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À la une de mercredi, 14. novembre 2007


La coalition allemande est-elle menacée ?


A la surprise générale, Franz Müntefering, vice-chancelier social-démocrate et ministre allemand du Travail, a démissionné le 13 novembre. Il a invoqué des raisons personnelles. Mais il était sous pression au sein du Parti social-démocrate (SPD) après avoir perdu son combat contre l'actuel président du parti, Kurt Beck. Müntefering était le garant de la grande coalition. Sans lui, que va-t-il advenir de l'alliance gouvernementale entre le SPD et la CDU (l'Union chrétienne-démocrate) ?


Süddeutsche Zeitung - Allemagne

"La grande coalition est démantelée dans les faits, mais pas encore officiellement", écrit Heribert Prantl. "Une longue campagne électorale sépare désormais la mort clinique du décès officiel. Cette campagne n'a pas été lancée par le vice-chancelier Franz Müntefering, mais par la chancelière Angela Merkel : elle a si bien démoli un des projets phares de Müntefering - l'introduction d'un salaire minimum chez les postiers et les employés du tri postal - que celui-ci s'est senti trahi. Sa proposition de salaire minimum était déjà un compromis adressé à son partenaire de coalition (...). C'était une provocation calculée, un éclair qui a frappé la coalition, avant même la réunion du comité de coalition à la chancellerie. Il s'en est suivi un coup de tonnerre, la démission d'un homme éprouvé à la fois personnellement et politiquement (y compris par son propre parti)." (14.11.2007)


The Times - Royaume-Uni

"Les deux parties tentent de briser le pacte par lequel ils étaient liés au sein de cette coalition peu harmonieuse", explique le quotidien. "Le CDU [l'Union chrétienne-démocrate] craint que Mme Merkel ne se fasse engloutir par le compromis et perde l'appétit de réformes. Cela pourrait nuire à sa candidature en 2009. Même si elle a récemment insisté sur le fait qu'elle ne renoncerait pas aux réformes cruciales, beaucoup craignent qu'elle écoute ceux qui affirment que la récente récupération économique en Allemagne peut désormais lui permettre de se concentrer plus sur la redistribution. Il est temps de briser la coalition. Elle a atteint ses objectifs en stabilisant l'économie et en adoptant des réformes trop attendues. Mme Merkel a besoin de pouvoir poursuivre librement sa politique de marché, sans devoir respecter les dogmes sociaux-démocrates ou supporter la colère de partenaires peu fiables. La convocation d'élections anticipées est délicate, même si Helmut Kohl avait trouvé une solution constitutionnelle pour le faire malgré un vote de défiance. Elle devrait utiliser le départ de Mr Müntefering pour faire de même. L'Allemagne y gagnerait." (14.11.2007)


Hospodářské noviny - République tchèque

Pour Jan Machacek, la démission de Franz Müntefering est une épreuve pour la grande coalition. "Le vice-chancelier a expliqué qu'il démissionnait pour des raisons personnelles. En même temps, il quitte le gouvernement une journée seulement après avoir décidé d'indemniser plus longtemps les demandeurs d'emploi âgés. Or, Müntefering était un opposant déclaré à cette solution. On ne peut pas affirmer avec certitude que la coalition touche à sa fin, mais une dislocation semble de plus en plus probable. Müntefering était l'un des pères spirituels de la grande coalition, il avait négocié sa formation pour le compte du SPD. Les investisseurs et la presse anglo-saxonne se souviendront toujours de lui comme l'homme qui a qualifié les investisseurs étrangers, particulièrement les Américains, de 'sauterelles'. Mais en réalité, il faisait partie des pragmatiques de la social-démocratie". (14.11.2007)


Le Temps - Suisse

"Quelle que soit la compréhension que l'on puisse avoir pour les motifs personnels graves évoqués par le vice-chancelier Franz Müntefering, le moment choisi pour annoncer sa démission du gouvernement d'Angela Merkel sonne comme l'aveu d'un échec et la fin de l'ère Schröder", explique Yves Petignat. "Le 'General Münte', le dernier grognard de la coalition rouge-verte, s'en va au lendemain d'un accord entre conservateurs et sociaux-démocrates prolongeant la durée d'indemnisation des chômeurs de plus de 58 ans d'un à deux ans. Une mesure à laquelle le vice-chancelier et ministre du Travail s'opposait car il y voyait le début du démantèlement des réformes sociales. Celles-là mêmes qui ont contraint Gerhard Schröder à sacrifier la fin de son mandat, mais permis de relancer la croissance allemande." (14.11.2007)


» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 14. novembre 2007

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