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À la une de lundi, 3. décembre 2007


Le parti de Vladimir Poutine remporte les législatives


Le parti Russie unie du président russe Vladimir Poutine a remporté les élections législatives organisées le 2 décembre. Selon les premiers résultats, il aurait recueilli 64 % des voix. L'opposition russe crie à la fraude. Ces élections ne sont-elles qu'un farce visant à légitimer encore davantage le pouvoir du président russe ? 


Neue Zürcher Zeitung - Suisse

"Ces élections législatives ont surtout valeur de référendum sur le maintien au pouvoir de Vladimir Poutine en tant que 'leader de la nation'", explique Reinhard Meier. "Quiconque vote pour Russie unie (dont Poutine est la tête de liste, bien qu'il ne soit pas officiellement membre du parti) soutient donc le 'plan Poutine'. Le plus grotesque, c'est que personne n'a encore expliqué ce que ce plan signifie concrètement. (...) On verra bien dans les semaines à venir comment Vladimir Poutine va employer le chèque en blanc qui lui a été remis par les électeurs dans la perspective des élections présidentielles du 2 mars prochain, bien plus importantes en termes de realpolitik. Peut-être que la nervosité et l'irritabilité qui ont régné au Kremlin pendant la phase finale de la campagne électorale étaient dues au fait que le scénario des élections présidentielles demeure encore incertain en interne." (03.12.2007)


Corriere della Sera - Italie

"Maintenant que Vladimir Poutine a enregistré un triomphe électoral s'ouvre en Russie le vrai match pour le pouvoir", estime Franco Venturini. "Le plébiscite devait lui garantir le droit moral de rester leader sans être président et les Russes ont répondu oui. Il doit aujourd'hui penser à la suite (...). La seconde partie du plan du tsar Poutine pour rester le maître ne sera pas facile à mettre en œuvre. Et l'Occident a de très bonnes raisons de le suivre avec attention. Car c'est le meilleur moment pour rappeler à la Russie que pour se développer économiquement, elle a besoin des investisseurs étrangers. Son entrée dans l'OMC et son implication légitime dans les grandes questions internationales constituent, avec un minimum de démocratie interne, les deux faces de la même médaille." (03.12.2007)


Mladá fronta Dnes - République tchèque

"On reste sceptique lorsque le Kremlin assimile le résultat des élections législatives au triomphe de la démocratie. Mais il y a toute de même une part de vérité", commente Jan Rybar. "N'oublions pas qu'il y a encore quelques années, le monde craignait un retour des communistes ou des nationalistes fanatiques. Il suffit de voir ce qui se passe en Biélorussie, ce musée communiste dirigé par un dictateur arrogant. Avec un peu de malchance, la Russie aurait pu suivre la même voie. D'un point de vue historique, l'évolution de la Russie marque le triomphe de la démocratie. L'ancien empire communiste est plus libre que ce qu'on aurait osé espérer. Mais l'Occident a une vision quelque peu différente de la démocratie. La Russie a encore du chemin à parcourir." (03.12.2007)


Postimees - Estonie

Selon le journal estonien, les élections législatives russes sont une véritable farce et l'Occident doit changer d'attitude vis-à-vis de la Russie. "L'Occident se doit de réfléchir à la tournure qu'il veut donner à ses relations avec une Russie de plus en plus autoritaire. L'appartenance d'un tel pays au club du G8, qui rassemble les démocraties les plus puissantes, est-elle encore justifiée ? Et quel sera l'avenir du Conseil de l'Europe si le Russe [Mikhaïl] Marguelov devient président de son Assemblée parlementaire ? (...) Il serait naïf de croire que l'Occident est vraiment en mesure d'influencer la Russie. Ces élections antidémocratiques, le bâillonnement de l'opposition et le chauvinisme croissant devraient au moins conduire l'Occident à adopter une position commune vis-à-vis de la Russie. De toute façon, le masque est tombé." (03.12.2007)


» Ensemble de la revue de presse de lundi, 3. décembre 2007

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