années : au lieu des 5 000 Indiens ou Bulgares chevronnés escomptés, seuls quelques centaines sont venus, et la plupart ont quitté l'Allemagne pour les Etats-Unis au terme de leur contrat." (24.10.2007)
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Die Welt - Allemagne
Christoph B. Schiltz, correspondant du quotidien à Bruxelles, considère le projet comme une "initiative intéressante" de la Commission européenne, rien de plus. "La proposition de la Commission européenne, malheureusement nettement édulcorée sous la pression d'Etats membres tels que l'Allemagne, suffira-t-elle pour faire le poids face aux Etats-Unis et aux économies asiatiques dans la concurrence mondiale pour la main-d'oeuvre qualifiée ? On peut en douter. Par exemple, la proposition prévoit des restrictions de mobilité considérables. Le permis de travail n'est valable que dans un seul pays et non dans tous les Etats membres. (...) Les réserves de la coalition allemande pourraient bien finir par faire échouer le projet de 'carte bleue' européenne, ou par l'édulcorer encore plus, ce qui pourrait rapporter des voix aux partis au gouvernement lors des élections en Allemagne. Ce serait fatal pour les économies européennes." (24.10.2007)
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La Libre Belgique - Belgique
Le chercheur en Sciences sociales Marco Martiniello, directeur du Centre d'Etudes de l'Ethnicité et des Migrations (CEDEM) de l'Université de Liège, livre son point de vue dans un entretien avec Olivier le Bussy. "Visiblement, il y a une difficulté à faire en sorte que les Etats membres voient les choses plus ou moins de la même façon. Il y a une concurrence économique entre Etats membres, une sorte de guerre larvée pour attirer les migrants très qualifiés. Donc certains sont contre cette disposition européenne, parce qu'ils pensent qu'ils vont y perdre des plumes, mais aussi parce qu'elle touche à leur souveraineté. On remarque que c'est plus facile d'avancer sur les questions restrictives, comme les expulsions. Mais pour ce qui touche à l'immigration économique et à l'intégration, les Etats restent frileux. Or le phénomène de l'immigration est par essence transnational." (24.10.2007)
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Der Standard - Autriche
Eric Frey critique le rejet du projet européen de 'carte bleue' par le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer, qui préfère s'en tenir à une politique d'immigration nationale. "Naturellement, le chancelier sait très bien que les directives européennes déjà approuvées vont ouvrir le marché du travail national à des millions de demandeurs d'emploi dans les années à venir. Pourquoi ne pas accepter quelques milliers d'ingénieurs étrangers plutôt que de les laisser partir en Californie, chez Arnold Schwarzenegger ? Et pourquoi ne pas les autoriser à venir en Autriche après avoir acquis deux ans d'expérience professionnelle en Irlande ou au Danemark ? (...) L'Europe ne peut proposer aucune solution dans les domaines où il est urgent d'agir, et les citoyens se plaignent que l'UE n'est bonne à rien. La 'carte bleue' du commissaire Frattini fait partie de ces solutions - et constitue donc un bon test pour l'avenir de l'Europe." (24.10.2007)
» article intégral (lien externe, allemand)
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